‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 50 sur 434 · NARBONNE · texte numérisé non relu

NARBONNE

Francs transporter des moitiés de mots d'une légende à l'autre; pourquoi les Visigoths n'auraient- ils pas fait de même , et complété la légende du droit par un mot placé dans celle du revers ? Peu de temps avant la con-

?uête de Narbonne par les Sarrasins , empreinte monétaire s'y était un peu modifiée; c'est ce que prouvent les deux pièces suivantes : l'une est du roi Égiga qui vivait en 687 ; elle présente au droit, toujours la tête de face, avec la légende i. d. nmn. egica rx (c'est-à-dire : In Dei nomine £gica rex) ; et au revers, une croisette haussée sur trois degrés et accostée de l'A et de l'n, avec la légende ordinaire narbona pivs. L'autre pièce porte les noms d'Égiga et de Witiza (698) ; en voici la description : egica ; deux têtes accostant une croix; r).

wittitsa if. r., et dans le champ, les R

lettres n+ a en monogramme cruci-

forme.

Les Francs reprirent bientôt Narbonne aux Sarrasins; et ceux-ci n'y laissèrent aucune trace monétaire de leur passage. Mais on a des deniers d'argent de cette ville, et qui datent des règnes de Pépin, de Charlemagne et de Louis le Débonnaire. A Pépin il faut attribuer la pièce suivante : nb pour Narbona; rJ. — R pour Rex Francorum ; à Charlemagne, les deux suivantes : 1° n. R. R. <> cantonnant une

croix; rJ. — C£R° ; 2° narbona , et,

dans le champ , un monogramme carolin. b. — carlvs rex fr. autour d'une croix. La première de ces deux pièces a été frappée avant la conquête de l'Italie; la seconde est postérieure à cet événement; peut-être même devraitelle être attribuée à Charles le Chauve plutôt qu'à Charlemagne. Il est impossible de contester à Louis le Débonnaire

les deux suivantes : 1° ^N*î ij?.— hlv-

dovvicvs imp autour d'une croix;

2° i)).— ldycs imp autour d'une

croix.

Après la domination carlovingienne, le droit de battre monnaie à Narbonne fut exercé par les vicomtes ; mais , en

1215, ceux-ci en cédèrent la moitié" à l'archevêque; cession qui excita quelques querelles entre les deux seigneurs, notamment en 1242.

A la fin du onzième siècle , en 1097, la monnaie de Narbonne était de la même valeur que celle de Melgueil , et l'on y taillait 50 sous au marc. En 1271, les deniers de Narbonne étaient à 3 deniers et une obole de fin , et on taillait 25 sous 8 deniers au marc. En 1315 leur titre était de 9 deniers 12 grains; on taillait 27 sous au marc, et ils valaient 12 deniers parisis.

Les plus anciennes monnaies que Ton connaisse des vicomtes de Narbonne1, sont du douzième siècle , et elles portent le nom de Ravmond, très^léfiguré.

Leur type primitif a dd être frappe par Raymond Ier (966), ou Raymond II (1067 à 1079); mais on ne connaît aucune monnaie de cette époque. Celles qui ont été retrouvées jusqu'ici ont été longtemps attribuées à Maguelone. Nous avons démontré , dans l'article que nous avons consacré aux espèces de cette dernière ville , qu'il faut les restituer à Narbonne. La description des deux pièces suivantes , du vicomte Aymeri II (1105) et de la vicomtesse Ermengarde ( 1 145 ) , achèvera notre démonstration, et prouvera que si, sur les prétendus deniers melgoriens , on refuse encore de lire narbona ra< mvndvs, il faut cependant en maintenir l'attribution à Narbonne. — 1° eiiierihcc entre grenetis; dans le champ une croix à branches égales ; r\ — narronaci entre grenetis ; dans le champ quatre annelets. — 2° ermengard, entre grenetis ; dans le champ, une croix à branches égales, cantonnée d'un croissant au premier canton; a-. — nabbonecivi, entre grenetis ; dans le champ , quatre annelets.

Au treizième siècle , les archevêques et les vicomtes signaient simultanément les espèces de Narbonne ; telles sont ces pièces de l'archevêque Eloi , et du vicomte Aymeri VI ( 1 290- 1 3 1 1 ) :-f- a. vicecomes nabb; dans le champ, une

clef et un cadenas; ft. h s. ar-

chiepsnarr; dans le champ, une croix, sur une des branches de laquelle est

5 osée une mitre. Il existe enfin un gros 'argent de Narbonne avec le nom de

N4RBOXNE FHAI

i'éréqoe seul : avb mabia gracia pleka do m in y s teco. en première légende; s. abchiepvs. narbo. en deoiième légende; dans le champ, une croix ; y. — s. abchiepis. nabboha , autour d'une croix semblable à celle de la pièce précédente. Ces pièces ?ont les dernières que Ton connaisse de >'arbonne.

