DISQUES
Gai-ls. VoVez Gai lois.
Gallus (Vibius), célèbre orateur, né dans les Gaules , coutempora in et ami de Sénèque.
Gallus ( Cnaeus ou P. Cornélius) , né G9 ans nvunt J. C., à .Tulii Fornm (Fr(\jus), s'attacha à Octave pendant les
§uerres civiles, et en reçut la préfecture *Égypte , où il se fit détester par ses exactions, et fit piller, on même, selon quelques historiens, détruire de fond en comble la ville de Thebes , qui s'était soulevée contre lui. Rappelé par Auguste, il fut condamné à l'exil ; mais , ne pouvant survivre à sa honte , il se donna la mort à Tâge de 43 ans. Gallus avait été lié avec Virgile, qui lui adressa sa dixième églogue. Il avait lui-même composé quatre livres d'élégies, dont il ne nous reste rien. Les six élégies que l'on a sous son nom paraissent être d'un certain Gallus Étruscus, du sixième siècle.
Galois, sorte de pénitents d'amour qui s'établirent au quinzième siècle dans le Poitou. « Les chevaliers, lesécuyers, les dames et demoiselles qui embrassèrent la réforme prêchée par cette sinijulière confrérie, devaient , en bravant la rigueur des saisons, rivaliser à qui prouverait le mieux son amour. Il leur était prescrit , dit Sainte-Palaye ( Mémoire sur l'ancienne chevalerie, 5° partie, notes , n. 387 } , de se couvrir chaudement de bons manteaux et de chape- .
rons doublés , et de se chauffer à de grands feux pendant le plus fort de Tété; ils faisaient enfin, en cette saison, tout ce qu'où fait en hiver , peut-être pour
fiALOlS FaAIlCE. GAMAGIUS M
faire allusion au pouvoir de Pamoar,
qui opère les plus jurandes métamorphoses. En hiver, une petite cotte simple, avec une cornette longue et mince, composait tout leur vêtement ; c'eût été une nonte de trouver du feu dans leurs Biaisons; leurs cheminées étaient fïarnies de feuillages et autres verdures, si Ton pouvait en avoir, et Ton en jonchait aussi les chambres. Une serge légère était la seule couverture qu'on vît sur leur lit. A l'entrée d'un galois dans la maison d'un de ses confrères, le mari laissait son hôte mattre absolu au logis, et ne rentrait pas que le galois ne fût sorti : il éprouvait a son tour la même complaisance de la part du mari dont la gahise était l'objet de ses visites. »
« Si dura cette vie et ces amourettes grand'pièce , dit Latour ( Histoire du Poitou) , jusques à tant que le plus de ceux en furent morts et périz de froid, car plusiem^ transissoient de pur iVoid, et mouroient tous roides de lèz leurs amies, et aussi leurs amies de lèz eux, en parlant de leurs amourettes , et en eux moquant et bourdant de ceux qui estoient bien vêtus... Et aux autres il convenoit desserrer les dents de couteaux et les chauffer et les frotter att feu comme roides et engelés. Si ne doute que ceux et celles qui moururent eo cet estât ne soient martyrs d'amour (*). »
Cette folie n'est certes pas une des moins remarquables de ce quinzième siècle qui en a tant produits : les dames frénétiques de la mort , les Jlageiiants, la vauaoisie, les lollards , etc.
Galois (racine ga/' se rcjouir), signifiait , tantôt rejouissance , tantôt
(*).ff:neasSylvius raconte dans son Histoire de la Bohême, ch. xu, qu'à la fia du quinlième siècle la secte des Licards , réfugiés en Allemagne , en était venue, par un esprit de réforniL' antiratholique, à supprimer jus- Qu'aux hauts de chausses ; que les femmes oiaaient haatement que dtê hommes embarrassés de vèicmeDts comme des rsclavea, n'étaient pas libres , unnn esse iiberos qui vestibus et prœsertim femuraiibus uterentur,» Quand un de ces bommes lièrtt nreDaii possession d'une femme libre, «« liber liberam occupabat, ■ il lui suffisait de dire, Mon esprit s'est échauffé youv celle-ci : la ha/ic spiritus meui mcahut Qoeb rapprochements à fÛKl
homme de plaisir, homme galant. Go-
loise : une femme de mauvaise vie, une femme adroite et rusée :
Et paii t'en Toot pour faire les galoiseï LoffifM dflTfoieDi vaquer à oraisoD.
