‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 166 sur 198 · L.-J. duc de Vendôme, de... 1^94 à 171s · texte numérisé non relu

L.-J. duc de Vendôme, de... 1^94 à 171s

a3. Le martclial TvtMé dé tnaiiÊf, en 171 1,

démis en,.,, •...•«*>.••« .1 ..i* t7>€

a4- J- Pli. Cheralier d'Orléans, fiand priéw

de France, mort le 16 juin 174^

ie 27 septembre 1748 fMHnit une otdonnanre ainsi conçue; •'

«Sa Majesté ayant considéré qu'il « ^Qi% du |)ien.4(i son service de *i^tmfr « )fr oorps des gajères s celui de la n^- V rine , pour ne former à l^vcnir ifiCttto tf seul corps de marine,

« Elle a ordonné et ordonne ce "if^ «suit :

" 1. La rharii^e de général des galèws «demeurera éteinte et supprimée , de « même ^ue celle de lieutenant général « des galères.

« 2. Les chefs d'escadre, capitahi^es « et autres officiers de galères, employé» a par commission et brevet , seront m* « corporés au corps de la marine..».

« 7. Il n'y aura plus à l'avenir de dlf- « férenre pntir la forme ni pour la coo- « leur, entre les pavillons des vaisseaûx « et ceux des galères, qui seront blancs « comme dans la iinrîne, «le.

« 11. Dans les ^ofts, toutes les galè- 0 res seront désarmées entièrement , et « le^ chiourn)es seront gardées à terre, • dans des bagnes , salles dç force , ou «.autres lieux jpsi seront destinés potk «les renfermer, etc.

«30. Le service principal deschiour- «ines devant, au surplus, être celui de «Ja mer, Teot S. M. éuecha^oeanMèr, «.si les eirconstanees ie .permettent , fl « soit armé quelques galères dans chlà- « cuudes ports où elles seront dislri-' «buées, afin d'entretéâfr dianb lièlMir- « yi^ les «ooiennes cfaioitrnMietd-y Hk' .« mer les nouvelles, etc. i»

Galèbes (peine des). La peine des galères tire son nom des bâtiments n raïqM sur iesyiels ies oondainnés Wh vaieiv coviisetfol^. On n% ^iss dè données certaines sur l'époque où elle

m GALBRI8 LimiVERS. «ALÈBn

fut introduite dans notre jurisprudence. Un arrêt du parlement, qui défend aux juges d'église (le rappliqtitr aux clercs, en fait mention pour ia première fois eu 1Ô32 , mais elle doit remonter beaucoup plus haut Ta difficulté de trouver des hommes de bonne volonté, qui se dévouassent au service pénible de rameurs , dut donner de bonne heure l'idée d'y utiliser les coupables, qu*on s*était contenté jusque-là de martyriser par de stériles supplices. 11 est probcible que l'oris^ine de rette

riine n est pas de beaucoup postérieure Charles le Bel, le premier de nos rois qui se soit servi de galères dans sa marine.

Quoi qu'il en soit^ l'ordonnance d'Orléans est la première pièce législative où la peine des galères se trouve expressément formulée. Nous citons ce nnssnge comme un monument d'absurdité et de barbarie :

l Enjoignons, dit Charles IX , à nos «baillis et sénéchaux, leurs lieutenants « et officiers , chacun en son endroit , « faire commandement à tous ceux qui «s'appellent bohémiens ou égyptiens, « leurs femmes , enfants, et autres de « leur .^uite,de vuider dedaus deux mois « nos royaumes et pays de notre obéis- « sance, à peine des gcUères et punition « corporelle ; et s'ils sont trouvés ou « retournent après lesdits deux mois, «nos juges feront sur l'heure, sans au- « tre forme de procès , raser aux hom- «mes leur barbe et cheveux, et aux «femmes et enfants leurs cheveux, et « après ils délivreront les hommes à un « capitaine de nos galères pour nous y « servir iVspace de trois ans. » Un règlement de police de 1685 étendit cette peine à tous les vagabonds qui seraient trouvés, dorénavant, dans la ville de Paris : l'ordonnance des gabelles de 1680 y condamna les faux-sauniers ; les délits'de chasse , comme ceux de contrebande , furent punis des galères à temps et même à perpétuité , jusqu'au règne de Louis XVI.

On pourrait croire, en voyant la nature des cas dans lesquels les législateurs prononcèrent les £];alères, que c'était unchàtmient assez doux et proportionné à la l^èreté des délits qu'il s^agissait de réprimer. Il n'en ^it rien

ce{)endaQt; cette ))eine était atroce, et les tribunaux qui jouissaient , comme on sait, en matière criminelle, d'une latitude à peu près absolue, y condamnèrent plus d'une fois des accusés que leur bonne contenance , au milieu de la torture, faisait seule hésiter à frapper du dernier supplice. Les prescriptions rigoureuses des ordonnances ne prouvent donc qu'une chose , la confusion 01^ l*on était des principes les plus élémentaires du droit criminel, et plus encore la barbarie du régime flscal , et la cruelle jalousie des classes nobiliaires à maintenir leurs odieux privilèges.

En dehors des cas prévus par les ordonnances, la peine des galères était appliquée, par la jurisprudence des cours et tribunaux, à la plupart des crimes et délits ordinaires, teisque vols, faux,etc... C'était, en réalité , la peine la plus communément usitée; elle se prêtait par son élasticité à toutes les exigences des eaSi La prison n*existant que comme peine privilégiée , et n'étant guère appliquée sous l'ancien régime qu'exceptionnellement, et dans certaines localités seulement, les galères tenaient lieu de toutes ces peines diverses et graduées que nous avons admises dans nos codes modernes, depuis les travaux forcés jusqu'au sinmleemprisonnement.

Les juges se faisaient d'autant moins de scrupule de les prononcer, que c*était le seul moyen qui s'offrait à eux de purger les localités de^ malfaiteurs, qu*uoe simple peine corporelle n*eût pas suffi à éloigner. En agissant ainsi , ils croyaient rendre service au pays et au roi ; cette double considération ne pouvait moins faire que d'augmenter considérablement le nombre des condamnations.

•Mais si le service desgalères profitait, en gênerai, de ce recrutement de gens sans aveu, dont les juges s'étaient faits les racGoleurs, la courte durée de la plupart des condamnations engendrait pour le roi une foule de dépenses inutiles, nuisibles au trésor, et occasionnait en même temps des déplacements contraires au bon ordre et a la disciplice nécessaire sur un navire. Un édit ae remédia à cet inconvénient, en fixant à 10 ans le minimum du temps auquel les juges pouvaient condamner

«alIcebs FAAMCB. «aléscs m

aux galères. Les motifs de cet édit sont naïvemeiU exprimés dans une instructioa oiBistérielte aue nous transeriTonsd'un manuscrit delà bibliothèque royale (*).

Ils donnent une idée de l'état de désordre où était la justice pénale au seizième siècle, et des fausses notions qu*oa se faisait alors sur le droit de pooir et sur le but^du châtiment, etc.

« S'il se trouve aucun des dits for- « saires qui fussent devenus inutiles, es- « tropies ou invalides, en ce cas seront « mis hors la cl^esoeen leur liberté, jTo- « çoif {quoique) que ils n" eussent pas « achevé de servir le temps porté par

• leur condempnation , à ce qu'ils ne « mangent inutilement k pain, tenant << la place ifitfi atUre powfont faire r service.

