‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 163 sur 198 · GAILLON · texte numérisé non relu

GAILLON

I/UINIVËRS. GALANTEIIIB

ouvrages : un Éloge historique de M. de Maiesherbes, suivi de la vie du pre* mier président de Lamoignon , son bi' saieul, éertiz dPaprès les mémoires du temps et les jjapiers df famille, Paris, 1803, in-S" ; Observations sur l'histoire de France de f elly, f illare t et Gamier, Paris, 1806, 4 vol. in-12; Mélajiges { Paris, 1806, 4 vol. in-h" ). Il n aussi composé plus des trois quarts Ju Dictionnaire historique, dans VEncuclopédJie méthodique, 6 ?ol. in^°, et des Mémoires insérés dans les tomes XXX, XXXV, xxxix et xltii du Recueil de V icadémie des iîiscriplioiis.

Gaillakoe, ancienne danse au'on dansait tantôt terre à terre, tantôt en cabriolant, en allant le long de la salle, oti en la traversant. On la nommait aussi la romanesca (la romaine), à cause de son origine italienne. L'air était à trois temps gais,

Gaillox, bourg du département de l'Eure, à treize kilomètres de T.oiiviers. On y admirait autrefois le château de plaisance des archevêques de Rouen, construit par le cardinal Georc;e d'Amboise(*). Sur ref)i|)Iare»iient <le ce ma-

Sniliuue monument d'architecture, un es plus beaux de Tépoque de Louis XII , a été construite une maison centrale de détention ; aussi n'en reste-t-i! plus que des vesti^'es , enclavés dans les lortes n)urailles de la prison : quatre tourelles gothiques, une galerie, une terrasse. Une des façades se voit encore dans la première cour de l'école des Beaux- Arts, à Paris. Ce fra jument fut soustrait au marteau des démolisseurs par les soin^ éclairés de M. Lenoir, qui se proposait de faire replacer successivement dans la même cour les trois autres façades, dont les matériaux gisent non loin de là, comme' des décombres superposés.

La construction de cet édifice, également admirable par le grandiose de rordonnance, Tharmonie des proportions, la richesse et le bon goût des sculptures d'ornement, où le clocheton, la dentelure et l'ogive gothiques se marient sans desaccord avec le pilastre italien et les arabesques florentines , est Sénératement attribuée à rarcbitecte

(*) Mort à L)uu en (5io.

italien Fra Giocondo ou Joconde, que Louis XII appela en France en 1499.

Jehan Juste de Tours et Morgiano sont les seuls , des nombreux artistes qui ont travaillé avec Paul Ponce aux sculptures de Gaillon , dont les noms soient restés. L'œuvre fut aclievée en 1505.

Le premier château de Gaillon arait été détruit par les Anj^lais en 1423.

Dans ses environs était une belle et riche chartreuse. La magniUque éalise de ce couvent, fondée par le carainal de Bourbon , fut totalement réduite en cendres le 9 aoiU 1764.

La population du bourg de Gaillon est de 1,200 habitants.

Galant (J.), poète, né à Toulouse en 1575 , mort en 1605, a près a voir remporté plusieurs prix aux jeux floraux.

Ses ouvrages ont été publiés sous ce titre : Recueil de dieers poèmes et chants royaux fToiilùusie^ 1611 , in-lS, volume très-rare. On y retn arque la traduction du premier livre de l'Énéide, une tragédie de Phalanle, et une Ode à la rose pleine de grâce et de poésie.

Galantehie. — Que l'on entende par ce mot la politesse, Tempressement, les soins délicats, les attentions gracieuses, prodiguésaux femme8,ou bien Tagrément , la grâce, ladistinetiun dans l'esprit et dans les manières, ces qualités qui constituent le galant homme, on désignera toujours un trait distinctif du caractère de notre nation. La galanterie n'est certes pas toute en France; mais chez nous elle est plus fine, plus aimable, plus savante, plus assiaue, plus infaillible que partout ailleurs, et nous pouvons a bon droit proclamer l'excellence de la iinlanterie française. Nous avons exposé ailleurs (voyez Femmes) comment un sexe éloigné des affaires (en principe du moins), oisif et frivole, a cependant fait le caractère de la nation, et Ta rendue la plus aimable de l'Europe. Outre cette influence personnelle des femmes, qu'on ajoute en- • core les dispositions d'un heureux naturel, un aniour-propre délicat, un esprit vif, des goûts légers, le sentiment exquis des convenances, l'horreur de la brutalité, la passion peu profonde, et roncomprendrn pnrfaitement comment s'est forme ce caractère spécial de la so- : ciété française, où l'on trouve, plus que

GALAM'EHIK FRi

dans tous les autres, les qualités qui rapprochent, qui font naître les sympathies.

