PERS. RÉGENCES
dre utiles : aussi les uns manquant de lumières, les autres manquant de courage, presque tous manquant de résolution , suivirent l'impulsion du conseil de régence, ou plutôt du régent lui-même, réduits à être des fantômes d'importance et d'autorité. Mais ils mettaient l'autorité réelle à couvert du reproche, et donnaient une apparence de gravité à l'esprit qui la conduisait (*) ».
Le duc d'Orléans gouverna donc d'abord sans contradiction, et le pouvoir, mitigé en apparence, resta aussi absolu
Sue sous Louis XIV. Ce qu'il y avait e plus urgent à cette époque, c'était de remédier au désordre des finances que Louis XïV avait laissées dans un état déplorable. Il n'v avait au trésor, en 1715, que sept à huit cent mille livres d'argent comptant, et il était dd par l'État, en billets au porteur et actuellement exigibles , sept cent dix millions.
La dette publique était en intérêt de quatre-vingt-six millions ; ces deux dettes réunies formaient un capital de trois milliards. Le régent rejeta noblement l'avis de ceux qui conseillaient la banqueroute et travailla à rétablir l'é-
3uilibre par des moyens honnêtes, mais ont l'insuffisance le força à décréter des poursuites rigoureuses "contre les traitants à qui l'on fit rendre gorge ( 1716- 1717), et à recourir aux innovations financières que proposa l'Écossais Law et qui produisirent dans les fortunes une perturbation si funeste (1717-1720).
(Voy. Banque, etc.)
Cependant la politiaue de la France était entièrement modifiée; Albéroni,rai nistre de Philippe V, roi d'Espagne, me ditait le renversement du récent et le rétablissement des Stuarts sur le trône d'Angleterre. Le duc d'Orléans conçut un projet d'alliance avec la maison 'de Hanovre, et Dubois le réalisa. Le régent était déjà bien disposé pour V Angleterre par son étroite liaison avec les lords Stair et Stanhope, ses compagnons de plaisir, et dont l'un était ambassadeur en France. Dubois fut le négociateur du traité de la triple alliance, signé à la Ha ve le 4 janvier 1717, où l'honneur françafs, confié à des mains indignes, subit de grandes humiliations. Ce traite
(•) Marmootel, Histoire de la Régtnet.
eégcnces FRi
stipulait la démolition du port de Dunkerque et le comblement du canal de Mardick, l'expulsion du chevalier de Saint-Georges, fils de Jacques II, enfin de grands avantages pour le commerce hollandais. Georges Pr y prenait le titre de roi de France, lequel était refusé à Louis XV , que l'on ne désignait que par celui de roi très-chrétien. Voilà ce que gagnait le régent à céder trop facilement à des circonstances qui l'éloignaientde notre alliance naturelle avec FEspagne. Les embarras intérieurs, quels qu'ils fussent, ne justifiaient pas de telles démarches. La conspiration de Cellamare, ourdie par l'Espagne et le parti du duc du Maine ( 1718), n'était pas un danger sérieux. La guerre ne tarda pas à éclater, et le traité de la Haye se changea en une quadruple atliance, par l'accession de l'empereur Charles VI , qu'inquiétaient aussi les projets d'Albéroni. Ce ministre entreprenant, qui avait ranimé le cadavre de t Espagne, refusa d'accéder aux conventions prises par les quatre puissances ; et, en 1719, une armée française, commandée par le maréchal de Berwick , envahit la Navarre , occupa Fontarabie et Saint-Sébastien , tandis que les Anglais anéantissaient la marine qu'Albéroni avait créée comme par enchantement. Philippe V fut contraint de céder ; il fit évacuer la Sicile et la Sardaigne . se contenta de l'expectative de Parme etde la Toscane pour son fils don Carlos, et disgracia Albéroni (1720). Pour cimenter la réconciliation, le duc d'Orléans négocia le mariage de sa ûïle, mademoiselle de Montpensier, avec don Louis, prince des Asturies, et celui de l'infante d'Espagne avec le roi de France; ces projets avortèrent.
Le rôle politique de la régence était fini, et son histoire ne présenta plus qu'une suite de scandales , dont le plus révoltant fut la faveur croissante de Dubois et sa promotion au cardinalat.
