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encore blessé, passa la Bérésina avec feinpcreur, rallia l'armée de concert avec IVey et Murât, et reçut l'ordre de retourner à Dantzig.
La plus beau titre de gloire de Rapp est, sans contredit, la merveilleuse défense de cette place (Voyez Dantzig) contre plus de 60 , 000 hommes avec une garnison de moins de 7,000 soldats et au milieu d'une population hostile. L'on sait qu'à la (in, ne pouvant plus se défendre, il signa une capitulation honorable , où était stipulée pour lui et pour ses compagnons d'armes la faculté de rentrer en France , mais que les Russes violèrent en retenant prisonniers la garnison et son chef. Ils furent conduits à Riew et ne recouvrèrent la liberté qu'à la paix.
De retour en France en juillet 1814 , Rapp fut accueilli avec distinction par Louis XVIII, qui le créa chevalier de Saint-Louis et grand cordon de la Lé* gion d'honneur. Il accepta, lors du retour de l île d'Elbe , le commandement d'un corps destiné à s'opposer à l'entreprise de Napoléon ; mais la défection de ses troupes l'empêcha de rien tenter contre son bienfaiteur, qui, arrive à Paris, lui conféra le commandement en chef de farinée du Rhin, le grand aigle de la Légion d'honneur et la dignité de pair.
Rapp livra plusieurs combats aux alliés, qui envahissaient de nouveau la France ; puis, ayant appris le désastre de Waterloo , il s'enferma dans Strasbourg, qui fut aussitôt investi. Mais après quelques combats les hostilités cessèrent ; il fit sa soumission à Louis XVIII, reçut l'ordre de licencier son armée; et ce fut alors qu'éclata cette sédition célèbre, que nous avons racontée à l'article Dalolzi (t. VI, p.
300 etsuiv. ).
Rapp ne fut point incrit sur la liste des proscrits. Cependant, pour plus de sûreté, il quitta la France et se retira en Suisse. Revenu à Paris, après la célèbre ordonnance du 5 septembre, il rentra en grâce auprès du roi, et fut nommé membre de la chambre des pairs, où il alla siéger au côté droit. Il mourut peu de mois après l'empereur, le 2 novembre 1821.
On a publié sous son nom des Mémoires qui sont apocryphes , mais qui
paraissent avoir été rédigés d'après des notes de ses amis.
Raray. Nom sous lequel la terre de Neri en Valois fut érigée en marquisat, en 1654, en faveur de Henri de Sanci.
C'est aui. une commune du déu. de l'Oise.
Raschi (Rabbi Salomon Jarcbi ), le plus célèbre des rabbins français , na-
3uit à Troyes, en 1040. Après avoir étuié en France et s'être déjà fait, par sa science, une grande réputation, il parcourut l'Italie, la Grèce, la Palestine, l'Égypte, la Perse et l'Allemagne, et revint ensuite composer dans sa patrie de nombreux ouvrages, qui ont été souvent imprimés, et auxquels le temps n'a rien tait perdre de leur réputation. Il mourut à Troyes , en 1105.
Rasez (comtes de). Les comtes de Barcelone etdeCarcassone étaient, dans le neuvième siècle, seigneurs par indivis du comté de Rasez (*). Ils se le partagèrent vers la fin de ce siècle. Arnaud, comte de Carcassonne, laissa, à sa mort, la partie aui lui était échue , à Eudes , son second fils, qui prit, vers 9Ô7 , le titre de comte de Rasez. 11 mourut vers
1017. Arnaud son fils, lui succéda, et mourut vers 1030.
1030. Raymond 1er, fils d'Arnaud, fut inquiété par un seigneur de ses voisins, qui voulait s'emparer de son château de Rasez. Il en triompha eu 1034, et mourut en 1059.
1059. Raymond //, fils et successeur du précédeut, mourut sans postérité en 1067. Après lui le comté de Rasez retourna à la branche de Carcassonne.
( Voy. Carcassonne [comtes de].)
Raspail ( Vincent François ) , né à Carpentras en 1794, fit ses études au séminaire d'Avignon, puis entra dans le professorat et prit le petit collet; il prêcha, et ses sermons eurent un grand succès : c'était vers 1813 :
M. Raspail, patriote et homme de cœur, prêcha l'union et démontra la nécessité de se grouper autour de l'empereur. Cette conduite lui attira les haines de la restauration et des hommes sanguinaires qui se couvraient du man-
(*) Ce comté, qui avait Limoux pour capitale, comprenait une partie de l'arrondissement de cette ville.