GAM4CHES , petite ville de l'ancienne Picardie, aujourd'hui comprise dans le département de la Somme , arrondissement d*Abbeville.
La ville et le château tenaient , en 1422, le parti du dauphin ; te 11 juin de la même année (et non le 27, comme le dit Monstrelet ) , un traité les livra à Henri V. On compte aujourd'hui à Gamaehes 1300 habitants. Elle est la patrie du savant Vatable.
Gamaches (maison de). On fait remonter l'origine de cette famille au treizième siècle. Le dernier mâle de la branche aînée fut grand maître des eaux et forêts et gouverneur de ta vénerie sous Charles YI.
Les seigneurs de Jussi et de Quin»
campoix, barons de Château-MeUlan , vicomtes de liemon, eurent pour auteur un cadet de Gamaches, mort en 1424.
Des l'année 1270, le bourg de Grama* elles av:iit passé par un mariage h Robert ///, comte de Dreux , trisaïeul de Jeanne de Dreux, devenue héritière de Dreux, de Gamaches, ete., et épouse de Louis , vicomte de Thouars. Une fille issue de cette union , étant veuve du seigneur de Craon , épousa Clément Mouault, dit Tristan, qui devint par cette alliance un des plus puissants seigneurs du royaume , et prit le titre de comte de Dreux. Par son testament, Gamaches passa à Gilles, fils d'André Rouault, seigneur de Bois-Ménard. Gilles fût aïeul de Joachim Rouault de Gamaches, nommé maréchal de France par Louis XI , l'année de son avènement au trône (1461), en récxmipense de ses services comme vaillant guerrier et comme diplomate.
Durant la ligue du bien public, le maréchal Rouault fut fait gouverneur de Paris (1471). En 1471, il contribua h défendre Beauvais , illustrée par le courage de Jeanne Hachette. Mais il finit par se brouiller avec son ombrageux maître. Louis XI avait une jasUce fort expéditive. Il lit arrêter Gamaches en 1476 , et le lit juger par une commis*
L'umvBaâ.
skxi qui le condamna au baDninement,
à une amende de 20,000 livres, et à la confiscation de ses biens. La sentence ne fut cependant pas exécutée. Gamaches moarut dans ses terres en 1478. Il avait assisté à 2 batailles et à 17 sièges.
Un de ses descendants en ligne directe, Nicolas Rouault, vicomte du Tiltoi, obtint en 1S30 rérectîon de la terre de Gamaches en marquisat.
C'est un M. de Gamaches, fort connu à la cour de Louis XIV pour sa rude franchise , qui disait tout haut au duc de Bourgogne , un jour que ce prince allait à la messe au lieu de monter à cheval (t)pndant la campagne de Flandre de 1708): « Vous aurez, Monseigneur, « le royaume du ciel , mais ceux de la «terre, Eugène et Mariborough 8*y « prennent mieux que tous pour les « gagner (*). »
Gamain (François), né à Versailles en 1751 , fut connu comme serrurier des cabinets , puis maître serrurier des bâtiments du roi. C'était Itii qui donnait à Louis XVI des leçons de son métier; ce fiit à lui que le prince s'adressa pour la pose de la fameuse armoire de IVr (voyez ce mot). Quand la commission prépara la mise en jugement de Louis, Gamain ouvrit uu ministre Roland la cachette dont il avait seul le secret. Nous ne parlerons pas d'une certaine accusation d'empoisonnement, d'une idée Gxe que la peur a sans doute inspirée à Gamain (**), Quant aux progrès que l'ouvrier fit faire à son élevé , nous dirons seulement que Louis XVI excellait dans la serrurerie à peu près comme George d'Angleterre dans l'art de faire des boutons ; la flatterie seule pouvait donner ses travaux pour des chefs-d'œuvre. Gauiaia mourut en
Gambaos ou Qmbage, ancien droit le?é en Flandre sur les brasseurs et sur
11 parut dans ce temps un noël doat ▼•ici QD couplet :
Jeone Louin de saint* NaooflB^e , Soytm dévot à votre ■ocoatiméti
Mais
Ptics Dini pour vnîn- armée, Bt ne In cnmuiaudL'z juioai».
