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RÉGIMENT
FRANCE
REGIMENT
valeric que l'on créa en 1792 , un seul, le 25' , lut conservé.
Deux nouveaux régi ments de hussards furent créés en 1792, six en 171)3. Sur ce nombre 4 furent réformés depuis 'et incorporés dans d'autres corns.
Trois nouveaux régiments de dragons, créés eu 1703 , portèrent à 21 le nombre des corps de cette arme.
En 1793, les régiments de cavalerie et de dragons eurent chacun 4 escadrons de 2 compagnies; ceux de chasseurs et de hussards en eurent 6, également de 2 compagnies.
Apres de nouvelles créations et de nouvelles réformes, qu'il serait trop long d'énumérer ici , un arrêté du 23 fructidor an XII fixa à 76 le nombre des régiments de cavalerie, savoir:
2 — de carabiniers; 25 — de cavalerie;
15 — de dragons; 22 — de chasseurs,
12 — de hussards.
De Tan X à l'an XII, les 12 premiers régiments de cavalerie formèrent un même nombre de régiments de cuirassiers ; le nombre des régiments de dra-
Sons fut porté à 30, celui des régiments e chasseurs à 24, et celui des régiments de hussards réduit a 10. L'arrêté du lw vendémiaire an XII rétablissait l'organisation de 1793, en ce qui avait rapport au nombre d'escadrons par régiment.
Un décret impérial du 18 juin 1811 créa 9 régiments de cheyau-legers lanciers, dont deux polonais.
Lors de la première abdication de Napoléon (1814), il existait 93 régiments de cavalerie, non compris Ies8 régiments de la garde impériale; en voici le tableau :
4 régiments fie gardes d'honneur; 2 — de carabiniers ;
13 - de cuirassiers ( cette arme avait 14 numéros; mais le 7« était vacant ];
2i — de dragons (cette arme avait 30 numéros; les I", 3e, 8«, 9«, IO« et 29-, étaient
vacant* ) ; .
9 — dechevau légers lanciers; 28 — de chasseurs (celte arme avait 31 numéros • les 17*, IX* et 3"* étaient vacants); 13 — de hussards (celle arme avait U numéros comme les cuirassiers ; le elait vacant).
Dix corps de cavalerie étrangère étaient en outre employés au service de France. On comptait dans ce nombre un régiment portugais, 1 régiment de
hussards croates , 5 régiments illyriens ou croates, et 1 régiment espagnol, dit Napoléon-Joseph .
La première restauration réduisit à S6 le nombre des régiments de cavalerie; cette arme se composa alors de
2 régiments de carabiniers, 12 - de cuirassiers 15 — de dragons,
fi — de lanciers, 15 — de chasseurs,
a — de hussards.
Elle fut, à la seconde restauration (1816), réduite à 47 régiments, savoir :
1 — de carabiniers,
0 — de cuirassiers, 10 — de dragons , 24 — de chasseurs ,
6 — de hussards.
Chaque régiment fut composé de 6 escadrons. On arma de lances le dernier escadron des régiments de chasseurs.
Le régiment de carabiniers prit le nom de Carabiniers de Monsieur, ceux de cuirassiers reçurent les noms des princes; enfin les régiments de dragons , de chasseurs et de hussards , eurent des noms de départements ; savoir :
Le Ier régiment de cuirassiers, celui de la Reine;
Le 2« Dauphin ;
Le 3« Angouiéme;
Le *• Berry ;
Le b' Orléans;
Le 6« Centi.
Le 1er régiment de dragons, Calvados;
Le 2* Doubs;
Le 3* Garonne ;
Le 4* Gironde ;
Le&' Hérault;
Le Loire;
Le 7* Manche ;
Le 8' Rhône ;
Le tf* Saôue;
Le in» Seine;
Le i" régiment de chasseurs, Allier;
Le V Alpes ;
Le 3» Anlennes;
Lel* Arriege?
Le b" Cantal ;
Le 0* Charente;
Le 7* Corrèse ;
Les» Cole-d'Or;
Le 9* DordoRiie:
Le io« Gard ;
Le il* Isère;
Le' l'i' Marne;
Le 13* Meuse;
Le n« Morbihan;
Le l&e 0»*ï
Le 10e Orne;
Le I7« Pyrénées;
Le!*- Sarthe;
Lc \9* Somme \
L'UNIVERS
RÉGIMENT
Le 2u« Var;
Le 21" Vaucluse;
Le 22» Vendée;
Le 23* Vienne;
Le 24" Vosges.