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teau de la politique pour satisfaire leurs vengeances particulières. Sa famille fut en butte aux outrages ; elle fut même menacée dans son existence; alors M.
Baspail quitta le Midi pour venir à Paris, et il essaya de rentrer dans le professorat. Mais la persécution ne lui manqua pas plus dans la capitale que dans le Midi ; on alla même, à la mort du duc de Berry , jusqu'à exiger du maître de pension chez qui il donnait des leçons , qu'il lui donnât son congé. Il n'en fut pas découragé, et se mit à préparer des élèves au baccalauréat , tout en se livrant avec ardeur à l'étude de la chimie. Ce fut en 1824 qu'il présenta ses premiers travaux à l'Institut. Il prit part à la révolution de 1830, puis redemanda sa place dans l'Université; mais ayant pose des conditions qui ne convinrent pas au nouveau gouvernement, il fut forcé de se retirer. Depuis 1831 sa vie a été pleine d'agitations et de tourments; nous n'entreprendrons pas de la raconter ici ; mais , quel que soit le jugement que l'on porte sur ses opinions politiques, on ne pourra lut refuser un grand désintéressement et un ardent amour du bien et de la justice; car toute sa vie a été consacrée à une noble et sainte cause, celle du soulagement des malheureux. Comme savant, H s'est placé à un degré éminent, et a fait faire de grands progrès aux sciences naturelles et à la chimie. Les résultats de ses recherches ont été consignés dans les Annales du Muséum d'hist. naturelle, dans le Bulletin Férussac , dans les Annales des sciences d'observation, dont il était le principal rédacteur, dans le Journal général de médecine ; enfin , dans son dernier ouvrage , Y Histoire naturelle de la santé et de la maladie chez les végétaux, chez les animaux en général, et en particulier chez l'homme, 2 v. in-8*; 1843.
A astadt (Bataille et prise de). — Moreau , général en chef de 1 armée de Rhinet-Moselle , après avoir, le 28 juin 1790, battu Starray sur les bords de la Renchen, commit la faute de ne pas marcher aussitôt à Latour et aux autres généraux autrichiens , dont les corps se trouvaient isolés. Ce ne fut qu'au bout de six jours d'inaction , et quand il apprit que l'archiduc Charles s'avançait au secours de
ses lieutenants, qu'il s'ébranla de nouveau. L'ennemi, pendant ce temps, s'était établi sur la Murg,sa droite à Rastadt, sa gauche à Rothenfels; il avait placé un corps de flanqueurs à Gerspach; enûn , une forte avant-garde occupait Nider- Richel, Kuppenheim et les hauteurs boisées qui s'étendent d'Ebersteinburg à Oberndorff. Le 5 juillet au soir, Moreau fit reconnaître ces positions; et, quoique les troupes de son aile droite, précédemment laissées devant Manneim, ne fussent pas encore arrivées en ligne, il se décida a livrer bataille le lendemain ; son centre et son aile gauche étaient commandés par les généraux Saint-Cyr et Desaix.
Attaquer les Autrichiens de front lui semblant offrir tropdedifïïcultés, il résolut de déborder leur gauche et de les forcer ainsi à se retirer sur ce point ; mais pour qu'une telle manœuvre réussit, il fallait que la prise de Gerspach précédât l'attaque générale. Le 6, dès cinq heures du matin, tandis que la premiéredes deux divisions du centre restait à Freudenstadt dont elle s'était emparée le 3, la deuxième, aux ordres du général Taponnier, s'avança par la route de Baaden , attaqua Gerspach avec une extrême vigueur, et l'emporta malgré la vive résistance de trois bataillons ennemis.
Desaix put alors , sans plus craindre de voir sa brigade de droite prise en flanc par les Autrichiens , marcher à l'attaque du bourg de Kuppenheim, qui, après trois heures d'un combat opiniâtre, demeura en son pouvoir. Sur ces entrefaites, la seconde brigade de la première division de l'aile gauche, commandée par le général Ste-Suzanne, déboucha des oois avec la première ligne de cavalerie. La seconde division de cette même aile gauche, conduite par le général Delmas, devait déboucher parallèlement , mais elle fut retardée par des accidents de terrain ; et la droite de l'ennemi , que Delmas devait attaquer, ne voyant personne devant elle , dirigea toutes ses batteries sur la colonne de Ste-Suzanne, oui se trouva à la fois battue de front, en echarpe et en flanc. Cette colonne éprouva des pertes considérables. Enfin , Delmas, qui s'était fourvoyé, arriva. Il fit diversion au moyen de son artillerie, força les Autrichiens à diviser le feu
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de la leur, dégagea la brigade Ste-Suzanne et rétablit l'égalité du combat.
