SS2 REIMS
L'UNIVERS
remés
âpres la bataille de Tolbiac, Clovis et presque tous les chefs francs. Philippe- Auguste se fit sacrer à Reims en 1 159. Ses successeurs jusqu'à Louis j XV!
(Henri IV excepté) l'imitèrent en cela, et, de nos jours, Charles X renouvela cette cérémonie (Voy. Sache).
La ville de Reims eut fréquemment a souffrir des guerres civiles et étrangè res : Chilpéric la prit sur Sigebert , eu 567. En 719, elle s'arma contre Charles Martel , qui la prit d'assaut et la dévasta. En 804, Chirlemagne y reçut le pape Léon; et, en 816, son successeur, Louis le Débonnaire, s'y fit couronner par Étieune IV. En 990, Charles de Lorraine , rival de Hugues Capet , que les habitants de Reims avaient reconnu , se rendit maître de leur ville et y commit de grandes dévastations. Reims fut assiégée quatre fois dans le siècle suivant.
En 1059 , Henri Y'r y fit couronner de son vivant son fils* Philippe F', et à cette occasion, il confirma à l'archevêque de Reims le comté et toutes les abbayes et terres dont il jouissait; il lui conféra, en outre, la dignité de chancelier de France. Reims fut assiégée , en 1359, par Édouard II!, roi d'Angleterre; mais ses habitants se défendirent vigoureusement, et forcèrent leurs ennemis à lever le siège, après leur avoir fait éprouver de grandes pertes. Charles VI et l'empereur d'Allemagne y eurent, en 1398, une conférence à l'occasion du schisme qui désolait l'Église; ils y résolurent de faire abdiquer les deux papes, Benoit XIII et Bonifiée IX. Reims s'était soumise aux Anglais en 1421; la Pucelle les en chassa et y lit sacrer Charles VII.
On compte aujourd'hui dans cette ville 36,000 habitants; on y voit plusieurs monuments remarquables, entre autres la cathédrale, l'un des plus beaux édifices gothiques qui existent en Europe. Détruite par le feu en 1210, cette cathédrale fut rebâtie telle, à peu près, qu'elle est aujourd'hui par I architecte Robert de Coucy, et consacrée en 1241. L'intérieur est éclairé par quatre roses et un grand nombre de fenêtres dont la lumière est adoucie par de magnifiques vitraux de couleur. A l'angle Je l'une de ces roses, le peintre a inscrit sou nom ; .Mcolas
Dcrhode. 1581. On remarque encore à Reims I église de Saint-Remi, coustruite en 1041, et dans l'intérieur de laquelle se trouve le mausolée du saint dont elle porte le nom ; la porte de Mars, arc de triomphe élevé par les Rémi en l'honneur de César et d'Auguste; l'hôtel de ville , etc.
Outre Colbert et Pluche, Reims a vu naître Godinot, Linguet, Tronçon du Coudray , Robert Nanteuil , etc.
Reims ( monnaies de ). Cette ville, ca-
Sitale de la Gaule belgique, frappait éjà des monnaies avant la domination romaine. On a des pièces gauloises de bronze qui sont fort curieuses et qui portent son nom; voici la plus importante : remo; trois têtes semblables tournées à gauche; grenetis au pourtour; rj. — remo; personnage sur un bige. C'est la seule monnaie gauloise qui porte trois têtes, emblème bien problablement des trois Gaules. Uue autre monnaie de Reims , moins rare , représente, au droit, une téte barbare, avec la légende : rfmos atisios; au revers, un lion marchant à droite et entouré de quelques symboles.
