NAVARRE L'UNIVERS
NAVARRE
crfption détaillée; 1° K. dei. ora. Navarre, bex.; croix cantonnée de quatre couronnes ; r>. — comes bbhoicbncis ; écu couronne et chargé de l'escarboucle de Navarre. 2° kab. dbi. gra. rex.
fra. navabe; dans le champ une couronne semblable à celle de Jean; r\ — sitnombn , etc. ; dans le champ une bordure de fleurs de lis , puis une croix à branches égales. 3° karolvs propbietabivs nav. ; dans le champ un k couronné et accosté de deux trèfles, v) bit nom en , etc. ; dans le champ une croix cantonnée au premier de Pécu de Navarre, et au deuxième d'une fleur de Us. Ces titres de roi de France et de propriétaire de la Navarre méritent d'être remarqués ; pourtant nous devons dire que Charles III a peut-être plus de droits que son père aux deux dernières pièces; car si le n° 2 ressemble un peu aux blancs à la couronne du roi Jean , le n° 3 et la légende sit nomen semblent imités des espèces qui avaient cours sous Charles VI.
On a prétendu qu'une partie des monnaies de Charles le Mauvais avaient été frappées dans le comté d'Évreux et dans ses autres possessions du Perche , du Maine et de la Normandie; nous ignorons si cela est vrai ; mais H est certain que la plupart des grosses monnaies que nous avons de ce prince , ont un aspect tout français; tandis que ses petits tournois se rapprochent bien plus par leur faire du travail espagnol. Quoi qu'il en soit, Charles considérait la Normandie comme le débouché principal de ces espèces ; et, malgré les prohibitions réitérées des rois de France, il ne cessa d'en répandre dans cette province.
Blanche, fille de Charles III, lui succéda avec Jean d'Aragon , son mari; les pièces qu'ils firent frapper , et qui ont été retrouvées de nos jours , sont toutes des blancs, où l'on voit, au revers, des croix cantonnées de fleurs de lis et de couronnes, ou de couronnes seulement; au droit, soit des écus couronnés et écarteiés de Navarre au v premier et au quatrième, et d'Evreux au deuxième et au troisième ; soit les chiffres couronnés du roi et de la reine, v b, pour Johannes Blanca; soit le mot ioues également couronné , et en légende, tantôt les noms des deux sou-
verains, tantôt seulement celui de Jean,
i. Z B. DEI GBA BEX Z BEG. NAVARRE — IOHANNES DEI GRA REX NAVARRE Z
ara. Cette dernière légende ne fut probablement usitée qu'après la mort de Blanche, arrivée en 1441.
On n'a de François Phœbus qu'une seule pièce de bidon, dont voici la description : F. febvs dei g. rex navabbb; dans le champ, deux v couronnées. rJ. — sit nomen, etc.; dans le champ, une croix.
Catherine et Jean d'Albret firent frapper, 1* des blancs tout à fait semblables à ceux de François Phœbus , seulement les deux F y sont remplacées par j k , et la légende du droit est ainsi conçue : iohanes et kathbrin a beg.; 2° 'des écus d'or à l'écu écartelé de Navarre et d'Évreux , à la légende du revers sit nomen, etc.; 3" enfin, d'autres pièces d'or, présentant au revers de l'écu leur têtes affrontées. C'était une imitation des espèces de Castiile et d'Aragon.
On n'a de Henri d'Albret que des pièces de billon. Sur les blancs, on voit au droit un écu de Navarre parti de Béarn , c'est-à-dire chargé de deux vaches; et la légende henbicvs d. g. h.
navab. D. b. {Dominus Bearnix). Ce fut ce prince qui le premier plaça autour de la croix du revers, la légende si connue , GBATIA DBI SVK 1D QVOD SVM.
Sur les deniers, on trouve les mêmes légendes et , dans le champ , une h couronnée au droit, une croix au revers.
Jeanne d'Albret et son époux , Antoine de Bourbon (1555-1562), puis Jeanne seule, jusqu'en 1572, frappèrent de nombreuses et belles pièces de billon, d'argent et d'or, tantôt à leurs noms réunis, tantôt à celui de la reine seule. Leurs effigies y sont quelquefois affrontées ; quelquefois , celle de Jeanne v figure seule , sans doute sur les pièces frappées après la mort de son mari.
L'ecu de ces pièces est l'ancien écu écartelé de Navarre et d'Évreux, parti de Béarn , ou de toutes les armes de la famille de Bourbon.
Nous ne dirons rien des espèces de Henri 111 , qui succéda à sa mère , en 1572; elles sont conçues absolument dans le même style. On sait que ce prince devint roi de France,
NAZARETH FRANCE. HEARCHI 131
en 15S9, sous le nom de Henri //'.
