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PYRÉNÉES FRANCK. PYTHÉAS

cette disposition. Ce ministre et don Louis de Haro, ministre de Philippe IV, se rendirent sur les frontières d'Espagne et de France, dans nie des Faisans. Quoique le mariage d'un roi de France et la paix générale (car l'Espagne n'avait pas signé le traité de vYestphalie) fussent l'objet de leurs conférences, cependant, plus d'un mois se passa à arranger des difficultés sur la préséance et a régler des cérémonies. Les cardinaux se disaient égaux aux rois, et supérieurs aux autres souverains; la France prétendait a la prééminence sur les autres puissances. Cependant, don Louis de Haro mit une égalité parfaite entre Mazario et lui , entre la France et l'Espagne.

Les conférences durèrent quatre mois.

Mazarin et le négociateur espagnol y déployèrent toute leur politiuue : celle du cardinal était la Hnesse, celle de don Louis la lenteur. Celui-ci ne donnait jamais de parole, et celui-là en donnait toujours d'équivoques. Le génie du ministre italien était de surprendre, celui de l'Espagnol était de s'empêcher d'être surpris. On prétend que don Louis disait de Mazarin : « Il a un grand défaut <• en politique, c'est qu'il veut toujours « tromper. »

Quoi qu'il en soit du mérite de ces deux ministres, la paix fut conclue le 7 novembre 1657, à la suite de vingtcinq conférences. Elle reçut le nom de paix des Pyrénées.

En voici les principales clauses : la France acquit Arras et presque tout le comté d'Artois ; en Flandre, Oravelines , Bourbovrg, Saint-! enant, en Hainaut, LandrecieseUeQuesnoy; dans le Luxembourg, Monhnedy, Damvillers , Ivoy ; entre Sambre et Meuse, Marienbourg, PhilippevUle, Avesnes; vers les Pyrénées, Perpignan, le Roussillon et Con flans. Les autres conquêtes laites des deux côtés furent restituées.

On stipula en outre la réintégration ■ du prince de Condé dans ses places et dignités, le rétablissement du duc de Lorraine et la restitution de Juliers à l'électeur Palatin.

Mais l'article le plus important fut celui qui concernait le mariage de l'infante Marie-Thérèse, lille de Philippe IV, avec le jeune roi Louis XIV ; il tut fé-

cond en grands résultats; il établit les Bourbons en Espagne et plus tard à Naples. Mazarin aurait désiré que l'Infante reçût pour dot la Franche-Comté et les Pays-Bas ; mais on ne lui assigna par le contrat de mariage que 500,000 écus d'or, qui ne furent jamais payés, et encore obtint-on la renonciation à la succession d Espagne. Mazarin ne disputa pas; Mazarin, dit-on, prévit ce que vaudraient ces renonciations, et tes événements font justifié après plus de quarante ans.

Tous ou presque tous les historiens ont fait au cardinal l'honneur de la prévoyance de l'événement qui s'accomplit en effet une cinquantaine d'années après la signature du traité des Pyrénées. Loin de nous la pensée de vouloir rien arracher à Mazarin de la gloire que la conclusion de ce traité lui a acquise; cependant, nous pensons que dans cette circonstance on a trop exalté sa (inesse et sa prévoyance ; car il n'était pas probable que ce qui est arrivé arrivât. En 1659, Philippe IV avait, outre l'infante Marie-Thcrèse, deux tils, l'un mal portant, il est vrai, mais l'autre en bonne santé; de plus sa seconde femme était encore enceinte, et ce fut d'un enfant mâle qu'elle accoucha. Ainsi, pour faire un mérite à Mazarin de ce qui est arrivé, il faudrait qu'il eût prévu que presque tous les enfants mâles de Philippe IV mourraient au berceau; que Charles, le cinquième de ces enfants mâles, mourrait sans postérité, et que ce roi autrichien ferait un jour un testament en faveur d'un petit-fils de Louis XIV.

Pythbas , astronome, géographe, navigateur, et le plus ancien écrivain qu'ait produit la Gaule, florissait à Marseille, au commencement du quatrième siècle. Ses compatriotes, qui étaient alors arrivés au plus haut degré de leur puissance , le chargèrent de faire dans le Nord un voyage de découvertes, sans doute dans l'espérance d'y ouvrir de nouveaux débouchés à leur commerce.

Il suivit les cotes de l'Espagne, de la Lusitanie, de l'Aquitaine et de l'Armorique, entra dans la Manche, suivit les côtes orientales de la Grande-Bretagne, et, lorsqu'il fut parvenu à l'extrémité septentrionale de cette Ile, poussant

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toujours vers le nord , il s'avança en six journées de navigation jusqu à un pays que les habitants appelaient Toute, et où la durée du jour solsticial était de vingt-quatre heures, ce qui suppose 66° 30' de latitude nord , position qui correspond à celle de l'Islande.

Dans un second voyage, il entra par la Manche dans la mer du Nord , et de celle-ci, par le Sund , dans la Baltique, où il s'avança jusqu'à un fleuve qu'il nomme Tanais, et qui serait la Vistule, la Badaune ou la Duna.

Il exposa ses découvertes dans deux ouvrages, dont l'un, intitulé Description (le l'Océan , contenait la relation de sou premier voyage de Guadès à l'île de Thulé ; l'autre , sous le titre de Pé-

riode ou Périple , contenait le récit de sa dernière navigation jusqu'au Tamis.

Strabon et Pline nous ont conservé àa fragments de ces deux ouvrages.

Comme astronome , Pythéas est célèbre pour avoir déterminé la latitude de Marseille, en y mesurant avec If gnomon la hauteur du soleil au solstice d'été. Suivant Hipparque, ce fut lai qui apprit aux Grecs que l'étoile polaire n'était pas au pôle même, mais quelle formait avec trois autres étoiles voisin» un quadrilatère, dont le pôle était le centre. Enfin , il parait être le premier qui ait soupçonné la liaison qui existe entre le mouvement de la lune et le phénomène des marées.

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