Ce tvpe effroyable de la dépravation humaine ne connut jamais que la prospérité; il avait un tel empire sur l'esprit du régent que celui-ci, avant de se retirer des affaires, le lit maître du gouvernement, en lui donnant la charge de premier ministre, le 22 août 1722. Louis XV , qui avait été sacré à Reims le 26 octobre 1722, fut déclaré majeur
HCE. KEGGIO 8C>7
dans un lit de justice, le 22 février 1723. Dubois prit alors en main la direction des affaires et déploya une véritable capacité; mais il mourut au mois d'août des suites de ses débauches, et le duc d'Orléans, qui devint alors premier ministre, succomba par les mêmes causes en décembre de la même année. Ainsi disparurent à la fois les deux hommes dont l'inlluence avait présidé à la minorité de Louis XV. Toutefois, entre eux la comparaison est impossible : le duc d'Orléans avait une nature exquise; Dubois était un homme pervers ; mais en se livrant tout entier à son infâme agent, le prince se laissa pervertir, et son exemple porta une atteinte irrémédiable aux mœurs publiques et à l'antique honneur de la monarchie.
REGGio(Prise de). — A la fin de 1807, tout le royaume de Naples était au pouvoir des Français; du moins, il n'y avait plus que les places de Reggio et de Scylla, situées l'une et l'autre dans la Calabre ultérieure, qui tinssent encore pour le roi Ferdinand. Le 31 décembre, les troupes du général Reynier vinrent investir Scylla, et n'eurent à cette occasion que des engagements peu sérieux avec quelques bandes de paysans; mais le transport de l'artillerie et des munitions offrit d'énormes difficultés et dura près d'un mois. Le 30 janvier 1808, après avoir laissé devant Scylla des forces suffisantes, Reynier marcha sur Reggio. Une colonne, avec le matériel de siège, suivit le bord de la mer, et se trouva , en face de Pimpinello , tellement incommodée par le feu de quatre chaloupes canonnières siciliennes , embossés très-près déterre, que Reynier se vit contraint de mettre en batterie ses pièces de 12. Non-seulement le feu de ces dernières , parfaitement dirigé, imposa silence à celui des bâtiments ennemis, mais, sur la menace qu'on leur fit de les couler bas, ils se rendirent, etles Français purent former dans la soirée l'investissement de la place. Dans l'après-midi du lendemain, un brick anglais, qui depuis le matin ne cessait de tirer sur les troupes assiégeantes, vint, poussé par une forte brise, se jeter à la cote. Une centaine de nos tirailleurs, accouranttoutd'abord,lirejit pieu.
8C8 RfiGÛlO
voir sur ce bâtiment une telle grêle de balles , que l'équipage dut abandonner les manœuvres et le tillac et fermer même les sabords. Vainement les matelots essayèrent-ils de mettre les embarcations a la mer : tous ceux qui se laissaient voir étaient tués à l'instant.
Enfin, le capitaine, qui comptait déjà dix-neuf morts, ne vit plus d'autre
fiarti que de se rendre à discrétion avec es cinquante-six hommes qui lui restaient. Le 1er février, une trentaine de barques portant sept à huit cents hommes de troupes sortirent du port de Messine, dans le but, à ce qu'il semble , de reprendre le brick. Reynier ordonna qu'un y mtt le feu; une seule barque osa s'approcher pour éteindre l'incendie; mais on lui tua quelques hommes, et elle se hâta de regagner Messine , suivie de toutes les autres.
Dès la veille, les Français étaient entrés dans la ville de Reggio , qui est ouverte ; mais , pour s'en rendre tout à fait maîtres, il leur fallut renverser à coups de canon les nombreuses barricades que les bandits calabrois avaient élevées dans les rues afin de défendre les approches du fort, qui avait d'ailleurs une garnison de troupes anglo-siciliennes, et soutenir un combat fort vif devant chacun de ces retranchements. Le 2, à la première sommation, le fort ouvrit ses portes , et la garnison, qui était d'environ huit cents hommes, se constitua prisonnière.
