‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 157 sur 198 · FRUCTIDOR L'UNIVERS. FRUCTIDOR · texte numérisé non relu

FRUCTIDOR L'UNIVERS. FRUCTIDOR

méon , Villaret- Joyeuse, Villot, etc.

4" Plusieurs journalistes : la Harpe, Fontanes,Suarfl,Sicarti,J. Michaud, etc.

A<» Divers individus, tels que : Laville-Heurnois , Brottier, Duverne de Presles dit Dunan, directeurs de l'agence royaliste , découverts par Carnot et arrêtés par ses ordres ; Cochon , exministre de la police, Dcssonville, les généraux Miranda et Morgan, l'ex-ronventionnel Mailhe , Ramel , commandant des grenadiers du Corps législatif, etc.

Le tout formait un mélange de partisans de l'absolutisme , de constitutionnels y de mécontents sans doctrines bien arrêtées, et même de quelques républicains sacrifiés à des ambitions ou à des haines particulières.

Ainsi décimés et placés sous l'influence du Directoire, les conseils annulèrent les élections de cinquante-trois départements , plus les nominations de juges et administrateurs de ces départements.

Us décrétèrent que les places des députés proscrits resteraient vacantes, et autorisèrent le Directoire à nommer les juges et administrateurs des cinquantetrois départements désignés. Les lois contre les émigrés furent remises en vigueur; ceux qui étaient rentrés recurent Tordre de sortir du territoire clans les quinze jours , sous peine de mort; la loi qui rapportait les mesures prises contre les prêtres fut annulée ; on déclara de nouveau les parents d'émigrés incapables d'occuper des fonctions publiques. Mais tout en frappant sur les royalistes, on n'oublia pas de sévir contre le parti populaire, ainsi que le conseillait la politique bourgeoise des triumvirs et la nlus grande gloire de leur système de oascule. On suspendit la liberté de la presse; les journaux furent mis pour un an sous l'inspection de la police, nouveau genre de censure à l'usage des dictateurs; quarante et un journaux se virent frappés dans la personne de leurs rédacteurs. Après la défaite des royalistes, la garde nationale ne pouvait plus offrir même l'ombre d'un danger (dans l'intérêt du pays , s'entend) ; on en suspendit d'autant plus sa réoi^anisation.

SiK jours plus tard (24 Iructidor) , Merlin (de Douai) et François (de Neuf-

château) furent nommés en remplacement de Barthélémy et de Carnot. Dans la nuit du 2G au 27 , la duchesse d'Orléans , le prince de Conti , et la duchesse de Bourbon, partirent pour l'Espagne , où le gouvernement les faisait déporter, en vertu du décret rendu dans la journée du 18 , et bannissant les membres de la famille de Bourbon qui se trouvaient encore en France. Le mois finissait à peine , lorsque la France apprit avec une vive douleur la mort précoce du général Hockey qui fut enlevé en quelques heures par un mal violent; il était dans sa vingt-neuvième année.

Peu de temps après , M or eau fut réformé, Bernadotte lancé malgré lui dans la carrière diplomatique*, et le général Bonaparte lui-même crut prudent d'aller chercher un refuge aussi glorieux qu'assuré en Egypte. La jalousie des directeurs s'en prenait à tout le monde ; ils ne ménageaient pas plus les généraux , leurs anciens auxiliaires, que les royalistes ou que les républicains.

Avec le 18 fructidor commença le second Directoire, qui allait durer jusqu'au 30 prairial ( 18 juin 179p) ou le Corps législatif opprima à son tour le ouvernement et lui demanda compte e sa dictature plus vexatoire que bienfaisante. Une fois maître du présent , le second Directoire se consuma en efforts pour maintenir le statu quo ; mais il eut beau faire , l'avenir n'était

f)as à lui et il était condamné à travailer pour d'autres. Victime comme tous les autres , de ses procédés tracassiers et envieux, le général Bonaparte s'en consolait en pensant qu'il lui. serait donné un jour d'en recueillir tout le bénéfice. La proscription de Carnot , la punition de Pichegru, la disgrâce de Moreau et de Bernjdotte , jointes à la mort de Hoche, avaient aplani le terrain devant lui en le débarrassant de quelques-uns de ses rivaux les plus daugereux ou en liant les mains aux autres. Par sa tyrannie mesquine , par toutes ses fautes , le Directoire augmentait chaque jour le nombre des créatures du jeune chef de l'armée à qui il avait en outre donné lui-même l'exemple de la violence et livré le secret des coups d'État. Pour recueillir les fruits

FTEIIGIBOLA

FRANCE. FVBNTÈS>D£-ONORO 631

du 18 fructidor, il sufUsait qu'il eût le courage d attendre. C'est ce qu'il fit j mais pendant son alN^nce, ses frères , ses amis , ses agents , disposaient les es()rits et préparaient les événements en sa laveur.

