‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 52 sur 434 · NAVARRE L'UNIVERS. NAVARRE · texte numérisé non relu

NAVARRE L'UNIVERS. NAVARRE

constance le brouillèrent de nouveau avec la France , qui soutenait les prétentions de Henri de Transtamare. Ce prince lui-même, lorsqu'il eut vaincu ' son rival, et conquis le trône de Cas- \ tille, se souvint des trahisons du roi de Navarre. Charles alla chercher en Angleterre un appui contre ses deux redoutables voisins. Mais, à son retour, on l'accusa d'avoir voulu faire empoisonner le roi Charles V; ses deux fils, qui se trouvaient en France, furent arrêtés, et deux de ses ministres furent exécutés après avoir été mis à la question. Pour les vençer, il traita avec Richard III , et prit a sa solde un corps de troupes anglaises; mais, accablé à la fois par les Français et les Castillans, il fut obligé de demander la paix. Il l'obtint en 1379, en donnant vingt places pour otages. Il mourut en 1387, a Tâge de cinquante-cinq ans, après en avoir régné trente-sept. Sa mort, dit-on , fut affreuse. 11 s'était fait envelopper dans des draps imbibés d'eaude-vie, pour ranimer sa chaleur naturelle affaiblie par la débauche. Le feu prit à ces draps par l'imprudence d'un valet de chambre , et le malheureux prince expira au milieu des souffrances les plus horribles. Nous devons ajouter que les historiens de la Navarre traitent ce récit de fable, et qu'en général ils jugent ce prince avec beaucoup moins de sévérité que les Français. Selon Ferreras , il eut des défauts et des passions, mais ses bonnes qualités lem-

{>ortent sur ses vices. « Les Français 'ont surnommé le Mauvais, ajoute cet historien, à cause des troubles qu'il a fomentés dans leur pays. Si l'on envisage cependant ses actions, on conviendra qu'il n'a point été assez méchant pour mériter cette odieuse épithète. »

1387. Charles ///, dit le Noble, né à Mantes en 1360, fils du précédent, lui succéda. Il lit, en 1404, avec Charles VI, un traité, par lequel il renonça à toutes ses prétentions sur les comtes de Champagne, de Brie, d'Êvreux, etc., moyennant 12,000 livres de rente , assignées Sur différentes seigneuries que le roi érigea, en sa faveur, en duché-pairie sous le nom de duché de Nemours. Trois de ses tilles furent mariées en France , Savoir : Jeanne , à Jean de Grailly ,

comte de Foix; Béatrix à Jacques de Bourbon, comte de la Marche; et Isabelle à Jean IV , comte d'Armagnac.

1425. Le successeur de Charles III , 'Jean II , eut à soutenir une longue guerre contre son fils don Carlos, auquel revenait le trône après la mort de sa mère Blanche (1441). Don Carlos , battu et déshérité par Jean 11 , se réfugia en France, où il se lia avec le dauphin, depuis Louis XI. Cependant ce dernier, devenu roi , accorda en 1462, moyennant 200,000 écus, un secours de sept cents lances à Jean , qui venait de joindre la couronne d'Aragon à celle de Navarre, et qui, manquant d'argent, donna en nantissement au roi de France la Cerdagne et le Roussillon. ( Voyez Aragon. )

Après la mort à'Èléonore, fille de Jean II, ce fut encore un prince français qui monta sur le trône de Navarre , car Eléonore avait adopté pour héritier François P hé bus , son petit-fils, fils du prince de Viane , Gaston, et de Madeleine, fille de Charles VII; mais ce prince mourut à l'âge de quinze ans , en 1483 , empoisonné par le roi d'Aragon.

1483. Catherine, sœur de François- Phébus , lui succéda sous la tutelle da sa mère; mais son trône lui fut disputé quelque temps par Jean, vicomte de IN a r bon ne , beau-frère de Louis , duc d Orléans. En 1484, par suite de l'intervention de la France, elle épousa , à Orthez, Jeand Albret, fils d'Alain, sire d'Albret, et de Françoise de Blois.