Peu à peu même notre aiie gauche commença à prendre la supériorité sur la droite de l'ennemi ; et , comme la gauche de celui-ci était déjà en pleine déroute, le général La tour ordonna la retraite, oui s'effectua par le pont de Rastadt et les gués de la Murg, en arrière de cette rivière. Comme l'ennemi, dans ce mouvement, était protégé par mie nombreuse artillerie disposée d'avance vers l'autre rive, et soutenu par toute sa cavalerie encore intacte, Moreau ne le fit pas poursuivre; seulement, les Français, entrant dans Rastadt sur les pas' des Autrichiens, ne leur laissèrent pas exécuter le projet qu'ils avaient conçu , de rompre le pont de cette ville.
Rastadt (Congrès et traité de ).
Le premier de ces congrès, en 1713 , eut lieu pour terminer la paciGcation de l'Autriche avec la France, à la suite de la guerre de la succession d'Espagne. L'archiduc , depuis empereur, sous le nom de Charles VI, était, entre tous les confédérés de la grande alliance, le seul qui eût un intérêt immédiat à cette lutte, provoquée, quant à l'Angleterre, la Hollande, le Danemark, la Prusse, la Suède et la Savoie, soit par un esprit de rivalité ou de méfiance, soit par jalousie ou par de vieilles rancunes contre Louis XIV. Ainsi, tandis que, pour ces différentes puissances, 1 unique prétexte de la guerre pouvait être la réserve qu'avait faite Louis XIV des droits éventuels de son petitfils à la couronne de Franee, après l'avoir établi sur le trône d'Espagne sous le nom de Philippe V, Charles VI, compétiteur de ce dernier, loin de sentir son zèle attiédi par les désastres et l'humiliation de la France , n'y voyait qu'un gage de succès pour son entreprise.
Aussi avait-il rejeté les conditions extrêmement avantageuses qui lui étaient proposées pour prix de son adhésion à la pacification d'Utrecht ( 11 avril 1713); il ne soupçonnait pas qu'il était si près de se repentir de ses refus.
A peine les négociations de Rastadt avaient-elles suspendu les hostilités.
C'était de part et d'autre le principal acteur de la lutte qui stipulait pour le souverain dont il commandait les for-
ces : le maréchal de Villars y traitait pour la France, et le prince Eugène de Savoie pour l'Autriche. Mais ces dem généraux , si dignes d'être opposés l'un a l'autre , n'étaient pas moins laits pour s'eutendre , et tous deux ils désiraient un prompt accommodement. On raconte qu'a l'ouverture des conférences le imréchal tint ee langage au prince : > Mo* « sieur, nous ne sommes point enne- « mis : vos ennemis sont à Vienne,* « les miens à Versailles. » Le fait est que la cour de Vienne s'obstinait a u vouloir se départir en rien de prétentioni qu'il dépendait aussi peu de son généralissime de faire prévaloir, que YilUn n'était d'humeur à y adhérer, alors satout qu'il venait de commencer si heureusement à rétablir les affaires de il France. Enfin il fallut bien prendre ■ parti après que le maréchal français eut franchi le Rnin , repris Landau sur k prince Eugène, force les lignes de Brisgau et pénétré dans Fribourg. Par I* traité qui fut signé entre Villars * Eugène ( 5 mars 1714 ), la France conserva Strasbourg et l'Alsace; nuis Louis XIV prit l'engagement de rester neutre dans la guerre que l'Autnriw allait poursuivre seule contre le roi d'Espagne, son petit-fils. Le traite « Rastadt ne fut ratifié que le 14 septembre suivant , au congrès de B^e- — Le deuxième congrès de Rastadt, ouvert le 9 décembre 1797 sous la médiation des cabinets de Prusse et d'Antriche, a vait pour'objet la pacification de la république française avec l'empire d'Allemagne. Mais au fond il ne s'agissait réellement que de procurer relation du plan dont Bonaparte avait jeté les bases dans une convention secret* ajoutée au traité de Campo-Fonnio, « dans laquelle la possession de la ri« gauche du Rhin était garantie à la rejw clique française moyennant la cession, qui serait faite au cabinet de Bertin.
a'enclaves sur la rive droite, en df dommagement de la perte du duché * Clèves, et à la cour de Vienne duoe partie du territoire de Venise à litre» compensation pour ce qu'elle avait perds >ar suite de sa lutte imprudente contre a France. Par la, le directoire, qui méditait alors une descente en Angleterre, assurait sa frontière du nord en otf*
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temps qu'il intéressait à sa politique deux voisins ambitieux et jaloux. Dès te irr décembre 1707 fut signée à Rastadt , entre Bonaparte et le plénipotentiaire autrichien , une nouvelle convention se* erète par laquelle le cabinet de Vienne s'engageait à retirer ses troupes au delà du Danube jusqu au Lecht, et à laisser prendre sur les milices de Y Empire la place de Mayence et la tête du pont de Manheim par les Français, qui euxmêmes devaient quitter la rive droite depuis Bâle jusqu'au delà de Mayence, en deçà du Mein.
