GALÈRE L'UNIVERS. GALÈRE
tion aventureuse dans les contrées de l'Orient, les tourna contre Rome, et les détermina à seconder Antiocbus dans sa lutte contre lu république. Aotioehus Yàhicu, les Romains accablèrent les Galates (189). Manlius Vulso envahit leur pays , et battît les peuplades retranchées srir le mont Olympe et sor le mont Magaba. Les villes grecques applaudirent à la défaite des Galates , sans comprendre qu'elle présageait leur propre asservissement. Rome niénagea ce peuple vainco. La p^ix forcée que le vainqueur fit subir aux Galates adoucit leurs moeurs, et altéra leur constitution politique et leurs habitudes nationales.
Les tetrarcbies détinrent héréditaires, et le pouvoir se concentra de plus en plus , au point de tomber entre les mains d'un seul. Le pays était lîouverné par un chef unique lorsque, sous Auguste, il fut réuni comme province à l'empire romain. Le gouvernement impérial acheva d'effacer les dernières traces de l'origine gauloise des habitants de la Galatie , qui , sous les empereurs byzantins, fut répartie dans la nouvelle division des provinces, sous le titre de Thema Buceliariorum (*).
Galèhe. La gcUée ou galère fut ce que la trirème avait été pour l'antiquité. Charles IV cependant passe pour le premier roi de France qui ait eu sur mer des galères à lui appartenant.
Avant son règne on empruntait à grands frais ^ pour faire une guerre navale, les galères des Génois , des Vénitiens. A
{»roprement parler ces ))àtiments ne brmèrent même une partie importante de notre marine qu'à dater de Louis XI. Les premiers généraux des galères , que nomment nos annales , sont : Jean de Chabriilac , nommé en 1410 , et Présent de Bidottx, gentilhomme gascon, investi de cette charge, en 1497^ vers la fin du règne de Charles VIII.
Un bas-relief de l'hôtel de Jacques Coeur, à Bourges, nous a transmis le modèle d'une galère au quinzième siècle : i! représente , si l'on en croit la tradition, la capitane à bord <le laquelle il mourut, et ce fut par l'ordre de son
(*) Vo^ez pour l'cxplicalion probable de ceUe désignation rouvngespéciudeWen»dorff , De Repaf>r!caG€i£uintm, savÉBt Irtité sut cette matière.
fils ou de son petit-fils que le sculpteur exécuta cette œuvre. Le navire porte à la poupe une tour à plusieurs étages surmontée d'une plate-forme ; la prou^' a une autre tour, mais moins haute.
Il y a deux mâts , chacun d'une seule pièce; au sommet du grand se trouve une hune assez semblable à un baquet, remplie de soldats qui lancent des pro* jectiles enflammés , peut - être du feu grégeois (voyez re mot). Les rameur.s sont armés de toutes pièces , et l'artimon porte le pavillon de France à trois fleurs de lis. On ne découvre ni artillerie, ni machines de guerre; de petites ouvertures sont , il est vrai , percées à la poupe et à la proue; mais ce sont plutôt des fenêtres que des sabords (*). D'après cette; sculpture il paraîtrait que l'on conserva longtemps le mode de structure suivi pour ces bâtiments à l'époque des croisades.
Dans des siècles plus rapprochés , les galères étaient des vaisseaux très- 'thlés, allant à la voile et à la rame. Elles étalent pontées. Sur le pont se trouvaient fixM les bancs des rameurs, et, depuis ce pont jusqu'à l'endroit où ctnient retenues les rames , les côtes du vaisseau s'élargissaient et formaient deux espèces de galeries. Ces galeries commençaient et finissaient avec les avirons à la hauteur des bancs, et au milieu du bâtiment régnait un petit pont étroit servant au passage, et dans lequel étaient passés les mâts; on le nonimnit !a coursie. Entre les bancs et le bord se trouvait un autre chemiu appelé Le couroir. Les galères n'avaient que deux mâts avec des voiles triangulaires.