C'est à répoque de la chevalerie que l'on peut faire remonter Porigine de ces mœurs si sociales, de cette courtoisie, de cette loyauté envers les rivaux ou les ennemis, de eetke attention, de ce respect envers les femmes , dans lesquels nous faisons consister la galanterie.

Cétait une galanterie encore un peu bariiare, puisque les coups de lance et d*épée, les défis, les combats, les pénis étaient ses grands moyens de succès, le témoignage le plus éclatant de l'amour; mais, après tout, c'était la bravoure qu'on aimait plutdt que la violence. La religion apportait aussi un grand tempérament à la passion ciievaieresque; la femme était respectée, adorée, et la

galanterie s'élevait souvent à un sulime dévouement Au reste, dans tous les temps, la galanterie a présenté im double aspect : il y a toujours eu la galanterie de l'esprit et du cœur, et toujours celle des sens. On peut caractériser répoque chevaleresque, en disant qu'elle était de la première espèce plutôt que la seconde. Aussi quand Cervantes voulut ridiculiser une institution vieillie et des moeurs surannées, il ne manqua pas d'exagérer ce caractère, et de donner à son héros i m désintéressement outré en fait d'amour.

Plus tard , la galanterie des sens prend le dessus. Au quatorzième siècle, an temps de la décadence du moyen i^ge, ridéal de l'amour s'eflace. Sur ie trône de cette grande et digne reine, Blanche de Castille, aimée et chantée si puretnent par Thibaut de Champagne, viennent s'asseoir Mari^uerite de Bourgogne, l'héroïne de la tour de Nesie , Isabeau de Bavière , qui ne vivait que pour les plaisirs grossiers. On connaît les orgies de la cour de Charles VI (voyez Fktes). Le caractère de ce temps, c'est un libertinage effréné; toutefois, Louis d'Orléans, frère du roi, conservait encore dans la dchanrlip iinr olôgaiire, une grAce qui st'niblerait appartenir niiv voluptueux ratiinés des temps modernes.

En lisant le roman du |>etit Jehan de Saintré, on verra combien l'ancienne galanterie était déchue au quinzième siècle. Jehan finit par battre brutale-

NGL. CiALANTEHlE .ô65

ment celle qu'il avait choisie pour dame de ses pensées. Une telle conduite eût été monstrueuse deux siècles plus tôt.

En effet, quoique de tout temps il y ait eu des gens coutumiers du fait , on n'avait pas vu un pareil exploit chanté dans les poésies des troubadours.

Louis XI était grivois : (fêtait là sa galanterie. Il n*aima jamais sa première femme, la poétique Marguerite d'Écosse, qui baisa la hor/c/if d'or d'Alain Chartier. Ce qu'il aimait, c'étaient les histoires comme les CêtU nùupelles nonvef/ps, qu'il fit composer pour ses passetemps, et les amours qui leur ressemblent. Mais avec Charles VHI, Louis XII, François P% la galanterie se releva comme une imitation dégénérée des mœurs chevaleresques. Les expéditions d'itniie furent mêlées d'exploits et d'aventures amoureuses. Les Français faisaient alors la guerre en véritames Jocondes. Cette frivolité, cette absence d'esprit politicpie dans des entreprises dont la politique était le fond, expliquent en grande partie nos revers du seizième siècle. Les prodigalités de François 1'"% rinfluence des favorites, les intrigues, les rivalités des femmes de cour causèrent de grands désastres. Rarement les choses vont bien quand le roi s'amuse.

MpuI ensuite le temps des derniers Valois : c'est là une honteuse époque dansTbistoire galante. Brantôme nous donne une bien déplorable idée de ce qu'il faut penser des femmes de son temps. Les mémoires du règne de Henri III sont pires encore. Pendant les

Î;uerres civiles, lesangse mêlai t à toutes es intrigues. La honte et le dégoût des immoralités d'une société seml)lahle ne pouvaient être surpassés que par l'horreur qu'inspirent les infâmes galanteries du souverain.

Aussi l'on respire lorsqu'on arrive aux aventures cependant peu délicates du roi vert-galant j qui s'est fait presque pardonner sa conduite scandaleuse^ parce qu'elle est moins immorale que celle des temps qui le précèdent.