Ainsi donc, pour résumer ce qui précède, il y avait à peine un an que la constitution de Tan m existair, lorsque la journée du IS fructidor vint changer le eouverueinent direi'toriai en une véritaDle dictature. Bans Je but ou sous le prétexte d'empêcher une contrerévolution royaliste , trois directeurs sur cinq violèrent publiquement lu constitution, décimèrent le Corps législatif, et proscrivirent deux de leurs collèf^ues qui différaient d'opinion avec eux. Mais les vainqueurs ne purent triompher qu'a?ec le secours de Tarmée ; en ce sens, le 18 fructidor, suite naturelle du 13 veiidéniiaire , fut le prélude du 18 brumaire, qui devait donner à la république un général pour premier ooDSul. La même main en effet dirigea, directeuieiit ou indirectement, les coups dans ces trois journées célèbres; cette main , c'était celle du plus grand capitaine des temps modernes.

Flengirola (combat de). — Le 14 octobre 1810, une escadre anglaise, partie de Gibraltar, et composée de deux vaisseaux de 74, quatre frégates, trois bricks , quatre canonnières et sept bâtiments de transport, parut sur la côte du rovnume de (Irenade, et vint débarquer a Cala du Mora deux régiments de ligne anglais et un régiment espagnol; en tout quatre mille combattants sous les ordres de lord Blavney.

Le but de ce général était d'emporter d*un coup de main le château de Fuengirola, défendu seulement par cent soixante Français, d'y laisser une partie de ses troupes, afin que Sébastian!, pour le reprendre , fût obligé de dégarnir Malaga, et, se rembarquant alors avec le reste, de cinj^ler vers cette dernière ville, qui n'est distante que de quatre lieues. Le lâ au malin , les Anglo- Kspagnols, couronnant les hauteurs qui environnent le chAteau, établirent une batterie de cinq pièces à cent cinquante toises , et sommèrent le commandant.

11 remsa de se rendre. Aussitôt le feu 'de la batterie et de l'escadre fut dirigé

contre le fort; mais Sébastiani survint à la téte de trois mille honmies, attaqua Tennemi et le culbuta. De son cété, la garnison (it une sortie impétueuse et.

enleva la batterie. l es Anghiis et les Espagnols, laissant le champ de bataille couvert de morts, s'enfuirent à la débandade vers le rivage. Le feu du château coula grand nombre de chaloupes chargées de soldats, et quelques débris seulement des troupes descendues à terre parvinrent à regagner les vaisseaux. Une multitude de prisonniers, cinq pièces de canon, beaucoup d'outils et plusieurs caissons de cartouches toatbèrent au pouvoir des vainqueurs.

FUBRTEDB Cantos (combat de '. — Au commencement de septembre 1810, le gênerai espagnol la Romana, qui, le mois précédent , avait été rejeté dans les montagnes de Zafra, après une infructueuse tentative contre Séville, prit de * nouveau l'offensive, et s'avança à la tete d'environ neuf mille liomnies jusqu'aux déQtés qui dominent 1* Andalousie. Soult, qui avait le commandement de cette province, donna ordre à IMorticr de réunir le corps ù ei-Ronqiiiliu, et de rejeter tout à fait Tennemi dans le fond de TFiStramadure. Les Français, après avoir repris les postes de Sànta-Olalla et de Monasterio, rencontrèrent dans la matinée du 15, près Fuentede Can* tos, un parti de deux mille sept cenis cavaliers espagnols qui crurent pouvoir résister et barrer le passage. La brigade de cavalerie du général Briche fondit sur eux, les sabra vivement , et les mit . en déroute complète. Ils laissèrent sur la place un grand nombre de morts , et celui des blessés ne fut pas moins considérable. Les prisonniers s'élevèrent à cinq cents; enfin, on leur enleva six pièces d'artillerie avec les attelages et les caissons. Les Français n'eurent qu'une vingtaine de morts et une soixantaine de blessés.

FuE^TE-OvEJUNA (combat de),Voyei

CastFLLO de LOS GUABDIOS.

FLi.iNTiis-DJi-0.>oiio (bataille de). — Lorsque, dans les premiers jours d'avril 1811, Masséna, après son infructueuse expédition de Portugal, rentra sur le territoire espagnol, il laissa garnison dans Almdda. Vinjgt mille Anglo-Portugais arrivèrent bientdt sous les murs

5âî FUENTès-bE-ONORO L'UiS'IVEllS. FUEXTÈS-DE-ONORO

de cette place et la tinrent étroitement bloquée. Masséna, qui savait de quelle importance était pour Wellin-^ton la prise d'Almeida, éprouvait les plus vives inquiétudes, car le général Brenier, qui en était gouverneur, n*avait plus que pour un mois de vivres. Il fallait donc ou la voir tombèr aux mains de Tennemi ou la secourir snns retard. Quoique toute tentative de ravitaillement dût entraîner une grande bataille, Masséna n*liésita point, et fit aussitdt ses dispositions.

Wellington, de son côté, au premier btuit des préparatifs du maréchal , concentra toutes ses troupes autour d'Alnieida. Elles s'élevaient à plus de cinquante mille hommes, .outre des nuées de partisans. L'armée de Masséna , malgré les renforts qu'il avait re(^us, ne comptait que trente mille fantassins et cinq mille chevaux. Elle était rnsseinblée le .30 avrlF sur la rive gauche de l'Agueda. Le 2 mai , à la pointe du jour, elle passa cette rivière avec beaucoup d'ordre, sur le pont de Ciudad-Rodrigo.

