REDON
réunis arrivèrent presque sans transition jusqu'au règne de Louis XIV. Ce prince prescrivit, en 1674, dans chaque province, une levée d'hommes sous le nom de troupes réglées, et établit des assemblées provinciales ou lieux de réunion.
Les intendants furent chargés de la répartition et de la direction à donner aux hommes de nouvelle levée.
On institua , en 1688, un mode d'en* rôlement forcé ou volontaire, dont la durée fut Gxée à deux ans. On leva ensuite un corps de miliciens qui devait être entretenu sur le pied de paix comme sur le pied de guerre, et Ton supprima , en 1691 , le système du ban et de l'arrière-ban.
Ces différents modes, abolis en 1791, excepté toutefois celui de l'enrôlement volontaire, furent remplacés, en 1792 et 1793, par les levées extraordinaires , les levées en niasse et la réquisition. En 1798, on substitua à ce dernier mode celui de la conscription, qui fut maintenu sous le consulat et Fempire.
La conscription fut abolie par la charte du 14 juin 1814 et remplacée par un nouveau système, celui du recrutement, modifié depuis par les lois des 10 mars 1818 et 21 mars 1832. Cette dernière porte : 1° que l'armée se recrute
Rar des appels et des engagements voltaires; 2° que nul ne peut être admis à servir dans les armées françaises, s'il u"est Français. Elle exclut du service tes individus qui ont été condamnés à une peine afflictive ou infamante, ou à une peine correctionnelle de deux ans d'emprisonnement et au-dessus.
Le contingent assigné à chaque canton est fourni par un tirage au sort entre les jeunes Français qui ont atteint l'âge de 20 ans révolus. La durée du service est de sept ans. Les engagements volontaires peuvent se contracter, mais sans prime d'argent , à l'âge de seize ans dans l'armée de mer, et à l'âge de dix-huit ans dans l'armée de terre. Les rengagements sont reçus pour deux à cinq ans. Les ordonnances des 13 mars et 15 décembre 1841 établissent un dépôt de recrutement et de réserve au cheflieu de chaque département. Ces dépôts sont divisés en deux classes. Le personnel de la tre se compose d'un officier su-
périeur, un capitaine , un lieutenant, un sous-lieutenant et deux sous-officiers.
La deuxième n'a pas d'officier supérieur.
Redon, Iioto. petite ville de Bretagne, auj. chef-lieu de sous-préfecture du département d'Ille-et- Vilaine. Cette ville doit son origine à un monastère, fondé vers Tan 832 par uu archevêque de Vannes. Ce monastère, qui devint bientôt célèbre dans toute l'Europe par ses immenses richesses , fut saccagé par les Normands en 869. En 1688 , la ville de Redon fut entourée de murailles qui lui permirent de soutenir, pendant la Ligue, un long siège contre le duc de Mercœur. On y compte auj, 4000 habit.
Rbdon-Bkàupéàu ( le comte de ) , né en Bretagne en 1737, entra fort jeune dans l'administration de la marine ; fut successivement commissaire en France et dans les colonies, contrôleur à Rochefort, puis intendant du port de Brest; il perdit cette place à la révolution, et lut incarcéré en 1793; mais il fut nommé ministre de la marine sous le directoire, et devint membre du conseil d'État après le 18 brumaire. 11 entra en 1810 au sénat conservateur , passa à la chambre des pairs en 1814, et mourut en 1815.
Rkdow de Belleyille (le baron), né à Thouars, en 1 748, avait été successivement secrétaire de Turgot, conseiller d'fttat du grand-duc de Toscane, et administrateur des domaines de la maison des Cambiasi de Gènes , lorsqu'il s'embarqua, en 1793 , avec le contre-amiral Latouche, pour aller signifier au roi de Naples les volontés du gouvernement français. On le débarqua seul , sans escorte et sous le simple uniforme de grenadier de la garde nationale parisienne ; il traversa ainsi la ville de Naples, et, par sa contenance ferme et assurée, il imposa à la multitude qui se pressait sur ses pas. Parvenu au palais, il refusa toute communication avec les ministres , fut admis auprès du roi, lui remit ses dépêches, et discuta l'objet de sa mission avec une clarté qui lui fit obtenir une réponse favorable : il ne s'agissait de rien moins, cependant , que d'engager la cour napolitaine à rappeler son ambassadeur de Constantinople, à nommer un ministre à Paris, à désavouer une note