Louis Xlll fut chaste et sévère : il ne donna pas de mauvais exemples. Ses relations avec mademoiselle de la Fayette et quelques autres , dans lesquelles il cherchait des amies pour sou triste cœur

m «ALANTBUB L'UNIVERS.

et non des maîtresses, ne fournirent point d'aliment au scandale. Sa pruderie le rendait même ridicule; mais nous ne \K>i]rvofi8 1p98 Yéà blâmer. Le caraetè^ et la conduite du prince durent am'eiîëlr le retour vers la galanterie désintéressée des vieux temps , vers les intrigues sans conclusion; Tapparition de ces énormes ' romans de Oyrin et de CléKe ^ dont Boileau sVst moqué, et oii l'amour était si peu entreprenant ; les susceptibilités . les délais de ces précieuses de i hotei de Bourgogne , l*inTention dé la 'carte da Tendre, et tout l'attirail de cette galanterie fnrtice dont Molière fit justice avec Cathos et INladelon, comme Cervantès avait abattu la chevalerie ridicule avec don Quichotte. Qaoi 1}aMI )èn soil de Toripine de toutes res siniiulnrités particulières au dix-septième siècle , elles

Srouvent que les mœurs sociales ten« aient à s'épurer et h s'élevér an-dessnfe de l*atmospnère épaisse du seizième.

Aussi quand Louis XIV ramena !a

Î galanterie aux termes de la réalité , nous a trouvons , quoi qu'on puisse d i re , pl us supportable et plus décente. Ldà!s XIV aima et respecta bcauroup les femmes'; on sait combien sa liaison avec mademoiselle de iu Vallière resta longtemps tecrèfe, et quel charme 'le rof trouvait dans ce mystère (voyez MAtTBESSBS).

Le bon ton , une apparence convenable fut alors exigée dans la galanterie^ le roi avait donné rcxemple dans les nombreux et splendides divertissements de sa oonr (voyez FÊTES). C'est à la cour de Louis XIV que le duc de Montausier aima si purement la belle Julie d'Angennes , qui ne M donna sa main qu^ près avoir éproové pendant dix-sept aiis sa fidélité et son amour. Il est vrai qu'à la même époque le maréchal d'Hocquincourt aimait autrement madame de Montbason, la belle des bellet : les je voulais significatifs qu'il adresse an P. Cannye dans le spirituel dialogue de Saini-Évremond, font comprendre de reste )a nature de sa passion. On pour> rait d*ailletirs trouver de semblables contrastes dans tous les temps, et ce n'est ni l'un ni l'autre de ces deux exemples qui peut nous faire juger de l'époque.

La fin du règne de Louis XIV devint triste et dévpte. Maïs ia régence se dé-

domninc;ea, comme on sait; la galanterie se traîna dans la boue jusqu*à l3 fin du règne de Louis XV. Il oublia de bonne heure lé sermoii qu*H aVait entendu de Massiilon sur ^exemple qm les princes doivent à leurs sujets , et il en vint à prendre pour favorite une ignoble courtisane. La société était moins dégradée que la cour; les femnÎMih attiraient autour d'elles tous les savants, tous les littérateurs, tous les philosophes, et commençaient à régenter la société; elles la rendaient aimable; mais ta morale n'y gagnait patS , et jamais peut /^tre le goOit dU j^laisir n'avait été si puissant.

La révolution a fait disparaître les vices brillants de la noblesse; la galanterie des irrands seigneurs de l'ancien régime s'en va. Qu'importe! puisque les mœurs s'épurent, qu'elles restent dou^ ties et conciliantes , que Tbonillhe vàm mieux , que la vie de ramille est plus régulière. L'activité, la nccessité du travail, l'égalité ont tué la haute galanterie , mais elles ont Jeté les fondements d'une régénération morale.

Galviie et Galates. — La race gallique, entraînée par une inquiète activité, a laissé sur tous les points de l'ancien monde des souvenirs de gloire.

En Asie , les Gaulois ont fondé Ssn État qui pendant quelque temps domina toutes les fragiles monarchies sorties du démembrementde l'empire d'Alexandre.

La Galatie avaitîsourfrontières: tiu nord, la chaîne de tnontaiznes qui s'étend du fieuve Siingarius au Heuve ïlalys; au midi, une autre chaîne parallèle à h

{première; au levant, eRè se tenMînèit à 'Hatys, <{u*eUe dépassait dans la partie, septentrionale; du côté du couchant, elle finissait non loin de Pessinontç.