Les avant-postes de l'ennemi furent repliés, et son avant-garde menée battant jusqu'au delà de Galle^os. Wellington, par suite de ce premier mouvement, prit sn liirne de bataille en arrière du ruisseau de l)uns-C;i.sn.s , sur un coteau d'accès ditlicile. Sa droite occupait Fuentès-de-Onoro , s*étendant jusau'à Navasde-Avel; son centre, Alaméda; sa gauche, jusqu'aux ruines du fort dè Ja / Conception.

Le 8 , au matin, les Français poussérent en avant. Tandis que les 9^ et 8* corps tenaient en respect le' centre et la gauche des Anglo-Portugais, Mas-" séna , avec le 6' et fa cavalerie de Blontbrun, se dirigea contre leur droite, point le plus faible de leur ligne. Masséna avait compris que s'il parvenait à forcer cette ligne, appuyée à dos sur le lit de la Coa , qui n'orfre presque partout que des précipices, vraisemblablement la victoire lui appartiendrait. En conséquence, il donna ordre au général Ferey de mardier sur-Fuentès-de-Onoro. Fe> rey, à la téte dè la troisième division du

corps , s'y porta avec tant de vigueur, qu'il en délogea l'ennemi malgré la plus vive résistance. Mais Wellington , qui sefitait toute Fimportance de ce point,

fit descendre vers le village de fortes' masses, qui, à l'entrée de la nuit, parvinrent à le reprendre. Ferey, renrorcé de quatre bataillons, ne put, malgré

d'héroïques efforts, se rétablir que dans la partie basse. Pendant ce temps, les 2'" et 8° corps avaient occupe le centre et la gauche de Wellinsion par de fausses attaques , et , quand la nuit vint, les Français restèrent maîtres d'Alaméda. Le 4, INlasséna, persistant dans son projet de percer la ligne de son adversaire, crut avoir trouvé un point accessible entre Pozo-Bello et Navas-de- Avel. 11 manœuvra toute la soirée et toute la nuit pour attaquer le lendemain ces deux villages. Le 5, à la pointe du jour, la brigade Maucune, engageant l'affaire, enleva de vive forée le village de Poico-iiello et les bo.is environnants, remplis de .tirailleurs. L'ennemi développait en arrière du village vingt escadrons, soutenus p.ir une infanterie nombreuse et par douze pièces d'artillerie. Mont6run, s'étendant par la gauche, sabra cette cavalerie , enfonça deux carrés de la meilleure infanterie anglaise, et tit douze cents prisonniers.

L'aile droite de Wellington , contrainte à rétrograder, eut près d'une lieue notre cavalerie et notre artillerie légère à ses trousses. D'autre part, la fusillade était engagée sur toute la ligne ennemie. Le général anglais ne pouvait pas dégarnir sa gauche, contenue par Reynier; son centre, fortement assailli vers Fuentès-de-Onoro , allait se trouver découvert par suite do mouvement rétrograde de sa droite; enGu sa retraite, de l'autre côté de la Coa, menaçait d'être coupée, et dans ce cas il lui aurait fallu l'effectuer sous le feu de l'armée française et de la place d'Almeida. Déjà on remarquait dans ses colonnes cette incertitude, cette confusion qui d'ordinaire précèdent une déroute. Montbrun ne cessait de gagner du terrain; de trois fortes divisons d'infanterie qui avaient débouché par Pozo-Bello , deux n*avaient pas encore donné, et l'autre avait peu souffert; un beau détachement de cavalerie de la giirde impériale suivait à peu de distance; le 9" corps s'établissait dans Fuentès-de-Onoro ; enfin tout semblait promettre une nouvelle palme au vainqueur de Zurich.

PUENTlès-DE-ONOKO FRANCE. FUKNTE-SAUCO 533

Mais, par une inconcevable fatalité, les divisions qui se trouvaient en avant de Poso-Belto, infanterie et cavalerie, s^arrétèrent soudain , faute d'ordres. En Tabsence de iMasséna, qui n'était pas à portée, le général Loiseau n'osa prendre sur lui de jeter le 6*^ corps au milieu des masses ennemies ébranlées, et la victoire échappa aux Français v:iin queurs. I/armée anglo-portugaise eut le temps de se raffermir. Wellington effectua un changement de front sur son centre, sa droite en arriére, et, après avoir rétabli un ordre de bataille, il rentra dans Fuentès-de-Onoro, puis se tint sur la défensive. Blasséna crut que la prudence (ce fut «ne prudence exa-

3érée, mais nous ne saurions admettre 'autre motif) lui ordonnait de ne pas attaquer une seconde fois. Le feu cessa donc de part et d*autre vers deux heures de l'après-midi.

Les Français restèrent maîtres d'une grande partie du champ de bataille; mais cet avantage, qui ne facilitait en rien le ravitaillement d'Almeida , était presque nul. L'ennemi employa les journées du G et du 7 à se retrancher, en sorte que sa position devint tout à fait inabordable. Masséna , désespérant alors de communiquer avec Almeida, prit un parti extrême. Il demanda quatre hommes de bonne volonté, et les envoya porter au général Brenier l'ordre de détruire le matériel de la place, d'en faire sauter les ouvrai^es, puis, avec la gar- .nison, de se frayer l'épée à la main un passage au milieu* des corps ennemis.

Trois des quatre porteurs de ce périlleux message lurent massacrés en route; un seul, le nommé Tillet, parvint à Almeida après d*innoo)brables dangers.

