RÉGENCES L'UN
lui-même mineur ; il fut placé sous la tutelle de son aïeule Plectrude. Les Neustriens s'affranchirent sans peine ; ils choisirent un roi et un maire, et l'Austrasie fut vaincue et humiliée tant que dura la régence de Plectrude; Charles Martel rétablit sa suprématie. H devint maire, prit pour roi Thierry IV, Âgé de sept ans, et quand ce prince eut terminé sa courte et triste carrière, Charles ne se donna pas la peine de le remplacer. Son fils Pépin le Bref, moins sûr de son pouvoir en Neustrie, donna le titre de roi à un Mérovingien, Childéric III, qui était encore dans l'enfance et qu'il comptait bien faire rentrer promptement dans le cloître d'où il le tirait momentanément. Telles furent les minorités et les régences mérovingiennes , terrible et misérable histoire qui montre combien il est triste d'être enfant et faible dans les temp« de violence et de barbarie !
Lesprogrèsde la civilisation, en substituant au droit de la force l'empire des lois et l'autorité des principes , rendent les minorités moins dangereuses et les régences plus faciles. L'histoire des autres dynasties qui ont régné sur la France ne présente pas de carnage semblable au meurtre des enfants de Clodomir, massacrés par leurs oncles Clotaire et Childebert ; on n'y trouve rien d'analogue à ce mépris constant des maires et tuteurs des jeunes princes mérovingiens pour les droits des faibles descendants de Clovis. La seule régence de l'époque carlovingienne, celle deGerberge, sœur d'Otton le G rand et mère de Lotliaire, qui n'avait que treize ans à son avènement au trône, fut assez paisible. Elle eut ce* pendant des résultats fâcheux pour l'autorité royale ; elle accrut l'influence germanique, et favorisa l'agrandissement de la famille des ducs de France, qui tendait à se substituer aux Carlovingiens, comme ceux-ci s'étaient substitués aux Mérovingiens. Hugues, qui possédait déjà lesduchésdeNeustrieetde France, les riches abbayes de Saint-Martin de Tours, de Saint-Denis et de Saint-Germain des Près, qui n'avait consenti à l'élévation de Louis d'Outremer qu'à la condition d'être investi delà Bourgogne, ne consentit au couronnement de Lothaire que lorsqu'on lui eut cédé l'inves-