La Galatie était entourée par les royaumes de Pont, de Paphiagonie, de' Bi* thynie, de Periiame. de Syrie et de Cappadoce. Les Galates étaient divisés en trois nations : les Tolistoboiens , oui occui>aient la Galatie ocddèhtale et lâi bords du Sangarius. L'ancienne Ville samte des Phrygiens, Pessinonte, était devenue leur capitale, et ils avaient construit, après la conquête, deux pla- , ces : Péion et Bfoukion, dont la prémière servnit de lieu de pînisance aux chefs, et dont la seconde reoàfierinàit le

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FRANCE

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trésor public ou le butin. Les Tedosages habitaient le centre, et avaient pour capitale l'antique ville d'Ancyre, regardée comme la métropole de toutes les possessions gallo-grecques. Les Troctnes, établis à l'orient, avaient pour chèî-lieu Tavion, ou plus correctement Taw, qui devint florissante par son commerce. Les trois nations galates se subdivisaient en tribus, dont Strabon, Plutarque et Pline nomment les principales. Leur gouvernement était une espèce d'aristocratie militaire. Les trois nations galates se partageaient chacune en quatre districts, ou létrarchies, comme les Grecs lesappelaient,etchaque district était régi par un chef suprême outétrarque. Après letétrarque venaient un magistrat civil ou iu,ii(f, un commandant des troupes, et (leux lieutenants du commnndi'mt. En cas de guerre, toute l'autorité se concentrait entre les mains d'un chef suprême investi d'im pouvoir absolu. La réunion des douze létrarques formait le grand conseil du gouvernement. Mais il existait un second conseil de trois cents membres, pris, selon toute apparence, parmi les chefs de tribus et les officiers des armées, et dont )e pouvoir était, dans certains cas , supérieur à celui du premier.

Ainsi , nul Gaulois ne pouvait être puni de mort que d'aurcs un jugement de ce tribunal. Fiaèles aux antiques coutumes de la mère patrie, les trois cents se renfermaient chaque année, pour juger les causes capitales, dans un bois de ciiêues consacré, appelé Dnjnêmet. Les Gaulois transportèrent 'encore en Asie leurs croyances et leurs usages religieux, entre autres la coutume de sacrifier les captifs faits à la guerre ; mais ils se montrèrent tolérants pour la religion du pays. Il n'entre point dans notre sujet de parler du sort des an«'iens habitants du pays; disons seulement (Jiie les Phrygiens furent traités

Sar les conquérants avec beaucoup plus e rigueur que les Grecs, qui conservèrent de.s droits étendus, et avec lesquels les Gaulois se mélangèrent tellement, ^tfe les Romains les appelaient Gallo- Grecs. 4. . :

On verra dans Tartiéle GX.ifLlîs le récit des émigrations gauloises, et le mouvemeint qui poussa quëlquës tribus

jusqu'en Thrace, en face de l'Asie. Ce fut Nicomède T', roi de Bithynie, qui, pour avoir d'utiles auxiliaires, détermina un certain nombre de ces guerriers gaulois à abandonner les contrées de la Thrace qu'ils occupaient, et oui leur céda un établissement sur les côtes (278 avant J. C). Cette turbulente population devint bientôt inquiétante pour les royaumes voisins. Ziélas, Ois de Nicomède, s'étant affermi sur le trône de son père, voulut faire massacrer les chefs gaulois, après s'en être servi comme d'auxiliaires; mais il fut lui-même victime de sa trahison , et périt de la main des Gaulois instruits de ses projets. Pendant un siècle entier, les Gaulois furent la terreur de l'Asie Mineure. Ils se rendirent maîtres de tout le littoral de la mer Égée , et tous les États de l'Asie leur payèrent tribut. Lneépigrammede l'Afithologie, composée sans doute par un poète milésien, représente ainsi la désolation des villes grecques : « 0 Milet! ô chère patrie! f nous sommes mortes pour nous sous- « traire aux outrages des barbares Gau- « lois, toutes trois vierges et tes citoyen- « nés. C'est Mars, c'est l'impitoyable « dieu des Gaulois qui nous a précipitées « dans cet abîme de malheurs, car nous « n'avons point attendu l'hymen impie « qu'il nous préparait; et si nous som- « mes mortes sans avoir connu d'époux , « ici , du moins, chez Pluton , nous avons « trouvé un protecteur. » Ces plaintes sont placées dans la bouche de trois Jeunes filles qui s'étaient tuées pour échapper aux vainqjieurs. ,

Tel était l'abaissement de l'Asie devant les hordes gauloises. Antiochus Soter les vainquit le premier; EumCnç, roi dePergame, remporta sur eux quelques avantages, et Attale les refoula dans la haute Phrygie, où ils se fixèrent définitivement, trente-sept ans après leur arrivée. L'Asie, délivrée des barbares, manifesta sa joie par des rejouissances publiques, et Attale prit le titre de roi.

Les Galates entrèrent dans le système

f)oIitique des monarcliies grecques de 'Orient , et comptèrent parmi les défenseurs du pays contre l'ambition romaine. Annibal, qui avait fait tant de grandes choses avec les Gaulois, retrouvant quelques débris de cette na-

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