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PRUSSE L'UNIVERS. PRUSSE

l'armée française ; son avant - garde , forte de quinze mille hommes , sous le duc de Weymar, occupait Eisenach ; sa droite, forte de vingt-quatre mille hommes, sous Rùchel , était à Gotha ; son centre, fort de soixante-cinq, mille hommes , et commandé par lui-même et le roi de Prusse, était a Erfurth ; sa gauche, forte de cinquante -six mille hommes, était, sous le prince de Hohenlohe, à léna ; deux corps d'observation étaient, l'un dans la Hesse, sous Blùcher; l'autre sur la haute Saale, sous Tnuenzin ; enfin, le prince Eugène de Wurtemberg avait une réserve de vingt mille hommes à Magdebourg.

Pendant que l'armée prussienne manœuvrait tranquillement dans la Thuringe, Napoléon concentra à Bamberg son armée , forte de deux cent mille hommes, dont quarante mille cavaliers; il la forma en trois colonnes qui devaient passer le Franken-Wald par les routes parallèles de Bayreuth , ae Cronach et de Cobourg , pour se jeter à droite sur les communications de l'ennemi, et le couper de Berlin : c'était la manœuvre de Marengo et d'Ulm ; et les Français allaient encore combattre la face au Rhin, pendant gue leurs ennemis avaient la race à l'Elbe. Le point de convergence des colonnes, au delà du Franken-Wald, était Géra, qui devait servir de pivot au mouvement de conversion de toute l'armée sur les derrières des Prussiens. La droite ( Soult et Ney) se dirigea par Bayreuth, Hof et Plauen ; le centre (Bernadotte, Davoust, Murât) se dirigea, par Cronach, sur Schleitz , où il mit en déroute le corps de Tauenzin ; la gauche (Laitues et Augereau) se dirigea, par Cobourg, sur Saalfeld, et rencontra l'avant -garde de Hohenlohe , commandée par le prince Louis de Prusse, le plus fougueux instigateur de la guerre ; elle la battit , et lui fit perdre trente-trois canons, douze cents nommes et son général (10 octobre). Trois corps devaient garder les communications avec la France : les contingents de Bavière et de Wurtemberg , qui étaient à Bayreuth ; Mortier à Mayence , le roi de Hollande à Wesel.

Cette marche des Français jeta le trouble dans l'armée prussienne, qui vit aa gauche débordée, la Saxe envahie sur

ses derrières, et l'ennemi victorieux au centre de ses communications. Brunswick se hâta d'évacuer la forêt deTburinge, et de rétrograder à Weymar pour s'y concentrer, sauver les magasins qui étaient à N au m bourg , et rallier la réserve qui marchait sur Halle; mais Napoléon, arrivé à Géra , continua son mouvement de flanc sur la Saal ; Davoust se jeta sur IN au m bourg pour cou* per la retraite de Weymar sur Berlio; Bernadotte le suivit , et Murât courut sur la route de Leipzig ; Soult, Ney, Au* gereau et La nues marchèrent sur léna : de sorte que l'armée se trouva partagée en deux grandes masses qui devaient enlever à la fois les deux principaui défilés de la Saal ; le centre s'était précipité à droite, sur Naumbourg; les deux ailes à gauche, sur léna. Brunswick comprit enfin le danger de sa situation : voyant les Français prolonger leur mouvement comme pour se diriger sur l'Elbe, il voulut les prévenir, et les côtoya en se couvrant des escarpements de la' Saal ; son armée était partage en deux grandes masses : le centre marchait par la route de Weymar à Frejbourg, pour gagner de là'Mersebourç, et enfin l'Elbe; l'aile gauche, commandée par Hohenlohe , masquait ce mouvement eu gardant le dénie d léna, et elle devait être soutenue par l'aile droite, qui était encore à Weymar.

A l'approche des premières troupes françaises, Hohenlohe évacua léna et le plateau qui domine la Saal , et il se disposa à filer le long de la rivière, à la suite du roi , qui devait être près de Frevbourg. Napoléon , averti que, du haut du plateau, on voyait la plaine couverte d'énormes colonnes, crut que toute l'armée prussienne était là. et qu'il allait la prendre en flagrant délit; il précipita la marche des quatre corps qui formaient la masse de gauche, et il rappela ceux de la droite : Murât dut revenir à toutes brides de Zeist sur léna, pendant que Bernadotte et Da; voust passeraient la Saal , le premier à Dornbourg, le second à Naumbourg, pour se porter de là sur Apolda , et déborder la gauche ennemie. «Soldatt, • dit l'empereur, l'armée prussienne « est coupée comme celle de Ma» à « Ulm, il y a aujourd'hui un an. Cette

Prusse FRANCE.

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