G NATURALISATION L'UNIVERS
naudA
néral, les campâmes de 1769-1769, en Corse , sous les ordres du général Devaux, et mourut en 1784.
Natoibb (Charles), peintre, né à Nîmes , en 1 700, fut élève de Lemoine, dont il reproduisit les défauts, sans égaler ses qualités ; ses compositions les plus estimées étaient celles qui ornaient les appartements du premier étage du château de Versailles , le salon de l'hôtel Soubise, et la chapelle des Enfants-Trouvés à Paris. Nommé directeur de l'académie de France à Rome, il garda cette place jusqu'en 177&, pendant vingt années environ.
Natoire eut Vien pour élève ; mais on ne peut lui faire honneur d'un disciple dont le mérite principal est d'avoir répudié sa tradition , et ramené l'art au naturel , de sorte que ses ouvrages sont la critique de ceux de son maître.
Naturalisation. C'était au roi qu'appartenait , dans l'ancienne monarchie, le droit d'octroyer les lettres de naturalité, qui , en outre, devaient être délivrées en grande chancellerie et enregistrées par les cours souveraines. La constitution du 3 septembre 1791 enleva ce droit au pouvoir exécutif, pour le placer dans les attributions de l'Assemblée législative. Ce fut en vertu de ce pouvoir que cette assemblée donna la qualité de Français à J. Beintham, Klopstock, A. Cloots, Washington, Hamilton et Kosciusko. On accorda , en outre , le titre de citoyen aux étrangers résidant en France, après cinq ans de domicile continu sur le territoire français, lorsqu'ils y avaient acquis des immeubles , ou épousé une Française , ou formé un établissement d'agriculture ou de commerce , et prêté le serment civique. La constitution de l'an III changea le mode de la naturalisation; mais c'est seulement par la constitution de l'an VIII qu'ont été fixées les conditions encore exigées aujourd'hui des étrangers qui veulent obtenir la qualité de Français.
On distingue maintenant deux sortes de naturalisation : la grande et la petite. La grande naturalisation peut seule ouvrir aux étrangers l'entrée des chambres législatives ; elle doit être conférée par le roi et vérifiée par les deux chambres. L'étranger qui a rendu
de grands services à l'État, peut seul y prétendre.
Il y a aussi deux sortes de petite naturalisation. La naturalisation ordinaire a lieu lorsque l'étranger a été admis , étant âgé de vingt et un ans , à fixer son domicile en France, et y a en effet résidé pendant dix années consécutives. Le roi , après ce laps de temps écoulé , déclare fa naturalisation. La naturalisation extraordinaire peut être accordée par le roi, après un an de domicile en France, à l'étranger qui a rendu des services à l'État, ou apporté dans son sein des talents, des inventions, ou une industrie utile, ou qui y a formé un grand établissement. L'ordonnance spéciale publiée à cet effet doit être rendue, le conseil d'État entendu.
Naddb (Gabriel), né à Paris en 1600, commença dans cette ville l'étude de la médecine , puis alla achever ses cours à l'université de Padoue. Il y connut le cardinal Bagni , qui le choisit pour son bibliothécaire et l'emmena en 1631 à Rome, où Naudé entra avec le même titre chez le cardinal Barberini. Appelé ensuite par Richelieu pour être son bibliothécaire, il arriva à Paris après la mort du cardinal et devint celui de son successeur, qui lui fit parcourir l'Europe afin de rassembler les ouvrages les plus rares et les plus précieux. En moins de dix ans, Gabriel Naudé eut formé la collection délivres la plus précieuse que l'on connût alors. (Voy. Bibliothèques , tome II , pag. 514 et suivantes. ) Après la mort de Mazarin, Naudé se rendit en Suède où Christine l'avait invité à venir la trouver. Mais la rigueur du climat ne lui permit pas de séjourner longtemps dans ce pays. Il revint en France, et mourut a Abbeville en 1653 , des fatigues du voyage. Les principaux ouvrages de Naudë sont: le Mar~ fore ou Discours contre les libelles^ Paris, 1620, in-8°, très-rare; Instruction à la France sur la vérité de t histoire des frères de la Rose-Croix , ibid., 162», in-8° et in-4°; Avis pour dresser une bibliothéaue , ibid., 1627, in-8*; Addition à V histoire de Louis Xi, contenant plusieurs recherches curieuses sur diverses matières, ibid., 1630, tn-8° , réimprimé dans le supplément à l'édition des Mémoires de Phil. de Comines f
NAVAILLES FRANCK. NAVARIM 127