(••) Voyei Tissot, Histoire de la rév. fr., t. III, p. 45i , éd. de i835; la Biognphie ■Mderae» S* édition, ite?, in-S.
la bière. A Cambrai et 4M t» BMI«
lonnais, il était de quatre sous par brassin ; dans certaines seigneuries de l'Artois , de vingt pots ; dans d'autres , de deux seulement.
GA.MBESON , espèce de garniture d'étoffe ou de cuir qu'on portait sous la cotte de mailles ou sous la cuirasse. Ce plastron courte-pointè s'appelait aussi
Gambey (Henri-Prudence), membre de l'Académie des sciences, où il a, en 1837, remplacé Molard dans la section de mécanique, est un des nnécanieiens les plus distingués de l'Europe. La perfection qu'il a su apporter dans la confection des instriiuients de physique et de mathématiques , est appréciée dans toutes les parties du monde.
Gambin ( Jean-Huiîues » comte de), maréchal de camp , né à Paris , servit comme adjudant-major à l'armée du Nord , où il donna des preuves d*UBe rare intrépidité, fit les campatjnes d^Italie , et devint colonel du 84* régiment de ligne. Au combat de Saint-Leunard (1809), Gambin, à la téte de 1,100 hommes , arrêta pendant deux joure 12,000 Autrii biens. Ceux-ci , en se retirant, abandonnèrent deux drapeaux, plus de .SOO prisonniers, et eurent plus de 1,900 liommes tués. Dix jours après, Gambin se signala de nouveau à Wa- Çram ; 95 décorations furent distribuées a son régiment, et le titre de comte, avec une dotation de 10,000 francs de rente, fut aocordée au colonel, qui ne tarda pas à être nommé général de bri* gaJe.
Gambt (Gilbert) , lieutenant au 23* régiment de chasseurs à cheval , né à Esry (Yonne) , chargea seul contre l'ennemi, le 22 juin 1800, au passage du Danube, et lit 18 prisonniers. Le 4 novembre 1803, entre Vicence et Montebello , il attaqua un détachement de 55 hommes , et leur lit mettre bas les armes. Le 27 mai 1813, en avant de Sprostau , il chargea avec 50 cavaliers contre des forces supérieures , fit 50 prisonniers , s*empara de 12 \)iccc^ de canon, de 50 caissons attelés, et tua le cooimandant ennemi.
Gamon (François-Joseph), né à Entraigues vers 1 765 , fut reçu avocat peu de tempe avant la révolution. U donnait
«HUIÔir FRAIVCE*
déjà de brillantes espérances dans son pays mtM , comme jurisconsulte, Im»
que les nssemblées électornles furent convoquées pour nommer des députés aux états généraux. Trop jeune encore pour pouvoir représenter ses oonoi- «oyens, il se fit du moins remarquer par un discours fort éloquent qu'il prononça dans une nombreuse réunion d'électeurs, et qui Ut regretter à ceux-ci qu'il n'eût pas atteint râse requis pour les fonctions de député. Il fut appelé , fort jeune , par le rolléi^e électoral de l'Ardèche, a remplacer Valadier à l'Assemblée l^lslative. Il s*y lia avec les girondins , et fut ensuite réélu à la Con?ention. SiÊjnataire des protestations du côté droit, contre les journées des 31 mai et 2 juin , il fut compris dans la proscription des 78, et ne dut son salut qu'à un hasard qui le fît sortir de la salle uelques minutes avant le prononcé du écret d'arrestation. Ayant trouvé les portes de la Convention fermées , lorsqu'il voulut y rentrer, et pressentant la cause de cette mesure, il se retira rhez un de ses amis pour y attendre le résultat de la séance; et, quand il le connut, i) franchit les barrières de Paris, en se cachant dans une charrette de foin, fet parvint à !ia?ner le territoire suisse.
Après le 9 thermidor, il reprit son poste à la Convention, et ne sut pas résister aux tentations de l'esprit de vengeance. Devenu membre du comité de salut public, il craignit néanmoins (|ue le royalisme ne finit par proliter de la persécution dont les jacobins étaient robjet , et il appuya le réarmement des patriotes, à l'époque des événements de vendémiaire. Gamon sortit alors du sein de la représentation nationale , et se trouva aussitôt compromis dans la procédure relative aux papiers saisis chez Lemaître. Il parvint cependant à se disculper et entra au Conseil des Cinq-Cents, où il resta jusqu'en 1707.
