HF.GNAULT FRANCE. REGNIER
encore celle du grand siècle. Au mot de Boileau, joignons, pour compléter la part d'éloges qui revient h cet héritier J'un côté du génie de Molière , un mot de Voltaire, non inoins flatteur pour lui : « On n'est pas digne d'admirer « Molière , quand on ne se platt pas « avec Regnard. »
R.EGTVA.ULT DE SuNT-JeàN-d'AN-
gely (Michel-Louis-Étienne), naquit en 1760 à St-Fargeau , où son père était subdélégué de l'intendance. Reçu avocat vers 1781 , et nommé, en 1782, lieutenant de la prévôté de la marine à Rochefort, il tut élu, en 1789, par le tiers état du bailliage de St-Jean-d* Angély, député aux états généraux , où il se rangea du parti monnrchiaue constitutionnel. Arrêté en 1793 , il ne recouvra la liberté qu'après la révolution du 9 thermidor. Employé alors à l'armée d'Italie, il y connut Bonaparte, s'attacha à sa fortune, et lui montra depuis un dévouement sans bornes. Il lut un de ceux qui contribuèrent le plus à la révolution du 18 brumaire. Bonaparte s'en montra reconnaissant, et le nomma successivement conseiller d'État, président de la section de l'intérieur, secrétaire de Pétat de la famille impériale , comte de l'empire , procureur général près de la haute cour. Regnault s'acquitta de ces diverses fonctions avec une grande habileté; cependant, défenseur obligé de tous les projets de son maître , il ne les approuvait pas toujours; dès l'ouverture de la campagne de Russie, il prévit la chute de Napoléon , mais il ne lui en resta pas moins Hdèle , et il refusa même, dit-on , les propositions qu'on lui Ht alors pour embrasser la eause des Bourbons. Il suivit l'impératrice à Blois lors de la première entrée des étrangers à Paris ; se retira ensuite de la scène politique, et n'y reparut qu'au retour de Napoléon, en 1815. 11 lui donna à cette époque de nouvelles preuves d'attachement, en plaidant à la chambre avec chaleur les intérêts de son Gis. Ayant échoué dans ses propositions , il passa en Amérique, et n obtint de revenir à Paris qu après quatre ans d'exil. Il y arriva le 10 mars 1819 , et expira quelques heures après. Il était membre de 1 Institut depuis 1801. Il avait coopéré, de 1789 à 1793, au Journal de Paris,
avec Garât, Condorcet, Chénier, Lacretelle aîné et autres, et publié , en société avec Duquesnoy, C. 4 mi des patriotes, 1791 , 4 vol. in-8°.
Regnault (Jean-Baptiste), célèbre peintre d'histoire, naquit à Paris, en 1754. Sa jeunesse fut des plus aventureuses : d'abord marin, il ne commença à étudier la peinture qu'après avoir fait plusieurs voyages de long cours; mais il y lit de rapides progrès. Envoyé a Rome comme pensionnaire, il en revint à l'âge de vingt ans avec une réputation justement méritée ; son tableau $ Andromède et Persêe le Ot recevoir agrégé à l'académie d»^ peinture en 1782 , et celui de féducatinnd' tchille lui valut, l'annér suivante, le titre d'académicien. De toutes ses productions, cette dernière est la lus connue et aussi la plus remarquale. Nous ne citerons pas les nombreux ouvrages qu'il lit ensuite paraître presque sans intervalle, et qui tous furent accueillis avec une faveur méritée. Il fut chargé sous l'empire de plusieurs grands tableaux pour la décoration des monuments publics, et mourut à Paris, én 1829. Il était membre de l'Institut depuis sa création. Il avait été le maître de MM. Hersent, Guérin, Blondel et Richomme.
Régnier ( Claude- Ambroise), duc de Massa-Carrara , né en 1736, à Blaraont en Lorraine, exerçait eu 1789 la profession d'avocat h Nancy. Il se montra partisan des réformes, fut nommé député aux états généraux, et, quoiqu'il se fut rangé du côté qui favorisait le plus les nouvelles théories , il ne s'occupa guère que dejudieature et d'administration. Il se tint à l'écart après les événements du 10 août, et ne reparut sur la scène politique qu'après le 9 thermidor. Nommé au conseil des Anciens par le département de la Meurthe, il y fut tour a tour secrétaire et président , "s'opposa au rappel de Jean-Jacques Aymé au corps législatif, se montra aussi l'adversaire des prêtres dépqrtés ou exilés de France, et fut un des défenseurs de la loi du 3 brumaire; mais il contribua beaucoup au coup d'État du 18 brumaire, et Bonaparte pava largement son concours. Régnier devint, après l'établissement du consulat, membre du conseil d'État , et ce fut lui qui, en
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cette qualité, Ht rétablir la flétrissure de la inarque pour les crimes de faux. Nommé, en 1802, grand juge ministre de la justice, il fut chargé en même temps de la direction de la police générale, et dirigea, en 1804 , les poursuites contre George et Pichegru. Plus tard , cependant, le ministère de la police fut distrait de ses attributions; et, en 1813, il rendit aussi le portefeuille de la justice. Il fut alors nommé président du corps législatif, et remplit ces fonctions jusqu'à l'abdication ae Napoléon. Il mourut le 24 juin 1814.