Sous Charles V il y avait quatre rameurs sur chaque rame. Léon Strozzi, le prieur de Capooe, en mit cinq, et, dans les derniers temps, il y en avait cinq depuis le grand mftt jusqu'à l'avant , et six depuis ee même mât jusqu'à l'arrière. Les galères ordinaires avaient vin^-six rames de chaque côté; les galères extraordinaires, telles que la Réale et la Patronne, comptaient vingthuit , trente et trente-deux rames. La Héah, montée par le général des sa* lèree , était décorée avec recherche; aie
(•) Voyez yoles c^'iin voyage en Aiivcr|fMi» par M. Mérimée (i8i8) , p. 39.
avait pour lignes distinctifs rétendard
de damas rouge aux armes de France et semé de Heurs de lis , un pavillon de combat avec Timage d'une Vierge assomption, et trois fanaox à rarrière.
La Patronne était montée par le lieutenant général. Rarement sans doute on vit sur les galères un luxe pareil à celui qu'y déploya le baron de la Garde lors» que Monsieur (depuis Henri III) devait y monter pour aller à Londres négocier son mariage avec la reine d'Angleterre :
a M. de la Garde ^dit Brantôme, fit on si superbe appareil de ses ^lldres et aprests. d'ornement qu'on dit qu'il lui cousta plus de 20,000 eseus : entre autres le plus beau fut que tous les forets de sa réalle eurent chaseon un habillement de velours cramoisvi à la matelotte (M. le grand prieur de Lorraine avoit eu ainsi les siens habillés longtemps); la pouppe et la chambre toute tapissée et' parée de mesme velours , avecques une large broderie d'or et d'argent ; les lits couverts , etc. , de mesmes; les estandards flambans , banderollea moictié de mesmes et moiotié de damas, tous frangés d*or et d'argent. Et en tel superbe appareil deb?oit entrer avecques fes autres gallères qui pouvoient monter jusqu'à dix, dans la rivière de la Tamise à Londres. Je vous laisse à penser la superbeté d'entré'e que ce fust été. Et tout cela ne servit de rien à ce pauvre baron , sinon despense pour lui ; et quelquesfois il en faisoit parer sa chambre de pouppe que j'ai veu ainsy; et moy indigne me suis couché et dormy en ces beaux licts où il faisoit très-bon , etc. »
Par une singularité digne de remarque , le roi Très-Chrétien , à l'abri de iq bannière duquel toutes les puissances entretenaient leurs relations a Gonstantinople (*) , s'adressait , par une lettre du S0 avril 1679 1 h la seigneurie de Venise , pour la prier d'accommoder son ambassadeur , M. de Germigiiy , de quelque galère c^fin de le transporter à CmtiUmUMpk. Ainsi, la France avait alors un commerce maritime important sans marine militaire suflisante pour le protéger.
En règle générale, les rois de France, (0 Voyez GsaiiMirT (M. de).
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d'après le témoignage de Brantôme (Fie du grand prieur) , n'eurent jamais en mer plus de 40 ou 42 galères. Ces bâtiments portaient des soldats pour le combat, des matelots pour la mancaii* vre, et une ckîourme (voy. l'article suivant) pour ramer. Armées et équipées, elles pouvaient contenir 500 hommes et des munitions et provisions pour plus de deux mois; les officiers logeaient à la poupe , comme dans les vaisseaux , et c'était là que se disaient la messe et les vêpres.
' L'artillerie se composait de cinq pièces de canon placées à l'avant , et de douze pierriers. Le plus gros des canons appelé le Coursier, oui se trouvait au bout de la eounle^ était au centre des autres et assex élevé pour tirer par-dessus la proue ; son calibre était de 36. Quelquefois les quatre pièces plus petites étaient remplacées par deux de 18. Les pierriers placés sur le flanc du navire, entre les r.mies, faisaient avec la galère un angle très-aigu, de manière à pouvoir tirer presque dans la direction de la proue, puisque ces bâtiments étaient , par la position de leur grosse artillerie, obligés de se présenter toujours de tête au combat.