« Ce d'autant que la çluspart des ju- « ges de oe royaume qui eondempoent " ces malfecteurs a peyne de gallère « aussi tost pour bien petiotes et légères « offences que pour autres grandes, di- « gnes de tel supplice, il leur convient « entendre que les condempnez pour « ung , deux ou trois ans a la dicte « peyne ne peuvent durant ce temps que

• s'câtre amarinés pour ^oustenir une

• longue vague et s^estre rendus aptes « aux autres services nécessaires pour n la navigation , dont néanmoins les « dicts cappitaines demeurent frustrés « pour ce que leur temps finy, la liberté « leur est deue , pour a quoy prévenir « Sa Majesté ordonnera par edict que « aucuns malfecteurs ne seront con-

dempnez a la dicte peyne de galières, « a moins de huit années et aa-dessus.

« Sera en outre enjoint aux dicts ju- « ges ne condempner es dictes galleres « aucunes personnes pour quelque ma- « lelice qne eesdtf sMIIeur appert iœulz < estre mutiles et estropiez de bras oa « jambes ne pouvant tirer la rame. »

Si, pour le plus grand bien «Iii service public, et pour soulager d autant le trésor, on croyait pouvoir élargir tes coupables , et forcer indirectement la main aux juges, le même motif d'intérêt et d'économie produisit, dans le sort des forçats , des améliorations au*oo tût vaioementrédamées au nom deThu-

(*) Manuscrit de BédlulM, à la bibliotllè-

que royale , »° 8(334. Voyez aussi Jounud dejXmtitut historique, t. YI, p. 70.

manité. Déjà l'ordonnance de 1548, sur l'entretien des galères , prescrivait aux capitaines la manière dont ees malheureux seraient traités :

« Seront tenus les dits capitaines « d'entretenir en tout temps, sur cha- « cune desdites galleres , le nombre de « 150 forçats, lesquels seront entrete- « ntis, vestus et nourris ainsi qu'il « s'ensuit : à sçavoir chacun un caban « d'erbage, une camisollede drap, deux « chemises, et deux paires de cnaussea « de thoiles , des chausses d'erbage, et « un bonnet ; le tout neuf chacun nn, e et des souUiers de cuvr à ceux que « Ton voudra faire travailler en terre.

« Item, lesdits forçats seront nourris « de biscuit ordinairement , tant qd'il « en sera besoin et nécessaire, et auront « du potage trois fois la sepmaine , de « febves, ris et autres légumes : et à « ceux qui travailleront en terre, sera n donné , durant ledit travail, un quar- « teron de vin par jour : et aux mala- « des sera baillé cliair et autres choses « qui seront ordonnées parle barbier...

" Que aucuns gens de gallère ne

« soient si ozéz de battre aucun forçat « en gallère , réservé les depu te/, a lel « office, sur pelne^de trois ans à estre à « la chaisne et perdre les gages de sem- « blable temps.

« Que les barbiers seront tenus de « visiter tons les jours à leurs chaînes, « et faire leur rapport à leur capitaine, « du nombre des mnindes et la qualité « des maux, afin qu'ils soient pansés et « gouvernés, que lesdits barbiers suyent « tenus laver et razer lesdits forçats...»

Nous trouvons , dans l'instruction dont nous avons déjà cité quelques fragments, et qui est postérieure de quelques années à cette ordonnance, la preuve manifeste du soin que l'administration apportait à soulager le sort des forçats. Les extraits suivants, qui contiennent aussi plus d'un détail curieux sur les mceurs du bagne à cette époque, compléteront tous les renseignements que nous croyons devoir donner à ce sujet.

Pour Tarmeroent de la gallère quin* « quirame seront les cappitaines tenus « avoir et entretenir en tous temps le « nombre de deux cent soixante hommes « forsaires {Jorçals) , et pour l'arme-

jéllfWimU 4bê fiirwirea.

« Ç^cun d*eux , estant les ^allères « de Séjour au port, aura par jour ^e « pain nraisde bled froment bon et bien « coiiditionné du poix de 4^ onces qui « wistain lieùdi^biâciiyt^èoimnen estoft « DOrté par l'anciennë ordonnance.... A « Ce propo?, ayant été vérifié (jue Ip pain « frniz qu'on leur donne jourfiellement « ne s'est trouvé en aucune gallere du « poix et condition (|u*il doitestre, pour « estaindré chose si blâmable et [lerni- «< tieuse, il sera ordonné que doresna- « vant sans autre formalité ceulx (^ui les « commettront perdroieot laftnirnî^re « du pain pour une senaafne entière aa " prof fit du cappitaîne,pt pour estre lapu- « nition plus exemplaire demeureroient

« un mois en gallere à la chesne

« Aux malades seront les cappitaines « tenus faire bailler potaiges, chair, etc., <« au jugement et saine conscience des « cirurgiens. Et aussi pour ce que a « (aùlte les dicb cnrurgîénsdestrepôar* « ?eus de drogues et bons medicamens « pjusieursàccidentsadviennent, comme « aussi par la négligence et incapacité « d'iceuix cirurgiens qui font leur coup « tf'éssai sur les corps infirmes des pau- « vres forsaires, en stropiant et perdant « plusieurs (chose dé f^randc comniisé- « ration! ) ce qui importe beaucoup au « service â^ roy et a rihteret particii* lier des cappitaines, attendu que les « dits forsaires sont les nerfs et la « force de^ dictes galleres, pour a quoy « pourveotr îi est expédient que le roy « érige de nouveau en tiltre ang ôfSce n de cirurgien qu'on dira cirur^pen « royal, comme on dict argousin.

JKestemerUs des dUs/ot^sairèi.

« Seront les dicts forsaires vestus « chacun de deux paires déchausses de

tuile, appelées braques, une camisoite née drap, uii caban a manches de " drap, long èt ample, surpassant la « plante du pied pour se couvrir et un « bonnet de raaryne , connue ils ont « accoustumés d'aucieuueté entres ves-

« Et pource que les dicts pauvres « for^aire^ qui sont es dictes galleres

« spttbs Le régiment des cappitaines , « nfeaténdhs, arçoùsins, e(c., lesquels «se trouvent quelquefois esmeus" (fe « collere ou pour quelque petite légère « faulteTesliabtént et aflllgent si er«Mh « leinent qu'ils les mutilent et estfo- « pient, dont bien souvent s'en en suyt n la mort ou extrésme langueur du reste < des jours, éhbse bfeh aMSfiléftibte éâ « diicts pauvres forsaires , pciat à (]uoi « pourveoir sera enjoint a^ix Capnitain nés, lieutenants, argousins, de ne A baptre ainsi oultrageusement et sans « propos les diëts' rarséhrês aMs' M a comporter avec toute modestie.

« Il y en a parmi les dits forsaires qui « sont si niakr^ans que sans avoir « ëgai^ a leuf èÀlkmîté, mt Hekdsi ^ter « et invoquer sans cesse Tayde etronté « do Dieu de les délivrer (le la misère « qu'ils souffrent, ils l'offensent néan- « moins a toute heure , sans crainte iBt « révérence aucune par exécrable blM> « pheme et juremens, ce qu'on voit a « raulte de correction augmenter de a mal en pis, pour a quoi pourveoir, « comme H «sttril-argent, il ^èf» ma- A joint aux cappitafnes de faire; par les « ariîousins, chastier promptement les « dits forsaires , qui Dlasphemeront le « nom de Dieu. " ' ' '