Régnier Desm araisouDesmarets (François-Séraphin), néàParisen 1632 , faisait sa philosophie au collège de Montaigu , lorsqu'il traduisit en vers burlesques la Batrachomyochie d'Homère. En 1662, il accompagna le duc de Créqui dans son ambassade à Rome, s'essaya dans la poésie italienne et y réussit à tel point qu'une ode de sa façon fut prise pour une canzone inédite de Pétrarque par l'Académie de la Crusca, qui, lorsqu'elle fut détrompée, ouvrit ses portes à l'auteur. Il fut pourvu, en 1668, d'un prieuré et prit les ordres. Deux ans après, il entra à l'Académie française, bien que n'ayant encore rien publié en français. 11 prit une part fort active à la rédaction de l'édition de 1716 du dictionnaire et rédigea, comme secrétaire perpétuel , les mémoires de l'Académie contre Furetière. Il mourut à Paris en 1713. Le plus connu des ouvrages de l'abbé Régnier est sa Grammaire française, qui parut en 1705, et fut le premier bon traité composé sur l'orthographe de notre langue. On en blâme cependant avec raison la prolixité; la syntaxe n'y est point traitée, et il paraît que les critiques du père Buffier dégoûtèrent l'auteur d'achever la tâche qu'il avait entreprise. Citons encore de cet écrivain des Poésies diverses, 1667 ; des Poésies françaises, latines , italiennes et espagnoles, 1707; une traduction de' quelques morceaux de Cicéron , et, enfin, l'Histoire des démêlés de la France avec la cour de Rome au sujet de f affaire des Corses , 1707.
Régnier (Mathurin), né à Chartres en 1573, s'exerça de très-bonne heure dans la poésie satirique; fut tonsuré à l'âge de onze ans, quoiqu'il fdt
sans vocation pour Pétai ecclésiastique; suivit à Rome le cardinal de Joyeuse; passa dix années auprès de ce prélat; puis , au bout de ce temps , n'en avant obtenu aucune récompense , il le quitta pour s'attacher au duc de Bétliune. Il en fut beaucoup mieux traité et ne tarda pas à être pourvu d'un canonicat et d'une pension de 2,000 liv. sur Tabbave de Vaux-de-Cernay, qui avait appartenu à son oncle l'abbé Desportes. Régnier ne
Rut cependant jouir longtemps de cette eureuse situation ; livré depuis sa plus tendre jeunesse à un gotH effréné pour le plaisir, des infirmités précoces avaient été le triste résultat de ses écarts : il mourut à Rouen, en 1613, à peine âgé de 40 ans. Précurseur de Boileau dans le genre satirique, il eut, comme lui, l'avantage de voir un grand nombre de ses vers devenir proverbes. Son style est à la fois plein d'enjouement , de naturel et de grâce, et quoiqu'il ait vieilli, « c'est encore en ce genre, dit Palissât, un des meilleurs modèles que Ion puisse étudier. » Les Œuvres de Régnier se composent de IG satires^ Z épltreSy S élégies , d'odes , de stances, a épigrammes, etc. Les meilleures éditions sont celles qui ont été publiées par M. Viollet-le-Duc en 1821 , in-lS, et par M. Lequien , en 1822 , in-8*.
Réhabilitation. Les formalités adoptées en France pour la réhabilitation n'ont pas toujours été les mêmes; dans l'ancien droit , quand le roi voulait rétablir un condamné dans sa bonne famé et renommée , il lui accordait des lettres de grand sceau, qui le restituaient dans tous ses droits, et le rendaient de nouveau capable de remplir toutes sortes de fonctions. L'arrêt ou jugement qui avait prononcé la condamnation devait être attaché sous le contre-scel de ces lettres, qui, ea outre, devaient être entérinées par les cours de justice.