Sotis son règne, sous celui de son fils Louis XIII, et au commencement du règne de Louis XIV, on frappa encore quelques pièces particulières à la Navarre, et sur lesquelles on voyait Pécu de France parti de Navarre et* de Béarn ; mais ces espèces étaient tout à fait dans Je système des monnaies de France. Du reste, ces princes, ainsi que Louis XV, Louis XVI, jusqu'en 1789, Louis XVIII et Charles X , ajoutèrent constamment à leur titre de rois de France, celui de rois de Navarre; quelquefois même ils mirent sur leurs monnaies les armes de ce dernier royaume.
Nayirr. — On désigne sous cette dénomination générale toutes les nefs qui servent a établir entre les continents des relations commerciales ou militaires. La construction des navires est établie sur une règle invariable, quelles que soient, du reste, leur force et la nature des missions auxquelles ils sont destinés. La marine militaire évalue le rang de ses navires d'après le nombre de leurs canons ; la marine marchande d'après leur capacité. Des noms particuliers ont été donnés à chaque espèce; ainsi, nous avons les vaisseaux, les frégates , les corvettes , les bricks , les goélettes. Au-dessous des goélettes se groupent un grand nombre d'autres navires inoins importants, ou affectés à des usages particuliers , tels que les bombardes y les cutters , les chaloupes canonnières , les chasse-marées, les baleinières , etc. La gabare , quoique d'une dimension plus forte que les autres bâtiments de flottille , ne sert euère qu'au transport des troupes et des munitions de guerre. ( Voyez Marine. )
Nazareth (combat de), (avril 1799), — Pendant que l'armée française faisait le siège de Saint-Jean d'Acre, Bonaparte fut informé par des chrétiens de Damas qu'un rassemblement considérable, composé de mameluks , de janissaires de Damas, de Deleti, d'Alepins, de Maugrabins, se mettait en marche pour passer le Jourdain , se réunir aux Arabes et aux Napiouzains. et attaquer l'armée devant Acre, en même temps que Djezzar ferait une sortie soutenue par le fru des vaisseaux anglais.
Le général de brigade Junot avait été envové à Nazareth pour observer l'ennemi; il apprend qu'il se forme sur les hauteurs de Loubi , à quatre lieues de Nazareth, dans la direction de Tabarié, un rassemblement dont les partis se montrent dans le village de Loubi. Il se met en marche avec une partie de la 2e légère, trois compagnies de la 19% formant environ trois cent cinquante hommes , et un détachement de cent soixante chevaux de différents corps, pour faire une reconnaissance. A peu de distance de Ghafar-Kana il aperçoit l'ennemi sur la crête des hauteurs de Loubi; il continue sa route, tourne la montagne et se trouve engagé dans une plaine, où il est environné, assailli par 3,000 hommes de cavalerie ; il ne prend alors conseil que des circonstances et de son courage, et ses soldats, se montrant dignes de leur chef, forcent l'ennemi d'abandonner cinq drapeaux dans leurs rangs. ï.e général Junot, sans cesser de combattre , sans se laisser entamer, gagna successivement les hauteurs jusquà Nazareth, et il fut suivi jusqu'à Ghafar-Kana , à deux lieues du champ de bataille. Cette journée coûta à l'ennemi, outre les cinq dra*
Kiaux , cinq à six cents hommes tués ou essés. (*)
Nearchi, peuple de la Gaule, mentionné par Aviénus , qui , après avoir suivi le Rhône depuis sa source jusqu'à la mer (v. 690, ora maritima), dit qu'à l'embouchure de ce fleuve est la nation des Nearchi et la ville de Bergine :
Cent bine Nearchi . Berginwjue cirit*..
Suivant M. Walckenaer, ce peuple occupait toute la côte entre la branche la plus occidentale du Rhône et Massilia, et la ville de Bergine était située dans la plaine même Je la Crau , où l'étang de Berre semble avoir gardé son nom.
(*) Junot fut noblemeut récompensé de la valeur qu'il avait déployée. ITri arrêté de Bonaparte ordonna l'exécution d'un tableau commémoratif du combat de Nazareth , et après un concours ouvert en l'an IX, l'Institut couronna l'esquisse de Gros, qui avait lutte contre Henncquiu , Megnier, etc. I/artiste n'acheva cependant pas son tableau, et celui qu'on voit aujourd'hui au musée de Versailles est l'ouvrage de Taunay.
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Nebouzaii, Nebusanus Agery ancien pays de Guienne avec titre de vicomte, et dont la ville deSaint-Gaudens était la capitale. Ce pays, dont rétendue était d'environ trente lieues carrées, avait des états particuliers, qui s'assemblaient tous les ans à Saint-Gaudens. Il fait aujourd'hui partie du département de la Garonne.
Neckbr (Jacques), naquit à Genève en 1732. Il vint jeune à Paris, entra dans In banque, et fit, après une vingtaine d'années de travaux , une brillante et honorable fortune. Une éducation distinguée, ses nombreux rapports avec les savants et les hommes d'Etat de l'époque, l'avaient rendu familier avec les grandes questions d'économie politique.
Genève, sa patrie, le nomma son ministre à la cour de France, et il remplit avec distinction ce poste de confiance.