« Ung autre odieux vice de grand « escandalle et digne de reforniâtion n à' esté aussi iniroduit et tolleré es « dictes galleres sans qu'on aitoAques « preva les maux (|ui en âd^ndiehe,' aè- « savoir qu'on a ouvert et pern^ts de «jour ét de nuict l'entrée en ealleres « aux femmes et filles habandonnées « pour paillarder avec les forsaires, qui « n'estaotre chose que remplir lesdîens «galleres d'ivrognerie, de luxure, de « blasphèmes et de querelles , outre que « le plus souvent ces forsaires qui se « commettént avec ces ihalheureuses, « oultre le détriment de leur ame qe'^* « porte ce bourbier de paillardise par les « maladies et maléfices en leur corps , « ne vivent qu'avec langueur et par- « tant deviennent inUtnes au serrés « duquel ils sont tenus et forcés; pour « a quoi pourveoir, expresses inhii)?- « tions sont faictes aux patrotis et ar- \ » gousins dé ne donner et permettre « désormais à telles manières de filles « pubtiquei de venir <lans les ^fattsnt

« SOUS quelque prétexte que ce soit. », " On disthigu.'^it, dans l'ancienne jnrisprutféncë consacrée par l'ordonnancé de !670, deux espèces de condamnations aux galères ; à temps et à perpétuité. La première, nonobstant l'ordonnance de Charles IX, était prononcée, suivant les cas, pour 3 , 5, 6 ou 9 ans. Toutes deux avaient cela de commun qu'elles emportaient l'infamie, et étaient précédées de la flagelbtion et de la marque ou flétrissure, avec les lettres G. A. L., « pour en cas de récidive, dit l'ordon- « nance , en crime qui mérite peine af- « flictive , les coupables être punis de « mort. » ... ■ ■ ; ' ' ', '

Les femmes ne pouvaient être condamnées aux i^alères, propter reverentiam sexus. On commuait cette peine tantôt en une détention à temps ou à perpétuité, le plus souvent en celle du fouet et du bannissement.

On ne pouvait y condamner non plus ceux qui n'étaient pas en état de servir comme forçats ; comme sont les inva- /ides , les estropiés et les septuagénaires; la peine était alors convertie en celle du fouet et bannissement.

' Voici maintenant comment s'exécutait cette peine : les condamnés , après avoir été préalablement fustigés et flétris, étaient transférés dans une prison jusqu'à ce qu'ils fussent en nombre sufsant pour former une chaîne. On leur passait alors un anneau de fer au cou, un autre au bas de la Jambe; on reliait ces deux anneaux par une chaîne , qui tenait, d'une part, à l'un des poi^,'nets; de l'autre, à la grosse chaîne a laquelle les galériens étaient attachés deux à iieux, l'un à droite l'autre à gauche. Ils marchaient ainsi à pied, de ville en ville, sous la garde des chiourmes , jusqu'au lieu de leur destination , où étant arrivés, on les détachait de la grosse chaîne (>our les enchaîner dans la galère , chacun à son banc.

En 1748 (voyez l'article précédent) , les bâtiments à rames ayant cessé d'être en usage dans la maVine , les galériens furent employés aux travaux des ports et des arsenaux. Dans le Code pénal , la [)eine des galères s'est transformée en celle des travaux forcés , et ce n'est plus qu'en souvenir des anciennes coutumes, que le peuple désigne

euçorç les forçats par le nom de ^aléfîéhs. Mais tout cet ignoble appareil de la chaîne et de la marque a continué fongtemps à subsister; la marque n'a été abolie q»ie lors de la révision dir Code, en 1832; il y a à peine quelques années que le transport aes condamnés dans des voilures cellulaires a remplacé cette hideuse promenade qu'on voulait rendre exemplaire, et qui n'excitait dans les populations que le dégoût et la pitié. (Voyez Travaux forcés, Système PIÇNITE.NTIAIRE.)

G ALESwiNTijE.Sigebertayant épousé au milieu des fêtes les plus pompeuses, ^runehaut, fille cadette d'Athanaghild, roi des Goths d'Ksnjf^fie, le roi Chilpéric eut la fantaisie de s'unir aussi à une épouse de sang royal. Pour l'obtenir, il devait renoncer aux femmes et aux concubines qui composaient son harem barbare, et a la tête desquelles se trouvait la redoutable Frédégonde. Mais il voulut imiter en tout point son frère , et lit partir une ambassade chargée de demander à Athanaghild la main de Galeswinlhe, sa li|le aînée. Les négociations relatives à cette demande se ()rolongeaient encore, malgré les avantages politiques qu'elle offrait au roi des Goths , lorsque la mort de Charibert ayant agrandi la part du domaine de Chîlpéric , rendit la conclusion plus faciiie. Le roi de Neustrie hérita des villes de Limoges, Cahors, Bordeaux, Bii^orre et Béarn, et des cantons des Hautes- Pyrénées. Devenu ainsi le voisin de son futur beau-père , il n'hésita pas à promettre toutes ce^ villes avec leur territoire pour douaire et pour don du matin à Galeswiuthe. Le mariage fut décide en 567.

Malgré ses craintes et ses pressentiments de malheur qiie partageait sa tendre mère, la pauvre jeune fille quitta l'Espagne et se dirigea, par la route de Poitiers et de Tours , vers la cité (|e Rouen, où devait avoir lieu la célébration du mariage. Fortunat,qui a consacré un de ses poëuies à la touchante destinée de Galeswinthe , la vit passer à Poitiers dans cette marche triomphale qui la conduisait à de tristes f unérailles. « Arrivée auprès de Chilpéric, elle fut reçue avec honneur et jointe à lui par le mariage. Elle en recevait même de

^76 iiALl'aiD L'UNIVERS. «AUCM

grandes marques d'amour, car elle avait apporté avec elle de grands tréi' sors. Mais bientôt ramoor de Frédégonde , une des premières femmes de Chilpéric, occasionna entre eu\ de violents débats. Conuiie elle se plaignait au roi d'être continuellement outr£\gee, et de ne pas partager avec lui la dignité de son rang , elle lui demanda , pour prix des trésors qu'elle avait apportés et qu'elle lui abandonnait, de la renvoyer libre dans son pays. Chilpéric, dissimulant par artiflce, l'apaisa avec des paroles caressantes. Enun, il la tit étrangler par un esclave pendant qu'elle dormait.^ En la trouvant morte dans son lit, le roi fltsemblaotde verser des larmes, et, quelques jours après, il épousa Frédégonde (568).

« Mais, après la mort de Galeswin- .the, Dieu fit connaître sa vertu d'une manière éclatante. En effet, une lampe suspendue par une corde brillait devant son tombeau-, la corde s'étant rompue sans que personne y touchât , la lampe tomba sur le pavé ; et le pavé perdant sa dureté , elle descerïdit comme dans une matière molle, et elle s'enterra à demi sans se briser : ce qui parut un grand mirade è tous les assistants (*)•»

Ainsi , pour nous servir des expressions de M. Thierry . qui a retracé si habilement la tragédie de Galeswinthe(*"), il y eut, malgré l'affaiblissement du sens moral au milieu de crimes et de HKilheurs sans nombre, des âmes profondément émues de Tinfortune si peu méritée de cette jeune femme, figure mélancolique et douce qui tra* versa la barbarie mérovingienne comme une apparition d'un autre siècle; et leurs sympathies prirent, selon l'esprit du temps , une couleur superstitieuse.

Cesfécitsmiracule^jx peuvent nous faire sourire , nous qui les lisons dans de vieux livres , écrits pour des hommes d'un autre âge ; mais au sixième siècle, quand ces légendes passaient de bouche en bouche, comme rexpression vivante et poétique des sentiments et de la foi populaires, on devenait pensif et Ton pleurait en les entendant raconter. •

Galfbid ou Geoffaoi db Bbad*

(*) Grég. de Tours, Histoire dw Francs, liv. IV, ch. 28.

(*') RéciU mérovingiens » 1 1 , p. 340-359.