J/Autriche, en sacrifiant ainsi à ses
r>ropres intérêts la cause des Drinces de 'Empire , dont le plus grand nombre avaient été forcés par elle à entrer dans la lutte, porta le premier coup à cette vieille union germanique, qui ne devait pas tarder à se dissoudre. Les princes dépossédés maudirent sa lâche trahison, et pour la plupart ils cherchèrent un appui près du vainqueur; de leur côté, les délégués du directoire au congrès de llastadt firent, on peut le croire, peu d'efforts pour cacher le rôle que jouait l'Autriche. Et en effet , plus les princes dépossédés devaient trouver odieuse la conduite de l'empereur, plus il y avait de chances contre la formation d'une coalition entre eux et lui; pour ne rien dire des avantages que le gouvernement français devait trouver à devenir médiateur entre les membres divisés de ce corps aristocratique, dont les doctrines politiques aliaientse trouver compromises aux yeux des peuples les plus soumis , par l'exemple si manifeste de déloyauté qui partait du chef de l'Empire. Malheureusement le mouvement démocratique causé par la révolution française commençait alors à produire du retentissement dans les petits États pressés par les grandes puissances du Nord. Craignant pour eux-mêmes la contagion de l'exemple , les États monarchiques prêtèrent l'oreille aux suggestions de l'Angleterre, et une nouvelle coalition se forma, dans laquelle l'Autriche entra elle-même, alors que les négociations du congrès de Rastadt tiraient à leur fin.
La guerre était rallumée (mars 1799); mais comme c'était avec l'empereur et non avec l'Empire, ceux des membres
de la confédération germanique que l'influence du cabinet autrichien n'avait pu porter à abandonner le congrès de Rastadt y demeurèrent assemblés ; ils ne formaient guère que le tiers de la députât ion , et bientôt même ils se trou* vèrent au milieu des baïonnettes autrichiennes par la retraite forcée de notre armée du Danube. Ce fut dans ces circonstances que, pour tirer vengeance des diplomates français, auxquels il se croyait en droit de reprocher des indiscrétions touchant la convention secrète du 1er décembre 1797 , et pour s'assurer en même temps de l'état des relations particulières de chacun des États encore représentés au congrès avec la France , le cabinet de Vienne conçut le monstrueux dessein de faire main basse sur la personne et sur les papiers de nos agents accrédités à ce congrès , Jean Debry, Bonnier d'Arco et Roberjeot. Le 28 avril 1799, l'ordre leur fut signifié par le colonel des hussards Széklers, en cantonnement aux environs de Rastadt , de quitter cette ville sous les 24 heures. Instruits du danger qu'ils couraient, ils demandèrent à ce colonel une escorte qui leur fut refusée; et, le soir même , a leur départ, les trois ministres français se virent assaillis à cinquante pas de la ville par un détachement de ces hussards, qui les assassinèrent et se saisirent de leurs papiers. Bonnier d'Arco et Roberjeot restèrent morts sur la place ; Jean Debry , laissé aussi pour mort , se traîna tout sanglant à Rastadt , où la nouvelle de cet attentat souleva la plus profonde indignation.
Une adresse y fut aussitôt rédigée par les membres du congrès , qui , en repoussant tout soupçon de complicité avec l'Autriche , dénoncèrent à l'indignation de l'Europe cette violation du droit des gens , qui laissera peser à jamais sur ceux qui s'en rendirent coupables le reproche d'une cruauté inouïe entre les nations civilisées. (Voyez Bonnier d'Abco).
Ràtisbonnb ( Combat et prise de ).
Le 23 avril 1809, lendemain de la victoire d'Ekmuhl, l'armée française continua, dès la pointe du jour, à poursuivre les Autrichiens, qui dans la soirée précédente s'étaient repliés vers Ratisbonne et se hâtaient de passer sur
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4a rive gauche du Danube. Quand notre avant-garde, formée des deux divisions de cuirassiers Nansoutyet Saint- Sulpice , arriva sous les murs de la place, elle n'y trouva plus que la cavalerie autrichienne : l'infanterie avait déjà évacué entièrement la rive droite.