Il fut plus tard nommé a des fonctions judiciaires dans le département de l'Ardèche et à Nimes. En 1815 , le collège électoral de l'Ardèche le nomma membre do la chambre des représentants; mais il ne prit la parole qu'après la journée df Waterloo pour demander le rétablissement de la constitution de
Son discours produisit upe vive impression sur TAssemblée; la propos!*
tion de Torateur, généralement appuyée , semblait même devoir être bientôt transformée en décret, lorsqu'un membre demauda qu'elle fût renvoyée au comité de constitutioB , et cet ajournement une fois prononcé , les événements militaires rendirent incontinent superflues toutes discussions législatives. Destitué par le gouvernement royal, Gamon se retira dans sa terre d'IOntrai^ues, d'où il fut arraché par la loi dite d'amnistie du 12 janvier 1816. Considéré comme régicide, il fut obligé de <|uitter la France, et se réfugia de nouveau en Suisse. Sous le ministère De- , caze, il obtint la permission de revenir dans sa patrie, et vécut depuis entièrement ignoré dans le village de TArdéche où il était né.
Gamonal (bataille de). On appelle quelquefois de ce nom la bataille àfi Burgos gagnée sur les Espagnols le 10 novembre (*) 1808 (voy. BUBi&OS [bataille de]).
Gand (prises de). En 1678. — « Les « efforts que mes enneuiis ligués en- « semble , et les envieuse de ma prospé- « rité vouloient faire contre moi, disait « T/Ouis XIV dans ses instructions à « son (ils , m'obligèrent de prendre de « grandes précautions; et, pour conî- « menoer-, je résolus , en finissant la « campagne de 1677, de n'en) ployer mes R forces que dans les lieux où elles sea roient absolument nécessaires.
a j*avois impatience de commencer « la campagne de 1678, et une grande « envie de faire quelque chose d'aussi A glorieux et de plus utile que ce qui « avoit déjà été fait ; mais 11 n*étoit p^s « aisé d*y parvenir et de passer Téclat « que donnent la prise de trois grandes « places(**) et le gain d'une bataille^***). « J'examinai ce qui eloit faisable , et « je travaillai à surmonter les difticul- « tés qui se rencontrent d'ordinaire « dans les grandes choses. Si elles don- « nent de la peine , on en est bien ré- « compensé dans les suites. »
(*) C'est par «vear k premièni ^e de Tarlide Beaoos (bataille de), porte octo-
6re.
Yalenciennes , Cambrai et Saiul-Omer.
("*) La bataiUe de QiimL
<88 «Am L*UmV£RS* GAlfD
«1>roy,dftLimier8, (mititde Versailles et se rendit Ie4 de mars devant Gand, qui avoit été investi dès le 1'" du mois. Sa Majesté en fit le siège avec une nrmee de près de 80,000 hommes. J3on 1 rancisoo Pardo, qui en étoit gouverneur , se mit en état de défense, quoique les troupes qui composoient sa garnison fussent en petit nombre. Il commença par iâf her les écluses ; mais cela n*einpêciia pas les François d'ouvrir la tranchée la ntiit du 5 au 6. La ville se rendit au hotit de cinq jours, et la citadelle deux jours après suivit son exemple (*). •
Gand fut rendu à TEspagDe par le
» traité de ISimègue.
— £n 174Ô, les alliés avaient rassemblé dans Gand de gros magasins; les Anglais y avaient déposé leurs équipages, et une grande partie de leurs munitions de guerre; ils y avaient aussi le canon arrivé d'Angleterre, pour remplacer celui qu'ils avaient perdu à Fontcnoy; cette place faisait leur communication avec les îles Britanniques , par Ostende et INieuport.
Le roi , instruit qu'il s'y trouvait peu de monde , résolut de s*en rendre maître ; il en concerta les moyens avec le comte d'Argenson et le maréchal de Saxe; le secret n'en fut conlié qifau comte de Lowendal et à M. du Chayla, chargés de l'entreprise.
