‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 360 sur 434 · QUARTIER · texte numérisé non relu

QUARTIER

roux, A. me line et Aymonot, tes autres, intimidés par cet acte de sévérité , prirent la fuite, réduits, comme dit la Satire M é nippée, au nombre des apôtres, et les anciens quarteuiers rentrèrent dans leurs charges.

Jusqu'au quinzième siècle, les places de quarteniers furent des commissions à vie auxquelles nommait le bureau de la ville sous le bon plaisir du roi , et suivant l'élection qui était faite du nouveau quartenier par les cinquanteniers, dizainiers et deux notables bourgeois de chaque dizaine.Ceux qui voulaient se démettre de leurs fonctions ne pouvaient le faire qu'en personne et entre les mains du prévôt des marchands et des échevins de la ville; Louis XIII, par édita de février 1628 et d'octobre 1633, leur permit de faire , moyennant certaines conditions, cette résignation devant les notaires et tabellions.

Les quarteuiers ayant été nommés dans l'édit de 1633, cun.ulativemeiit avec plusieurs autres officiers de police, ils se prévalurent de cette circonstancié pour se faire admettre au payement de fa finance qui avait été réglée et de la redevance annuelle. Ils prétendirent en conséquence que leurs places avaient été créées en titre d'offices par cet édit , qu'ils les possédaient en toute propriété , et ces offices supposés entrèrent dans le commerce. Le roi , informé de cette nouveauté, la réforma par arrêt du conseil du 1 f juillet 1679. Mais par un édit de juillet 1681, il érigea réellement ces charges en titre d'offices, et il en investit ceux qui les possédaient. Il leur fut en conséquence expédié, pour cette première fois seulement, des provisions scellées du grand sceau, pour lesquelles ils durent payer aux parties casuelles la finance qui avait été taxée.

Nous avons dit que les quarteniers étaient les colonels ou capitaines des milices bourgeoises de leurs quartiers; mais il parait que dès avant 1633 , le prévôt des marchands et les échevins commettaient dans chaque quartier des capitaines ou autres officiers pour commander ces milices sous les ordres des quarteniers du bureau de la ville. Louis XIV, par édit du mois de mars 1694, ayant créé des colonels, majors, capitaines, lieutenants et enseignes des

bourgeois dans toutes les villes dn royaume , excepta Paris de cette organisation , et maintint les officiers élus par l'autorité municipale ; mais par édit de septembre 1703, il révoqua toutes les commissions militaires qui avaient été accordées, soit par les gouverneurs de Paris, soit par le prévôt des marchands et les échevins, et créa en même temps en titre d'office, danschaqoe quartier , un lieutenant-colonel , un major, un capitaine , un lieutenant et un enseigne, pour chacune des 133 compagnies dont se composait alors la milice bourgeoise de Paris ; dès lors, le* quarteniers devinrent de simples magistrats de police.

Vers la fin du dix-huitième siècle , une nouvelle division de Paris amena la suppression des quarteniers. Voyez Quartier.

Quartier. Pour le maintien du bon ordre et la stricte exécution des ordonnances municipales , il est de nécessité absolue de partager les villes d'une certaine étendue en un nombre plus ou moins grand de divisions appelées quartiers, à la téte desquels on place un on plusieurs magistrats investis des pouvoirs nécessaires à l'accomplissement de leurs devoirs. Ainsi sont partagées les grandes villes de France ; mais, dans l'impossibilité où nous sommes de parler de toutes, nous ne nous occuperons que de la plus importante, de celle dont les institutions datent de plus loin et ont servi de modèles.

Depuis le premier accroissement de Paris , et jusqu'à la nouvelle enceinte élevée sous Philippe-Auguste , la ville était divisée en quatre quartiers, dont l'un comprenait la Cité, enfermée tout entière dans l'Ile du Palais ; les autres, situés sur la rive droite de la Seine, étaient les quartiers de Saint-Jacqvesla- Boucherie, de la Verrerie et de la Grève. Après le second accroissement de Paris, commencé par ce prii.ce en 1190 et achevé par lui en 1211, la ville s'enrichit de quatre nouveaux quartiers, qui furent ceux de Sainte-Opportune, de Saint-(jermain l'Juxerrois , de la place Maubert, de Saint-. André des /ires; de sorte qu'en y comprenant la Cité, il y en avait six an nord et deux au midi.

Page 1