Le 7 février, plusieurs compagnies de voltigeurs français pénétrèrent de vive force dans la petite ville de Scylla; mais les bandits qui la défendaient s'embar-
3 aèrent presque tous sous la protection u fort, où se trouvait une garnison anglaise. Maîtres de la ville, les Français eurent plus de facilité pour battre en brèche le château. Il semblait, le 17, ne pouvoir tenir plus longtemps; mais, ce jour-là même, une flottille de petits bateaux vint des côtes de Sicile recueillir le détachement anglais, qui, à l'aide d'un escalier taillé dans le roc, s'embarqua malgré le feu de l'artillerie assiégeante. Une seule barque , portant cinquante hommes, fut coulée bas.
La prise des forts de Reggio et de Scylla, qui nous livrait cinquante pièces de canon et d'immenses magasius de
RÉGIMENTS
munitions et de vivres, eut encore- un résultat plus important: ce fut d'amener la pacification définitive de la Calabre.
Reggio (duc de). Voyez Oudinot.
Régiment. Quelques historiens ne font remonter l'origine des régiments d'infanterie qu'au règne de Charles IX ; d'autres la portent jusqu'à celui de Henri II, qui, dès l'an 1558, essaya d'organiser en régiments les légions créées au commencement de son règne, et dont les quatre premières conservèrent le nom de vieilles bandes. L'institution des régiments de cavalerie ne date que de 1635. Avant ces époques, l'infanterie se divisait en grandes compagnies de quatre à cinq cents hommes, et la cavalerie eu compagnies de trois à quatre cents chevaux.
Les quatre premiers régiments d'infanterie créés par Henri II portaient les noms ci -après : 1° Picardie, formé en 1557 , après la bataille de Saint-Quentin, des restes des vieilles bandes; 2° et 3° Champagne et Navarre, créés en 1558; 4" Piémont, créé la même année, avec les anciennes bandes noires du Piémont (*)•
Deux nouveaux régiments furent créés par Charles IX pour la garde extérieure des palais royaux; savoir : celui des gardes françaises en 1563, et celui des gardes suisses en 1589.
Henri IV forma successivement, après son avènement au trône , les neuf régiments que nous allons nommer dans l'ordre de leur création, avec les numéros qu'ils portaient en 1729.
7, Nerestan, devenu Bourbonnais en 1072, créé en iw»l
8, Balngny, devenu Richelieu,
9, Dubourg, devenu Auvergne en 163s, J&srr 23, Graville.
19, Netmond .devenu Aniouen lC?o, igoi
20, Le mont , devenu de Maine en IG75, 16ul
10, de Rozan , devenu Tallard en 1627 , igoo
11, Baudeville, devenu Pons, I6in 17, Caslel Bavard, qui prit successivement les noms de ses colonels, loto
D'autres régiments créés sous Henri IV furent réformés en 1611 ou incorporés dans les corps conservés.
Les onze régiments qui suivent furent créés par Louis XIII :
5, Normandie, créé en l«iê
6, la Marine 163 s
H Os régiments prirent dans la suite le nom de vieillis bandes ou vieux corps.
L'UNIVERS
RÉGIMENTS
FRANCE
RÉGIMENTS
(ces deux régiments prirent rang daas ies vieux corps en 1652).
13, Royal, "fl22 ai, (Tktaing, 163* 2*, La Reine, ,035
25, Limosin,
26, Royal des vaisseaux, 16%
31, Artois, I63&
36, Alsace (allemand) , 1635 30, Du Perche, 1636 22, Meuse, >«o
Les régiments étaient loin d avoir à cette époque l'organisation qui leur a été donnée depuis ; au commencement du règne de Louis XIV, ils étaient divisés en plusieurs bataillons formés sur six rangs. Le tiers de l'infanterie était armé de piques et formait le centre du bataillon; les deux autres tiers portaient le mousquet ou l'arquebuse.