Pendant les journées des 8, 9 et 10, les Français occupèrent l'attention de Tennemî , qui se tint constamment sous les armes. Enfin le 10, à minuit, une grande explosion se fit entendre; c'était les fortifications d'Almeida qui venaient de sauter de manière à n'être plus tenables. Les onze cents hommes de la garnison étaient sortis de la place à dix heures et demie du soir. Favorisés par la nuit, et suppléant par la bravoure à rinfériorité du nombre, ils traversèrent les cantonnements anglais sans éprouver

trop de pertes , et rejoignirent au point du jour la division de Keynier.

Fubntb-Santà (combat de). — Dans les derniers jours d'octobre 1810, Stt-

chet, qui assiégeait Tortose, apprenant que les généraux espagnols Villa-Campa et Caravajal avaient réuni en Aragon un corps de huit mille hommes, afin de tenter une diversion sur Sarap;osse, détacha contre eux le général KIopiki.

Villa-Campa fut défait, le 30, à ïeruel, et Caravajal, le 81 , au ravin d'Alventosa. Le 11 du mois suivant,' KIopiki , informé que Villa-Campa s'était rallié sur les frontières de Castille, et qu'il occupait avec quatre mille hommes le Fuente-Santa , position regardée dans le pays comme inattaquable, se mit • néanmoins en marche pour l'y attaquer, et dans la matinée du lendèmain replia l'avant-garde ennemie. Le Fuente-Santa est une montagne appuyée au Oiiadalaviar, entièrement escarpée sur ses lianes, et d'accès si difficile que les chevaux ne • peuvent y arriver. On en vint aux mains vers mim. Les Français escaindèrrnt et enlevèrent l'une après l'autre les positions des Espagnols sous un feu terrible. Enfin, après deux heures d*un combat sanglant, où l'opiniâtreté de la résistance égalait l'intrépidité de l'attaque, l'ennemi, rompu sur tous les points, s'enfuit en désordre. Les Espagnols se précipitèrent sur le pont de Libres , que le poids des fuyards fit rompre; les rochers et la rivière furent bientôt couverts de cadavres. La fatigue seule des Français mit un terme au carnage et à la poursuite.

Fuente-Sauco (combat de). — Le 21 novembre 1810, le chef de guérillas don Julien se porta sur le village situé sur la route de Toro à Salamanque , et occupé par cinquante hommes du 2* régiment suisse qui servait en Espagne sous DOS drapeaux. Don Julien se présenta devant le poste et le somma. Le capitaine de vSalis, qui le commandait, et qui avait eu le temps de se retrancher dans le bâtiment où logeait sa troune, ne répondit aux propositions du chef espagnol que par un feu violent et meurtrier. Les guérillas s'emparèrent alors des maisons voisines de la caserne et les incendièrent. Ils espéraient que te lèu gagnerait bientôt les Suisses; mais *

534 ITOBERT LTJIVIVERS. TimÈK

de Salis et ses soldats, par des sorties faites à propos, réussirent à arrêter Tineendie et à isoler le bâtiment où ils se défendaient. Les Journée du 21 et da

22 se passèrent sans que les attaques réitérées de Fennemi amenassent de résultat. Salis avait posté cinq hommes en observation sur le clocher de Téglise du village; don Julinn , faute de pouvoir les déterminer à se n ndre , mit le feu ii i escalier du clocher. Ces cinq braves, forcés par la fntnée de se réfugier -«ar lin saillant du mur extérieur, y restèrent soixante-six heures sans boire ni manger, faisant feu sur les guérillas dès qu'ils se montraient. Ils en étaient à leurs dernières cartouches, quand le • commandant du poste de Toro arriva dans la matinée du 23, à la téte de quatre-Tingt-dix hommes. Ce secours mit en fuite la bande de don Julian.

Fulbert, cinquante-quatrième évêque de Chartres et l'un des plus savants prélats de son temps, naquit suivant les uns en Italie, suivant d'autres à Chartres. Quoi qu'il en soit , il est certain que son oriizine était ob«eure, et qu'il ne dut, comme il le dit lui-même, sa baute fortune qu'à son éducation.

Après avoir étudié à Reims sous le célèbre Gerbert, qui devint pape sous le nom de Silvestre Ii, Fulbert professa Ipi-m^e les lettres et la méaeeine à Chartres, où ses talents lui attirèrent un iîrand nombre de disciples français et étrangers. Promu au siège épisco'pal en 1007, il assista à toutes les assemblées d'évéques qui eurent lieu de son vivant, non seulement pour dérider les uestions relatives au dof^ine et a la iscipline de l'Église^ mais encore pour s'occuper de l'administration' de l*État.

Fulbert s'y fit admirer et estimer pour son éloquence, son savoir et sa modération, qui ne dégénérait jamais en faiblesse en présence du crime.

Après' avoir rebâti avec magniflcence son église , qu'un vaste incendie avait détruite, il mourut en 10^9, laissant des sermons au nombre de cent onze , des poésies sacrées et des lettres, qui, écrites avec assez de pureté, offrent un grand intérêt pour l'histoire et la connaissance des mœurs et des usages du onzième siècle. Papire Ifasson donna h Paris (im, in-a») I9 première éditioa

des OEuvres de Fulbert. Elles ont été réimprimées eu 1608, in-8% sous ce titre : D, FulberH camutetuU epiêcopi antiqtdssimi opéra varia.