LIEU, religieux dominicain, né aux environs de Chartres , fut confesseur de taint Louis, accompagna ce prince dam ses deux expéditions en Égvpte« en Barbarie , l'assista dans ses derniers moments, et mourut vers 1274. On a de lui : f^ ita et sancta coiwersatio pix memari» Ludùvici IX , quondam régis Francorum, publié par Cl. Ménard (voyez ce rjoin) à la suite de Vllistoire de saint Louis, par Joinville, inséré eusuite dans le tome y des Ser^tores histor. Francoruni coaetanei, par Du* ctiesne , et dans les jicta sanctoTum de Bollandus.

Galice (couuuéte de la). Ce fut , a proprement parler, sur les Anglais plutôt que sur les Espagnols, que nos soldats, dans le courant de janvier 1809, conquirent cette province d'Espasne. Deux corps de troupes anglaises , formant un total de 35 à 40,000 hommes, étaient destinés 0 rouvrir Mndrid, dont Nafioléon s'approchait à grands pas.

En octobre 1808, l'un avait débouché par le Portugal dans le royaume de Léon; l'autre, (;ui vennit directement d'Angleterre, avait débarqué a la Corogne ; mais ils ne s'étaient ralliés que le 17 ou le 18 décembre vers Toro. Tant de lenteur rendit cette diversion complètement inefficace pour le salut de la capitale, dont, au reste, les Français s'étaient emparés pendant ce temps-là.

Aussi, te général en chef anglais , sir John Moore, ne sonqea-t-il bientôt plus qu'à battre en retraite. Il voulut d'abord gagner le Portugal , mais Napoléon, qui l'épiait, envoya les maréchaux Lefebvreet Victor prendre position sur le ïaf;e. Moore fut alors obligé de se jeter en Galice, pour atteindre la Corogne a marches forcées , et s'^' rembarquer au cas où on lui en laisserait le temps. Pour donner une idée de la préci[)itation avec laquelle l'armée britannit^ue effectua son mouvement rétroip-ade, il nous suffira de dire que , partie le 26 décembre de Benavente, elle était déjà le 3 janvier à Vilia-Franca, et que , toujours poursuivie l'épée dans les reins, par le maréchal Soult , qui la battait cnaque fois qu*il pouvak la joindre, par exemple à Cacabellos (voy.

ce mot) , elle parcourut en 48 hei^res les 10 myriametres qui séparent Villa-

GALtCB FRANCE. lïAI.ICAf

Franca, ville du royaume de Léon, Galien (J.), dominicain , né en 1G9D

Lugo , ville de Galice , où elle parvint à Saint-Paulien, près du Puy, s'adonna

dans la soirée du 5. Pour faire un tel avec succès aux sciences physinues , et

effort, il lui fallut abandonner sa caisse, publia Vjtrtde naviguerions les airs^

qui contenait plusieurs millions en es- précédé d'un Mémoire sur la )uiture

pèces , tous ses ^ros bagages , presque et la formation de la grêle (Avignon ,

toutes ses munitions-Malheureusement, 1757, în-16), ouvrage où Ton trouve

la difticulté des transports et le mao- exposée complètement la théorie des

que de vivres retardèrent les vain- aérostats. Galien mourut en 1762.

queurs : ÏNIoore, warvenu à Lugo, put Galigaï (Aeowo/Yi £)o?/,dite), femme

un instant reprenare haleine. Il reforma de Concini, maréchal d'Ancre , dut sa

ses ran^, et, appuyé qu'il était au ft>rtune au hasard qui fit choisir sa

Minhor II parut s'apprêter à recevoir la mère pour nourrice de âlarie de Hédi-

bntnille. Toutefois, lorsque Soult se cis. Elle suivit cette princesse en France

montra dans la journée du 9, Moorese en qualité de fenmie de chambre i et

remit à fuir vers la Corogne. Il y parvint prit su^ Pesprit de sa maîtresse nu en--

le tS, sans avoir été ioint par son ad- tier ascendant. Adroite et insinuante,

versaire , mais affaibli de 9 ou 10,000 elle cachait sous des dehors chétifs,

hommes , et après avoir perdu la ma- avec sa petite taille, sou visage p;lie et

Jeure partie de ses chevaux , de ses ca- maigre , et son état presque continuel

nons, de ses voitures et de ses maga- de maladie , une âme énergique et une

slns. Soult , par suite de la rupture-des intelligence profonde. Elle savait tout à

fionts, qu'il eut à rétablir, n'arriva que la fois amuser la reine en la mettant au

e 15 en vue de la place. Le général an- fait des médisances de la cour , entre-

glais , proGtant de cette avance , avait tenir la brouillerie dans l'auguste raé-

mis la Corogne sur un bon pied de dé- nage , vendre les Intérêts de la France

fense , et ses troupes occupaient sur aux Fspagnnls, et maintenir son crédit

deux lignes les hauteurs qui couvrent contre toutes les intrigues et même

la grande route, a trois quarts de lieue contre les ordres de Henri iV. Celte

delà place. Le 15 «aussi , arrivèrent les femme dangereuse , dont Tambition ne

bâtiments de transport qui avaient connut plaa de frein après l'assassinat

amené, trois mois auparavant, une par- du roi , réussissait pourtant à tenir son

tie de l'armée anglaise , et qui étaient inlluenoe dans l'ombre, à s'éclipser

allés mouiller à Vigo, autre port de Ga- pour laisser tous les honneurs du pou-

liee, à gauche de la Corogne , et les voir au maréchal, son mari. En mémo

Français purent voir l'etinetni einbar- temps, l'Italienne, si habile à maîtriser

quer,*le jour même, ses blesses, ses ma- l'esprit faible de la reine de tout /'«s-

lades, et le peu de chevaux et d artille- cendant d'une âme forte cédait à

rie qui lui restaient. Le 16 , dans Ta- toutes les faiblesses de la plus ridicule

près-midi , lorsque toutes ses colonnes superstition. Elle ne se laissait voir que

furent enfin entrées en ligne , Soult fit voilée pour se préserver du mauvais

commencer le combat dont nous avons œil.

parlé ailleurs. (Voyez CoBOGNE.) Le 17 Quand l'orage eut éclaté sur la téte

au soir, la majeure partie des voiles an- des deux favoris (voy. tome V du Dict.

glaises étaient hors de vue. La Corogne art. Concim ; et A?înales , tome I,

capitula trois jours après; leFérnI ^oy. page 401), la maréchale d'Ancre, aban-

cemot), autre ville maritime de la même donnée par la reine (**), fut arrêtée au

province, serendit le 37 ; Vigo fut aussi Louvre et tratnée à la Bastille. Bientôt

occupé quelques jours plus tard , et la elle dut comparaître devant une com-

possession de cette place compléta la ^ . ,^ maréchale d'Ancre

conquête de la Galice , que le corps du q,,,. ,„ j„g^. ■ j^.

maréchal INev tut charge de maintenir, maudaii par quel sortilège elle conduisait la

Quant à Soult, il alla bientôt , d après KÎne , paraîl awîr él6 arrangée après coup,

les instructions de l'empereur , entre- . M'oublions pas de dire que la GaU^

{>rendre une nouvelle expédition contre commeni^a la fm itmc de Richelieu.,

e Portugal. (**) AR^ALfcs, au passage indiqué.

T. VIII* 37* Idvraisoîi, (Dict. bncycl*, etc.) 37

missioii extraordinaire toute dévouée à la cour , et les interrof^atoires oommen» cèr« nt le 26 avril 1617. L'instruction du procès fut confiée à deux présidents et à deux conseillers du parlement nommés Courtin et Deslanoes. Elle eut à répondre à des questions telles que celles-ci : « IN'est-il pas vmi que vous « avez en vos cachettes des talismans , « des iinai;es de cire, symboles et écrits « merveilleux 7 On a trouvé chez vous « rhoroscope du roi et de la reine.