En 1666, Louis XIV assigna un rang aux quarante-six régiments existants a cette époque. L'année suivante il institua dans chacun d'eux une compagnie de grenadiers. Quatre-vingt-quatorze régiments furent créés de 1643 à 1709 savoir :
27, Anjou (2«), devenu Orléans, 1643
28, la. Couronne , 1643
29, Mazarin (!•'), devenu Bretagne, 1644
32, Clérembourg, devenu Louvigny, 1648
33, Vendôme, devenu d'Auroy, 1651
34, la Ferté-Seoneterre, devenu la
Sarre en 1683, 165 1
35, Mazarin (2«), devenu la Fère en
37, Catalan- Mazarin! , devenu Royal
Rousslllon, '655
14, Duplessis-Praslin , devenu Poitou en
15, Lyonnais,
18, Chambelé, devenu Touraine en 12, du Roi, '661
38, Condé, >6GI
45, Saxe (allemand), 1005 10, Dauphin, „ u [g»
39, Enghien , devenu Bourbon , 1667
46, Beauvoisls, 1667
41, Montpeyroux, devenu Rouergue,
42, Bourgogne, J6™
43, Royal- Marine, a a I0™ 4 4, Y Amiral, devenu Venmandols, 1670
46, Fusilier du roi , créé pour la garde
de l'artillerie, devenu Royal-Artillerie en 16J3, 1670
47, Royal-Italien, J670
48, D'Herlac (suisse), devenu May, 1671
49, Vieux Stoppa (suisse), devenu
Brendelée, 1672
50, Salis (suisse), devenu Betlens, 16 > 2
51, Phistre (suisse) devenu Bourguy, i«72
52, Languedoc, 167:2
53, d'Huxelles, devenu Saint-Simon, 1673 54 Médoc ' 1 ' ' 5ô| d Albret, devenu Gensac, m |674 56, Castre», devenu la Trémouille, 1674
57, Lislenols, devenu Royal-Comtois, i674
58, Schomberg, devenu Mont-Conseil , 1075 69, Grignan, devenu Provence, 1675
60, Greder (suisse), devenu d'Affry , 1 675
61, Stuppa Jeune (suisse), devenu Be-
zenvald. 1665
62, Vivonne, devenu Rochechouart, 1676
63, Mailly (wallon) , 1677
64, Saint-Laurent, devenu Nice, 1678
65, Lamark (allemand), I6S0
66, Toulouse, 1684
67, Guienne, 1684
68, Lorraine, 1684
69, Flandre, 1684
70, Berry, 1684
71, Béarn, 1684
72, Hainalt, 1684
73, Boulonnais, 1684
74, Angoumois, 1684
75, Périgord, 1684
76, Fontange, 1684
77, Bigorre, 1684
78, Forest , 1684
79, Cambresis , 1684
80, Tournaisis, 1684
81, Folx, >684
82, Bresse, 1684
83, La Marche, 1684
84, Quercy, 1684
85, Nlvernois, 1684
86, Brie, 1684
87, Soisaonnais, .1684
88, Ile-de-France, 1684
89, Vexln, 1684
90, Aunis, '684
91, Beauce, '684
92, Dauphiné, 1684
93, Vivarais, 1684
94, Luxembourg, 1684
95, Bassigny, '684
96, Beaulolàls, '685
97, Ponthieu, 16»5
98, Sobre, devenu Lavallière, 1688
99, Tessé, devenu Montmorency, 1689
100, Salis Jeune ( suisse ) , devenu
Die? bac h 1689
101, Courtin (suisse) , 1089
102, Lée (irlandais) , 1690
103, Clans (irlandais), 1690
104, Dillon (irlandais) , 1690 106, Laisser (allemand), devenu Leock, IGUO
106, Picquigny, devenu Noailles, I04VI
107, Chartres, devenu Êlampes en
108, Blalsois, 1692
109, Gàllnols, 1692
110, Barrols, devenu Conti en 1713, 1692
111, \u v trois, • 1632
112, Agénols 1692
113, Santerre, 1692
114, Deslandes I6»3
116, Rooth (irlandais), 1692 Iio, Filz- James, devenu Berwick,
(irlandais), «692
117, Enghien, «706
1 18, Royale-Bavière ( allemand ) , 1709
On trouve dans Y Histoire de la milice française du P.Daniel, une liste de deux cent soixante-quatre régiments d'infanterie existant en 1714, y compris les gardes françaises et suisses, le régiment d'artillerie, qui prenait rang
870 RÉGIME3T LTJK
d'ancienneté parmi les autres , et le régiment des bombardiers. De ce nombre quatre étaient de la création de lienri II, sept avaient été créés sous Henri IV, dix-neuf sous Louis
XIII, deux cent vin't-deux sous Louis
XIV. Sur ces derniers quatre-vingthuit seulement furent conservés à la mort du grand roi. Réunis aux trente qui avaient été créés antérieurement, et qui avaient survécu à toutes les réformes, ils portèrent à cent dix-huit le nombre des régiments d'infanterie sur pied à l'avènement de Louis XV.