La compagnie des Indes françaises l'avant nommé un de ses svudics, il déploya dans ces fonctions un grand talent administratif. Déjà, en 1770, sa réputation était grande, quand il y mit le sceau par la publication de deux remarquables ouvrages , Y Éloge de Colbert , qui fut couronné par l'Académie française, et Y Essai sur la législation et le commerce des grains. On prévit dès lors qu'une si haute capacité financière serait tôt ou tard appelée au maniement des affaires. La guerre d'Amérique venait d'être résolue; l'augmentation des impôts était impossible, le peuple en était écrasé; l'État manquait de crédit; les prodigalités des courtisans, dont les financiers étaient les témoins journaliers, et la mauvaise foi du gouvernement, dont les rentiers avaient tant de fois été victimes, étaient peu propres à lui en donner; et pourtant il fallait de l'argent à tout prix. Ce fut dans ces circonstances difficiles que Necker fut adjoint au contrôleur général des finances Taboureau, avec le titre de directeur du trésor royal ( 1776) ; et , dès l'année suivante , il devint directeur général des finances. Réduire les dépenses au niveau des recettes; se servir des impôts dans les temps ordinaires; recourir aux emprunts dans les circonstances difficiles ; faire répartir l'impôt par des assemblées provinciales; assurer les intérêts des emprunts par des économies ; enfin , bonne foi , probité :
telle était la base du système de Necker. La haute opinion que les capitalistes avaient conçue de ses talents et de sa probité était telle, que son nom seul fut à leurs yeux une garantie suffisante, et parvint à rétablir la confiance des préteurs ; en effet, en peu de temps, par les soins de cet habile et intègre financier , la France fut en état de soutenir l'insurrection des colonies anglaises de l'Amérique contre notre éternelle rivale, et de faire triompher, au delà de l'Atlantique, la cause de l'indépendance des peuples.
En 1781 , Necker publia un compte rendu au roi sur les finances de l'État , contenant les principaux actes de son administration de cinq ans. Cette œuvre, l'un des plus beaux titres de gloire du ministre, fit une profonde sensatioa, non-seulement en France, mais dans l'Europe entière. Pour la première fois, il était signalé un excédant de dix millions de recettes sur les dépenses. Comment fut obtenu ce magnifique résultat, malgré les armements considérables que nécessitait la guerre d'Amérique ? Réformer les abus, économiser, perfectionner les revenus , remplir ses engagements, tel fut son secret. Les abus étaient énormes. L'ensemble des grâces accordées à la noblesse sous différents noms, formait, pour le trésor, une charge de vingt-huit millions de la monnaie d'alors. « Je doute, dit l'auteur du compte rendu , que tous les souverains de 1 Europe ensemble payent, en pensions, la moitié d'une pareille somme. • Necker supprima toutes les largesses obtenues gratuitement de la faveur ou de la faiblesse royale, et ne conserva que les pensions réellement fondées sur des services incontestables. Les courtisans poussèrent les hauts cris; le ministre tint bon, et continua à marcher d'un pas ferme et décidé dans la voie des réformes : il supprima les intérêts dans les affaires de finances, que s'étaient arrogées les courtisans, auxquels ne suffisaient
f>as les largesses de la cour ; il réduisit e nombre des trésoriers, fixa leurs taxations , et les rendit dépendants du ministre des finances, qui put, dès lors, porter une surveillance non illusoire sur leurs opérations ; il agit de même à l'égard des receveurs généraux , qui étaient restés jusqu'alors sans contrôle t
FRANCE
et se livraient, avec les fonds de l'État , à des spéculations particulières, et à l'égard des receveurs généraux des domaines et bois; il modéra les bénéfices des fermiers généraux, les dépenses scandaleuses de la maison du roi , sans \ noire pour cela au service , et sans rien ôter à l'éclat du trône; il fit rentrer dans le domaine de la couronne toutes les aliénations illégales; il diminua les honoraires des hauts emplois, et, pour donner l'exemple des sacrifices, il abandonna le traitement considérable attaché à ses fonctions de ministre des finances; il porta d'utiles réformes dans la fabrication des monnaies, dans le règlement de la taille; il établit les municipalités provinciales j il travailla à la suppression des corvées , des droits de traites et de péages; il établit un prix du sel, uniforme dans tout le royaume:
avant lui , dans certaines parties de la France , le quintal de sel ne coûtait que 15 ou 20 fr., et dans d'autres, il en coûtait jusqu'à 50 et 60; il fit abolir plusieurs droits féodaux devenus odieux au point d'être intolérables , tels que le droit de mainmorte ; enfin, il établit une caisse d escompte, qui fut l'origine de la Banque de France , et le MotUde- Piété.
La faveur générale avec laquelle fut accueilli le compte rendu excita l'inquiétude jalouse du vieux Maurepas.
