‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 362 sur 434 · QUARTIER L'UNIVERS. QUARTIER · texte numérisé non relu

QUARTIER L'UNIVERS. QUARTIER

élire les membres du bureau , nommer des rédacteurs de cahiers ou doléances et choisir des électeurs. Ce fut le 20 avril qu'eurent lieu ces brusques réunions, dont plusieurs, ne voulant point reconnaître les présidents que le bureau de la ville leur avait envoyés, en nommèrent d'autres de leur choix. Le 13 juillet suivant, les habitants de Paris, pressés par les événements, et sentant le besoin de se protéger eux-mêmes et d'agir de concert, se rappelèrent des lieux où, deux mois auparavant, ils avaient été réunis en districts, s'y rassemblèrent spontanément, conservèrent les officiers qui composaient chaque bureau, et ces districts devinrent des institutions permanentes. Leur division servit de base pour l'organisation de la garde nationale. Chaque district fournit un bataillon, ce qui en forma soixante, avec lesquels on créa six divisions, à raison de dix bataillons par division.

Depuis le 13 juillet 1789 jusqu'au 25 juillet 1790, les soixante districts gouvernèrent Paris et offrirent le tableau d'une pure démocratie. Lorsque la majorité des districts exprimait un vœu, ce vœu était porté à la municipalité, qui se chargeait de son exécution. Jamais Paris ne fut plus tranquille, plus libre que cette année, où il se gouverna par lui-même ; jamais les propriétés et les personnes ne furent plus respectées.

Un décret de l'Assemblée nationale, sanctionné le 27 juin 1790 et complètement mis à exécution le 25 du mois suivant, changea la division de Paris.

Aux soixante districts succédèrent quarante-huit sections, qui, comme ceux-là, empruntèrent leurs noms de ce que leur circonscription offrait de plus remarquable en monuments publics, palais, églises , places, rues, ou établissements religieux. Ces sections étaient considérées comme des fractions de la commune qu'elles composaient par leur ensemble. Celles dont les noms rappelaient des idées de culte et de monarchie en changèrent pendant la république, pour en prendre de plus analogues aux circonstances. Chaque section avait une organisation et des bureaux , possédait un club, un comité révolutionnaire investi du pouvoir de faire em-

prisonner les suspects, et était le lieu du rendez- vous de la garde nationale de sa circonscription. Les sections étaient ainsi disposées , savoir : 34 dans la partie septentrionale de Paris, 3 au centre et 11 dans la partie du midi.

Cette organisation subsista jusqu'en octobre 1795, où Paris fut divisées douze mairies, composées chacune de quatre sections. Cette organisation subsiste encore , avec cette modification u'au mot section on a substitué celui e quartier, et que chaque quartier prend son nom , comme autrefois , de ce que son enceinte offre de plus remarquable, ou de la rue principale qui le traverse. Un commissaire de police, des officiers de paix, des inspecteurs et des agents de police veillent dans chaque quartier au maintien de la paix publique et à la sûreté des personnes et des propriétés.

Lors de rétablissement des communes, toutes les grandes villes furent divisées en quartiers, pour l'élection de leurs magistrats municipaux. Lyon en avait vingt-huit, appelés pcnno'nages, parce que chacun avait son pennon ou sa bannière, et chacun d'eux avait ses représentants à l'hôtel de ville. A Besançon, les quartiers étaient au nombre de sept, et portaient le nom de bannières. A Albi, ils s'appelaient gaitesy à cause du guet qu'ils devaient faire à tour de rôle pour la sûreté de la ville et le maintien de la paix intérieure. Chacun d'eux avait le droit de fournir un consul et un certain nombre de conseillers : l'élection se faisait chaque année par les officiers sortants, de concert avec les députés des quartiers. A Narbonne, où les quartiers avaient le même privilège, chaque consul sortant nommait le nouveau consul, ainsi que les conseillers, et devait les choisir dans le quartier dont il cessait d'être le représentant Toulouse était divisée en douze quartiers , chacun fournissant un consul.

Mîmes en avait dix, appelés échelle* (scalœ). L'un d'eux , celui de la Place, était anciennement le plus ricbe et le plus peuplé, et il supportait à lui seul la plus grande partie des charges mu* nicipales; aussi élisait-il deux consuls et neuf conseillers , tandis que les autres ne fournissaient ensemble que deux

Page 1