Le I" régiment de hussards, Jura,
Le 2" Meurt he.
Le 3* Aloselle,
Le *• Nord,
Le 5« Bas-Rhin,
Le 6* Haut-Rhin.
Indépendamment des 47 régiments ci -dessus, on en créa 8 dans la garde royale , savoir : 2 de grenadiers à cheval , 2 de cuirassiers , 1 de dragons , 1 de chasseurs, 1 de lanciers et 1 de hussards.
Par une ordonnance du 21 septembre 1824 , le régiment des cuirassiers d'Angouléme prit le nom de cuirassiers de Bordeaux, et le régiment de hussards du Jura , celui de hussards de Chartres.
Une ordonnance du 27 février 1825 créa un second régiment de carabiniers, 4 nouveaux régiments de cuirassiers, 2 nouveaux régiments de dragons, et réduisit de 6 le nombre des régiments de chasseurs; enfin, les 4 régiments de cuirassiers de nouvelle formation furent organisés avec les 7*, 8e, 9e et 10e de dragons; les 4 régiments de dragons devenus cuirassiers furent remplacés dans cette arme par les 1 9', 20% 2 19 et 22* de chasseurs; enfin, les deux nouveaux régiments de dragons furent formés avec les 23' et 24e de chasseurs. En 1826, le 1er régiment de chasseurs prit le nom de Nemours.
Une ordonnance du 14 août 1830 créa, sous le nom d'Orléans, un régiment de lanciers. La cavalerie de la garde royale avait été licenciée le 1 1 du même mois.
La cavalerie reçut une nouvelle organisation le 19 février 1831. Elle fut composée de 2 régiments de carabiniers et de 10 régiments de cuirassiers , formant la cavalerie de réserve; de 1? ré-
{ piments de dragons et de G régiments de anciers, formant la cavalerie de ligne; de 14 régiments de chasseurs et de 6 régiments de hussards, formant la cavalerie légère- Depuis, les cinq premiers régiments de chasseurs sont devenus lanciers et ont pris les numéros 1 à 5 ; les lanciers d'Orléans ont formé le 6' régiment decette arme; les 13 régiments de chasseurs restants out pris les nu-
méros là 13 ; le 14* a été organisé avec des détachements de divers corps.
Trois nouveaux régiments de aralerie ont été créés de 1831 à 1832 sous le nom de chasseurs d'Afrique.
Les 13e et 14* régiments dechasseure transformés, le 27 novembre 1836, en deux régiments de lanciers ont porte le nombre des régiments de cette dernière arme à 8, et réduit celui des régiments de chasseurs à 12. Enfin une ordonnance du 29 octobre 1840 a prescrit la formation de 3 régiments de chasseurs, du n° 13 au n° 16 (le \V seulement a été organisé), et de 3 régiments de hussards, du n° 7 au n* 9. Il avait été précédemment erre ua
Îuatrième régiment de chasseurs dorique.
Depuis cette dernière organisation la cavalerie se compose de la manière suivante :
2 régiments de carabiniers , in — de cuirassiers; 12 — de dragons;
8 — de lanciers ; 13- - de chasseurs;
9 — de hussards ;
4 — de chasseurs d'Afrique;
I corps de cavalerie in iigrne d'itou*
v Chaque régiment est de 6 escadrons sur le pied de guerre , et de 5 escadrons sur le pied de paix. (Voyez Cmlerie , Gendarmes. Gabdb \mbialb, Garde royale , oadomike (compagnies d'), et les différentes armes de cavalerie).
artillerie.
L'histoire de cette arme, son ors3 nisation et son enrégimentement, >yant été développés dans un article spécial, nous y renvoyons le lecteur.
GBNIB.
Au xne siècle on n'employait encore aux travaux de sape que les habitants des campagnes mis en réquisition pour ce genre de service : on leur donnait lt nom de fossiers ou de pionniers. L'arnw du génie resta longtemps sans troupe et ce fut seulement en 1671 quoo attacha une compagnie de sapeurs su régiment de fusiliers du roi, alors chargé de la garde de l'artillerie. Cinq compagnies de mineurs, successivement créées en 1673, 1679, 1695, 1701 et 1704,
RÈGtfAhD FRA
furent également placées dans les attributions de l'artillerie. Longtemps ballottées, sans existence certaine, et toujours sujettes aux caprices d'innovateurs malavisés, les compagnies de sapeurs et celles de mineurs reçurent enfin une constitution appropriée à leur arme; elles furent définitivement réunies le 2 brumaire an II (23 octobre 1 793) et spécialement affectées au corps du génie. En 1813 ce corps se composait de
2 bataillons démineurs, 6 — de sapeurs,
3 — de sapeurs étrangers , I —du train,
I compagnie d'ouvriers.