Offensé d'être oublié dans le concert d'éloges prodigués à un ministre qu'il regardait comme son subalterne et sa créature, il montra au roi un danger dans la discussion publique des actes de son gouvernement , fit cause commune avec les courtisans et les privilégiés, et parvint à ébranler la confiance
Sic le roi avait mise dans Necker. Celuidonna alors sa démission , qui fut acceptée le 23 mai 1781. En se retirant, il laissait en caisse les fonds nécessaires pour achever la campagne décisive de cette année , et sa retraite fut considérée en France comme une calamité publique, ea Europe comme le résultat des petitesses ordinaires de la cour de rrance. Le roi de Prusse s'écria en apprenant cet événement : « Quoi ! ils » ont accepté /a démission de Decker ! • Quelle pitié! »
la 1784, parut un nouvel ouvrage de
Necker, intitulé: Administration des finances , dont la lecture initia la France aux sciences économiques, et la mit en état déjuger les actes du gouvernement, et d'en apprécier les désordres.
Mais les fautes de Joly de Fleuri, de Galonné , et de Brienne , forcèrent Louis XVI à rappeler Necker au ministère. Le dernier ministre n'avait pu obtenir ni impôts, ni emprunts, et avait eu recours à une foule d expédients violents qui avaient augmenté la détresse publique et ruiné le crédit du gouvernement. Une banqueroute était imminente , et de Brienne en se retirant ne laissait dans le trésor royal que 400 mille francs. La confiance renaquit dès que Necker fut rentré aux affaires (1788). En un jour les fonds remontèrent de 30 p. 100. En peu de temps , les fautes des administrations précédentes furent réparées , autant qu'elles pouvaient l'être; les difficultés les plus pressantes furent surmontées; les parlements exiles reprirent leurs fonctions ; les édits arbitraires furent abolis; la capitale fut approvisionnée pour l'hiver, et des fonds suffisants pour attendre l'ouverture des états généraux , fixée au 1" mai , entrèrent au trésor.
Malheureusement, Necker, ministre si habile comme financier, n'était pas, comme personnage politique, à la hauteur des circonstances difficiles où se trouvait la France. Il hésita longtemps avant d'accorder au tiers état la double représentation, c'est-à-dire, un nombre de députés égal à celui des députes des deux ordres privilégies. Ce fut lui cependant qui finalement fit adopter cette mesure. Une seconde question restait à résoudre , celle du vote par ordre ou par tête] la concession de la double représentation du tiers, faite par le pouvoir, était illusoire, s'il ne faisait la seconde, celle du vote par téte. Necker hésita encore ; il était partisan des formes du gouvernement anglais ; il aurait voulu que la noblesse et le clergé se réunissent dans une chambre, et le tiers dans une autre ; il craignait d'ailleurs la versatilité du roi et le mécontentement des princes. De sorte qu'il n'osait agir et laissait naître les événements sans les prévenir. Ce fut seulement après le
KECKER L'UNIVERS. KECKE*
Serment du jeu de paume qu'il proposa l'adoption d'un plan qu'il avait conçu , et qui consistait en ce que le roi ordonnât la reunion des trois ordres pour toutes les mesures d'intérêt général; qu'il promît l'abolition des privilèges , l'égale admission de tous les Français aux emplois civils et militaires, etc. Mais les intrigues de cour firent jejeter ce projet, et la séance royale du 22 juin eut lieu contrairement aux conseils de Necker. Le ministre donna alors sa démission ; mais un mouvement populaire ayant éclaté quand cette nouvelle se répandit dans le public, Necker fut supplie de conserver son portefeuille ; il n'y consentit que sur la promesse formelle que ses avis ne seraient plus méconnus. La réunion des trois ordres eut Jieu. Mais la cour n'avait fait cette concession , et ne gardait Necker qui lui était odieux, que pour gagner du temps. Quand des troupes nombreuses eurent été concentrées aux environs de Paris et de Versailles, elle crut pouvoir agir ouvertement et contre l'assemblée nationale et contre le ministre. En effet, le 11 juillet, Necker reçut un ordre du roi qui lui enjoignait de quitter le royaume sur-le-champ. Il obéit, et partit secrètement pour Bruxelles, sans même en prévenir sa famille.
Mais le lendemain , la nouvelle de Vexil du ministre en se répandant dans Paris y excita une fermentation générale. L'on sait que la prise et la démolition de la Bastille en fut le résultat. Les princes et leurs courtisans effrayés partirent alors pour l'étranger et donnèrent l'exemple de l'émigration ; et le roi, pour calmer les esprits, consentit au renvoi des troupes et au rappel de Necker. Le retour du ministre fut un triomphe ; son entrée à Paris un jour de fete. Il fut conduit à l'hôtel de ville, au milieu des cris de joie et des plus vives félicitations , par plus de 200,000 habitants.Ce fut le plus beau jour de sa vie, mais ce fut aussi le terme de sa popularité. Ayant demandé une amnistie générale pour soustraire à la fureur populaire quelques chefs des troupes qui avaient chargé le peuple dans les journées oui avaient précédé la prise de la Bastille, et parmi lesquels se trouvait te baron de Bezenval, prisonnier du peu-
ple, il fut accusé de protéger les ennemis du peuple , traité d'apostat dans les clubs et complètement dépopularisé.