publiés par Godefroy; Bibliographia firmativc, il dit: «Allez assurer au copoUUca% Venise, 1633, in-lS°, souvent « lonel que je resterai, m'entendez- vous? raaipriroé; Considérations politiques «que je resterai. » sur les coups tétuty Rome, 1639, in-4% Nàvàhin ( bataille de ). La France . souvent réimprimées (*) ; Jugement de l'Angleterre et la Russie avaient résolu tout ce qui a été imprimé contre le de mettre fin à la guerre d'extermination cardinal Maxarin, depuis le 6 janvier des Turcs contre les Grecs, et un traité jusqu'à la déclaration du 1er avril avait été à cet effet signé à Londres le 26 1649 , in-4*, écrit dans lequel il y a beau- juillet 1827. Les amiraux des escadres coup d'érudition et des notes très-cu- réunies se présentèrent le 20 octobre derieuses. vant Navarin , où les flottes turque et fi Ain a PARisiACi , voy. Haïisks. égyptienne se trouvaient réunies. A ISa vailles (Philippe de Montault deux heures , le vaisseau de tête lAsia de Bkmag, duc de) , naquit eu 1619, et donnait dans le port ; à deux heures et entra au service en 1638. Colonel d'un demie , il avait dépassé les batteries; régiment de son nom, il fit avec distinc- il mouillait par le travers du vaisseau don les campagnes d'Italie. A son retour amiral turc, et était suivi du reste de l'esen France, il se trouva mêlé aux trou- cadre anglaise. La Sirène suivait, et à Mes de la fronde , et combattit les re- deux heures vingt-cinq minutes , le candies dans l'Orléanais et dans l'Anjou, pitaine Robert fa mouillait à portée de II fut ensuite nommé gouverneur de Ba- pistolet de la première frégate de la paume, îl fut en 1658 envoyé ambassa- ligne turque; en ce moment un canot deuren Italie, et, la même année, suc- de la frégate anglaise le Darmouth accéda au duo de Modène dans le comman- costait un brûlot ennemi, lorsqu'un dément des troupes françaises dans ce coup de fusil, parti de ce brûlot, tua pays. Il fut charge, en 1669, de secourir l'officier anglais qui commandait le caille de Candie assiégée contre les Turcs, not. La Sirène était alors si près du mais // ne s'acquitta point de sa mission brûlot , qu'elle aurait pu le couler , s'il au^réde Louis XIV, et il resta pendant n'y avait pas eu de danger pour le canot trois ans exilé dans ses terres. L'inva- anglais; te Darmouth fit alors une fusion de la Fraocbe-Comté le ramena au siliade sur le brûlot, pour dégager ses service ; il enleva la ville de Gray, faci- embarcations, et, presque à la même milita la prise de Dole et de Besançon, et nute, ta Sirène étant vergue à vergue contribua à la conquête de toute la de la frégate égyptienne à deux batteprovince. Envoyé en Flandre en 1674, ries , fEsnina, l'amiral français de Riil commanda l'aile gauche à la bataille de gny la héla au porte-voix, en disant que Senef , reçut l'année suivante le bâton si elle ne tirait pas , il ne tirerait pas de maréchal, passa, en 1676, dans la sur elle; au même instant deux coups Catalogne , s'empara de Figuières , et de canon partirent de l'un des bâtiments remporta plusieurs avantages sur l'ar- qui étaient dans la poupe de la Sirène, mée ennemie. De retour en France à la sur laquelle un Iwmme fut tué; l'autre paix de Nimègue, il fut nommé gou- parut dirigé sur le Darmouth; dès lors verneur du duc de Chartres ( Philippe le combat s'engagea. d'Orléans, depuis régent ) , et mourut II est à remarquer que, dans le en 1684, laissant des Mémoires, qui même temps où cela se passait à l'entrent imprimes à Paris, 1701 , in- 12. tréeduport, l'amiral anglais Codrington K a vailles, chef de bataillon au 5ô* ayant envoyé une embarcation sur le de ligne; mourut à Campillas en défen- vaisseau portant pavillon amiral, le pidant avec cent quatre-vingts hommes un lote anglais était tué d'un coup de fusil poste qui lui avait été confié. En pre- dans le canot parlementaire, nant position il demanda si c'était bien Rengagement devint bientôt générai; là qu'il devait rester; sur la réponse af- les vaisseaux russes eurent à essuyer
le feu des fdrts , qui ne commencèrent à
(*) Voy. à Tartiele Saiht- Bart«*l««y tirer qu'au cinquième bâtiment, qui
(t. II, p. 169 et auiv.) la table des chapitre», était le Trident.
h «me curieuae citation de eet ouvrage. A cinq heures du soir , la première
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ligne des Turcs était détruite, les vaisseaux et frégates rasés, coulés, incendiés; le reste s'en allait à la côte, où ils se brûlaient eux-mêmes.
