FRAI^CE
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éfîlise pour aller à Saint-Denis ; mais pane qve le fardel esfoit trop pesant les religieux de Saint-Denis , qui le de* voient prendre et porter en leur église, donnèrent de VargenÈ aux hannoûars^ lesquels le portèrent en ^é^!ise de Saint- Denis, voire est que les n^iigieux v vindrent revestus à procession. La litière fut mise au cœur de Téglise sous la chapelle. Ce soir furent clhinlés f 'igîles pnr les reliiiieux de céans : restes collèges et autres gens de Paris s'en retournèrent quand le corps fut livré auxdits religieux, et le lendemain la messe de Requiem fut rhantée, après ie corps fut porté enterrer en la cbapelle emprès le degré , où furent enterrés ses père et mère, et fut porté le corps du cœur jusques à la sépulture par les varlets de porte du roy.
« A rentrée y ot grand débat entre les religieux d'une part, et aucuns officiers de r/iostel du rmj ; ne scait si esloient sergetis d'armes ou fouriers ou varlets de porte; et estoient pour le pœle et aultres habiUemmts estatu m four le corps du roy que chacune desdites parties disoit a hii appartenir, et
âue tel estoit leur droit, et tirèrent l'un e çà, l'autre de là, et à peine qu*U§ ne viendrenf à voi/e de fait; mais le régent fit mettre le déhat entre main de
Iustiee et fut le corps enterré. Après 'enterrement , et illec mesme avant que auscuns se partist , un erieur de corps cria à hanlte voix : Priez pour l'ame de très-exceileut prince Charles VI , roy de France !
« Cl» choses faites , le disner fut appareillé en l'nhhave à tous venans; le due de Bedlorl disna en chambre ; la grande salle lut toute pleine de tables et de gens. Les trois (EnrefBers du par* lement estoient assis à une table à part eux , devant la grande t ible , drmtaus- ' cuns des sergents d'armes du roy commencèrent par gausser , disant que ce estoit leur droit d'estre assis à ladite table , à quoi fut répondu par les maistres d'hostels qu'ils se teussent et (jtie ce n'estoit point leur droit ; les f^rctfiers ainsi demeurèrent en leur état.
a Tandis ([ue on faisoit le service on fit une donnée de six doubles dont les cinq valoient huit deniers parisis a tous COU qui y voudroieot venir, et là
receurent plus do dnq miHe personnes , etc. »
Cette fois le roi d'armes s'était écrié: « Dieu accorde bonne vie à Henri , par « la gr.lee de Dieu.« roi de Ptance et « d'Ajigleterre , notre souTsrain sei- « gneur (*).
^ous avons déjà vu plusieurs fois , dans les relations précédentes, des querelles s'élever autour du cercueil même, * pour la possession des tentures funèbres ou étoiles de prix qui servaient aux obsèques des rois, ou pour des questions d'étiquette. Ces querelles se renouvelaient si fréquemment, que le parlement fut obligé d'intervenir. Mous donnons iei un dernier exemple de ce genre de scandale; il est tiré d'une relation des obsèques de Louis XII (**) .
« S'ensuit la réception du corps faicte par le révérend père en Dieu monsieur, de Reauvois, li^tenant de monsieur de Sainct-Denis, aecompaigné des religieux dudiet Sainet-Uenis , avec les églises parroichialles et gens d'estat dudiet Sainct-Denis , estant à une petite croix . qui est par-deçà le lAsuAit en venant vers Paris.
« Quant le deffunt roy fut illec arrivé, ledict seigneur de Beauvois demanda à ceulx aecompaignans ledict corps, comme messeigneurs les princes devant nommez, et messeigneurs de la cour du parlement et aultres seigneurs : «Qu'est-ce que vous nous smenes?»
Et on leur fist response que c'estoit le corps du roy T.oys XI ï." F^t le prieur leur dist ; « Esse le corps ou abus? » Et lors leur fust faicte responce par |0 grnr)d eseuy^r dudiet deffunt, en plouraut , (|iie par sa foy , c'estoit le propre corus diidict roy; lesquelles parûtes dictes. Us religieux demandèrent avoir le paille de drap d^or frisé posé sur fa protaicture dudiet roy , disant qu il leur appartenoit, et firent effort iceux religieux de le prendre , et ceulx qui lenoient ledict poille disaient qu'ils ne raiiroient point ^ et qu'il ap^iartenoit a messeigneurs les maîtres qui, du vivant, estoient au service dudiet roy.
Au moyen de quoy il y eut de grandes
(*) Monslrelet.
(**^ Voy. Arch. cm-, de l'hisl. de France première série» t. Il , p. Gâ et aifv*