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portes , ni les jugements parfaitement justes; mais ces morceaux se font remarquer par une pureté encore bien rare alors et qu'on retrouve dans les Réflex ion s du même auteur sur l'éloquence, et la philosophie ancienne et moderne , etc. Rapin avait quelque prétention à la profondeur théologique : il se montra tort ardent contre le jansénisme; et ses publications pieuses alternèrent, pour ainsi dire, avec ses oeuvres mondaines, ce qui fit dire à l'abbé de la Chambre qu'il servait Dieu et le monde par semestre. Le P. Rapin mourut à Pans en 1687.
Ràpin-Thoyhàs ( Paul de ) , né à Castres, en 1661 , était neveu de I VI issu n , l'ami de Fouquet. Il se fit d'abord recevoir avocat; puis dans la crainte d'être exclu de la magistrature à cause de la religion protestante qu'il pratiquait, il embrassa la profession des armes. Il se rendit en Angleterre, après la révocation de l'édit de Nantes, en 1686, passa ensuite en Hollande, où il fut admis dans une compagnie de jeunes gentilshommes français, et peu de temps après suivit dans la Grande-Bretagne le prince d'Orange, depuis Guillaume III. Blessé au siège de Limerick, où il rem-
Ê lissait les fonctions d'aide de camp de >ouglas, il ne put l'accompagner en Flandre, mais fut nommé, sur sa réputation, gouverneur du jeune duc de Portland. A près avoir terminé cette éducation , il se retira à Wesel, où il mourut en 1725. On a de lui une Histoire d'Angleterre , la Haye, 1724, 8 vol.
in-8*, souvent réimprimée.
Rapp ( Jean ) , né à Colmar en 1772, s'engagea fort jeune dans un régiment de cavalerie, servit aux armées du Rhin sous Custine , Pieuegru , Marceau et Desaix, et se fit remarquer de ce dernier, qui le choisit pour son aide de camp. Il fit en cette qualité les campagnes de 1796 et 1797; suivit son général en Égypte, où il fut nommé successivement chef d'escadron et chef de brigade, revint en Europe avec Desaix , et combattit à ses côtés à Marenço. Après la mort de Desaix , Rapp devint aide de camp du premier consul , et fut, en cette qualité, chargé, en 1802, de faire accepter à la Suisse, alors agitée
()ar des troubles civils , la médiation de a France. Il remplit cette mission à la
satisfaction de Bonaparte, qu'il accompagna en Belgique en 1803, et il fut ensuite envoyé en Allemagne pour s'assurer de l'état des bords de l'Elbe, et, s'il le jugeait nécessaire, y faire élever des redoutes. A son retour il suivit Napoléon , devenu empereur , d'abord au camp de Boulogne, puis en Allemagne; se distingua d une manière toute spéciale à la bataille d' Austerlitz , et fut élevé , sur le champ de bataille , au grade de général de division. Il avait été grièvement blessé ; après son rétablissement il fut chargé de plusieurs missions importantes , et il s'en acquitta encore de manière à mériter les éloges de l'empereur.
Peu de temps avant la campagne de Prusse en 1806, il reçut le commandement de la division militaire de Strasbourg; il fit cependant cette campagne, combattit à Iéna avec son courage ordinaire, suivit l'empereur en Pologne, fit des prodiges de valeur à Golymin (29 octobre ) , et y eut le bras gauche fracassé d'une balle. C'était la neuvième blessure qu'il recevaitdans cette journée. Napoléon le fit panser par ses chirurgiens, et lui donna pour se rétablir le gouvernement de Thorn.
En 1807, il fut nommé gouverneur de Dantzig avec le rang de général en chef, poste qu'il occupa jusqu'à la guerre de 1809 contre l'Autriche. Il rejoignit alors l'armée, et combattit à Essling.
Après la paix, s'étant permis quelques réflexions sur le divorce de l'empereur et sur son nouveau mariage, il lut éloigné de la cour et renvoyé dans son gouvernement de Dantzig, où il était encore à l'époque de la guerre de Russie. Rapp désapprouvait cette guerre ; à Dantzig, où Napoléon s'arrêta quelque temps avant de rejoindre son armée sur la Vistule, il combattit avec une grande liberté l'opinion de l'empereur et s'efforça de le détourner de sa funeste en» treprise; puis , quand il vit que son avis ne pouvait prévaloir, renonçant au rôle de conseiller importun, il ne songea
5 lus qu'a combattre en intrépide solat. Blessé à la bataille deMojaïsk, il était à peine rétabli quand commença la retraite. Il en vint nombre de fois aux mains avec les Cosaques, sauva Napoléon sur le point cTétre pris, fut