De cet armement formidable, il ne resta plus à flot qu'une vingtaine de corvettes et de bricks; encore furent-ils abandonnés. Voyez Grèce moderne et Morée.
Navarre (Relations de la France avec la). Soumis momentanément par Charlemagne, en 778, les Navarrais , après avoir, la même année, taillé en
I)ièces , dans la vallée de Roncevaux , 'arrière-garde de ce prince , s'allièrent aux Maures pour défendre leur indépendance. Cependant, en 806, ils furent, dit Éginhard , reçus dans l'amitié de Louis le Débonnaire; mais cette réconciliation dura peu; car l'empereur fut oblige d'envoyer Aznarou Asmaire, comte de la Gascogne citérieure , et Ebbes, pour les réduire de nouveau.
Ceux-ci, après avoir paciGé le pays, furent défaits, à leur retour, par les Navarrais , dans les défllés des Pyrénées. Entin, sous les successeurs de Louis, la Navarre s'affranchit complètement de la domination carlovingienne , et devint définitivement un royaume indépendant sous Garcie-Ximenez , qui prit en 860 le titre de roi.
Les relations de la France avec la Navarre n'offrent rien de remarquable depuis cette époque, jusque vers le milieu du treizième siècle. A cette époque, la guerre des Albigeois avait détruit l'indépendance des provinces méridionales, la France du Nord se trouva en contact avec les États espagnols. En 1224, Sanche VII, se voyant sans enfants, adopta et reconnut pour son successeur son neveu Thibaut IV , comte de Champagne, qui, à la mort de son oncle (1234), fut couronné roi de Navarre à Pampelune, sous le titre de Thibaut F*. (Voy. Champagne.)
1253.- Thibaut II (Ve de Champagne), succéda à son père sous la tutelle de Marguerite sa mère. Jean , duc de Bretagne , éleva alors des prétentions sur la Navarre , se fondant sur ce que le contrat de mariage de sa femme Blanche , sœur de Thibaut , portait que le royaume , après la mort de Thibaut rr, lui appartiendrait à lui , s'il
avait un fils de Blanche à cette époque. Ainsi le trône de Navarre ne pouvait échapper à un prince français. Thibaut II se rendit à la cour 'de France en 1254 , traita avec Jean parla médiation de saint Louis , et engagea le duc à renoncer à ses prétentions moyennant une rente de trois mille livres.
En 1258, il épousa, à Melun, Isabelle, fille de saint Louis.
1270.— Henri dit le Gros, frère de Thibaut, lui succéda. Il mourut en 1274, ordonnant par son testament que sa fille Jeanne serait mariée en France.
1274. — Jeanne /r*, née en 1270 de Henri et de Blanche d'Artois, succéda à son père sous la tutelle de sa mère. Les troubles qui éclatèrent dans le royaume à l'occasion de la régence forcèrent Blanche de se réfugier à Paris avec sa fille. Philippe le Hardi envoya alors en Navarre Eustache de Beaumarchais qui , assiégé dans la forteresse de Pampelune , lut délivré par une armée française commandée par Robert , comte d'Artois, et par le connétable Imbert de Beau jeu. La ville fut emportée 'd'assaut à la fin du mois de septembre 1276, et livrée au pillage. Robert parvint à soumettre toute la Navarre , et chassa les Aragonais qui voulaient s'en emparer. Auparavant, un traité avait été conclu, par lequel il avait été convenu que Jeanne épouserait le second fils du roi de France, qui depuis devint Philippe le Bel. Le mariage n'eut lieu qu'en 1284. Cette union augmenta encore la puissance de la maison de France, déjà si formidable, et la mit en contact avec la péninsule espagnole.
C'était le moment où les querelles des maisons d'Anjou et d'Aragon mettaient en feu le midi de l'Europe. Aussi les premières années du règne de Philippe le Bel furent-elles occupées par des guerres avec la Castille et l' Aragon.
(Voy. Castille , Aragon.)
1 305. — Louis X, fils aîné de Jeanne, succéda à sa mère le 4 avril 1305, mais sans prendre le titre de roi. Il ne se fit couronner qu'en 1807, dans la cathédrale de Pampelune.