Les autres régiments de la création de Louis XIV avaient été successivement licenciés.
L'organisation des régiments d'infanterie a été souvent modifiée depuis l'époque de l'institution de ces corps jusqu'à nos jours. L'état-major se composa d'abord d'un colonel, d'un lieutenant-colonel, d'un major, d'un aide-major, d'un maréchal des logis, d'un aumônier, d'un capitaine tambour (tambour-major), d'un prévôt, d'un lieutenant du prévôt, d'un greffier, d'un chirurgien , d'un commissaire à la conduite, enfin de plusieurs archers et d'un exécuteur.
Les compagnies ordinaires se composaient d'un capitaine, d'un lieutenant, d'un sous-lieutenant, d'un enseigne, de 2 à 3 sergents, de 6 à 8 caporaux , de 4 à 8 anspessades (Voy. ce mot) , d'un à 2 tambours, et, lors de l'institution des régiments , d'environ 90 soldats : ce dernier nombre fut ensuite réduit à 80 et à 70; Louis XIV le fixa à 50, et Louis XV le réduisit à 40.
Le nombre des bataillons était de 1 a 4 par régiment.
On appelait régiments des princes ceux qui portaient le nom d'un membre de la famille royale, ou d'un prince du sang , tels que les régiments du Roi, de la Heine, de Bourbon, d'Orléans, de Coudé , etc. ; les régiments Royal , de la Couronne, Royal-Roussillon , etc., s'appelaient régiments royaux. On donnait le nom de régiments de gentilshommes à ceux qui portaient Te nom de leurs colonels, comme Richelieu, Tureune, etc. Les autres régiments portaient le nom des provinces du royaume.
VERS. EEGIMBXT
Nous ferons connaître tout à l'heure les modifications les plus importautesqai ont été opérées successivement dans la composition des régiments , depuis la Go du règne de Louis XIV jusqu'à l'époque actuelle.
A l'ouverture de la campaeuede 1 734 , la France comptait 175 régiments d'infanterie ; savoir : 2 de gardes françaises et suisses, 100 régiments français, 9 suisses , 5 allemands , 1 italien', 5 irlandais et 53 régiments de milfOs.
En 1762, le nombre des régiments français fut réduit à 66, dont 19 a 4 bataillons, 38 à 2, et 9 à 1 ; on comptait a la même époque 7 régiments allemands, 10 suisses ou grisons, 5 irlandais et 1 italien, en tout 89 régiments. Ces corps reçurent en même temps un nouveau rang et un nouveau numéro, le nom d'une province, d'un prince français , ou celui d'une famille régnante pour les régiments étrangers. Les régiments de la Marine, Royal, du Roi , Dauphin, de l'Ile-de- France, de la Reine, Royal des vaisseaux, de la Couronne, etc. , conservèrent leur ancienne dénomination.
A l'avènement de Louis XVI, le nombre des régiments d'infanterie française et étrangère étaît de 93. En 1780*, on changea lés noms de quelques-uns d'entre eux : Picardie, qui était le Ie' depuis la création, fut remplacé par le régiment Colonel-général; le 2', l'ancien Champagne, qui était devenu Provence, prit le nom de Picardie, etc. Peu de temps après, tous les régiments furent composes de 2 bataillons, chaque bataillon de 4 compagnies de fusiliers, plus une cotn-
f>agnie de grenadiers pour le 1er batailon et une compagnie de chasseurs pour le 2e.
On avait créé en 1744, 7 régiments de grenadiers royaux, qui furent portes à 13 de 1771 à 1779, et supprimés en 1789; en 1749, un régiment de grenadiers de France, supprimé en 1771 : en 1771 , 47 régiments provinciaux, qui furent portés a 54 en 1771, et supprima en 1775.
Le 1er janvier 1791, les corps quittèrent les noms qu'ils portaient , pour n'être plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Tous les régiments turent con-