« ]Vest-il pas vrai qiie vous avez fait « veutr moines dltulie pour exorciser « la ouït dans les églises? If y ave^ « vous pas fait tuer un coq , des pî- « geons , dont le sang et le corps, sa- « crilége exécrable, dévoient servir à «votre santé? Ji'est-il pas vrai, méc chante femme « que vous avez jeté ud « cliarmesur la reine mère pour lui per- « suader tout ce que vous voulez? « Les

{)reuves paraissaient ne pas manquer à 'appui de ces Inculpations de sacrilège, à coté desquelles on négligeait presque . entièrement les griefs qui eussent pu juslilier une condamnation : la cupidité de la favorite , ses intelligences avec rétranger , le soin qu'elle avait mis à s^opposer à la recherche des auteurs do l'assassinat de Henri IV.

« Ën la maisou de la Galigaï on n entendoit en effet que cris et hurtemeos lorsque ladite dame sacrifioit un coq.

oblation judaïque et nnganiqiie, et quand elle estoit grosse , elle tenoit une poule et un coq ensemble. Ladite dame avoit sur elle diverses étoffes qu'elle se pendoit au cou, à la façon des préservatifs. Et quand on avoit pillé sa maison, n'avoit-on pas trouvé une grande image de cire en une bière de verre (*)? »

De Luynes et ses frères , et deux personnes de qualité, dont Tune paraît être le duc de Heilejiarde , sollicitaient les juges de prononcer une condanuiatiou.

Cinq juges 6*abstinrent néanmoins de voter; le rapporteur Des^ndes déclara qu'il ne pouvait conclure contre l'attcusée. Enfin, le 8 juillet, messieurs du parlement , « après l'avoir trouvée atteinte et convamcue du crime de lèse* m^esté divine et humaine « la condam-

(*) Décade du roi Louis le Juste y par Usnittf Kv< X, In-foU

nèrent à avoir la teste tranchée , estre son corps ard, brusié et réduit en cendres jeltées puis après au vent (*). » La malheureuse, qui s'attendait tout au plus a Texii , s'écria à la lecture de la sentence : Oimè poveretta J Puis elle prétendit qu'elle était enceinte; mais elle se rétracta dès qu'un de ses juges lui eut rappelé qu'elle avait repoussé la responsabilité des fautes de Concini, en alléguant que , depuis deux ans , elle vivait fort mal avec son mari et n'exerçait plus d'influence sur lui. Dès lors, elle accepta sa destinée avec une admirable résignation ; « elle se montra fort assurée , dit un témoin oculaire , et je ne vis jamais personne qui eust un visage plus résolu à la mort. » Qu;;nd , le jour même de la coudamucitiuu , ell(^ sortit de la Conciergerie pour monter sur la fatale charrette, elle dit doucement a la vue de la foule : « Que de « peuple pour une pauvre affligée ! » et, secouant son pouce sur ses dents : «Je « me soucie , dit-elle, aussi peu de la « mort que de cela ! »

Cette odieuse et ridicule procédure fut une honte de plus pour le parlement.

Gâliot db Gbnoutllac (Jacques), seigneur d'Acier, grand maître de Parti llene de France , né dans le Quercy. vers 1466, d'une famille illustre , fit ses premières armes en Italie, sous Charles VIII , se trouva à la bataille de Fornovo, et s'y distingua ainsi qu'à celle d'Agnadel , fut ulace, en 1612 , à la tête de rartillerie, oonna des preuves de ses talents et de son courage a la bataille de Marignan , à celle de Pavie, où ses sages conseils ne furent pas suivis par François I*', fut nommé gouverneur de Languedoc eu 1545, et mourut l'année suivante, Agé de plus de 80 ans. « Il connaissait, dit lîraiitônie , les devoirs de sa place de grand maître d'artillerie aussi bien qu'homme de

Son fils, François Galtot d'Acîeb, né en 1516, fut nommé senechal de Quercy , et obtint la survivance de la place de son père; il commandait une

(*)' Ar(h. cur. de rUisl. de France, t. II de la deuxième série , p. 5 et suiv. ; Leva&sor, liv. x; TaUemand des Réaux, 1. 1, p. xi8.

•AI&AITD FRAKGE. OALLABMh 579

eompagnie de lOQ hommes d'armes à le

bntnille de Cérisoles , en 1544 , et y reçut des blessures mortelles. P. Saliat a publié f^ita Francisci Galioti Àcierii, ^WTJfuirtifn ductoris et fahrcrum metchênarumque beliicarum in GaUia prscfpcfi, Paris, 1549, in-40.

Galiote. Dans la marine française, on ii*a connu longtemps que les galiotes à bombes, dont remploi fut proposé en 1681 par Bernard Renaud. Colbert présenta l'inventeur au conseil des ministres, et le premier essai de cet appareil se fit avec suceès eontre Alger. La ga- Uote, bâtiment de forme arrondie emprunté aux Hollandais, avait deux mortiers en avant du grand mât. Elle a été complètement délaissée , et reinpiacée par de grosses gabares à trois mats ap- Mes bombardes.

Galland (Antoine), orientaliste et numismatiste, naquit en 1646 près de Montdidier en Picardie, de parents paufres. Après avoir surmonté par une rare persévernnre les ohstrtcles qu'opposaient a Tachèvement de ses études les caprices de la fortune, il accompagna M. de Nointei, ambassadeur de France, à Constantinopli' et à Jérusalem, revint de Syrie en France, et repartit bientôt après pour le Levant , dans le but d'y chercher des médailles dont il avait déjà fiiit une oollection lors de son premier voyage. Une troisième excursion pour le même objet lui valut le titre d'antiquaire du roi. Galland fut reçu à TAcaoémi'edes inscriptions en 1701 , obtint la chaire d*arabe au collège de France en 1706, et mourut en 1715. On a de ce laborieux savant, simple et naturel dans ses mœurs et ses manières comme dans ses ouvrages : Parofes remarqua' bies, bons mots et maximes des Orientaux^ etc., Paris, 1694, 1708 et 1730, in- 1 2 ; plusieurs JMtres sur des rnédailr les; un opuscule mit l'Origine et le pro* grés du café y traduit de l'arabe, ibid., 1609, in-12 ; Mille et une Nuits j contes arabes, Paris, 1704-1708, 12 vol. in-12, souvent réimprimés , ouvrage auquel Galland doit en grande partie sa repih tation. Tout le monde connatt Taneodote suivante : dans les deux premiers volumes de ces contes , l'exorde était toujours : « Ma chère sœur, si vous ne « dormeB pat, liiites-nous un de ces beaux

«contes que TOUS sarez.» Quelques jeunes fous allèrent, une nuit au'il faisait très-grand froid , frapper à la porte de l'auteur, qui courut en chemise à sa fenêtre. Après l'avoir fait morfondre quelque temps, en lui demandant à plusieurs reprises s'il etnit !\î. Galland, auteur des Mille et une A\uit,s , et s'il était levé, ils finirent la conversation par lui dire : « M. Galland, si vous ne dormez < paSyftites-BOut on de ces beaux contes « que vous savez. » Le bonhomme profita de la leçon, et supprima dans les volumes suivants l'insipide préambule.

-Galland a eu, en outre, beaucoup de part à la Bibliothèque orientale, publiée sous le nom de d Herbelot. Il a fourni à son Académie beaucoup de Disserta' Uons et de Mémoires, La I^Uiothèiiue royale et |}]usieurs collections particulières possèdent de lui des manuscrits importants , traitant de la numismatique , des langues orientales , de l'histoire des pays du Levant , etc.