1316. — Philippe le Long , frère de Louis X, hérita des deux couronnes de son frère. Il n'administra d'abord b Navarre que comme tuteur de sa nièce
NAVARRE
NAVARRE
Jeanne, fille et héritière de Louis X ; nais , par un traité conclu le 27 mars 1318 avec Eudes IV, duc de Bourgogne, oncle maternel de Jeanne, il devint propriétaire de la Navarre et des comtés de Champagne et de Brie, moyennant une indemnité de î 50,000 livres et une rente de 15,000 livres. Ce traité conteoa it néanmoins la clause que si Philippe le Long venait à mourir sans enfants mâles, les États qui lui étaient cédés retourneraient à Jeanne, comme son propre. La noblesse de Navarre fut forcée d'acquiescer à cet arrangement, et Philippe Je Long fut reconnu roi de Navarre. Jeanne, qui était alors âgée seulement de six ans, fut mariée avec Philippe, petit -fils de Philippe le Hardi.
1322. — Après la mort de Philippe le Long, son frère, Charles le Bel, lui succéda aux royaumes de Navarre et de France, sans égard pour le traité conclu précédemment. Toutefois , pour légitimer cette usurpation , il engagea , en 1525, Jeanne et son époux à renouveler avec lui cette transaction.
1328. — Après la mort de .Charles le Bel, Jeanne et Philippe d'Evreux se mirent en possession de la Navarre, oui , depuis b mort de Louis X , était dans une espèce d'anarchie. Un fait remarquable et qui montre quelle était alors l'influence de la France, c'est que le roi et la reine de Navarre eurent soin de faire approuver par le roi de France les règlements qu'ils firent à leur avènement. En 1331, ils se rendirent en France, et y séjournèrent quatre ans. Les Aragonais ayant, en 1335, fait une invasion en Navarre, Gaston, vicomte de Béarn et comte de Foix , vint au secours des Navarrais et força les ennemis à se retirer. Un dissentiment qui éclata entre Philippe et le roi d' Angleterre , en 1336, fut apaisé par l'archet éque de Reims , Jean de Vienne , que le roi de France envoya comme médiateur. Philippe d'Évreux prit ensuite une part active à la guerre acharnée soutenue par la France contre les AneJais. Jeanne mourut en 13-49, à Contiens près de Paris , où elle avait accompagne Blanche sa fille, destinée d'abord a Jean, fils aîné de Philippe de Valois, et qui devint la femme du roi de France.
1 349. — Charles II, dit le Mauvais,
T. XI- 9* Livraison. (Dict. encv
fils de Jeanne de France et de Philippe d'Évreux, leur succéda et fut sacré à Pampelune, le 27 juin 1350. Elevé à la cour de Philippe de Valois, il s'y était fait admirer par les qualités les plus brillantes; mais la cruauté avec laquelle il réprima quelques troubles qui signalèrent son avènement au trône, lui mérita bientôt le surnom par lequel il est connu dans l'histoire. Il revint en France en 1353 , et y épousa la princesse Jeanne , fille du roi Jean. Mécontent de la dot qu'il avait reçue, il excita des troubles dans le royaume, et fit assassiner le connétable ," Charles de la Cerda , à qui Ton avait donne le comté d'Angouléme, qu'il demandait lui-même pour sa femme. Craignant alors la vengeance du roi, il se retira eu Normandie, où se trouvaient ses principales possessions, et leva ouvertement l'étendard de la révolte. Il s'était fait un parti considérable, et était même parvenu à séduire le Dauphin ; mais ce prince le trahit , l'attira à une féte qu'il donnait à Uouen , s'empara de sa personne , et le livra au roi. Charles, entériné alors à Château-Gaillard, puis au Châtelet de Paris, fut enfin transféré dans la forteresse d'Arlcux , en Cambrésis. La bataille de Poitiers et la captivité du rot Jean le sauvèrent. Aidé de Philippe de Navarre , son frère , il parvint a s'évader, se rendit à Amiens, y leva des troupes, vint à Paris où il était appelé par les habitants soulevés contre le Dauphin , et fit à ce prince une guerre acharnée. Les résultats ne répondirent pas à son ambition ; toutefois la paix de Brétigny , en 1360 , lui assura la possession de ses domaines en France.
Charles retourna alors dans son royaume de Navarre, et n'en sortit plus u'à de longs intervalles , et pour peu e temps. Contemporain de Pierre le Cruel , roi de Castiile , il eut avec ce prince plusieurs entrevues ; on les vil tour à tour se liguer contre le roi d'Aragon , et se brouiller ensuite, suivaut leurs passions et leurs intérêts. Dans la guerre que Henri de Traustamare et Pierre le Cruel se firent pour la possession du trône de Castiile, il prit alternativement parti pour l'un et pour l'autre prétendant , et il les trahit tous les deux. Ses intrigues dans cette cir-
... etc.) 9