QUARTENIER FRANCE. QUARTENIER
Quabtbnibb. On appela ainsi pendant longtemps, et jusqu'au siècle dernier , un officier royal et municipal préposé sur un des quartiers de la ville de Paris pour y faire exécuter les ordonnances et mandements du bureau municipal et y exercer certaines fonctions de police. Le titre de quartenier vient de quartier, parce qu'anciennement Paris n'était divisé qu'en quatre
finies ou quartiers , et que néanmoins orsque le nombre de ces divisions augmenta, on leur conserva le nom primitif de quartier, et à l'officier préposé sur chaque division, celui de quartenier qui en est dérivé.
Paris, divisé d'abord en quatre quartiers, comme nous venons de le dire , l'ayant été successivement en huit, puis en seize, le nombre des quarteniers suivit cette progression ascendante , sans dépasser cependant , du moins pour longtemps, ce dernier chiffre, quoique le nombre des quartiers l'eût dépassé lui-même et s§ lût élevé jusqu'à vingt.
Les quarteniers, suivant leur première institution , étaient plutôt officiers d'épée qu'officiers de robe ; car, quoiqu'ils eussent certaines fonctions de police, ils étaient anciennement les chefs militaires de leurs quartiers dont ils commandaient la milice bourgeoise, dans le temps que les Parisiens étaient armés et se gardaient eux-mêmes. Des lettres de Charles VI , des 27 janvier 1382 et 20 avril 1411, prouvent qu'ils étaient principalement institués pour veiller à la sûreté et à la défense publique, et pour faire guet et garde aux portes et sur les murs de la ville, lis avaient chacun la garde d'une des entrées de la "e, et ce fut sous le chevet de son
père, qui était un des quarteniers, que, dans la nuit du 28 au 29 mars 1418, Perrinet Leclerc vint prendre la clef de la porte de Boux, pour introduire dans Paris les troupes du duc de Bourgogne.
Les quarteniers avaient sous leurs ordres chacun deux cinquanteniers qui
commandaient chacun à 50 hommes de milices bourgeoises, distribués en cinq dizaines, commandées chacune par un dizainier; il s'ensuit que le chet supérieur était le capitaine d'une compagnie de 100 hommes. Plus tard, le nombre des dizaines ayant été porté à seize, celui des hommes composant la compa-
§nie que chaque quartenier coin m an ait s'éleva à 160 hommes.
Les quarteniers et les chefs placés sous leurs ordres furent tous supprimés par lettres patentes de Charles VI , en date du 27 janvier 1382, ordonnant l'abolition de la prévôté des marchands de Paris et sa réunion à la prévôté de la ville. Le roi défendit, par l'article 4 de ces lettres, que dorénavant il n'y eût aucun quartenier, cinquantenier ou dizainier pour la garde et protection de Paris, et déclara qu'en cas de besoin ou de nécessité , par suite d'une agression ennemie ou de toute autre cause , il y pourvoirait et ferait garder la ville et les bourgeois de toute oppression, de telle manière qu'aucun inconvénient ou dommage ne s'ensuivît pour les personnes. En 1411, l'ancien ordre de choses fut rétabli, et par des lettres du 20 avril de cette année, on voit que Charles VI avait confié de nouveau aux quarteniers et à leurs subordonnés la police de la ville et la garde des portes.
En 1585, les membres du conseil de la ligue, lesquels, de quatre qu'ils étaient d'abord, s'étaient élevés au nombre de seize, pour arriver plus tard à celui de quarante, dépossédèrent les quarteniers de leurs emplois et s'en emparèrent.
Placés alors chacun à la téte d'un quartier, ils exercèrent dans Paris un pouvoir absolu, emprisonnèrent, en 1589, le parlement à la Bastille, et, en 1591, lirent pendre le président Brisson , Larcher, conseiller au parlement, et Tardif, conseiller au Châtelet, dont la conduite politique leur était devenue suspecte.
Mais cette même année, le duc de Mayenne ayant fait pendre quatre d'entre eux, savoir : Louchard, An-
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QUARTEN1ER L'UNIVERS.