La deuxième collection des Mémoires de l'Académie des inscriptions et belleslettres (tome X, page 30 et suiv.) contient un mémoire de M. Silvestre de Sacv sur Torigine du recueil de oontss traduits par Galland.

Gallan d (Pierre), professeur au collège royal de France, né en 1510 à Aire, en Artois, devint principal du collège de Boncourt, puis recteur de l'Université en 1543 , fut nommé par François 1*"^ à la chaire d'éloquence du collège royal en 1545, obtînt un canonicat a Notre- Dame, et mourut en 1559. Il était lié avec la plupart des savants français de son temps , et compta parmi ses élèves le célèbre Adrien Turnèbe. On a de lui : OraUo in Juiuere Franeiteo reai facto , Pnris , 1 547 , în-4« ; Pro schola Paris/e/isi contra novcim academiam P. Jiami oratio, ib. , 1551 , in-4** et in-8«; de Caleto reeepta et rebvs a Fr> Lotharingio , duce Guisio.... gesiisj Carmen elegiacum , ibid., 1558, in-4'*; P. Castel/ani vita , ibid., 1674, in-S»; Observations sur les institutions de QuiwtUien, insérées dans les éditions de ce rhéteur imprimées à Paris, 1549, in-fol. , et 1554.

Gallaadon , petite ville autrefois comprise dans le pays Ghartnin (gou* vernement généial <fe rOrléanais, dio«

«ULLB L*II1IIV£R& GALLES

oèflede Chartres, parlement de Paris), aujourd'hui dans le département d'£uieet Loir.

Gailardon, située à 18 kil. de Chartrès, possédait, vers la fin du dixième siècle, un château détruit par le roi Robert, et reconstruit en I020 par le vicomte de ChAteaudun. C était jadis une place forte qui eut beaucoup à souffrir de nos guerres intérieures. Prise par le duc de Bourgogne en 1417, elle fut reprise sur les Anglais quatre ans après , retomba de nouveau au pouvoir des étrangers, et en fut délivrée par Dunois en 1443. De ses anciennes fortifications, il ne reste plus qu'une vieille tour et une porte. Avant la révolution, elle avait titre de châtellenie et de marquisat.

Cette seigneurie avait été érigée en mar-

3uisat, l'an 1G55, en faveur du fils aîné e Claude Bullion , surintendant des finances et garde des sceaux. Gallardon compte aujourd'hui 1,500 habitants.

Galle aîné : André) , iïraveur en médailles, naquit a Sniiit-Klicnne en 17()1. Après avoir pendant quelque temps dirigé avec soecès, à Lyon , une manufac* ture de boutons, il renonça à cette entreprise, qui ne répondait pas h ses goûts et à ses vues d'artiste, et prit la résolution de se fixer à Paris , pour se donner exclusivement à la gravure en médailles. Le pre«nier produit de son burin fut la médaille de la conquête de la hatUe Egypte. Peu de temps après, il grava celle du honui eoentus^ frappée iors du retour de Bonaparte d'Égypte.

Dès ce moment, M. Galle avait pris sa place parmi nos premiers graveurs en médailles, et ses travaux se multiplièrent rapidement. Il exécuta successi vement les médailles frappées à Poccasion de la prise de f 'ienne et de Presbourg, des bataiiies d'Iétia et de Pf^'agram, le grand portraU de Fempereur pour le couronnement. Ces médailles lui valurent le prix décennal en 1809. Ce fut lui aussi qui fut chnrgé de la gravure du billet de la banque (Je France de 500 fr. On lut doit encore la médaille de la mort de Louis XT I , les portraits de Lamoi(jnon , de Mates// erOes , de René Descai'tes, [ entrée de Ij)uis A/ III à Paris, la duchesse d*j4ngauléme quU' tant la France et reçue par l^Autriehe, la conquête d'Alger, le portrait

de Louis XïlII et celui de Charles ceux de M. Dupin , de Bolton , de fTaft. Comme on le voit, la finesse et la perfection délicate du travail de M. Galle Pavaient mis dans une estime telle, qu'on s'adressait toujours à lui lorsqu'il s'agissait de consacrer d'importants sou> veoirs.

En 1820, rinstitut lui ouvrit ses

portes. Son talent a reçu une nouvelle consécration dans celui' de ses élèves, tels que Michaud, Dubourg, Eugène Oudmc, et de son petit-fils, Adrien Vauthier, qui a remporté le prix en i 840. M. Galle jouit encore aujourd'hui , à l'âge de quatre-vingt-un ans, de la plénitude de ses facultés, et se livre eneore à des travaux qui viendront, sans doute, prendre place à côté de ceux qu'a déjà produits son burin habile.

Galle (tours de). On donne ce nom à certains édifices antiques oui se trouvent dans plusieursloealitésoe la France.

Quelques archéologues pensent que ces tours sont ainsi appelées parce qu'elles lurent bâties par les Gaulois ; d'autres croient trouver cette éXymoïoàe dans les matériaux dont elles sont uites , le ga/et ou galle.

Galles (rapports avec le pays de).

Go sait quelles relations fréquentes ont existédetouteantiquité entre la Grande- Bretagne, la terre sainte du druidisme, et TArmorique. Les races qui ont peuplé les deux pa^s aupartiennent a la même famille. Jusqu au sixième siècle, on les voit échanger des colonies, se secourir mutuellement dans leurs dangers. Ces faits ne sont point particuliers au pays de Galles. Mais c est dans cette intéressante contrée que se sont conservées les traditions d'une pareille parenté. Là se retrouvent encore le vieux langage, la poésie et les usages Ic^noriques. Il y eut même une époque ou notre patrie renoua avec les Gallois ces antiques liens de parenté : pendant sa lutte avec l'Angleterre, elle suivit à réfçard delà principauté de Galles ia politique qu'elle avait adoptée à Téganf de rÉcosse et de l'Irlande. Elle essaya au* tant que possible d'aider cette nation à maintenir son indépendance ; mais malheureusement elle s'y prit un peu tard, car, dès Tannée 1282, Edouard I*' avait franchi les hautes mootagoes de

«ALLES FRANCE. fiÂIX£8 M

Ja Cambrie septentrionale, qu'aucun roi wan. Dans la seconde moitié da quad Angleterre n'avait traversées avant torzième siècle , les rois de France tà-

ui , et encore ce dernier boulevard de chèrent de profiter de l'ardente inimitié

I indépendance galloise n'avait point été que les Cambriens avaient vouée à leurs

force par des troupes anglaises, mais dominateurs. « Des émissaires, dit M.