Peudant l'action, la capitaine, avec un certain nombre de soldats d'élite , avait son poste àja poupe, où l'on faisait une espèce de parapet couvert de matelas et d'autres objets propres à arrêter les balles des mousquets. On jr* braquait deux pierriers qui , enfilant m navfre dans toute sa longueur , servaient non-seulement à repousser l'ennemi s'il s'emparait de la proue, mais aussi à contenir la chiourme dans le cas où elle tenterait de se révolter durant le combat. On formait aussi sur le .
pont un premier retranchement vers la proue; il devait être assez fort pour empêcher que le canon ennemi ne prolongeât la galère de long en long. Ce bastion était élevé, avec des traverses de bois , sur le quatrième banc de la
Ïroue ; on le remplissait de cordages.
1 avait ordinairement six pieds de haut,, de même qu'une autre sorte de retranchement construit a l'avant. Les soldats étaient distribués sur Tavant et tout le fonff du oouroir, dé chaqoe cAté do lu gam.
doionArent le plus d*extension a cèCie marine. Elle avait des allures tout à fait en dehors de la marine de îiabt bord. Son quartier général était à Mar- 'sief Ile ; on y prodigoait un Tuxe vraîroènt insensé; I arrière de ces bâtiments, surfotn celui de la Réale et de la Patronne^ était soutenu par des Termes du plus bead travail , souvent dus an ciseau du Puget. Portent oîi y multipliait les baSrtîlîefs sculptés, les moulures dorées, les pavillons brillants d'or et d écarlate, tes tentes en damas cramoisi , garnies de fraises %t 'de crépineii d'or.
On conçoit que des bâtiments sî mal armés, quorqiie si magnifiques, ont dû disparaître a cause de Tinégalité de leur latte con'trie 'des vaîsseaux iiuxqueb ctaiènt af^'pliqués tous les progrès de îa ronstnirtion. Aussi , dans les derniers temps surtout , les galères ne s'attacjuaient qu'à des galères.
L'archevêque de Bordeaux, feseoo* bleau de Sourdis , chef des conseils du roi en l'armée navale, et commandant là -flotte au mois d'août 1640, étant impatient de eèmbatbe le duc de Ferrandiue, géiéral des galères espagnoles, lui envoya le défi suivant qui nou a paru digne d'être reproduit ici :
« Le désir que j'ai appris par toute « la côte que vous avez de rencontrer « dix-huit galères du roi , et la peine « qu'on m'a dit que vous disiez avoir « prise d'avoir été les chercher en pareil « nombre aàît lies Sainte-ïlllàrguerite, « hk*a ioiblijsé de vous les amener ici, « afin de vous faire voir que la justice « dès armes du maître que je sers est « teBe , et la fidélité et le cœur de ceux « qui le servent si recommandables ,^ « que , combien que vous soyez un des" « plus grands capitaines du monde , « vous serez néanmoins obligé d'avouer « qtt*fl n'y a point de galères an ^onde « qui osassent les aborderai dles dolent « commandées d'autres personnes que « de vous. Si quelques vaisseaux qui me • suivent vous donnent sujet d'appré- ■ taider que la partie ne soit pas ^ale, « on peut les éloigner, ou les mettre en « déçôt dans le port de Gènes, en fa(j^'on
« diminuer To^inion que j*jd'isoiiCtte.^e « votre générosité, mais me connrmèi^
« dans la créance que je sais qiie vous R avez vous-même de la justice des arec mes de mon maître. ■ , ^ Quelqués jours après, l0 inar^al d'Estrées écrivit au courageux prélat :
« J'avois déia vu la copie de la lettre a écrite au duc de Ferrandine ; .son ev K cttse dé ne ravoir paa réi^ue à/^use k qu'il dormoit , a donné ici autant de « sujet de rire , comme le défi que vous « lui avez fait , d'avantage pour les ar- « mes du roi et pour vous ( ). » ,
François ï'" entretenaiV oraifpairement vingt galères qui lui côûtaient cent mille écus, a quatre cents écus chacune par mois. ..^
Vers Te milieu du dixrse|«nei^ vSjiêfL d'après un rapport du comoq^ndeur ae Virville, capitaine de galère (^"i, la France avait dans la Méditerranée vingts deux galeret> bien ou mal arm'ées. Leur liombre ordinaire était de quatorze. .