Ce dernier marcha à la tête de son détachement avec vingt pontons et vingt pièces de canon , pour jeter un pont sur TEscaut, afin d'empêcher 6,000 Anglais postés à l'Alost d'entrer dans la ville et d'en augmenter la garnison. Il les défit à Melle, après un combat opiniâtre, où le corps franc des Grassms se signala par sa valeur. Les deux généraux devaient se porter sur Gand , l'un par la droite et l'autre par la gauche de TEscaut. Lorsque Lowendal' fut arrivé à portée, il fit insulter le front de cette pinre ; quoique le fossé fut large, profond et rempli dVaii, les troupes s'y jetèrent avec autant de hardiesse que de vivacité, et la place fut emportée l'épée à la main. Ce succès important ne coilta aux Français qu'un lieutenant et deux dragons tués j^i^^^t).
Le feu des Français servit de signal
à M. du Chayla pour s'approcher du côté de la porte Impériale, qui lui fut bientôt ouverte par le détachement de Lowendal : la garnison , composée de 800 hommes , se retira avec précipitation dans le château , où quatre jours après elle fut faite prisonnière de guerre. Les habitants , qui s'étaient couchés Autrichiens, furent moins surpris en se réveillant , de se voir sous la domination franrnîse, que dti bon ordre qui avait été établi dans leur ville.
On trouva dans la ville de Gand de nombreux magasins de farine, un armement considérable, etc.; on y fit aussi plus de 600 prisonniers, tant Anglais que Hanovriens, qui s'y étaient retirés après la bataille de Fontenol , pour le faire panser de leurs blessures.
— En 1792, le général Labourdonnaye s'empara, le 12 novembre, de la ville de Gand; ses habitants reçurent les Français comme des libérateurs. Leur satisfaction ne fut pas longue; caries malheurs de Dumouriez les remirent, au printemps suivant , sous la domination de TAutriche.
— Ils virent cependant l'armée de Sambre-et-Meuse, partie de Bruges le 13 juillet 1794, entrer dans leurs murs le lendemain, et ils l'accueillirent par des acclamations universelles.
Incorporée à la France après la dernière con(|uêle de la Belgique , Gand devint le chef-lieu du département de l'Escaut. En f815, ellefot la résidence de Louis XVIII (voy. ÉiiieBATiOM) et de ses plus dévoués serviteurs « |usqa*à la seconde restauration.
GA^D (L.-Jûs.), lieutenant aux flanqueurs-chasseurs de la garde impériale, né à la Roque-Brussanne (Var) en 1 783. Le 11 février 1814 , à l'affaire de Montmirail , voyant que les tambours auxquels on avait ordonné de battre la charge n*08aient s'avancer, prit luimême une caisse, et, |)ar son exemple, entraîna les soldats qui poursuivirent l'ennemi jusqu a lu nuit. Le 13 , le pont de Château-Thierry était coupé , l'ennemi occupait la rive droite de la Marne, et l'armée française la rive gauche; Gand , monté sur un bateau qu'un de ses soldats, André , avait été ehercber à la nage sur la rive opposée, avec
«AHSMir FRAN€E. «AVltJI 580
douze hommes, traverse la rivière et chasse Tennemi de la ville.
Ganblon. — Cett un Gantkn, Ce proverbe, qui s*eit-IoDgtemps conservé
dans notre langue pour désigner un traître, a perpétué la mémoire du personnage à la trahison duquel le roman de Roncevaux et les chroniques et poënies rlievaleresqups de la infime époque attribuent la défaite du brave Ko- Jand. Son nom demeura voué à TignO' roinie. On ne trouvait à comparer U conseil Cueuelon, ce desloyal trichier" res, qu'à la traison Judas {*). De même ue les formules d'excommunication ou 'imprécation, si communes au moyen âge, appelaient sur le parjure le sort de Judas aans les enfers, certains actes officiels contiennent dans ces formules une allusion au rôle odieux de Ganelon.
li'auteor de VExpUeatUm de$ Infer^Hoiugrecqites et latines j recueillies ert Grèce par la commission de Morée^ a eu occasion de citer (5* cahier, p. 191) une inscription encastrée près de la porte latérale de l'élise cattiédrale de Repi, et ainsi conçue:
Anjio domini mill. c. xxxi. tempO' rib. .i)iacleti II p.p. vien, lui, indic. yilll. Nepesini milites nec non et consules firmaperunt sacrammto ut si guis heorum nosfram tmiifrangere sonefatcm de omni honore afque dignilale domino v oient e cum suis sequacib. sit ejeclus, et insuper cum Juda et Caypha atque Pylato habeai porHonem, Item turpissimam sustlneat mortem ut Gaielonem qui suas tradidit Jiocios et non ejus sit memoria sed In aseKa retrorsum sedeat, et cauàam in mam teneat.