Une ordonnance du (2 mai 1814 donna à F3rme du génie l'organisation qu'elle a encore aujourd'hui. Cette arme consiste actuellement (1844) en 3 régiments de sapeurs-mineurs, composés chacun d'un état-major, de 2 bataillons de 8 compagnies, dont une de mineurs et 7 de sapeurs , et d'une compagnie hors rang ; une compagnie d'ouvriers du génie et une compagnie de vétérans. (Voyez Génie.)
Régis (Pierre-Silvain), né en 1632, ^ Salvetat de Blanquefort , dans l'Agenois, vint étudier la théologie à Paris, en Sorbonne, y connut Descartes, et devint un zélé partisan de sa philosophie. Il se rendit à Toulouse pour en propager les principes, et y obtint de tels succès , que les magistrats lui offrirent une pension, pour le retenir.
De retour a Paris en 1680, il tint des conférences chez Lémery; mais son école fut fermée par ordre de l'archevêque de Paris, de Harlay, et il usa le reste de sa vie dans une polémique contre les adversaires du cartésianisme et contre Malebranche. Il fut nommé membre de l'Académie des sciences lors de son renouvellement , et mourut en 1 707. On a de lui , outre ses écrits polémiques : Système de philosophie , etc., 1690, 3 vol. in-4°; L'Usage de la rai* son et de la foi, etc., 1704, in-4°; Discursus philosophie us in quo historia philosophie antique et recentioris recensetur, t705i in-12.
Regnard (Jean-François), né à Parts en 1 656 , mort à Grillon en 1 7 1 0. La vie de ce poète est singulière. Elle res-
ÏCE. RÊGNARD 877
semble à celle de certains personnages de son théâtre, gens remuants, hardis, joyeux, féconds en projets et eu expédients, qui ont couru le monde et ont été les héros d'une foule d'aventures plaisantes ou romanesques. Fils de riches bourgeois , héritier, dès sa sortie du collège, d'une fortune considérable, il profita aussitôt de sa liberté pour voyager. Il alla deux fois en Italie et y séjourna chaque fois assez longtemps , menant joyeuse vie, très-heureux au jeu , non moins bien traité par l'amour. Dans son premier voyage, il fit des gains si considérables , qu'après avoir regagné toutes ses dépenses, il revint en France avec plus de 10,000 écus. Dans le second il vit à Bologne une belle Provençale, madame El vire de Prade, dont il devint passionnément amoureux.
La présence du mari ne l'empêcha pas de déclarer sa passion, qui ne tarda pas d'être partagée. Du reste, M. de Prade paraît avoir été le plus commode des maris complaisants que Regnard devait
{>eindre un jour. L'époux, "la femme et 'amant s'embarquèrent tous trois sur le même navire pour revenir en France.
Après quelques jours de navigation, deux corsaires algériens barrèrent le passage à la frégate anglaise à bord de laquelle ils étaient montés. Après un combat de trois heures, il fallut se rendre. On fouilla les captifs, on les chargea de chaînes, tout comme dans les romans; on les emmena à Alger où on les vendit, tout comme dans les romans. Regnard, qui avait un grand penchant à la gastronomie, était très-habile en cuisine ; il prépara pour son maître AchmetTalem plusieurs ragoûts en faveur desquels il fut traité avec douceur et bientôt élevé au rang de cuisinier.
On ne racontera pas ici la tentative d'évasion qu'il fit avec sa maîtresse, les infidélités dont il se rendit coupable envers elle dans le sérail d'Achmet, où il s'était introduit en fraude , ni les dangers qu'il courut pour avoir levé les yeux sur les femmes de son maître. "On peut voir ces détails dans l'histoire de ses aventures qu'il a composée sous la forme d'un petit roman intitulé la Provençale. Son imagination y a brodé sans doute quelques ornements : le style en est exactement pareil
873 REGNARD L'UMVERS. REGNARD
à celui des romans alors à la mode; mais les biographes se sont accordés à regarder comme vraie , pour le fond , la plus grande partie de ce récit. Après quelques mois de séjour à Alger, Regnard et sa maîtresse furent emmenés à Constantinople, où leur captivité se prolongea encore pendant deux ans. M. de Prude resta à Alger. Il y était encore, quand douze mille livres envoyées à Regnard par sa famille lui donnèrent le moyen de se racheter, lui , El vire et son valet de chambre. En arrivant en France ils apprirent la mort de M. de Prade.