Le code pénal de 1791 établit un nouveau mode de réhabilitation : celui qui avait été condamné aux fers, à b réclusion dans une maison de force, à la gêne, à la détention, pouvait, dix ans après l'expiration de sa peine, demander une attestation à la municipalité de son domicile à l'effet d'être réhabilité. Celui qui n'avait été condarooë
REHABILITATION FRANCE.
RKIMS
qu'à la dégradation civique au au carcan pouvait former cette demande dix ans après le jugement qui avait prononcé contre lui Tune de ces peines.
Tout aspirant à la réhabilitation devait avoir résidé pendant deux années entières sur le territoire de la commune de laquelle il sollicitait cette attestation; il
ou 'ont été condamnés pour récidive, ne peuvent jamais être réhabilites.
Il v a en France une seconde espèce de réhabilitation , dont nous allons dire quelques mots; c'est celle qui s'applique aux commerçants qui ont fait faillite. Autrefois, des lettres de grand sceau pouvaient seules leur rendre leur
était tenu en outre de rapporter des bonne famé et renommée; par arrêt du
certificats de bonne conduite de toutes 24 avril 1723, le grand conseil cassa
les communes où il avait séjourné de- deux arrêts du parlement de Toulouse
Ï mis sa libération. Huit jours après que qui avaient réhaoilité un failli. Aujour-
a demande en réhabilitation avait été d'hui le droit de réhabilitation desfail-
faite, le conseil général de la commune s'assemblait, et, lorsqu'il reconnaissait qu'il y avait lieu de réintégrer le condamné'dans son état primitif, deux officiers municipaux ou leurs représentants se transportaient avec le réhabilité devant le tribunal criminel du dé-
Eartement; et là, après avoir fait la ioture du jugement de condamnation, ils disaient a haute voix : « Un tel • a expié son crime en subissant sa « peine : maintenant sa conduite est ■ irréprochable ; nous demandons au « nom de son pays , que la tache de son a crime soit effacée; » et le président répondait aussitôt en s'adressant à l'aspirant : « Sur l'attestation et la deman- « de de votre pays , la loi et le tribunal « effacent la tache de votre crime; » puis la réhabilitation était transcrite en marge du jugement de condamnation. Si le conseil municipal avait jugé qu'il n'y avait point lieu d'accorder la réhabilitation , le postulant pouvait renouveler sa demande deux ans après.
Le code d'instruction criminelle de 1808 abrégea ce mode de réhabilitation, et rétablit les lettres, qui, comme
1>ar le passé, doivent être délivrées par e cher du gouvernement sur l'avis de la cour royale dans le ressort de laquelle se trouve domicilié depuis deux ans le condamné. Ce code restreignit à cinq ans le laps de temps qui doit s'écouler entre l'expiration de la peine et la demande en réhabilitation. La loi modificativedu code d'instruction criminelle, du 28 avril 1832, admit à la réhabilitation les condamnés qui ont obtenu des lettres de grâce ou de commutation (*). Ceux qui ont prescrit leur peine,
H Code d inslr. crim., art. CIO à C34
lis appartient aux cours royales. Tout demandeur en réhabilitation doit justifier qu'il a payé intégralement ses créanciers , et qu'il est digne d'être ainsi réintégré dans tous ses droits.
On connaissait encore dans notre ancien droit une espèce de réhabilitation que l'on nommait réhabilitation du mariage. Elle s'employait pour réparer le vice d'un premier mariage qui avait été déclaré nul pour défaut de forme. Lorsque les parlements prononçaient ces sortes de réhabilitations , les époux consentaient à rester unis ; aujourd'hui , les juges ne peuvent en aucun cas ordonner la réhabilitation des mariages qu'ils ont déclarés nuls.
Reii, peuples gaulois qui habitaient les montagnes situées dans le voisinage de Marseille; ils s'appelaient antérieurement Mbici, et ce nom semble s'être conservé dans celui tfAlbiosc comme celui de Reii dans liiez, qui a pu être leur capitale.
Reims, ville de l'ancienne Champagne, aujourd'hui chef- lieu d'arrondissement du département de la Marne.
Reims existait longtemps avant l'invasion romaine; c'était la ville princi-
5 aie de la Gaule-Belgique et le chef-lieu 'une république avec laquelle les Romains firent alliance. Elle se nommait alors Durocortorum; plus tard elle prit le nom des Remi qui l'avaient fondée et dont elle était la capitale. Ses* habitants embrassèrent le christianisme en 369.
Vers l'an 400, l'évêque saint Nicaise y fonda une église métropolitaine; il fut massacré en 406 par les Vandales, qui s'étaient emparés de la ville. Un de ses successeurs, saint Remi, convertit au christianisme et baptisa, en 496,
T. xi. 56' Livraison. (Dict. enc.YCL., btc.)