par une armée venue de la Guienne, et Auj^ustin Thierry, furent envoyés au

en grande partie composée de nierco nord et au sud du pavs de Galles, pour

paires basques. Les persécutions que promettre aux indigènes, s'ils voulaient

les vaincus éprouvèrent après la con- sHosarger eootre la puissance anglaise,

quête forcèrent un grand nombre d'en- le secours et la protection de la France,

tre eux a se réfugier en France , où ils Ces agents parcouraient le pays, la plu-

recurent un accueil empressé. Ce furent p^irl sous riinbit de moines mendiants ,

probablement ces réfugiés oui rendirent fort respecte alors , et le moins suspect

si communs parmi nous les noms de de tous parce qu'il était porté par des

Gallois et de Legallois. Parmi les per- hommes de toute nation, qui sW fai-

sonnages les plus importants des exilés saient un moyen d'existence. Mais l'au-

Î[ui vinrent alors à la cour de Philippe torité anglo-normande s'aperçut de ces

e Bel , se trouvait un jeune homme mancBuvres, et plusieurs fois chassa du

nomme Owen , parent de Leuellyn , le pays de Galles tous les étrangers, clercs

vaillant et dernier défenseur de la li- ou laïques, et surtout les religieux er-

berté cambrienne. Le roi le fit élever rants.... L'insurrection devait éclater a

Farmi les pages de sa chambre , et les l'arrivée et au débarquement des trourançais , qui le regardaient comme pes françaises sur iaodie de Galles. Du» l'héritier légitime de la principauté de rant plusieurs années, les Cambriens el Galles^ lui donnaient le nom d' Yvain de les Ar)glais attendirent cette flotte avec Galles. Le roi de France l'arma clieva- des sentiments différents. Beaucoup de lier de sa main, et le chargea de plusieurs proclamations des rois Edouard III et expéditions, entre autres d'une descente Richard II portent ce préambule: « Atdans rîle de Guernesey. Il setrouvaità tendu que nos ennemis de France se la bataille de Poitiers , et iit partie des proposent de débarquer dans notre printroupes envoyées au secours de Henri eipautéde Galles... » de Transtamare. Il y pérît, frappé d'un « Les préparatifs de la France pour coup de stylet esprignol par un de ses une descente dans le pays de Galles fucompatriotes secrètement vendu au roi rent moins prompts et moins considéd'Angleterre. Froissart raconte que l'as- rables que ne le craignait le roi d'AnsassÎQ se réfugia eu Guietme , où il fut gleterre et que ne Tespéraient les Cambien accueilli par !e sénéchal des Lan- briens. On en avait parlé dès Tan 1369, des et les autres commandants anglais, et en 1400 rien n'était encore prêt. En La haine nationale des Gallois contre faisant de grandes promesses aux Galleors oppresseurs se montra avec toute lois, les Français n^vaient guère d'ausa force dans la grande guerre des An- tre dessein que de les exciter à un souglais contre la France. Il n'était pas rare lèvement qui pût détourner, utilement de voir les troupes de cette nation, pour eux, une partie des forces du roi qu'on avait violemment enrôlées pour d'Angleterre; et, de leur coté, les Galles faire servir sur le continent, se que- lois, ne voulant point se compromettre relier avec les Anglais au point d'en ve- témérairement, attendaient, pour com^ nir aux mains, ou bien passer aux Fran- mencer l'insurrection, l'arrivée des seçais avec armes et bagages. Maintes fois cours de France. Comme ils avaient plus aussi , suivant l'habitude prise par les d'enthousiasme et d'impatience que le armées de cette époque, ils se répan- roi leur allié, ils agirent les premiers, daient dans le pays pour y vivre en au risque de n'être pas soutenus... Le compagnies franches. L'une de ces roi de France, Charles, VI*" du nom,

grandes compagnies était sous les or- qui n'était pas encore entièrement

res d'un Gallois qu'on appelait en tombé en démence, voyant les Cam- .

France le chevalier Rufin, et dont le briens en hostilité ouverte avec le roi

nom original était probablement Rie- d'Angleterre, se décida à remplir envers

6ALIJ»

L'UNIVEES.

«AtLBS

«UX 8M promesses et celles de ses prédécesseurs. Il conclut aver Oavph Glenriowr (le chef des insurgés) un traité dont le premier article portait « que 4c Charles, par la grâce de Diea, roi de « France, et Owen, par la même grâce, « prince de Galles, seraient unis, con- « fédérés et liés entre eux par les liens « de vraie allfance, vraie amitié, et bonne « et solide union , spécialement contre « Henri de Lnnrnster, ennemi desdits « seigneurs roi et prince, et contre ses « fauteurs ou adhérents. »

«Beaucoup de Gallois se rendirent im France pour accompagner les troupes ^ue le roi Charles devait envoyer , et plusieurs d'entre eux dirent pris dans divers débarquements que les Français tentèrent d*abord sur la côte d*Angleterre, aimant mieux s'enrichir au pillage de quelque grande ville ou port de mer, que d'aller faire la guerre dans le pauvre pays de Galiea , au milieu des montagnes et des marais (*). » Telle est l'expédition dont parle Monstrelet au chapitre 11 de son livre 1*", et qui fut fifte par Jacques de Bourbon, comte de la Marche, et ses deux frères, en 1402. Elle n'eut d'autre résultat que la prise de quelques vaisseaux marchands, et TiiK endie de la ville de Piyuiouth et le pillage d'une tie voisine. A' la fin, pour> tant, une expédition plus sérieuse eut lieu. «Environ ce temps (1403), dit Nonstrelet , le maréchal de France et le maistre des arlialestriers , par le commandement du roi et à ses dépens , as* semhlèrent douze mille combattants.

Si vinrent à Brest, pour aller secourir les Gallois contre les Anglois. Si entrèrent en six vingt nefe à voiles qu'ils y trouvèrent. Et pour le vent qui leur fut contraire, demeurèrent par quinze jours; mais quand ils eurent vent propice, si appliquèrent au port de Harefort , en Angleterre, lequel ils prirent. Si gastèrent le pays dentour, puis vinrent au chastel de Hareford... , et quand ils eurent ars la v ille et les faubourgs dudit chastel , ils se partirent de là , détruisant tout le pays par feu et par épée. Puis allèrent en une ville nommée

(*) Aug, Thierry, Histoire de la conquête de r Angleterre par les Normatids, <836, U IV, p. tg) et MiÎT.

Tenby, située à dix-huit lleueS dud^l chastel , et là trouvèrent le prince de Giilles (Owen GlendoNvn) atout (avec) dix mille combattants qui là les attendolent..., puis prirent le chemin à aller en Worcestre. Si ardèrent les faubourgs et le pays à l'environ ; et trois lieues outre rencontrèrent le roi d'Angleterre, qui venoit eontre eux à grande puis»

sance. Là, s*arrestèrent l'un contre l'autre, et se mirent en bataille. » Les deux armées demeurèrent ainsi en présence sans combattre. « Finalement, au liuitième jour, ledit roi d'Angleterre, voyant quesesdits adversaires ne l'assaudrôient pas, se retrahit au soir à Worcestre; mais il fut poursuivi par aucuns François et Gallois , lesquels détroussèrent dix-huit charrettes cbargéei de viviel et autres bagues (*). »

Ce fut là le seul exploit de la campagne. Les troupes françaises, après avoir perdu environ soixante chevaliers, tra* versèrent de nouveau le pays de Galles, et allèrent débarquer à Saint-Pol de Léon, racontant qu'ils venaient de faire unecampagne q ue, de mémoire dtiommê»

aucun roi de France n*avait osé entris prendre.

Abandonnés à eux-mêmes, les Gallois ne tardèrent pas à succomber dans la lotte inégale quMIs avaient engagée. La France, menacée elle-même dans sou existence, ne put s'occuper d'eux, ni les aider à soutenir ou à recouvrer leur indépendance. Les relations ont dès lors cessé entre la France et un payk qui avait perdu toute importance polîtifiue. Nous devons rappeler seulement qu aujourd'hui des réunions annuelles ont lieu au pays de Galles . dans le but de &îre revivre Tandenne langue et'les souvenirs nationaux. On y voit chaque année (igurer des Bretons qui y sont solennellement invités, et qui viennent s'entretenir avee leurs frères kymriques de cette commnnanté d'origine et dO langue, et de la concordance frappante entre la destinée des deux contrées de Galles et de Bretagne.