Tout allait donc nu mieux pour les deux amants, et ils étaient sur le point de trouverdans le mariage un dédommagement à toutes leurs traverses. Mais au moment où la cérémonie allait se faire à Paris, l'époux qu'on croyait mort reparut , toujours comme dans les romans. Regnard chercha dans de nouveaux voyages une distraction à la douleur que lui causa la ruine de ses espérances. Il visita la Flandre, la Hollande, le Danemark, la Suède. Présenté au roi de Suède, il en fut très-bien accueilli. Ce prince rengagea à faire le voyage de la Lapon ie et lui offrit toutes les commodités nécessair s pour y aller. Cette entreprise , qui n'était pas sans danger, séduisit l'humeur aventureuse de Regnard ; il parcourut cette contrée désolée, jusqu'à la mer Glaciale, près des rivages de laquelle il grava sur un rocher ces vers latins si connus :
Gall ia nos genuit ; vfdit nos Afriea ; Gangem Hauslmus; Eurupamquc oculi* luslravimus
[omnem;
Casibus et varils actl terraque marii|Ut?, Hic tandem steUmus uobis ubi défait urbis.
Il revint en France par la Pologne, la Hongrie et l'Allemagne.
Après tant d'aventures et de courses qui composent une vie assez semblable à celle de quelques héros de Gil-Blas, Regnard se fixa dans sa patrie et tourna d'un autre coté l'activité de son esprit,
Îiu'il n'avait jusque-là cherché à satisaire que par le jeu et les voyages. Il avait vu le monde, il avatt ri des différents tableaux qui s'étaient déroulés sous ses yeux ; il avait assisté à plus d'une intrigue, il en avait concerté plus d'une lui-même. L'idée lut vint décomposer des comédies, où il uti-
liserait ses souvenirs et son expérience, lien fit de très-gaies, qui furent fort applaudies, et qui firent dire à Boileau : « Il n'est pas médiocrement plai- « sant. » Ses succès au théâtre lui procurèrent des connaissances illustres ; le duc d'Enghien et le prince de Coitti allaient quelquefois le visiter dans la petite maison qu'il habitait au bas de Montmartre; il a fait une jolie description de cette demeure dans sa vic épître, à la fin de laquelle il rappelle agréablement les agitations de sa vie passée :
Ne Ta pas l'aviver, pour trouver mi minoo , Aux gros de» environs de prononrer mon nota : Depuis trois a os et plus, dan« tout le voisinage. On ne sait, grâce au ciel, mon aura ni mon rivage. Mais demande d'abord où loge dans ces lieoi Ufl homme qui , poussé d'un désir curieni , Dés ses pins jeunes ans, sut percer où l'aurore Voit de ses premiers feux les peuples du B*>*pkore; Qui, parcourant le sein des infidèles mers. Par le fier Ottoman se vit chargé de fers» Qui prit, rompant sa chaîne , une nouvelle r©««* Vers les tristes tapons que gèle et transit l'Oorjr, Et s'ouvrit un chemin jusqu'au t bords retires Où les feu* du soleil mot sii mois ignore». Mes voisins ont appris l'histoire de ma vu? Dont mon valet causeur souvent les désennuie.
Regnard mourut en 1710, dans la terre qu'il avait achetée à Grillon près de Dourdan , et dont sa fortune lui avatt permis de faire un charmant séjour. H y avait placé dans sa chambre comme souvenir de son séjour à Alger, sa chaîne d'esclave qu'il avait précieusement conservée.
Le mot de Boileau résume tous les jugements qu'on a portés sur son tliéitre. Son coup d'oeil d'observateur et de poète ne creuse pas bien avant dans la nature humaine. Ses caractères, peu approfondis , seraient beaucoup moins comiques s'ils étaient placés dans une intrigoe plus simple et moins féconde en incidents bouffons. L'intrigue et ia convention sont pour beaucoup dans le comique de Regnard. Mais la vérité superficielle, ou un peu convenue de ses pièces, est vivement, franchement, vigoureusement mise en œuvre : le rire qu'il provoque est franc, sincère; on s y livre avec un épanouissement d'esprit quil est rare, après tout, d'éprouver au théitre. Son vers facile et naïvement aiguise jaillit naturellement, abondamment, de scènes bien posées. Sa langue est