Sous la minorité de Louis XIV, la décadence était telle pour les galères, que ce prince , à cp qu ou prétend , dans son voyage a Marseille , en . Ï660 , n'^ trouva que deux galères, l'une oom- Vnandée par INI. de Barras , l'autre par M. de Forbin. Au coniuïencement de la dernière guerre de Louis XIV , il y en avait quarante.
Quoique, suivant la règle dont la lettre ci-dessus citée est une preuve, les calères se mesurassent entre , elle^ seulement, on voit cependant aapa nos fastes maritimes plus dSiine relation Seml)lal)le à la lettre suivante, écrite le 2 juillet 1702, par M. de la Pailleterie à M. de Pontchartrain, ministre de la mariné :
<t Monsieur, « Les six galères du roi sortirent « hier de ce port , et découvrirent , à « cinq lieues environ , une voÂle ; nous « la coassâmes. A mesure que nous l'ap- " prochâmes , on en découvrit douze « l'une après l'autre; c'étoit Tescadré « de Zélande , composé de douze na-
. • . > (*) Voyet Correspondanoe d'Esooubleiiii (le Soiirdis, parmi les Documents publiés par \ts «oins du miui&Ue de l'inst. pubL, t. II» p. a63 et a85,' r n Ibid.'; p. ^jdo.
FRANCE
Il vfrts de çuerre de 40 à 80 canons , & cominandee par le vicë-amiral £u- )t ressen.
« €oinine j'aperçus de l'arrière de « cette escadre un gros vaisseau qiii èn « étoit environ à un bon demi -quart de ■ lieue , je fis signal à M. le rhevalier de « Langeron de suivre, avec trois gal^- It f&y cefô! ttoe nous ^vldns commencé «t ft^ènàsèer dès ie matin , et de le ea* « VioViner toujours.
« Ên même temps , je revirai avec les « th>is àùïrés sar celui ^ùi étoit seul , « ici qui commença à nous iîrer beau- « coup de ^cànon de loin. ï)ès qu'il fut « à portée de celui des galères, nous lui à fîmes pçrand feu , et en l'approcliunt Si à ta mous^ureterie. - ^
- Nouis lui jetâmes tànt clc monde « l'épée à la maiu , et son équîpafïe en « fui si épouvanté , counme des cris de V iwè to™ v^êpëtés par tous qos gens , ^ j^*rl ¥e défendit assek mal. C'est ub '« Vaisseau de 60 canons que nous avons » ramené ce soir h Osteiide , en vue des •t fertfiemis qui nous ont toujours suivis fc d*assez près. »
!Sf. fie la Pailleterie fut fait sur-lechamp chef d'escadre. Le bailli de la Pailleterie , olBcier de niarine t|rès-d(sth>gué, Mit , commandé les galères transporVéi» ïVèc succès sur l'Océan , en 1694.
Le général des galères était un i^rand officier de la couronne, qui portait pour marque de sa dignité un grappin en pal derrière récu de ses armes.
Après Jean de ChambriUac (1410) et Bidoux (1497), on cite comme ayant ciëroé ces wiictîons :
3 tfêrnardiki 4tt Baux» tar la déniuion de Bl-
émue^iÊL a.5ig
4* Battrand d'OmcMn, baron d'Astarac, en.'. tSik