Le monnayage de Reims, interrompu parla domination romaine, fut repris sous les Mérovingiens; voici les trions portant le nom ue cette ville qui ont été retrouvés : 1° rimysfitai ; téte tournée à droite; rJ. — betto monetar f i; croix chrismée accompagnée des lettres AA, qui sont sans doute ua reste défiguré du chiffre numéral VII; 2° rimvs fit; téte tournée à droite; n). — ffkvmabts ; croix haussée, aeeostée de l'A et del'n; 3" autre, au même type, avec les chiffres VIL
Les deniers carlovingiens de Reînw sont plus nombreux ; on en connaît de Louis le Débonnaire, de Charles le Chauve, de Louis IH, d'Eudes, de Charles le Simple, de Lothaire, et de Louis IV. En voici la description : 1° reïîs civis, en deux lignes, ou be mi cm tas en trois lignes; al. — hlydotvicvs imp. ato, autour d'une eroit à branches égales; 2° bemîscivitas; croix; i]!. — gratia di rex, autour d'un monogramme carolin; c'est, comme on voit, le type le plus ordinaire de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve; 3* remis ci vis ; croix .-lans le champ ; ç?. -
FRANCE
LVDOWic, endeux lignes dans le champ.
On attribue cette pièce à Louis III, mais Louis l* et Louis II y ont peut-être autant de droits ;4° bemis ci vit as; croix dans le champ; vj. — gbâtia di bex ; monogramme d'Eudes; 5# bemis civitas ; temple ; i)!. — cablvsbbx rB autour d'une croix cantonnée de quatre besants (Charles leSimple) ; 6# bemici vi ; croix; b.'. — lotuabii; bex dans le champ; 7° bemici vi ; croix; vj. — gbatia di bex; dans le champ lvdo. Cette pièce, où le type carloviugieu est tout à fait dégrade, appartient certainement à l'un des derniers princes de cette dynastie , du nom de Louis , sans doute à Louis IV.
Après la chute des Carlovingiens , la monnaie de Reims paraît avoir été quelque temps frappée au nom de leurs successeurs; on en trouve la preuve dans le denier suivant de Hugues Capet : hvgo dans le champ, et, autour : cbatia dei bex; au revers, bemis civitas autour d'une croix. Des comtes de Champagne frappèrent ensuite dans cette ville des deniers , comme le suivant, qui porte le nom de Eudes (1019-1037) : odocom r.s ; téte couronnée et de face; b). bemis civita autour d'une croix. On ignore si le droit que s'attribuait ce prince était bien légitime; tout semble au contraire prouver qu'il l'avait usurpé, car, à la même époque , l'archevêque possédait le privilège de battre monnaie à Reims, et il en usait.
La plus ancienne monnaie épiscopale de cette ville est celle de l'archevêque Guy ( 1021-1033 ) : 1° dans le
champ; autour : bemob pbesvl; au revers : vita xpistiana; dans le champ une croix cantonnée d'un A et d'un n; 2?° autre avec la légende bemob abchip'svl. Les mots vita chrlstiana n'étonneront pas, lorsque l'on réfléchira qu'au XIe siècle presque toutes les villes adoptèrent sur leurs monnaies de semblables devises.
Gervais (1055-1066) nous a laissé des deniers tout aussi intéressants : monogramme de Gervais dans le champ; en légende : -f- abchip'esulis; au revers : bemensis NVMMVsautour d'une croix cantonnée d'une fleur de lis.
Manassès (1067-1069; copia les espè-
ces de son prédécesseur, m., assbsar chibpc. ; croix cantonnée d'un quatrefeuilles et d'un annelet; j). — sce mabib bhembnsis; dans le champ le mono* gramme de Gervais. Ce type n'étonnera pas, si Ton se rappelle que les monogrammes d'Eudes, de Charles, etc., ont de même été souvent employés après leur mort.
Raoul ;i 100-1 1 24) mettait également son monogramme sur ses espèces; bodlp dans le champ ; abchibpi en légende; et , au revers, nvm bemsis au» tourd'une croix cantonnée dedeux fleurs de lis et de deux besants.
Samson de Mau voisin (1140-1161) {abandonna l'ancienne empreinte pour en adopter une autre qui devait se conserver sans altération pendant les XII* et XIIIe siècles ; voici le type de ses deniers : abcmbpiscop'; dans le champ :
rJ. — bemis civitas ; croix can-