‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 198 sur 198 · GODEFROI · texte numérisé non relu

GODEFROI

Napoléon Gobert fut un des douze enfants de noaréchaux ou généraux qui fiirent baptisés avee le fils du roi de Hollande, et à qoi Tempereur servit de

parrain. Possesseur à sa majorité d'une fortune considérable, et orphelin, il combattit avec les Parisiens en juillet 1880. Cédant plus tard au besoin de demander à un voyage lointain des distractions et la répaDtion df> ses forces, il partit pour l'Egypte. Sept mois à peine après avoir fait son testament, il mourut au Caire.

Outre les dispositions testamentaires dont nous venons de parler , le baron Gobert destina 200,000 franes aux fraîÉ de Téreetion d'un monument à la mémoire de son père, et fit don de ses fermes en Brelnirne aux fermiers qui les tenaient , saii^ leur imposer d'autre charge que de faire apprendre à lire et à écrire à leurs enfnnts.

Le général h;iron Gobert s'était distingue eu Italie en 1800, puis à l'exuédition de la Guadeloupe. Il avait raît ensuite la campajjfné de 1806 en Allemagne, avait passe en Espagne, et était mort à Baylen d'une balle qu'il reçut à la téte au moment où, dans un combat livré entre Baylen et le Guadalquivir, il imprimait un nouvel élan à ses troupes.

GopiN. Cet auteur, dont la vie est peu connue, mais qui ne fut pas cependant à son époque sans quelque renommée, se trouve placé sur la limite du quinzième et du seizième siècle. On rapporte qu'il était avocat. Ëntra-t-il plus tard dans les ordres., comme sembleraient rindiquer différents titres qu'il se donne lui-même dans ses écrits ? Il est permis d'en douter, si l'on considère la nature de l'ouvrage qu'il publia en 1505, et qui, sous le nom de Loups ravissants, est une satire amère dirigée contre le clergé. Les loups ravissants ne sont autre chose que les prêtres. Ce roman , en douze chapitres , est écrit dans la forme allégorique : on y trouve dame Mortalité^ dame Famine^ et toutes ces personnifications qui abondent dans le roman de la Rose. Gobin se rattache à cette école de poètes qui jusqu'à Marot suivirent les errements de Jean de Meung -, mais sa poésie , quoique plus nouvelle, est moms bonne que oeUe de aon modèkB^ et sa prose est

basse et prolixe. La curiosité peut seule faire recbercber les Cables de la Cigale ttdêla fourmi, du Meunier , son fils et l*àne, dans ce livre condamné depuis longtemps à un éternel oubli.

Godard (Pierre), tambour à la 48* demi-brigade d'infanterie de ligne, chevalier de la Légion d'honneur, né dans le département de l'Eure. Au passage de rinn, le 25 décembre 1800, ce tambour s'étant avancé sur un pont que Tennemi détruisait, poursuivit seutles Autrichiens, et battant la charge d'une main pendant qu'il sabrait de l'autre, il tua plusieurs d entre eux. On lui donna des baguettes d'honneur.

GoDE\i; (Antoine), évéque de Grasse, né en 1G05 à Dreux, fut un des premiers membres de l'Académie française. Il a beaucoup travaillé. On a oublié ses poésies qui l'avaient rendu célèbre à l'hôtel Kainhouillet, où il était le nahi de Julie ; mais son Histoire de i Église , depuis le commencement du monde jusqu'à la fin du huitième $ièele, 5 gros vol. in-rol., Paris, 1658, 1678; ses Éloges historiques des empereurs , etc., 1667 , in-4 ; ses / ies de saint Paul, saint Augustin f saint Charleê BùrrO' mie y le recommandent encore aux lecteurs modernes. On prétend que Godeau dut son é\êché de Grasse au désir que Richelieu eut de taire un bon mot. ]j*abbé lui présentant une paraphrase du cantique Benedicite , le ministre lui répondit : «• Vous me donnez Benedicite ^ moi je vous donne Grasse (yrdees). »

« Godeau , est-il dit dans le Ménagiana, III , 326 , étoit parent de Conrart , fort laid et petit , mais probe. » Ces derniers mots trouvent leur conlirmation dans le passage suivant des Mélanges tirés des lettres manuscrites de Chapelain : « On avoit jeté les yeux sur lui, y est-il dit, pour l'éducation de M. le dauphin ; mais le zèle qu*il avoit marqué en quelques occasions contre La morale relâchée lui fit donner l'exclusion. » Godeau mourut à Vence en

GoDEFBOi , duc de Bottillon et de

Lothier, margrave d*Anvers et premier roi t!e Jérusalem. Ce héros de la première croisade naquit, selon les uns, à Boulognew-Meft hIod les antres, aa