En 1497 , Jean d'Albret et Catherine signèrent à Tarbes , avec Jean de Narbonne, un traité, par lequel celui-ci renonçait à toutes ses prétentions sur la Navarre ou sur les autres biens de la maison de Foix , moyennant 4,000 liv.

de rente en fonds de terre. Le vicomte de Narbonne ayant cependant recommencé les hostilités à l'avènement de Louis XII , un nouveau traité eonfirmatif du précédent fut conclu en 1499 , et il fut convenu qu'Anne, fille du roi et de la reine de Navarre , épouserait Gaston , fils du vicomte de Narbonne ; mais ce mariage n'ayant point été accompli , le traité de Tarbes fut annulé en 1502 par le parlement de Paris.

Après la mort de Gaston, tué à la bataille

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de Ravenne, Odet de Foi*, vicomte de Lautree, disputa à Catherine la succession de Navarre et de Foix; et ces démêlés De furent terminas qu'en 1517 , par dr arrêt du parlement de Paris , favorable à Henri d'Albret , fils et héritier de Catherine et de Jean d'Albret.

Ferdinand d'Aragon ayant voulu, en 1511, porter la guerre en Guyenne, Gt demander au roi de Navarre passade pour son armée, et plusieurs places de sûreté. Jean, loin dy consentir, s'allia avec le roi de France. Alors le duc d'Albe entra dans la Navsrre , dont il se rendit maître, et depuis, malgré tous !« efforts de Jean , et plusieurs expéditions tentées par la France, cette contrée rest3 toujours à l'Espagne. Jean mourut en 1515, et sa femme ne lui survécut que d'un an.

1516. Leur Gis, Henri IF, ne put hériter que de la basse Navarre , c'est-àdire, delà partie de la Navarre située en deçà des Pyrénées, et qui n'était point tombée au pouvoir des Espagnols; 9r. Charles-Quint refusa toujours obstinément de restituer cette importante conquête. Bien que le roi d'Espagne eût besoin de ménager François I"r dans les premières années de son avènement, toutes les négociations entamées à ce sujet, de 1516 à 1519, furent inutiles. En 152! cependant, la Navarre fut sur le point détre rendue à son légitime possesseur. André de l'Esparre, parent du jeune prince Henri, y pénétra avec one armée , et s'empara de Saint-Jean- Pied-de-Port et de Pampelune ; mais il s'avança imprudemment en Espagne, fut battu et pris le 30 juin à la bataille d'Esquiros, et cette défaite entraîna la soumission complète et définitive de la Navarre. Henri , après avoir été fait prisonnier à la bataille de Pavie, épousa en 1526, Marguerite, veuve de Charles .

d^d'Alençon, et sœur de François Fr! Il mourut en 1 555.

Sa fille, Jeanne d'Albret, lui succéda avec son mari , Antoine de Bourbon (*oy. Bourbon ); elle régna seule depuis l'année 1563 jusqu'à sa mort, arrivée en 1572.

Elle eut pour successeur Henri, qui , devenu, en 1598, roi de France sous le nom de Henri IV (voy. Hexbi), refusa longtemps de réunir son patrimoine a

la couronne de France, et n'y consentit que par un édit de juillet 1607.

Navarbb (monnaies de). On ne connaît des rois de Navarre , comtes de Champagne , qu'un seul denier , dont voici la description : tiobald'bbx autour d'une croix à branches égales ; rJ, 4- den avarie; dans le champ, une fosce d'où descendent trois appendices, ui se terminent chacun par trois ents ; au-dessus un croissant. Nous regardons cette monnaie comme champenoise et frappée à Provins; et nous renvovons aux monnaies de cette ville pour l'explication du type. 1

Philippe le Bel, et ceux de ses successeurs qui furent comme lui rois de Navarre, ne firent pas frapper monnaie dans ce pays , ou ils n'y firent frapper que des monnaies françaises. Charles le Mauvais et son fils , Charles III, s'attachèrent autant que possible à calquer les espèces qui avaient cours en France. Les espèces du premier ne diffèrent presque en rien de celles du roi Jean. On a de lui en or un denier à l'écu , calgué sur ceux de France , et qui n'en diffère que par la légende : kabolys dbi gbatia N avare bex ; en argent, un gros blanc à la fleur de lis, aux types ordinaires, moins les légendes,

KO LYS DEI GRA au droit; N AVARORVJf

rbx au revers ; un gros blanc à l'étoile, avec les légendes ordinaires, moins celles qui sont remplacées par les mots karo-

k'ol's

lus dei gra autour delacroix;NAVARO

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