Fulbert (ehanoine de Pari»}. Voyea

ABAILABI) et UEL0Ï3B.

FuLBA.DE, quatorzièmeabbédeSain^

Denis , au huitième siècle , issu d'une riche et puissante famille d'Alsace, contribua puissamment à la révolution qui , Ht descendre du trône le dernier des Mérovingiens pour y placer Pépin.

Cbarfjjé de missions importantes par ce . prince près du pape Zacharie et des chefs oes Lomliards, il les teriuina toutes heureusement, obtint du souverain pontife et du roi qu'il avait servis avec zèle , de grands honneurs pour luimême et de grands privilèges pour son abbaye, où il mourut en 777. Le célèbre Alcuin fit son épitaphe.

Fumage (droit de), droit qu'on per- i cevait en certaines provinces sur les étrangers faisant feu et fumée, ou bien encore sur chaque cheminée.

Fi MAY, petite ville du Hainaut , aujourd'hui chef-lieu de canton liu département des Ardenues. Ce u était, à la . fin du huitième siècle , qu'une ferme du ' prieuré de Revin; on y découvrit, au commencement du douzième siècle, d'imnortantes carrières d'ardoises, qui y attirèrent alors des habitants en assez grand nombre, et qui, depuis, n*ont cessé d'en faire une des localités les plus importantes de la contrée. Cependant Fumay fut longtemps considérée comme 1 une dépendance du prieuré de Revin ; et ce prieuré relevant de l'archevêque de Cologne, elle fut. lorsqu'elle en etit obtenu une charte d aiïranchissement, considérée comme une terre de l'Em»

pire. Elle ne fut incorporée à la France que sous le règne de T.ouis XV. On y voyait, avant la révolution, sous le nom de monastère de DkoenrMmUSf le seul couvent ûtJéronymUes que possédât la France. On y compte aujourd'hui environ 3,000 habitants.

Fumée (Adam), seigneur des Roches, né en Touraine vers 1430, premier médecin de Charles VII, de Louis XI et de Charles VIII , était aussi mathémuticien , poète et historien. Voici ce

gu'on lit à son sujet dans un mémoire istorique sur Charles VIII, iniéré aus

nmtauiLUEii FRANCE. nrvilMiiui iu

Archives . curieuses de VhisMm de * France (tome 1^ p. 174) : « Adam Fu- « mée, maistre des requestes du mesrae « Louis XI , fut par luy f^iit garde des « sceaux , et exerça cette charge depuis «Tan 1470 Jusqu^en^ 1483. il le fat « aiissy sous Charles VIII , la chancelle- H rie estant varnnte l'an 1493. Il falloit «bien que ce lust un habile homme, «t et qui enteruUst mieux le Tacite que « le Galieny pour avoir subsisté sous « Louis XI. T/on a soupçonné qu'il (le « roi ) s'en servojt à faire des coups se- « crets. » Fumée mourut en 1494.

FtoMBi., petite ville anciennement comprise dans le Querry, aujourd'hui , dans le département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Villeneuve d^Agen. Elle a joué un rôle important dans les guerres civiles qui ont désolé l'Agénois. Un partisan espi^noi s'en empara en 1439. Peu de temps après rhorrible massacre des protestants par les catholiques de Cahors, en 1561, les habitants de riinicl , attaches à la nouvelle religion , é^oruèrent l<Mir sei^noiir, Fraijcois 1 % baron de Fumel, dont ' Montluc vengea la mort avec sa féro- ' cité habituelle. Une cinquantaine d'habitants de la ville ou des environs furent rotupus vifs , écartelés ou pendus ; la ville fut démantelée , plusieurs maisons rasées, le clocher de i'églîse abattu , et les bourgeois obligés de payer 330,000 livres.

Le baron , si cruellement vengé , des- ' cendait de Bertrand de Fwnel, devenu

par mariage, en 1283, vicomte de la Barthe. François II, son fils aîné, fut tué à la bataille de Coutras, laissant, de Jeanne de Gaumont-Laozun , un fils en faveur duquel cette baronnie fut érigée, par Henri IV, en vicomté.

Cette maison avait d'ailleurs formé plusieurs branches, parmi lesquelles nous citerons seulement celle de Mon^ taigu, qui descendait d'un frère putné de François H de Fumel.

La population actuelle de Fumel est évaluée a 3,600 habitants.

Funérailles solknxlllfs. — Dans la Gaule antique, les fuiK i .jilles se célébraient avec lieaucoup d'appareil, quand le défunt était un chef de fa* mille noble. Avec le cadavre, on brd* lait ce que le défunt avait possédé de

{)ius précieux, et jusqu'aux animaux oui ul avaient «é mrs. On eut inédM,

pendant longtemps, la cruelle coutume de pré("ipiler dans le bûcher quelquesuns de ses esclaves ou de ses clients C*). Ses amis y jetaient des lettres pour lui ou pour les parents qu'ils avaient per** dus. Dans le tombeau, près de l'urne, on déposait des armes, des bljou^ , des ustensiles divers.