Ce Ganelon ne peut être que le fameux chevalier mayençnis, beau-irèrede Charlemagne. L'inscription de Népi prouve d'ailleurs combien ces traditions s'étaient répandues de bonne heure, en Italie méine, où il est peu de villes qui n'aient un monument rappelant le nom de Roland.
Ënfm , les clironiques bretonnes parlent d*un noble du lÀys de Reims , qui , en 960, oocit trattreusement Hoel IV,
(*) Voyez D. Bouquet, t V, p. 3o3, traduction de la Chronique de Torpilli dam les Chroniques de Saiul-Deuis.
comte de Nantes, et elles l'appellent Galuron ou Galeron, Or, on présume avec raison que ce n*était là qu'un sur* nom donné primitivement au meurtrier^ et qui finit par absorber son véritable nom.
On peut consulter, sur le traître fameux de la bataille de Roncevaux, la
Dissertation sur le roman de Roncevaux » par M. Monin (Paris, 1822, p. 7 et suiv., 57 et suiv.); la chanson de Moland, publiée par M. Frandsgue Michel (Paris, 1837, st. xy et suiv.); et sur les traditions relatives an m^me personnage, le (glossaire de ce dernier ouvrage, p. 189.
Ganges, ancienne ville de la province du Languedoc, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de TUérault (arrondissement de Montpellier), ét qui avait autrefois titre de baronnie. On y compte 4,200 habitants, occupés en grand nombre de l'industrie des soies.
Ganilh (Charles), économiste, né à Allanches (Cantal) en 1760. Avocat à Paris en 1789, il fut choisi parmi les électeurs, par le comité de l'hôtel de ville, pour aller rendre compte à l'Assemblée nationale, le 11 juillet, de l'agitation qui rêvait dans la capitale.
Après la révolution du 18 brumaire , h laquelle il prit une part active, il devint membre du tribunat, et vota constamment contre les projets qui lui semblèrent porter atteinte à la liberté et à la souveraineté nationale. Éliminé en 1802, il vécut jusqu'en 1815 étranger aux affaires publiques. A cette époque, le département du Cantal renvoya comme député à la chambre introuvable, où il fit partie de la minorité. Dans cette session et dans les suivantes (jusqu'en 1823) , il fit surtout preuve d'une grande capaci té en matière de finances, et se montra l'adversaire des ministres tontes les fois qu'ils présentèrent à la chambre des
i)rojets de loi d'exception. M. Ganilh est *aoteur.d*un grand nombre d'ouvrages qui annoncent de grandes connaissances, un juî^ement protond, tout en portant l'empreinte d un esprit systématique, source de fréquentes erreurs. Les plus femarquables sont : Essai politique sur le revenu public des peuples de rantU quité f du inoyen âge et des temps mo' dernesj Héjlexions sur le budget de
590 GANTBAfrWE L^UNIVERS.- OANTEAVlfS
1814; Conmlératlons générales sur la situation Jinancière de La France en Des droU» eonstftutkmneh de Ut i^ambre des députés en ikatUre de finarteps'; Théorie de Véemnmie politique; Dictionnaire analytique d'économie politique, etc., etc. M. Ganilh est mort en 1886.
Gannal (Jean-Nîcnîns) nnqait à Sarrelouis, le 28 juillet I7yi. En 1810, il fut employé comme pharmacien dans les armées françaises , et , plus tard, rendit dMmportants services lors de la cara-* pngiie de Russie. Fait prisonnier, il parvint à s'échapper après quatre mois de captivité. Depuis cette époque, M. Gannal s^est occupé avec un grand succès de recherches chimiques. Nous mentionnerons seulement ses travaux sur le borax, ia gélatine et ie chlore. En 1825, il fit ses premières expériences pour la conservation des matières animales; elles l'amenèrent directement à en faire l'application sur les cadavres destinés aux dissections et à l'usage des embaumements. Cest, sanscontredit, une trèsbelle découverte que la découverte d'une substance propre à préserver les cadavres de toute altération , et déjà elle rend d'éminents services. Hais n est à regretter que M. Gannal , pour se procurer une célébrité qui ne pouvait lui manquer, ait rrn devoir recourir à des moyens qu'il iaut laisser aux hommes dont tout te mérite se fonde sur te charlatanisme.