• 842 éOIIEntOI L'fJIflVËaS* «OMPROI

vîîlige de Bézi , près Nivelle, dans un château qu'on montrait encore a la Un du dernier siècle. Son père était Eastaehe de Boulogne, beau-frère d'Édouard le Coiifes<;e»ir , rt il comptait , dit-on , Chnrieniajîne parmi ses ancêtres. Son oncle Godefroi le Bossu lui avant transmis le duché de Lorraine , Vempereur Henri IV, ai imé contre sa famille d'une haine liérédilaire, lui en refusa d'abord Tinvestiture. Mais il Unit par se réconcilier avec lui , et dans la suite , quand il fut persécuté par le pape, il lui confia I étendard de l'Empire. Godefroi fut digne de ce noble depùt. l'in lOëO, il tua du fer de ce drapeau ranti-Gésar Rodolptie. Kn 1083, il le planta sur les nuirs de Rome, où il monta le premier. Mais une lièvre violenU' l'ayant .saisi à la suite des fatijjuc; -'.t ce siège, il se crut frappé par le oiel fiour avoir porté les armes contre le successeur de saint Pierre, et fit vœu d'aller à Jérusalem , non en pèlerin , mais avec une armée. H avait, du reste, manifesté ce projet dès son enfance.

Lorsque l'Occident s'arma pour conquérir le saint tombeau , Godefroi prit la croix et partît le 15 août 1096. Dix mille chevaliers le suivirent , avec soixante et dix mille hoiiunes de pied , Français, l.onaii;s. Allemands. Il prit sa route par l Aiiemagne et la Hongrie. Arrivé devant Gonstantinopie, qui était le rendesHTOUs général des croisés , il força l'astucieux Alexis à remettre en liberté Hui^ues de Vermandgis, frère du roi , et quelques autres seigneurs qui s'étalent fatssé prendre. Il eut alors à combattre non-seulement les ruses et la perfidie de l'ejnpereur grec, mais encore la cupidité de »es compagnons d'armes qui, séduits par les merveilles de l'ofiulente ville du lîosphore, se seraient bien acconunmles de borner là leur pèlerinage, et de se partager une si ridMt proie. Maïs Godefroi leur déclara (| u ' i I n etai t pas venu pour faire la guerre à «les clirétiens, et les pressa de marcber vers le but de leur expédition. Knlin les croisés passèrent en Asie, après avoir d'avance faft hommage de leurs conquêtes à l'admit Alexis. Avec une déférence qni ne coûtait pas beaucoup a son bumilité, Godetroi tout le premier s'était «gètooitiUédivattt M, «b ae MaiH

son vassal , et lorsqu'à son départ il avait été, comme les autres croisés, comblé de présents par Alexis, U avait tout distribué au peuple et aux diefs.

Pendant le mémorable siège de Nicée , le duc, dont la force était prodigieuse , se signala par une adresse et une valeur admirables. Quand l'armée chrétienne reprit sa route, harcelée par la faim , par la soif, et par des nuées de Turcs, ce fut encore lui qui maintes fois assura son saiuL Dans la grande disette d*eau qu*elle éprouva en traversant risDurie, et qui a inspiré au Tasse un admirable épisode, on le vit se priver généreusement de ses propres provietoos pour secourir ses compagnons d'armer.

Dans la fertile plaine d'Antioche, où les croises arrivèrent après tant de privations, Godefroi étant allé à la chasse, et s*étant écarté de sa troupe, trouva un des siens aux prises avec un ours. Saisissant son épée, il attira la béte sur lui et la tua : mais il souffrit longtemps de ses cruelfeB morsures. Au sHge a*Aatîocfae, à peine guéri de ses blessures,' Il se signala par mie nouvelle proiiesse, et d'un coup d'épée lendit un cavalier turc en deux parties , de l'épaule à la selle. Ses prodiges de valeur contribuèrent encore à la victoire par laquelle les croises, d'assiégé mt> devenus assiégés, dispersèrent l'innombrable armée des Turcs, et se retrouvèrent maîtres de la campagne d'Antioche et do chemin de Jérusalem. Knfin l'arnipe arriva devnnt cette Jérusalem tant désirée. Ce fut Godefroi qui , avec un petit nombre de braves, eut la gloire de s*élaneer le pra* mier sur les murailles. S'il ne put empt^cher l'effroyable massacre qui suivit la vicloire, l'exemple de sa nK)dération et de sa piété rappela du moins à eux* m(Mnes ces farouc'lies vainqueurs qui , tout sanglants . allèrent après lui se prosterner avec larmes et gémissemeub devant le saint tombeav.

« Il s*agit ensuite de savoir ^uel serait le roi (le la conquête, qui aurait le triste honneur de défendre Jernsalem.