La découverte que l'on fit, 60 1653, du tombeau de Cliilpcric, prouva que les Francs ne brûlaient pas les cadavres, mais qu'ils enterraient aussi avec eux des armes, des biioui , des médailles ou monnaies^; et, de plus, le cheval de guerre du déiîint, peut-être même son écuyer.

Un grand nombre de passages de Grégoire de Tours attestent que , pen* dîHit la période mérovingienne (et cette coutume se perpet«ia sous la période suivante), on lavait les corps avant de les ensevelir ; les tombeaux des grands pouvaient quelquefois renfermer des richesses considérables, puisque l'opulent Gontran Bozon ne craignit pas de faire violer la dernière demeure d'une de ses parentes, pour la dépouiller de l'or et des joyaux enterrés avec elle (voyez GoniÂàn-Bo20N ). Quant au cortège , il se composait dès lors d*un0 longue file de parents et d'amis, chantant des psaumes et tenant des flambeaux de cire. Le corps était porté le visage découvert, usage qui s'est perr pétué jusqu'à nos jours pour les évoques et les grands dignitaires de l'Église.

Passons aux funérailles des rois de la troisième race. Ce qui frappe tout d'abofd, lorsqu'on consulte les relations contemporaines de ces cérémonies , c'est le peu de recueillement qu'elles inspiraient aux principaux acteurs. Presque touipurs, ea effet* oo est étonné ae voir les obsèques royales troublées par de scandaleuses querelles d i ti(|fu'tte , ou , ce qui est pis encore, par des disputes dont la cause ordinaire est Podieose rapacité des courtisans, ou même des gens d'Église.

Aux obsèques de Philippe -Auguste,

(*) Cétar BOUS apprend qu'on M eena de

Eratiquer cet usage que psa de tcnpt afant i conquête ronsfaMb

5S6 VONéftAILLn L'UNIVERS. nTM^RAilx»

le légat et l'archevêque de Reims , ne De nobles et puissants seigneurs ne

voulant ni l'un ni l'antre céder le pre- portèrent pas toujours, comme en cette

mfer rang, officièrent en même temps circonstance, les oorps des rois et des

à deux autels différents. Le smndnie princes; longtemps cette prérogatîve

fut f)lus grand encore pendant les fu- appartint à de pauvres ouvriers. Il y

nérailles de saint Louis. C'était pour- avait au faubourg Saint-Laurent, dans

tant un spectacle bien capable dViever l'enclos Saint-Lazare, un bâtiment ap-

les nmes et de frapper les esprits d'une pelé le Logis du roi. C'était là qu'à leur

profonde tristesse, que celui qu'offrait avènement , les rois et les reines se ren-

Philipçe m, marchant entouré de cinq daieiil pour recevoir le senuent de lidé-

oercueîls (*) , et portant lui-même , avec lité des Parisiens , et faire ensuite leur

SCS deux frères et tous les grands sei- entrée solennelle dans In capitale. C'é-

gneurs de France , les restes de son tait là aussi qu'on mettait eu dépôt les

père* Les princes se reposèrent sept corps de ces augustes personnages,

ifois , dit>on ^ sur la route de Paris à avant de les transférer dans les caveaux

Saint-Denis; et sept croix ou •oratoires «de Saint-Denis. Les prélats s'y plaçaient

gothiques, en forme de pyramides, avec entre les deux portes principales, y

les efligies des trois rois surmontées chantaient les prières accoutumées , et

d'un crucifix, attestèrent, durant des y donnaient Teau bénite, selon leur

siècles , Taccomplissement de ce triste rang ; après quoi, le cercueil était con-

devoir. On les ' appelait : les mont- fié aux vingt-quatre porteurs de sel,

Joyes(**). qu'on nommait hanouards. Ces em-

Les moines de l'abbaxe royale, qui ployés des greniers à sel avaient, de-

avaient le privilège d'offrir la couronne puis un temps immémorial , le privilège

et 'rnriflamme aux monarques vivants, de porter les corps de^ princes jusqu'à

et 1111 tombeau aux princes trépassés, la première croix de vSaint-Denis, où les

vinrent au-devant de la procession avec religieux de cette abbaye venaient les

des cierges, et en chantant des litanies, prendre.

Jamais cérémonie funèbre ne fut plus ' Sur quel motif pouvait être fondée

capable de montrer plus à nu la vanité une pareille prérogative? Voici ce qu'on

des grandeurs humaines; et, cepen- lità ce sujetdans fcleurtaut(*) :« Comme

dant , on vit avec étonnement Torgueil anciennement on avoit perdu l'art d'em-

des préséan<;es se réveiller en face de baumer les corps, on les saloit apr^

ces cercueils. Lorsque Philippe voulut les avoir coupés par pièces, et les avoir

entrer dans l'abbaye, les portes lui en fait bouillir dans de l'eau qu'on jetoit •

furent fermées. Dans son cortège, se bien devoleineul dans uu cimetière,

trouvaient Tévéque de Paris et l'arche- quand on avoit ainsi séparé les os de

véque de Sens. Or, laisser entrer ces la chair. Les porteurs de sel étoient

prélats avec leurs habits pontificaux , apparemment charges de ces grossières

c'eût été, pensait i'abbé, Mathieu de et barbares opérations, et ce fut pour

Venddme , leur permettre un empiète- cela qu'ils obtinrent l'honneur de porter

ment dangereux sur ses f»rérogatives ces tristes restes que l'orgueil tâcfaoit

qui rexem[)tnient de leur juridiction, de disputer au néant. »

de leur suprématie. Le roi, le convoi, JNous ne pouvons mieux faire , pour

les 'reliques attendirent dans la rue, donner une idée des funérailles d'un

hors des domaines temporels du mous» puissant seigneur du moyen âge, que

tier, jusqu'à ce que les deux prélats de raconter celles du connétable du

eussent quitté ces ornements. Guesclin , lesquelles furent, du reste ,

l'effet d'un caprice assez bizarre du roi.