Gannat, Gannatvtn, Crannapum, petite ville de Taucien Bourbonnais, sur les confins de l'Auvergne , comprise aujourd'hui dans le département de l'Allier, où elle est chef-lieu d'arrondissement. Elle est citée pour la prcinière fois dans la nomenclature des chàtellenies du Bourbonnais vers la fin du treizième siècle. Avant In révolution , elle était chef-lieu d'élection, avait un bailliage, une châtellenie, une justice rojrale, un grenier à seK un bureau des cinq grosses fermes , une maréchaussée»
des fortifications, etc. On y voit encore les restes du château qui servent maintenant de prison. La population de Gannat est de l>,800 habitants. Cette ville est la patrie du cardinal Duprat.
Ganteatjme (Honoré), comte, pair de irance, vice-amiral, etc., naquit à
la Ciotat en 17.55, d'un capitaine de navire marchand. Sous-lieuteoant de vaisseau tors de Torganisation nouveUe du corps royal de la marine, en 1786, il n'émigra pas avec la plupart des cfliciers ses colIèi];ues. N'appartenant pas à la caste nobiliaire, il n'était pas digne de les suivre à Coblentz, et d'ailleurs ses opinions politiques ne devaient pas te porter à faire ce voyage. En 1 791 , il obtint le grade de capitaine et le coimiiandement du Mant'BlttHe de soixante et quatorze, et fut blessé dans la célèbre et malheureuse affaire du 13 prairial an TT (i^' juin 1791). Il passa ensuite dans la Méditerranée avec la division do eontre^amiral Renaud in (1795). Le ouvernement ayant expédié de Toulon, ans les mers du Levant, une division de quatre frégates et deux corvettes, le commandement en fut confié à Gaateaume, qui avait alors le grade de chef de division. L'habileté avec laquelle il dirigea sa navisiation lui lit le plus grand honneur. Par l'activité de ses mouvements, il semblait se multiplier, et induisait les Anglais à croire que plusieurs divisions navales parcouraient à la fois la Méditerranée. Il ne put, à la vérité, s'emparer du convoi qu'il attendait; mais, en retenant dans la Méditerranée deux escadres ennemies, il a«sura la captnre de ce convoi par l'escadre du contre-amirai JEVichery, dont la croihiere ne fut point troublée. Après avoir couru en tout sens pendant cinq mois, échappant d'un côté aux vaisseaux de guerre des Anglais et de l'autre capturant leurs navires marchands , Ganteaume rentra à Toulon. En 1797, il fut chargé et s*aeqiiitta avec succès d'une mission importante, celle de protéi;er l'arrivage des matériaux et munitions nécessaires pour le rééquipement de notre armée navale de l'Océan dans le port de Brest.
Lors de l'expédition d'Égvpte, il fut embaruué en qualité de chef d'étatmajor de Brueys, avec le grade de contre-amiral. On l'a généralement soupçonné d'avoir suggéré à l'aniiral la détermination d'attendre l ennemi au mouillage sur la raded'Aboukir, mesure funeste qui causa la destruction presqua totale de notre escadre. Quel que soit celui à qui il faut l'attribuer, ce rut une grande iaute. Ganteaume fut lé^ère-
«ANTBAVME FEAMCE. fiAMTEAUMB m
ment blessé pendant Ir combat. Après cette funeste catastrophe, il fiiriirn dans les différentes actions qui eurent lieu à Gaza , Jaffa ^ SainMean 4* Acre. Ce fut lui qui prépara rarmement destiné à ra« mener Bonaparte en France. Il s'embarqua ensuite avec le général en chef sur la Iregate la MuiroUj et éluda avec bonheur tes nombreux croiseurs ennemi^.