Il commença alors à lutter, mais en vain, contre la révolution. Son influence sur l'assemblée était presque nulle; ses efforts et son habileté ne purent remédier à la détresse publique, ni rétablir les finances épuisées. S'il parvint à faire adopter par l'assemblée le veto suspensif accordé au roi ; si , par l'organe de Mirabeau, qui présenta l'odieux tableau de la banqueroute prête à dévorer Ja France , il fit voter l'impôt extraordinaire du quart du revenu, il vit, contre ses vœux et malgré ses efforts pour s'y opposer , les biens du clergé mis à : la disposition de l'État; 400 millions ' hypothéqués sur ces biens ; les assignats émis à plusieurs reprises. Il s'opposa encore, au commencement de septembre 1790, à une nouvelle émission de .500 millions d'assignats ; mais l'assemblée n'écouta pas ses raisons et passa outre. Voyant alors son impuissance, il donna sa démission, qui fut acceptée presque avec reconnaissance par la cour et par l'assemblée; et il partit pour la Suisse. Tel était le changement opéré à son égard dans l'opinion publique , que ce ne fut pas sans danger qu'il traversa la France ; sa voiture fut même arrêtée, et il fallut un ordre de l'assemblée nationale pour qu'il lui fut permis de continuer sa route. Exemple frap-
fiant des vicissitudes humaines et ae 'inconstance des faveurs populaire*!
Necker se retira dans sa magnifique terre de Coppet, près de Genève , et ne rit plus aucune part aux alfa ires puligues. Il mourut en 1804.
Outre les ouvrages que nous avons mentionnés et plusieurs autres sur la politique et sur les finances , on a de lui quelques opuscules sur d'autres sujets , et un Cours de morale religieuse. Ses œuvres complètes forment 15 volumes in-8°, Paris, 182t.
Suzanne Curchod dk Nassk, femme du précédent, descendait, par sa mère, d'une ancienne famille de Provence , que la révocation de l'édit de Nantes avait forcée à se retirer en Suisse.
Son père , qui était ministre protestant dans le canton de Vaud, l'éleva comme aurait pu l'être un homme destiné à la
NEKHWINDKN FRANCE. NEERVfrIXDEN W
carrière des sciences ; elle possédait très-bien les langues anciennes et modernes , et n'avait de connaissances superficielles en aucun genre. On ne doit donc point s'étonner si elle réunit autour d'elle, à Paris, les savants et les hommes de lettres les plus distingués de l'époque. Pendant les deux ministères de son mari, elle profita de sa position pour répandre des bienfaits dans le peuple ; elle contribua beaucoup à faire réformer de nombreux abus qui subsistaient encore dans l'administration des prisons, dans celle des hôpitaux; enfin, elle fonda, à Paris, un hospice qui porte son nom. Elle publia, en 1794, des Réflexions sur le divorce, et mourut la même année, laissant plusieurs autres écrits dont son mari a donné des extraits en 5 volumes sous le titre de Mélanges. Voy. Staël.
Nécromancie. Voyez Sorciers.
Keerwinden (bataille de). En 1693, Louis XIV voulut se mettre à la tête de ses troupes, et il partit do Versailles le 15 mai. Jl était accompagné du grand Dauphin, de Monsieur, du duc de Chartres, de tous les princes et de plusieurs dames de la cour. Le 2 juin, il était au Quesnoy ; le lendemain , il se rendit à Autour, où il passa la revue de ses troupes.
Les grands apprêts que Ton avait faits en Flandre pendant l'hiver, avaient frit croire que le roi méditait quelque grand projet; en effet, son intention était de s'emparer de Liège , mais il tomba malade au Quesnoy, et les ennemis eurent le temps de fortifier la ville, où ils laissèrent une garnison de 30,000 hommes.
Cependant Louis XIV avait nommé le maréchal de Luxembourg au commandement de l'armée de Flandre; ce général marcha rapidement aux alliés , et se présenta devant le camp de Neershespen, où était le roi d'Angleterre.
Celui ci comprit bien qu'il fallait combattre, et, en effet, après avoir été reconnaître l'armée française avec le duc de Bavière , il résolut d'attendre JTatraque , et mit pendant la nuit son armée en bataille.
• Le maréchal de Luxembourg avait donné ordre d'attaquer le village de Neerwinden à neuf heures du matin;
mais les dragons qui étaient dans les haies de ISeerhinden s'engagèrent trop tôt avec les ennemis , ce qui fut cause que les brigades de Navarre, de Bourbonnois, de Lyonnois et les autres s'avancèrent pour les soutenir ; de sorte que l'affaire s 'engagea à la droite contre les ordres du maréchal , et sans la participation des ofliciers généraux qui y commandaient.
« Le village de Neerwinden qui avait été emporté par l'infanterie française, fut repris par le prince d'Orange et attaque de nouveau ; mais les troupes fatiguées hésitaient. Limiers rapporte que Je maréchal de Luxembourg prit alors son chapeau a la main et parcourut les rangs en criant: qu'Us se souvinssent de ta gloire de la France, et qu'alors les troupes retournèrent à la charge avec plus de vigueur.