On institua une enquête sur chacun des princes, atn d*élîre le plus digne; on interrogea leurs îerviteurs, pour découvrir leurs vices cachés.... Ceux du duc de Lorraine, interrogés à leur tour, après mok blm cherché, no IfmvIiwI •

Digltized by Coogli :

rien à iàire contre lui , sinon ou'il res* tait trop longtemps dans les églises, au delà même des offices ; qu'il allait toujours .s'eiiqiiérant aux |)rêtres des histoires re|>ruseiitees dans les iuiuges et W^nfim sacrées , ^rand mécootenteiBent de çes 4|^fâLjl!|4tQn49i«ïk pour le repas (*). «

Les électeurs proclamèrent donc le nom de Godefroi. Il se résigna ; mais le titre d\n oué et haroD 4u çaint sépitlcré fut ](' seul qu'il voulut accepter , refusant de porter une couronne d'or dans un lieu où le Sauveur ^vait été couronné d'épines. Dès la première année , il eut à combattre une aruici' iiuionibrable de F.itimitcs cir\ plicns, vaiiuiuit dans la plaine d Ascaion. Apres cet e^j|>ioitj Tarmée des croisés quitta la ^alpsttne, laissant à peine aM nouveau souverain 300 clievaliers pour dcfendrc ce jjctit Etat chrelien , cerne de tous cotes par les infidèles. Tancrède avait été le seul d'éntre les chefs qui eût voulu xeftiir avec lui. Opendant il sut protéger ses frontières, sans cesse eu liulteaux ai^ressions de i'ennenn , et luire réj^jner l'ordre parmi ses sujets^ f^tt^ i^us de tant de nations diverses, j^iste de ses barons , il orgnin^a la léodalité dans son royauuic , sous une j'ornie plus suvè|[e encore que dao9 aucun i)a\ s de rOccif dent. L'ordre hiérarchique et toutil^ détail (le la justice y furent régies par un code fameux , coiuju sous le uorfi d'Jsfises de Jér usait in , et oui fut dé^ posé ep grande noivpe dans l'église du Sijtiut-Sépnlere (**). Arri vé ainsi au but de son aventureuse expédition, le roi de Jeijusaieni se laissa aller a la tristesse, d(épouragement. U lan^it quel^up l;(Ûups , à gémir sans doute sur ^ |msë^ rame résultat de tant (rhéroïqnes effort^, e| mourut dans sa capitale, le Ib juiUef à râge de 3â ans. Quelques auteurs prétendent qu'il fut empoiso/mé par des fruits que l'éiuir de Césarée lui

(*) Michdet , voL de ruiit. de France,

p. aSa.

(**) Ce curieux monument législatif, dont il a été fait plusieurs rédactions, a été imprimé enitalieuà Venise {iS'i-) , et en fran-

gis à Bourges (1690). M. le cuuite Arthur lUgDot en prépare une nouvelle édition dont le premier volume a d^à paru, (Voyei A1U8U ra JinutauM.)

avait présentés à son retour d'une exp^ dition. Son corps fut déposé dans Vetk* ceinte du Calvaire , près du saint ton»» beau ava^t f\XmM

tendu. 1 ' '1

Cod^rot tféUii pas d^une ^ile ir^ éiievAB; mais sa force était éxtraordinaire : il faisait voler d'un seul coun de sabre la tète d'un cbameau ou d'un bœuf. A sa prodigieuse valeur , il joignait du reste une douceur et une sim* |)]icité admirables. Des ambassadeurs arabes s'etoimaient en le voyant assis par terre; il leur répondit tristement:

« La terre n*est elle pas bonne pour « nous servir de siège pendant un temps, « quand nous allons rentrer pour tou- « jours dans son sein ?» Ib se retirèrent pénétrés d'admiration. Sa piété effaçait celle des prêtres et des moines, et sa pureté fut singulière. Il ne se maria point , et garda jusqu'à la mort sa vir^iuitié. j^ussi son nom , oélâ>ré par la poésie comme par l'histoire , « rappelle encore aujourd'hui les vertus des temps héroïques, et doit vivre parmi les hounnes aussi longtemps que le souvenir des croisades O* »