Trois charges successives s'engagèrent , toutes les trois furent à notre avantage , et vers midi les derniers escadrons autrichiens rentraient dans Ratisbonue.
Le maréchal Lannes qui avait suivi l'avant-garde, avec les divisions Gudin et Morand , vint les former en bataille à huit cents pas des portes, l'artillerie arriva bientôt, et des pièces de douze furent mises en batterie. Le gouverneur avait ordre de tenir jusqu'au soir , puis de se retirer avec sa troupe , et la ville, enveloppée d'une muraille fortifiée, d'un fossé etd'une contrescarpe, présentaitassez de défense pour qu'il put exécuter ses instructions , si un heureux hasard n'eût favorisé tout d'abord l'attaque des Français. En examinant l'enceinte, des officiers remarquèrent une brèche et l'envoyèrent dire au maréchal. Lannes se met immédiatement à la téte d'un bataillon , ordonne à ses aides de camp de prendre des échelles , descend dans le rossé sous le feu meurtrier de l'ennemi, aborde la brèche, pénètre dans la place, et fait ouvrir une poterne.
Plusieurs autres bataillons entrent alors, gagnent le pont , et ferment la retraite à la garnison , qui dépose les armes au nombre de sept à huit mille hommes.
Ce fut au combat de Ratisbonne que Napoléon fut blessé pour la première fois de sa vie. Une balle morte vint le frapper au pied droit et lui ût une forte contusion. Le docteur Ivan, chirurgienmajor des grenadiers de la garde impériale , se trouvait à côté de lui ; il le pansa, mais l'empereur était si impatient, qu'il monta à cheval avant que l'appareil fût entièrement placé. Une toile du peintre Gantherot , que la gravure a popularisée depuis longtemps , et qui occupe au Musée de Versailles une place des plus honorables , raconte d'une manière saisissante ce trait de la vie de Napoléon.
Ratisbonne ( diète de ). Gustave- Adolphe s'étant mis à la téte des protestants, pendant la guerre de trente
ans, le sort des armes qui jusque-là avait favorisé la ligue catholique changea tout à coup, et ce fut l'Emoire qui trembla à son tour. Au bruit aes premiers succès des réformés (1630), Ferdinand II comprit bien vite qu'il oe fallait pas avoir à la fois Gustave et Richelieu sur les bras. Il convoqua à Ratisbonne une diète où devaient étrv portées toutes les réclamations élevées contre l'Empire. Léon Brulart y fut reçu en qualité d'ambassadeur du roi de France : il était accompagné du fameux père Joseph , confesseur et confident du cardinal de Richelieu. Les envoyés de Louis XIII firent valoir auprès de cette diète les droits du duc de Nevers, et réclamèrenten sa faveur l'investiture des duchés de Mantoueetde Montferrât. La cour impériale cédait , dès qu'elle avait consenti à négocier ; aussi conclut-on, le 13 octobre, le traité de Ratisbonne qui remit la France en paii avec l'Empire et assura au duc de Nevers l'héritage de la maison de Gomague.
Ratbamnb, moine de l'abbaye de Corbie , né en Picardie dans le 9' siècle a écrit deux livres sur la Prédestination; un autre de t Enfantement d* J. C. ; un de CAme ; un Traité contre tes Grecs, et un Traité du corps et du sang de J. C. Ce dernier ouvrage ayant donné lieu à des discussions theologiques, est plus connu que les autres; il a eu 14 éditions; la première est de Cologne, 1532 , in-8°, et la plus récente d'Amsterdam , 1727, in- 12.
Raucoubt ( Françoise Marie Antoinette Saucerotte , plus connue sous le nom de M"« ), naquit en 17-56 à Nancy, d'un comédien qui l'exerça de bonne heure dans Part dramatique , et l'emmena en Espagne , où , à I âge de douze ans, elle débuta avec succès dans des rôles tragiques. De retour en Frao« vers 1770 , elle se rendit à Rouen , et s'r fît bientôt une si grande réputation qu'dk fut appelée à Paris, où elle débuta dans te rôle de Didon. Son éclatante beauté, a taille à la fois noble et gracieuse, son organe plein et sonore, produisirent sur le public la plus vive sensation; ses débuts attirèrent pendant plus d'une année une foule extraordinaire, et elle reçut à b couretàla ville les témoignages cfmtérf