« La cavalerie ennemie , qui n'avait pas encore paru, sortit alors de derrière le retranchement du front et du village, s'avança en bon ordre dans la plaine où la nôtre débouchait, et y fit d'abord plier des troupes d'élite, jusqu'alors invincibles, mais qui n'avaient pas eu le loisir de se former et de se bien mettre en bataille en sortant de ces fâcheux passages du village, par où il avait fallu défiler dans la plaine. Les gardes du prince d'Orange, ceux de M. de Vaudemont et deux régiments anglais en eurent l'honneur; mais ils ne purent entamer ni faire perdre un pouce de terrain aux chevau-légers de la garde (*). »
Le duc de Luxembourg chargea enfin lui-même à la tête de toute sa cavalerie , et décida la victoire.
« Cette journée fut des plus grandes et des plus mémorables qu'on eût jamais vues: les ennemis avaient l'avantage de la situation ; et quoique notre armée fût à peu près d un tiers plus forte , après !a jonction du marquis d HarcourU
Î[ue celle des ennemis, l'on peut dire que avantage du terrain et les retranchements incroyables qu'ils avaient faits en si peu de temps, les récompensaient bien de la supériorité de troupes que nous avions sur eux (**). »
(*) Saint-Simon, t. I. p. »o5.
{") Quincy, Mut. militaire de Louis XI? \ tom. II, p. *>35.
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« Le duo de Chartres, dit Saint-Simon, chargea plusieurs fois à la téte de ses braves escadrons de la maison du roi, avec une présence d'esprit et une valeur dignes de sa naissance , et il y fut une fois mêlé et y pensa demeurer prisonnier. Le marquis d'Arcy , qui avait été son gouverneur, fut toujours auprès de lui en cette action , avec le sang-froid d'un vieux capitaine et tout le courage de la jeunesse , comme il l'avait fait à Steinkerke. M. le Duc, à qui principalement fut imputé le parti de cette dernière tentative des régiments des gardes françaises et suisses pour emporter le village de Neerwinden, fut toujours entre le feu des ennemis et le notre.
M. le prince de Conti, maître enfin de tout le village de JSeerwinden (où il avait reçu une contusion au cdté et un coup de sabre sur la téte, que le fer de son chapeau para), se mit à la téte de quel-
3ue cavalerie , la plus proche de la tête e ce village, avec laquelle il prit à revers en flanc le retranchement du front, aidé
f)ar l'infanterie qui avait emporté enfin e village de Neerwinden, et acheva de faire prendre la fuite a ce qui était derrière ce long retranchement (*). «
— Les mêmes lieux furent encore , en 1793, le théâtre d'une célèbre bataille livrée par les Français aux Autrichiens, commandés par l'aVchiduc Charles. Ce
Îtrince avait, le 15 mars . surpris Tiremont occupé par les troupes de Dumouriez, auxquelles il avait fait 300 prisonniers. Mais dès le lendemain, il fut forcé d'abandonner ce lieu et il éprouva , à Goizenhove , un échec où il perdit 800 hommes. Ce succès engagea Dumouriez à abandonner la défensive et à essayer d une bataille générale. La droite (le l'armée, placée à Goizenhove, était aux ordres de Valence; Égalité commandait le centre , vers la chaussée de Tirlemont La gauche, qui avait pour chef Miranda, fut placée en potence, et elle s'étendait d'Osmael jusque vers les hauteurs d'Oplinter; le général Neuilly était près de Neer-Heylissem , auquel il appuyait sa droite; le général Dam-
Sierre était posté à Osmael , en avant u centre, et le général Miaczinsky, avec sa cavalerie, au pont de la petite
(*) Tome I, p. 106.
Gette, vis-à-vis d'Osmael. L'armée autrichienne , dont la droite s'appuvait à Racour et la gauche à Halle , comptait 39,000 combattants, y compris 9,000 cavaliers. Les troupes françaises engagées s'élevaient à 46,000 hommes, mais elles avaient beaucoup moins de cavalerie que les troupes allemandes.
L'archiduc Charles était à la tête de l'avant-garde. Le général Coliorédo commandait la première ligne; la seconde, où se trouvaient les dragons de Cobourg , reconnaissait pour chef le duc de Wurtemberg. Quelques bataillons d'infanterie et une division de stipshitz couvraient le flanc droit de l'armée autrichienne et observaient les plaines de Leaw : le corps de réserve obéissait à Clayrfait; la rivière la petite Gette défendait tout le front de cette ligne profonde et séparait les deux armées. Dumouriez résolut d'opérer un mouvement de conversion qui ramènerait l'ennemi entre Leaw et Saint-Trond ; il voulait pivoter sur sa g tuche; sa droite devait tourner par ÎNeer-Heylis«em , Racour, Lenden, et chasser 'devant elle les Autrichiens jusqu'à Saint-Trond. Pour effectuer ce mouvement, il fallait s'emparer de Racour, de Midelwinden , d'Oberwinden , de Rampsdorf , de J\eerlcnden et d'Osmael.