GoDEFROY (Denis), célèbre jurisconsulte, né a Paris, en 1541), d'un conseiller au Châtelet. Les troubles civils le forcèrent de se retirer h Genève , et de là eu Allemagne, où il professa le droit (1 ins plusieurs universités. Le succès qu'obtinrent ses leçons fut si grand qu'on essaya de le rappeler eu Fiance, en lui offrant la chaire de Cu- Jas. Mais s' n principes religieux l'empèchèrent li accepter celle offre. 11 mourut à Strasbourg en 1C22. Son édition du Corpus jurU cMlis est trèî-recherchée à cause de sa clarté , de sa précision, et (le l'érudition des notes dont il r«j enrichie, ^ious citerons encore parmi ses^rits : Notse'in Cieeroneni , Lyon, 1 588 et I.39I, în-4"*; ./nliqusc hhtoriae libri II , i:àle, 1590, in-S»; Lyon, 1591, 2 vol. \w-Vl\ Aidhores laiitisi linguse in unum redacti corpus. Saint- Gervais (Genève), 1595, 1602 ou 1633, in-40 ; Maintenue et défense des princes souveraine et églises chrétien fies contre les attentats et excommunica • Hons des papes de Rame, 1694« in-8«;

(*) Midiaud, Histoire des croisadet.

L'U«iV£ftS.

GODBPBOT

Statuia GaUixjuoctaFraneanmj Bur»

mmâUmum, Gothonm et Anglorwm

m ea dominantium consuetudines , Francfort, 1611, in-fol., etc. On a par- . fois confondu avec le précédent un autre Godefroy (Denis), avocat , né à Paris au commencement du seizième siècle, connu seulement comme auteur des notes jointes aux éditions de 1537 et 1603 du Grand Coutttmfer, de Jean Boutiller. C'est aussi à tort au'on a attrilnié an premier Denis Goaefroy VJvis pour réduire les monnaies a leur juste prix et valeur, Paris, 1611, in-S*.

GoDEFROY (Denis II), historiographe (le France, iils de Théodore, né à Paris en 1615, fut nommé, en 1668, garde des archives de la chambre des comptes de Flandre après la prise de Lille , et mourut dans cette ville en 1681. On lui doit une nouvelle édition du Cérémonial français y Paris, 1649, 9 vol. in-fol. ; Histoû^ du rci Charles V H qui contient les choses mémorables advenues depuis 1422 à 1461, Paris, 1661, in-foL. ; Mémoires et instructions pour servir dans les négociations concernant les droits du roi, 1665, in-fo1.; Amsterdam, 1665, in-12; Paris, 1689, in-12. Il a encore donné des éditions de Philippe deComines, de J. Juvenal des Ursins et de Jaligny, plus complètes que celles de son père; enUn de t Ififi foire des connétables^ ch anceliers, gardes des sceaux^ par J. Leferou. — GODBFBOY ( Danis ill ) , fils du précédent, né à Paris, en 1653, fut avocat au parlement , garde des archives de la chan[ibre des comptes , et mourut en 1719. On a de lui : Abrégé des trois étais, du clergé, de ki wMesse et du tiers état, Paris, 1682, in-12 ; une nouvelle édition de la Satire Ménippée, avec des notes de Dupuy et de Duchat, etc., Eatisbonne (Rouen), 1711,

3 Tol. iR-8*. *-Son frère/eo»» né àParIs en 1660, mort à Lille, en 1732, a donné

des éditions de Comines, des Lettres de Rabelais y des Mémoires de Marguerite de ralois, de la Satire Ménippée, de fEstoile, de Castelnau, etc.

GoDEFROY (Théod.), fils de Denis, conseiller d'État, né à Genève, «n 1580, vint à Paris en 1602, abjura la religion

5* rotestante, fot nommé historiographe e France en 1632, et envoyé deux ans après en Lorraine , avec le titre de conseiller souverain de cette province ; il accompagna le cardinal oe Lyon au congré» de Mnnster, demeura dans cette ville comme chargé d'affaires de France, et y mourut en 1649. On trouvera, dans le tom. XVII des Mémoires du P. Niceron, la liste complète de ses ouvrages, dont les pin?; imporfants sont : Mémoîres concernant la préséance des rois de France sur les rois d'Espagne, Paris, 16IS, 1618, in-4*; Généalogie des ducs de Lorraine, 1624, in-4'»; Traité touchant les droits du roi trèschrétien sur plusieurs États et seigneuries possédés par plusieurs princes voisins f Paris, 1655, et Rouen, 1670, in-fol. : cet ouvrage a paru sous le nom seul du P. Dupuy ; mais on sait que Godeiroy en a été le principal rédacteur. On lui doit aussi les premières éditions de V Histoire de Charles Fl, par J. Juvénal des Ursins; de Charte!^ y m, par Guillaume de Jaligny et autres auteurs contemporains ; de Louis XII , par Cl. de Seyssel , Jean d*Authon , Jean de Saint-Gelais , etc. ; du maréchal de BoucicauU ; d\ frfus III, comte de Kichemunt; des additions a V Histoire de Bayard; la première édition du Cérémonial de France, Paris, 1619, in-4°; enfin, il a laissé 88 vol. infol., manuscrits , sur différents sujets, conservés à la bibliothèque du roi.

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