On conçoit à quel haut degré de faveur parvifit Ganteaume, Sa nouvelle dignité de conseiller d'État oe Tem^écha pas de retourner à la mer. En efiet, Bonaparte ayant résolu, un peu tardivement, d'envoyer des secours à l'armée d'Égypte , lui donna le commandement d« cette expédition. Le but principal en fttt manqué, et cependant Ganteaume ne tomba pas en disgrâce. L'on ne doit
Pas attril)npr entièrement cette faveur à attachement et à la reconnaissance du premier consul. Possédant une connaissance parfaite de la Méditerranée, le contre-amiral donna à son escadre une direction qui ne fut ()as absolument sans utilité. Sa coopération facilita l'occupa tioo de l*tle d'Elbe. Durant cette croisière, il prit aux Anglais quatre bâtiments. T>orsqiie Trniîupt, qui commandait 1 armée navale de Brest, se prononça hautement contre Telévation du premier consul au trône impérial, le commandement lui fut enlevé pour être donné à un homme dévoué au nouveau souverain. Lt qui semblait alors Tètre
S lus <|ue Ganteaume? Le même jour, il jt foit vice-amiral et commandant de la plus belle de nos flottes. On Televa bieiitôt au rang de grand oflicier de l'empire avee le titre cPinspecteur général des côtes de TOcéan. L*maction dans laquelle resta , pendant près de deux ans, la flotte de Brest, bien que des ordres eussent ete plu>ieurs fois expédiés pour lui enjoindre de prendre la mer, porta atteinte à sa réputation. La chose alla si loin, qu'il devint rohjet dune foule de railleries de la part des matelots euxHfnémes. L'équité nous &it pourtant une loi de dire que la mauvaise exécution des ordres de l'empereur par les autres amiraux, qui devaient rallier avec leurs forces celles de Ganteaume, donna peut-être lieu à oc^ manifestatiODS, qui parurent non moins bonteuses queridiiujiBfc Cilaq^e fois que rapprocl^
d*une des escadres qu'il défait réunir
sous ses ordres lui était annoncée, il se présentait Qvec sa flotte en dehors de la rade, envoyant des découvertes au large; puis les vaisseaux ne se montrant pas, il rentrait dans le port. En 1808, Ganteaume, avec les esiadres de Toulon et de Kochefort, ravitailla la place deCorfou. Cette courte campasne fut pour lui la dernière. La goutte, dont il avait ressenti depuis loni;te!n[is les atteintes, ne lui permettait plus d aller à la mer. Cédant à la voix de l'opinion publique. Napoléon essaya, en 1810, de créer une amirauté :i peu près semblable à celle de l'Angleterre, c'est-à-dire un grand conseil de marins et d'administrateurs chargé de diriger les affaires de la marine, et surtout l einploi de nos forces navales. Ganteaume en fut nonimé membre. L'année suivante, il devint encore commandant lies marinade la garde impériale. Decrès, en habile courtisan , affectant de l'amitié pour un officier qu'il voyait placé si haut dans la conliance du maître , remit aussi, dans quelques occasions où il s*absentait de son poste, son portefeuille entre les mains de Ganteaume. Kn 1814, lorsque la déchéance de ^iapoléon fut prononcée, Ganteaume, oubliant tout le passé, se hAta de donner son adhésion aux actes du sénat et du gouvernement provisoire. Pendant les cent jours , il demeura constamment à sa terre d'Aubagne, près de Toulon. Napoléon eut la Mblesse de le rappeler au conseil d'État en (jualité de président de la section de marine; mais la goutte l'empêcha de quitter sa retraite. Cependant, aussitôt que l'on eut ap()ris la défaite de Waterloo, Tamiral quitta Aubaiine, et revêtu de son grand uniforme et de toutes ses décorations, il se rendit au port de Toulon, dans Tintention imprudente d'y faire arborer le pavillon blanc. Les soldats et les marins étaient dans un état d'effervescence extraordinaire. La vue d'une cocarde royaliste au chapeau de Ganteaume acheva de les exaspérer, et il faillit payer de sa \ \e ime si étrange démarche. L'autorité royale ne pouvait laisser sans récompense cette marmie éclatante de dévouement. L'amiral fut élevé à la dignité de pair, et , peu de temps après, on r^abUt pour lui l'an-