NARBONNE L'UNIVERS. NARBONNE
toute la ivicomté de Narbonne , et, en 1097, il se saisit de tout le domaine de l'archevêché. En 1104, il partit pour la Palestine, où il exerça les fonctions d'amiral, et où il mourut vers 1105.
1105 ou 1106. Aymeri //, fils aîné du précédent, hérita de la vicomté de Narbonne, à l'exclusion de ses frères.
Il abolit, en 1112, conjointement avec l'archevêque, la coutume barbare de s'emparer des débris des navires naufragés, et l'on convint de laisser ces débris au maître du navire , de quelue nation qu'il fût, à moins cepenant qu'il ne fût Sarrasin. En 1134, après plusieurs démêlés avec Richard, archevêque de Narbonne, Aymeri partit avec le comte de Toulouse , pour aller au secours d'Alphonse 1er, roi d'Aragon, qui faisait le siège de Fraga. Il périt la même année dans une bataille donnée devant cette place.
1134. Alphonse- Jourdain , comte de Toulouse, se saisit de la ville de Narbonne, après la mort d'Aymeri II; mais, en 1143, il la rendit à l'aînée des deux filles de ce seigneur.
1143. Ermengarde, fille aînée d'Aymeri H , se maria en premières noces à un seigneur espagnol, et, devenue veuve, épousa Bernard d' A nduze, célèbre dans l'histoire des troubadours ; ce qui fit que sa cour devint comme le rendezvous des poètes et des littérateurs méridionaux. Cependant elle sut allier au goût de la poésie de mâles vertus; elle marcha en 1148 au secours de Tortosa , assiégée par les Sarrasins, et obtint pour ce fait, de Louis le Jeune, l'autorisation de rendre la justice en personne, ce dont elle était empêchée par les lois romaines. En 1192 , elle abdiqua en faveur de Pierre de Lara, son neveu, car elle n'avait point eu d'enfants de ses deux mariages, et mourut à Perpignan en 1197.
1192. Pierre de Lara, fils d'Ermepinde, sœurd'Ermengarde, prit possession de la vicomté de Narbonne, dont sa tante s'était démise en sa faveur.
En 1 194 , il résigna sa seigneurie en faveur d'Aymeri , son fils, et se retira en Espagne, où il mourut en 1202.
1194. Aymeri lit , fils de Pierre de Lara, rendit hommage, en 1204, au comte de Toulouse, sans que le roi d'A-
ragon, que ses prédécesseurs avaient reconnu pour suzerain, s'y opposât. En 1209, il lit sa soumission à Simon de Montfort, puis se ligua contre lui avec t les chefs des Albigeois, en 1214, et fut f forcé, l'année suivante, de le reconnaître comme duc de Narbonne; mais Armand , archevêque de Narbonne, protesta contre cet acte, et se porta luimême pour duc de Narbonne ; Aymeri se soumit alors à Armand, et en 1223, après la mort de Simon, il se li^un avec les ennemis d'Amaury de Montfort, prêta serment de fidélité au comte de Toulouse , et se réconcilia en même temps que lui avec le roi de France.
Apres de lonçs démêlés avec l'archevêque de Narbonne, Pierre, successeur d'Armand, il fut, en 1232, contraint de lui faire un hommage solennel.
1239. Amalric ou Manrique , dit aussi Aymeri IF, fils et successeur du précédent, prêta serment de fidélité à saint Louis en 1241, et l'année suivante se ligua contre lui avec le comte de la Marche, qu'il reconnut pour suzerain.
Mais en 1249, la vicomté de Narbonne passa sous la suzeraineté d'Alphonse , frère de saint Louis.
1270. Aymeri IF ou V , fils atné du précédent , racheta de son frère puîné ce qui lui était échu de la vicomté de Narbonne. Arrêté avec ses deux frères et amené prisonnier à Paris en 1242, par ordre de Philippe le Hardi , sous prétexte d'intelligences secrètes avec le roi de Castilie, il ne fut mis en liberté qu'en
1298. Amalric il, ou Aymeri VI , fils d'Aymeri IV, fit, après son avènement, hommage à Philippe le Bel , des fiefs que ses prédécesseurs avaient tenus auparavant des archevêques de Narboune. En 1323.il fut nommé par ce prince, commandant d'une flotte destinée à aller combattre les infidèles. Il était alors dans les prisons du Châtelet pour avoir condamne à mort et fait exécuter deux gentilshommes, ses vassaux»
nonobstant leur appel au roi.