.Nabbonse-Laba (le comte Louis de) naquit à Colorno, dans le duché de Parme, en 1755.jSes parents occupaient à la cour de Toscane des places importantes et de confiance. Il avait à peine cinq ans, lorsque la duchesse de Parme rtaot morte, sa mère l'amena à la cour de France où elle fut nommée dame d'honneur de madame Adélaïde. L'éducation du jeune Narbonne fut très-soienée,et ses heureuses dispositions lui permirent de s'appliquer a des études diverses. Destiné a la carrière des armes, il n'en étudia pas moins les lettres et le droit public. Il servit d'abord dans l'artillerie, puis dans les dragons, et fut fait colonel du régiment de Piémont. Il occupait ce poste lorsque arriva la révolution de 1789. En 1790 il fut nommé commandant de toutes les gardes nationales du département du Doubs , et y étouffa , en 1791 , une sédition prête à éclater; il accompagna ensuite à Rome les tantes de Louis XVI, et revint immédiatement à Paris. Nommé alors maréchal de camp , il refusa ce grade jusqu'à ce que Louis XVI eût accepté la constitution.

Il devint ministre de la guerre en décembre 1791 , et son premier soin fut d'aller visiter les frontières et d'aviser aux moyens de les défendre. Il fit à ce sujet un rapport à l'Assemblée, qui approuva ses projets et adopta le système qu'Hâtait proposé, de former trois corps d'armée sous le commandement des généraux Rochamheau , Luckner et la Fayette; mais l'opposition de Bertrand de Molieville, son collègue dans le ministère, le força bientôt après de se retirer. Il n'eut même pas le temps de donner sa démission ; car le portefeuille lui fut retiré le 10 mars 1792.

Décrété d'accusation après la journée du 10 août , il parvint à échapper aux recherches de la police et se retira à Undres. Lors du procès de Louis

CE. sahiwnse

XVI, il écrivit à la Convention pour demander un sauf-conduit, afin de se

Srésenter à la barre et d'assumer sa part e responsabilité dans les actes du gouvernement. Cette dangereuse faveur ne lui fut pas accordée, et il dut se contenter de faire tenir à la Convention un mémoire justificatif pour Louis XVI.

Il quitta Londres, lorsque l'Angleterre eut déclaré la guerre à la France; parcourut successivement la Suisse, la Souabe et la Saxe, et rentra en France en 1801. Le ministre Clarke lui fit rendre, en 1809, le titre de lieutenant générai; il eut ensuite plusieurs commandements militaires, puis fut envoyé comme ministre plénipotentiaire auprès du roi de Bavière. Napoléon le fit presque en même temps sou aide de camp, et ce fut en cette qualité qu'il fit la guerre de Russie. De retour en France, il fut nommé ambassadeur à Vienne au commencement de 1813; puis, il alla à Prague pour négocier la paix, et en dernier lieu àTorgau, où il mourut, le 17 novembre 1813, sans laisser de postérité masculine.

On peut dire du comte de Narbonne 'il ne joua aucun rôle important dans révolution. Ce n'était pas d'ailleurs un homme taillé pour les événements qui se préparaient. Mais son esprit et la noblesse de son caractère lui concilièrent un grand nombre d'amis qui lui restèrent fidèles aux jours du malheur.

Madame de Staël surtout , qu'il revit plus tard à Londres , lui fut très-utile après le 10 août.

Nabbonne-Pelet-Fbitzlab ( Jean- François , comte de) se distingua , en 1756, au siège de Minorque, sous le maréchal de Richelieu ; se trouva à l'armée du Bas-Rhin commandée par le maréchal d'Estrées , et fit avec succès la guerre de sept ans. Pendant cette guerre, devenu colonel d'un régiment de grenadiers royaux, et chargé de la défense du poste de Fritzlar, il avait, en arrêtant les Prussiens pendant trois jours, donné le temps au maréchal de Broçlie de dégager l'armée, qui courait le risque d'être forcée à capituler. Ce fut en récompense de cette brillante action que Louis XV lui permit d'ajouter à son nom celui de Fritzlar. Il fit ensuite, en qualité de lieutenant gé-

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