(*) Ceux de son père,. de son frère, le Après une scandaleuse orgie célébrée

comte deNevers, du roi de Navarin, loB dans l'abbavc de Saint-Denis ( voycï

beaii-fièn', do sa femme et de soa fils. FlÎTEs; , Charles VI eut l'idée de se

(") « Oh voyait encore il y a trente ans , » donner le spectacle d'une pompe mordit M. Lenoîr, Musée de» momtments fran^.p

)> loi , « de ces oratoires au faubourg Saint- (*) DÎClionD. hjjlt. de la Ville de Paris.

• Laurent et sur le dionin de Saint-Denis. «> t. lll , p. 906 et soit.

VUWàlLASVLÊS FRAKGE. nmtellUJM S37

tnaire; il voulut que Ton fît devant lui les obsèques de du Guesclin. La des»

Cfi|ttion de la cérémonie nous a été conservée par d'anciens Mémoirei «ir

le héros breton (*) :

n L'église avoit esté préparée durant qu'on se divertîssoit aux tournoys, et, on avoit mis la représentation de cet illustre défunt sous une grande chappelle ardente , toute couverte de tor-

' cbes et de cierges, au nriffen du chœur, qui en fut aussi tout environné.

« Le deuil fut mené par messire Olivier de Clisson, connestable de France, et par les deux mareschaux de Sancerre et de BlaïnTîlle, et il ettoit re* présenté par le comte fie T oninieville, Ollivier du Guesclin, frère dtj défunt, et nar plusieurs autres seigneurs de qualité , tous de ses parens ou de ses principaux amis, vestus de noir, qui firent l'offrande d'une façon toute militaire , et qui n'avoit point encore esté pratiquée dans le royal monastère. L*évesque d'Auxerre qui célébroit la messe estant à l'offerte, il desrendit avec le roy pour la recevoir , jusques à la porte du chœur, et la parurent quatre chevaliers armez de toutes pièces et des mesmes armes du feu connestable, qu'ils représentoient parfaitement , suivis de quatre autres montez sur les plus beaux chevaux de Tescurie du roy , caparaçon- ' nez des armes du connestable et por« tant ses bannières. L'évesque receut ces chevaux par l'imposition des mains sur leur teste , et on les ramena en mesme temps qu'il retourna à Tautel.

« Mais H fallut po u r cela composer du prix ou de la ri compevse , pour les droicts des vtiKjitux de l'abbaye à qui iU appartenoient. Après cela marchèrent a l'offrande le connétable de Clisson , et les deux mareschaux, au milieu

. de huit seigneurs de marque , qui portoient ehaseun un esca aux armes du défunt , la pointe en haut , en signe de la perte de sa noblesse terrestre , et tous entourez de cierges allumez. Puis •suivirent les princes du sang , tous la veue baissée et portant une espée nuë par la pointe, pour marque qu'ils of«

(*) Insérés dans ie premier volume de la Nmtvdle eolleclion d« méinoires de MM « Michaud et Fwijonlat.'

froient à Dieu les victoires qu'ils afoicnl

remportées.

« Au troisième rang parurent quatre autres des plus grands de la cour , armez de pied en cap, conduits par iiuit escuyers portans cbascun un casque entre les mains ; puis quatre autres auasi Yestus de noir , avec cbascun une ban* nière déployée et armoyée des armes du défunt , qui sont d'argent à Taille impériale de saUe. Tout cela marcna pas à pas avec beaucoup de gravité et de marques de deuil, et cbascun s'agenouilla devant l'autel , où furent placées toutes les pièces d'honneur.

« Il est vray que cette pompe ne se pratique qu'aux funérailles des roys et des plus grands princes, et que c'estoit un honneur tout particulier et extraordinaire pour un gentilhomme; mais ce n'estoit pas en abuser pour celuy-cy. »

Quand mourut Charles VI , ce roi qui savait si bien dresser pour les autres des programmes de fêtes fiuéraires , les traditions des obsèques royales s'étaient perdues au milieu des malheurs du royaume occupé par l'étranger. Ce fut un Anglais qui , après de longues discussions sur la manière dont on procéderait à la cérémonie , conduisit le roi de France à sa dernière demeure. L'Institut historique a inséré dans le 4* vol. ( p. S63 ) de son journal , un document du quinzième siècle relatant ses funérailles , nous en extrayons ce qui suit :

« L'an 1423, le mercredi xxi octobre, le roy Charles VI trespassa , et pour ce que on ne peut promptement faire Tobsèque , son corps , vuidé des entrailles, et rempli d'espices et d'herbe sentant bon , fut mis en un coffre plombé , et gardé en la ebapèlle de Tbostel Saint- Pol , jusques au ix novembre en suivant. Le duc de Bedfort, régent du royaume , vint à Paris le v novembre , et, après sa venue, on appointa de faire l'enterrement et service du roy, et Ait son obsèque moult beau et noble.