1328. Aymeri VI ou / V/, fils aîné du précédent.
1336. Amalric 111 1 ou Aymeri f lll, fils aîné d'Aymeri VI.
1341. Aymeri IX, deuxième fils d'Aymeri VII, soutint, en 13&5 an
NARBOWK FRANCK. NARBOWK m
sie^e contre le prince de Galles , qu'il repoussa; 1 année suivante, il fut fait prisonnier à la bataille de Poitiers , et après s'être racheté , continua de servir la France avec gloire. U fut nommé par Charles V, en 1369, amiral de France, et fut le premier qui posséda cette dignité en titre d'office. Il s'en démit six ans après, en faveur de Jean de Vienne.
1388. Guillaume r\ fils du précédent.
1397. Guillaume //, fils de Guillaume 1", fit, en 1407, une expédition en Sardaigoe, où ilavaitétéappelépar les habitants; mais, ayant été vaincu, en 1409, par Martin, roi de Sicile, qui mourut la même aunée, il fut obligé d'entrer en accoraroodement avec Louis, successeur deceprince.il accompagna, en 1419, k dauphin Charles à l'entrevue de Montereau, et prit part à l'assassinat de Jean sans Peur. Il défit les Anglais à Bernai, contribua, en 1424, à la prise de U Charité-sur-Loire et de Cosne, et périt la même année à la bataille de Verneuil, perdue en grande partie par sa kate. Il ne laissa point d enfants.
1424. Pierre de Téniéres et Guillau- ///. Ce dernier, frère utérin de Pierre, et institué par lui comme son successeur, fut mis en possession de la vicomte de Narbonne, sous la tutelle de wn père, Guillaume de Tenières. En 1447, il vendit, par un contrat passé à Tours le 26 décembre, la vicomte de Narbonne avec ses dépendances à Gaston IV, comte de Foix. Mais avant cette vente, il avait fait donation entre-vifs de la même vicomte à Louis de Beaufort, seigneur de Canillac, et à Marguerite de Téniéres, sa soeur.
1447. Gaston rr, comte de Foix, fit, eo 1468, donation entre-vifs de la vicomté de Narbonne à Jean, son fils àoé, et mourut en 1472.
U72. Jean, fils de Gaston IV, comte *k Foix, fut nommé comte d'Etampes, par Louis XI, puis gouverneur du Dauphiné et du Milanais. En 1494, il accompagna Charles VIII en Italie , et en 1497, il signa à Tarbes, avec Catherine <te Navarre, un contrat par lequel il renonçait à ses prétentions sur la Navarre, moyennant quatre mille livres de rente en fonds de terre. Il mourut en 1500. Il
avait épouse Marie de France, sœur du roi Louis XII.
1500. Gaston II, fils de Jean, échangea avec Louis XII , le 19 novembre 1&07, contre le duché de Nemours, la vicomte de Narbonne, qui fut réunie à la couronne.
Les maisons de Sarbonne-Pelet et de Narbonne- Lara , issues des v icomtes héréditaires de Narbonne, subsistaient encore en 1818.
Narbonnb (monnaies de). Les plus anciennes monnaies de Narbonne ont été frappées sous la domination des Visigoths. Comme tous les barbares oui envahirent au cinquième siècle 1 empire romain, les Visigoths commencèrent d'abord par imiter en tout point la monnaie romaine et par frapper les espèces au nom des empereurs.
On a des tiers de sou d'or à l'effigie de Justin et de Justinien, qu'à leur faire on reconnaît pour être sortis d'un atelier des rois visigoths; peutêtre parmi les monnaies qui datent de l'époque de ces princes , pourrait-on attribuer à Narbonne celles sur lesquelles on trouve Du reste, depuis
le règne de Léovigilde jusqu'à la conquête du pays par les Sarrasins , on rencontre une suite assez riche de triens visigothiques, aux noms de Narbonne et des rois Léovigilde, Reccarde, Witeric, Sisebut , Suiutilla , Chintilla , Chindarvinthe, Ervig, Egiga, et Yitiza.
Ces triens portent d'ordinaire pour empreinte , au droit et au revers, deux têtes , qui sont celle de l'empereur et celle du roi ; autour on lit , au droit
D. N. LEOVIELDVS H EX (VomitlUS
noster Ijeovieldus rex) , ou beccare- *
DVS BBX , WITTBICVS RBX , S18EMB- 1
Bvta be, si \ 1 1 li a b, etc., etc., et au revers kabbon a pivs, nabbona felv :
ce dernier mot est pour felix ou fiavius , singulières énithètes que Ton trouve presque toujours accolées au nom de lieu, sur les monnaies visigothiques de l'Espagne, où l'on voit pivs
BITEBBI ; TOLETO PIVS; ISPALI PIVS,
etc. On a cru jusqu'ici que ces épithètes se rapportaient à la localité; il est plus naturel de les attribuer au prince : en effet, il n'était pas rare de voir , à cette époque , les monétaires chez les