Au combat de Saint-Cast, livré fluè les côtes de Bret.iirne en ITAS, des Bas- Bretons qui s'avançaient pour combattre un corps de montagnards gallois,

(*) JfonBlreleCy liv. i, ch. xv*

«AkXCKIHB • FRANGE. 6ALL0IS 688

s'arrétèrrnt totit h coup en entendant la troupe ennemie chanter un de leurs airs nationaux. Cet air, ces naroles, étaient oeax qui avaient bercé Wr enfance. Les officiers des deux détachements voulurent commander le feu, m lis c'était dans la même langue ! L'émotion fut alors générale , les armes tombèrent , et Ton vit les descendants des vieux Celtes , Gallois et Bretons confondus, oublier leurs querelles d*iJll jour dans une accolade fraternelle.

Gallbt ( N. ) , chansonnier , né vers il 700, fut d'abord nîarr.hand épicier-droguiste à Paris, vécut dans la société intime de Piron, Collé, Favart, Panard , et autres gens de lettres d'un caractère aussi jovial que le sien, négligea ses af* laires par suite de cette liaison et de SCS goûts de dissipation , finit par faire banqueroute et mourut insolvable en 1757. On connaît de lui plusieurs opérasHïonaiques et parades, qu^il doona seul ou en société avec Piron, Panard et Pontau ( ces pièces sont restées m muscrites, à IVxception de Polichinelle auteur, imprimée à Paris , 1750 , in-S^^ et des chansons ou vaudevilles qui n*ont jamais été réunis, mais que l'on trouve dans différents recueils. Le caractère de Gallet est dépeint dans les Mémoires de Collé et de Marmontel , dans une comédie-vaudeville : ('.nllet, ou le Chari' sonnier droguiste, représentée en 1806, à Paris, sur le théâtre des Variétés , et dans le vaudeville : Piron avec ses amis.

Gallicane (É^^lise). Voy. Église.

GALLiTiE , peuplades gauloises qui habitaient aux environs de Gillette, au confluent de TEsteron et du Var.

Galloche (Louis\ né en 1670, fut l'un des peintres les plus en vogue de son ternes. Cependant il a plutôt cherché à imiter les grànds maîtres italiens qu*i créer de lui-même. On doit loi rendre cette justice, que du moins il n'a pas contribué à la décadence de la peinture, connue les Naloire, les de Troy, etc. Quelques-unes de ses productions sont encore estimées des connaisseors; nous citerons, entre autres, la Translalion des relioues de saint j4ugusti?i , qui ornait Pégiise des Petfts- Pères; la Résurrection de saint Lazarrei le Départ de saint Paul pour

Mileti nnstXtution des Enfants troU' vés; Hercule et Alceste; la Samaritaine, et la Guérison du possédé. Quelques-uns de ces tableaux se retrouvent encore dans les églises de P^ris. Galloche éprouva ce qui arrive souvent aux artistes qui vivent très-Agés. Après avoir joui d'uue réputation très>grande, il eut la douleur de voir son talent déprécié bien au-dessous de sa valeur réelle. Il mourut en 1761, recteur etebancelier de l'Académie.

Gallo-Gbecs. Voyez Galates.

Gallois ( Charles -Andrér Gustave-.

Léonard ) est né à Monaco , le 30 novembre 1789 , de parents français. Arrêté à Toulouse en 1816 par les verdets, il qaitta la France et se retira à Monaco. Il y fonda un journal qui eut beaucoup de succès , mais qui tut bientôt sup-

Krimé. Alors il revint a Paris, où il pulia plusieurs brochures politiques qui forent déférées aux tribunaux. Parmi ses nombreuses compilations , nous nous bornerons à citer : l** Histoire abrégée de l'inquisition d'Espagne ( de Llorente ), 1828 , in-8'; 2" Biographie des contemporains, par Napoléon, 1824, in-S"; 3"* ( avec INI. de Montfilave) Histoire abrégée de Paris, 1824, 2 vol. in-8"; 4« Histoire de Napoléon d'après lui-même^ 1825, in-8**; 5» Biographie des ministres , depuis la constitution de 1791 Jusqu'à nos jours, 1825, in-8"; 6* Histoire de France jusqu^à la mort de Louis XFIy par Anquetil, continuée par Gallois, 1829 à 1830.

Gallois (.T.), l'un des fondateurs du Journal des savants, naquit à Paris, le 11 juin 1632. Il embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique, et se livra à la fois à l'étude des langues anciennes et des sciences mathématiques. Le privilège du Journal des savants ayant été retiré à Sallo , Colbert le donna, en 1666 , à l'abbé Gallois , qui resta seul chargé de cette entreprise jusqu'en 1674 , que ses nombreuses occupations le forcèrent d'y renoncer entièrement.

Bien au'il jouît d'une haute faveur auprès de Colbert, il ne la lit jamais servir à sa fortune pers(mnelle. On croit que ce fut lui qui dorma au m nistre le plan de TAcademie des inscriptions, de laquelle pourtant il ne fit pas partie. Kommé membre de TAcadémie des

«84 «AIXOm L'U.MVERS. «AUltt

sciences en 1 668 , il fut reçu à l'Académie française en 1673 , à la place de Bourzéis, et le même jour que Fléchier

et Racine. II obtint , après la mort de Colbert, la place de garde de l;i bibliothèque du roi , et fut nommé plus tard professeur de langue grecque au collège royal. Il mourut en 1707. Outre les Journaux des saî-ants, on lui doit une traduction latine du Traité de paix des Pyrénées, Paris, 1656, in-fol.; des Hemarques sur le projet de tMstoire de France, dressé par du Cange ; et enfin, plusieurs Mémoires sur des sujets de mathématiques et de physique.

Gallois ( J. A. G. ), correspondant de l lnstitut , né à Paris vers 1755.

Après s'être fait coimaître en publiant, de 1786 à 1791 , une traduction delà Science de la législation de Filangieri, traduction qui, suivant Ginguené, jouit en France de la même estime que roriginal en Italie, il fut nomîné, en 1791, avec Gensonné, comniissaire civil en Vendée, il fit ensuite partie du ïribunat, du Corps législatif; adhéra, le 9 avril 1814 , a la déchéance de la dynastie impériale, et figura, durant la

E rentière restauration, parmi les aienires de l'opposition. Il se tint depuis éloigné des affaires, et mourut en 1828. On lui doit, outre la traduction de Filangieri, un Examen du gouvernement iPjéngleterre comparé attx constUuiions des États-Unis , 1 789, in-8^.

Gallois fNO, entré dans les marins de la iiarde impériale après avoir servi sur les cotes d'Italie et au combat d'Algésiras, jiartit pour la campagne de Russie, resta blessé et prisonnier en Pologne, revint en 1814, reprit sa vie de marin sous la restauration, et obtint le commandement de la gabare la Coquille. Ce navire, frappé de la foudre et [joursuivi par les Anglais, ne fut sauvé que par l'habile manoeuvre de son commandant. JNomiiie capitaine de frégate, il partit de Toulon et se rendit dans les mers du Sud pour faire cette campagne marquée par les plus sinistres événements. En 1830, lors de l'expédition d*Alger, on le vit, à Tarrivée de la flotte sous les remparts ennemis, prendre la tête de rarmée et commencer le feu.

L'amiral Duperré estimait beaucoup son caractère de soldat et de marin.

M. de Rigny lui donna le commandement d'un vaisseau. Ce fut alors qu'il surprît la ville d*Anedne et y planta le drapeau national ( voy. t. r% p. 243 ). Après ce coup de main , Gallois fut le seul Français en Italie dont ou négocia le départ. Il reçut depuis le grade de contre-amiral, fût nommé major général de la marine à Toulon , et investi du comniandement de nos forces navales dans les mers du Levant. Il partit plein d*ardeur, mais visiblement malade; sa santé ne put se rétablir. Rappelé en France , il se retira à la campagne, et mourut à Montpellier le 5 avril 1840.

Gâllo • Sco&nisKES. Voyez Scoa-

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