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mais sans force de caractère, et en qui la faction monarchique espérait trouver un instrument aveugle. La politique du Directoire Ait attaquée avec force ; on 8*éleva contre la continuation de la guerre et contre le désordre des finances; on censura le (gouvernement pour avoir attaqué Venise et traité avec les puissances d*Ita)ie sans l'autorisation des conseils; en un mot, le Directoire se vit en présence d'une coalition formidable, lùicouragés par le mécontentement général et par la mollesse du gouvernement, les royalistes s'enhardirent peu à peu, et coneurent l'espérance de tourner contre la republique même .une coalition qui n*en voulait qu*au Dîrectoire. Dans ce but, ils se couvrirent d'abord du niasfiue de la liberté, et ils affectèrent de marcher d'accord avec l'opposition républicaine, dupe de ce stratagème. Ils votèrent en fiiveur de la liberté illimitée de la presse; ils provoquèrent le rétablissement de la garde nationale, double mesure dontils comptaient profiter. D'un côté, ils invoquèrent les sentiments de modération et de clémence qui commençaient alors à douiiner pour obtemr i^abolition de la déportation contre les prêtres insermentés , le libre exercice de tous les cultes, le rappel de la loi qui excluait des fonctions publiques les parents d'émigrés; de Tautre, ils renouvelèrent dans les provinces les massacres contre les patriotes et contre les détenteurs des biens nationaux. «Les nobles, dit M. Lavallée, ne voulaient que des vengeances et leurs richesses ; les prêtres ne prêchaient que le désordre et la Çuerre civile; jacobins blancs se taisaient du meurtre et du vol des moyens de succès. Les compagnies de JésKs et du Snff U continuaient leurs assassinats isolés dans te Midi et dans l'Ouest; les routes étaient infestées de brigands , débris des bandes royales, connus sous le nom de chauffeurs.
Soixante mille émigrés étaient rentrés avec un nombre infini de réfractaires, qui tenaient en alarmes les campagnards et surtout les acquéreurs de biens nationnux. Deux agences royalistes cherchaient â enlacer tout le pays dans (m réseau d'associations semblables à celles derancianeluliâBBjacoMBS.» Trateféia,
FRUCTIDOR FRANCE. FRUCTIDéR SST
dans le sein des conseils, les rovalistea faisaient parade des sentiments ies plus patriotiques , et avaient grand soin de cacher leurs arrière-pensées. A Taide de cette tactique, ils réussirent à tromper la coalition et a la conduire beaucoup plus loin qu'elle ne voulait aller. Bientôt ils ne gardèrent plus aucun ménagement envers le Directoire, qu'ils
t)arlaient de mettre -en accusation, dans 'espoir de proclamer Louis XVIII ou le duc d'Orléans. Enfin, ils eurent l'imprudence d'attaquer et d'injurier à la tribune, et surtout dans leurs nombreux
i'ournaux , quelques • uns des chets de 'armée uui surveillaient leurs intrigues, principalement le ji;énéral Bonaparte.
Quand le mal fut pnrvpnfi n son comble, la majorité du Direotoiru secoua tout à coup son indolence léthargique.
Vainement Carnot proposa un moyen bien simple de déjouer tous les complots des royalistes sans violer les lois et sans avoir recours a riniervention, toujours si dangereuse , de Tarmée ; Barras et Rrwhell rejetèrent avec dédain sa proposition; Lareveillèrc lui-même, uoique avec des lormes plus convenales, prit parti contre lui. Cependant rien n était plus légal^rien no tait moins conlre-rrvolutionnaire que le projet de Carnot; il demandait la. réorgauisalion de la garde nationale, dont Tesprit n'était pas aussi favorable aux Bourbons que se l'lmau;inaient les meneurs royalistes. Suivant lui, cette levée en masse de la nation, si elle était fuite dans un esprit vraiment patriotique, devait suffire pour sauver la révolution et pour contenir tous les contre - révolutionnaires , beaucoup plus turbulents que réellement forts. Mais toute sa bonne volonté fut inutile : la majorité du Directoire, de concert avec le général Bonaparte , qui avait envoyé a Paris uu émissaire , le jeune Lavalette, aide de camp plein d'intelliçence, ne voulut pas abandonner ses projets de violence. Un autre plan, beaucoup moins national, mais ayant une apparence de conciliation, n'eut pas an meilleur sort. Madame de Staèl et ses nombreux amis voulaient qu'on prévînt la lutte par une transaction entre le parti constitutionnel et }e Directoire , qui, de la sorte , aurait pa reconquérir la majorité. Le
but secret (]p ce parti, dans lequel figuraient plusieurs orléanistes , et, selon toutes les probabilités, M. de Talleyrand , devenu ministre des affaires extérieures depuis le 28 juillet , était de pousser à rétablissement de la monarchie représentative , et a i'uvénement d'une dynastie nouvelle ( la brancha cadette ), en un mot, à quelque chose de semblable à ce qui s'était passe en Angleterre. Le Directoire n'eut pas
Sand*peine à pénétrer ce dessein et à ire échouer toutes les né||oeiations de madame Staël et de ses amis. Loin d'être rebuté par le mauvais accueil qui avait été mt à sa pro()osition 4$ réor* gantser la garde nationale , Carnot eut le courage de la reproduire de nouveau; celte lois, les triumvirs ne l'écoutèrent même plus ; ils levèrent la séance et se préparèrent à agir sans délai. On avait beau leur montrer que les royalistes étaient beaucoup moins puissants (juMIs ne le croyaient eux-mêmes , les triumvirs refusaient de se rendre à l'évidence. Il est vrai qu'ils avaient intériH , pour le présent du moins, a croire et a l'aire croire le contraire. Aussi eurent- ds soin de représenter les royalistes comme à la veille de triompher et comme s'étant emparés de la majorité dans les conseils. D après ce qui se passait , les apparences en effet semblaieiit Tindiquer; le parti révolutionnaire les crut Sur parole. Depuis , les historiens ont fait a peu près la même chose ; nousméme , dans Tarticle Directoire^ nous avons, quoique avec quelques restrictions instinctives, fait une trop large part aux prétendus progrès des contrerévolutionnaires absolutistes, line étude
filus scrupuleuse des faits et de i*état de 'opinion publique à cette époque ne laisse plus le moindre ddute sur l'ejAgeration des récits d( s vainqueurs.
Hais le fimlAme'du royalisme renaissant n*en produisit pas moins d'effet sur rimagination des armées de la république qui, dans leur cloignement, ne pouvaient qu'impar&itement se rendre compte de ce qui se passait à Paris, dans le sein du Corps législatif. Le général Bonaparte profita habilement de ces dispositions. Le 14 juillet 1797, jour de solennité publique, aYant de passer la rem, il adiena eat paroks