« Dumouriez divisa sa droite en trois colonnes d'attaque ; il leur prescrivit de passer la Gette ; l'une , commandée parLamarche, devait, en débouchant du pont de Neer-Hevlissem , marcher rapidement sur le mamelon de Midelwinden, enlever brusquement la position , y placer ses canons et foudroyer le village d'Oberwioden. La colonne'da centre reçut l'ordre de traverser la Gette à O.smael et d'aborder de front ïSeerlenden , déjà menacé par la troisième colonne, qui allait aborder ce village, après avoir franchi la Gette sur le même point que la première. C'était lejsénéral iNeuilly qui était à la téte de ce troisième corps. Ces attaques couronnées par le succès , le général Valence devait obliquer à gauche , et, marchant en bataille, balayer devant lui les Autrichiens et les rejeter au delà de Lenden; une autre colonne, aux ordres de Dampierre, avait ordre de se diriger
KEERWIXDEX PAANCS. NEERWINDEN 1S$
wr la queue de Neerlenden et de se rattacher au grand mouvement des troupes conduites par Valence.
« La gauche formait aussi trois corps d'attaque ; le premier, avec son général Miaczinsky , dut traverser la petite rivière d'Overhesnec, et marcher sur Neerlenden; le général Ruault, à la tête du second, effectuer le passage de b Gette à Osmaei, et dégager le' chemin de Saint-Trond , tandis que le brave Champmorin devait, après avoir passé le pont de Bingen , s'emparer de Leaw, et s'y maintenir jusqu'à la fin de la bataille.
«Le 18 mars, entre sept et huit heures du matin, toutes les colonnes rebranlèrent avec beaucoup d'ordre et de précision ; à neuf heures , elles traversèrent la petite Gette. La colonne de l'extrême gauche, conduite par le général Lamarche , se dirigea d'abord, selon Tordre que ce général avait reçu, vers la plaine de Lenden; mais n'y rencontrant point l'ennemi , Lamarche eut la malheureuse inspiration de se porter par la gauche sur Oberwinden , et de se serrer ainsi sur la seconde colonne qui, arrêtée par son artillerie, n'était pas même arrivée au point qu'elle devait attaquer. Cependant, à deux heures , elle aborda avec tant de résolutions le village d'Obervvinden et le mamelon de Midelwinden , qu'elle les emporta. Le monticule qui porte le nom de Tombe de Midelwinden , domine trois villages; il fallait placer dans cette position, prise avec tant de bonheur, de nombreuses troupes; on n'y laissa que l'infanterie du général Laveneur. Cobourg s'aperçut de la faute, dirigea sur ce point des forces considérables; les troupes françaises furent forcées J'év acuer le poste ; elles s'en emparèrent de nouveau ; l'ennemi revînt à la charge ; enfin la Tombe de Midelwinden fut prise et reprise pendant toute la journée.
• Tandis que Laveneur se battait avec acharnement , le général Clavrfait ordonna à Alvinzi et a ses grenadiers de se porter sur Oberwinden, et au prince d'Esterhazy de marcher sur Racour, à la tête de la cavalerie , de s'emparer de ces deux villages, et de menacer
ainsi le flanc des attaques de La ma r 1 iere et de Neuilly.
« Ce dernier général, après la première occupation de la Tombe , fit un mouvement de conversion et attaqua Neerwinden , dont il se rendit maître après une lutte courageuse et sanglante qui fit honneur aux deux troupes. Notre succès fut en partie dû à l'intrépide audace d'un bataillon de volontaires de la Charente. Mais le général français renouvela l'imprudence qui venait d'être commise à Midelwinden ; au lieu de se fortifier dans le village qu'il avait enlevé, il s'étendit dans la plaine, en s'approchant de la deuxième colonne. Les Autrichiens ne perdirent pas un iustant , et reprirent Neerwinden. Les colonnes aux ordres du général Égalité coururent alors attaquer la position que venaient de reprendre les troupes allemandes; elles délogèrent l'ennemi , et Neerwinden tomba encore une fois au pouvoir des Français.
« Mais le général Desforêts , officier aussi brave qu'intelligent, fut blessé d'un coup de feu , et forcé de s'éloigner du champ de bataille; son absence se fit bientôt sentir : la confusion se mit dans les colonnes aux ordres du général Égalité, qui fut forcé d'abandonner sa position des qu'il vit de nouvelles troupes ennemies faire des dispositions d'attaque. Dumouriez, arrivant sur ses entrefaites, ordonna à toute sa droite d'aborder, pour la troisième fois, le village de Neerwinden. Le régiment de Deux-Ponts pénétra dans le village la baïonnette au bout du fusil, perdit 300 hommes, mais resta maître de la position. Cobourg, sentant l'importance de Neerwinden, appela alors à lui toutes les troupes disponibles, et écrasa les Français par le feu d'une artillerie formidable, il nous fallut abandonner ce village à moitié détruit, et ce ne fut pas sans peine que Dumouriez parvint a reformer ses troupes à une centaine de pas en arrière.