« Or, eu ce temps, y avoit peu de gens à qui aouvenist comment on avOit accoustumé de faire au tems passé porter les roy<^ de France à sépulture, et en q;iel ordre les gens y dévoient aller ; car ces cas n'adviennent pas souvent 9 et n*en trouve-t-on rien escript, et pour ce ferayje icî mention de ce

Digiiizea by LiOOgle

sas wcwÉmàMLÊJÊB L*innVEliS. imdbusftu»

qui en fut fait, afin de y prendre exemple, se autres fois le cas adtenoii, car

ce qui en fut fait fut par jirnnde et meure délibération de chevaliers, escuyers , clercs et gens sages , anciens et uotables, qui en maipt Jteu ameni veu semblable besogne.

« Premièrement , une p:rande litière fut faite à limons devant et derrière.

En ioelle litière fut mis le coffre et tout le corps du roy, et sur ledit corps on mit deux draps de lin, et par dessus, eu manière de couverture, un ^;rand ele de drap d'or sur champ vermeil, rdé autour de veiuyau (oemurs) azur, couroné de fleurs de lys d'or et de bordure, et si estoit la dite bière haute de la iiauteur d'un homme, on ne voyoit pas le oofiPre , car il estoit muissé {ceh ché) sous ledit poele. Mais sur toutes ces choses fut mise l'image du roy, la plus propre qu'on pouvoit faire à la sembrani» dudit roy, vestu de cotte royale, et par dessus un mantel (*).

' " Tons les officiers de l'hostel du roy furent vestus de hrunette; les eschansons , panctiers , et varlets de chambre portoient ohascun une torche pesant quatre livres, et sur leur poitrine et espaules avoient escnssons aux armes de France ; estoieut bien deux cens portans iesdites torches.

« Le corps et la litièbe furent portés par les varlets de porte, car c'est leur droit, et estoient bien cinquante aux limons de la dite litière, et bien souvent leur convenoit' reposer et mettre la »• tière sur deux tresteaux qu'on portoit après ; ainsi fut porté le corps a Rostre- Dame à heure de vespre.

« L'ordre des gens Ait tel : les ordres mandians à belle procession furent

O La mode des effigies funéraires se perpé-dia pendant plu»ieurt siècles. Sur le lit du païadoqiio l'on poriail au convoi d'iiu noble, se couchait souveui un lioujine armé de pied en cap, image vivante du défant. Dans un grnnd iioinlji c de vieux rompti'S de dépenses, on trouve un article ainsi conçu : Tout à un tel pour avoir fait le chevalier mort. Au treiliome et an quatorzième sièrie on ne se contentait nn'«nie pas de cette viW^'w vivante oij de la ligure de cire. Un l>ateleur marchait souvent à quelqties pas derrière le ceKiMil, portant les Iiabits du défunt dont il imitait le poi tf les g«ttes, U démarche.

premiers. Âprès , alloient neuf prélats, que esvesques , que abbés , revestus de chappes noires et mittres blanches ; le presvot de Paris alloit entre les prélats et le corps, devant la litière, une verge en sa main ; les chambellans du roy , varlets tranchans, escuyers et maistres d'hostel alloient entre le presvot et la litière ; les quatre présidents du parlement , vestus de leurs manteaux vermeils fourrés de vair,'tenoient les quatre ' cornets du j)oele, et les seigneurs et gretïiés du |)ariernent autour la litière, de costé et d'autre , car c'est leur droit que ils qui en parlement représentent la personne du roy et qui gouvernent la justice souveraine du royaume , soyent au plus près du corps dii roy \ les huissiers de parlement tenant leurs verges, estoient aux quatre cornets de la litière, pour garder que nul gens De se boutassent entre les présidents.

« Le presvot des marchands et eschevins de la ville portoient un ciel haut ^ huit basions, lequel estoit de même drap du poele.

« Le duc de Bedfort, le chancelier de France , les maistres de reqnestes , et autres conseillers et officiers du roy, alloient derrière la litière, et après eux le peuple eu ^rand nombre , et allant f)ar les rues veissiez gens aux huis et fenestres, et sur les estaulx qui pîou»

r oient vt menoient grand deuil, et non sans cause , car grand désolation ftft^ et ne scavoient se de longlemps auraient roy en France.

« Ainsi fut porté le corps du bon roy à Nostre-Dame, et fut mise au cœur de l'église à tout la litière sous la chapelle qui noblement fUt faite et allumée.

« Et tout autour de Tégtise par en haut , dessous les voultes et par tous les piliers du lieu avoit cierges bien drus d*uiie livre. Toute Téglise à i entour fut environnée d'un parement de toile Perse semé de fleurs de lys.

« Lendemain , qui fut mardi , x'' jour de novembre, environ huit heures du matin , en ladite église et en Tordre . devarit dit, furent fiiites les recommandaces, et après fut chantée la messe des morts , et nul n'alla à rolïrande sinon le duc de Bedfort. Après la messe diantée cbascun alla disner, et environ douze heures on se rasseiubla m ladite

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