« Dans cet instant si décisif, les cuirassiers de Zeschwitz et de Nassau paraissent dans la plaine et forment deux charges : la première entre Midelwinden et Neerwinden ; la seconde à la gauche de ce dernier hameau. Valence, mesurant toute la grandeur du péril, ne
HO NEERWIXDEN L'UNIVERS. NEFRWIXDEW
balance pas; il devance la première attaque de la cavalerie allemande, et se précipite sur elle à la tête des cavaliers français; il y eut là un choc terrible ; le général y reçut un si grand nombre de blessures, qu'il se vit obligé de céder son commandement au jeune Égalité; mais les escadrons ennemis étaient rompus , et ils perdirent beaucoup de monde. La seconde colonne de cavalerie ayant débouché avec beaucoup d'impetuos'ité sur nous , Thouvenot fit ouvrir les rangs devant elle, puis il ordonna tout à coup une double décharge de mousqueterie et de mitraille, qui accabla cette cavalerie , et la détruisit presque entièrement. Dans cette rencontre , le vaillant régiment de Deux-Ponts tua un grand nombre d'hommes à l'ennemi.
« La droite et le centre se trouvaient raffermis , et les Français restaient en bon ordre , prêts à recommencer le * lendemain pour décider la victoire.
Mais rengagement avait à la gauche une fatale issue pour nous ; les sixième et septième colonnes , après avoir repoussé d'Osmael les troupes légères, voulurent marcher en avant; mats, placé avec de fortes batteries en arrière de ce village , l'archiduc Charles en défendit avec bonheur le débouché.
Alors s'engagea entre les deux troupes une canonnade, dans laquelle nos artilleurs se firent remarquer par la précision et la vivacité de leur feu , mais qui , cependant, ne nous donna pas l'avaptage. Le prince de Cobourg , comptant sur les avantages de la position de sa gauche pour résister à la droite des Français , résolut d'écraser leur autre aile ; à cet effet, il dirigea sur ce point le prince de Wurtemberg et le général Bcniowsky. Les attaques, exécutées par les forces supérieures que commandaient ces officiers . mirent la terreur dans les troupes de Miranda; une charge de cavalerie acheva de tout confondre et de tout mettre en désordre.
« Le général d'artillerie Guiscard tomba mort. Les généraux Ruault et Hiller furent blessés. Cependant Miranda , que les Autrichiens ne jugèrent
Sas à propos de poursuivre, et auquel . iiaezinsky amenait un renfort de huit bataillons , qui n'avaient pas encore été
engagés, aurait pu facilement rallier ses troupes derrière le pont d'Osmael , et les ramener à la charge; c'était le conseil de Valence; mais, cédant à un premier revers , il donna l'ordre de la retraite, et se porta jusque derrière Tirlemont, découvrant ainsi le flanc de l'armée française ; pourtant il laissa une partie de sa division sur les hauteurs de Hackendoven. (*) Ce qu'il y eut de plus fatal dans ce désastre, c'est que Dumouriez ne le connut point; soit que Miranda eût oublié de lui envoyer des officiers d'ordonnance , soit qu'ils eussent été interceptés par l'ennemi. N'entendant plus le feu de sa gauche , il attribuait ce silence au succès; il y croyait d'autant plus qu'il ne voyait point paraître sur son flanc les troupes ennemies. Mais vers la fin de la journée, le général crut apercevoir des colonnes autrichiennes qui venaient de la droite pour renforcer la gauche. Il se dirigea alors sur le pont d'Osmael , et , le trouvant occupé par quelques hulans , il apprit ainsi la défaite de son aile gauche. Pendant ce temps, les troupes de la droite ennemie se reportaient sur le point où Dumouriez avait frappé de
?;rands coups ; des colonnes vinrent dans es directions qui n'étaient point jalonnées, se heurter contre quelques corps français , et y jetèrent de l'indécision.
« Après la triste découverte que venait de faire le général en chef , il n'y avait point à hésiter. Il fallait éviter un engagement avec des forces trop supérieures et encouragées par la victoire. On donna le signal de la retraite. Telle fut l'issue de la bataille de Neerwinden, aussi funeste à la république que celle de Jemmapes lui avait été favorable.
« Cette généreuse et belle armée , qui avait chassé les coalisés de la France et de la Belgique , voyait lui échapper le fruit de tant de sang versé; 4,000 morts ou blessés abandonnés sur le ebamp de bataille , 2,500 prisonniers, un matériel immense, voila les tristes résultats de la journée de IVeerwinden.
Les Autrichiens avouèrent une perte de 3,000 morts (**). »
O Voy. Dumoukxkz, t. VI, p. 789.
(*•) Tisjol, Hist.dc la révolution française, t. IV [>. kj3 et miv.
NEMOCBS
FRANCE