GOBELINS
L'UNIVEKS.
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moment , pour faire la tapisserie , on avait coupé les tableaux par bandes qu'on plaçait près de la chaîne ; ou imagina, en 1747, de prendre sur du papier trans- .parenttotts les traits db tableau, et d'appliquer ce papier sur la chaîne , comme on le faisait auparavant du tableau même. £n 1759 , le célèbre mécanicien Vaocanson introduisit encore de nouvelles améliorations.
En 1789, lors de la révolution, la manufacture fut déclarée nationale. Tout s'y faisait autrefois à l'entreprise ; le roi lui-même payait les pièces de tapisserie au fur et à mesure de leur livraison.
Alors les ouvriers furent payés à Tannée, et il fut décrété gue la tapisserie seule serait fabriquée oans cet établissement. Les autres corps de métiers furent congédiés. Le manque de fonds fit encore vaquer la manuracture jusqu'à l'an IX. A cette époque, un grand nombre de t.'il)lenn\' qu'inspirait à nos peintres notre gloire militaire, furent reproduits par la tapisserie ; on copia les tableaux de Gros, de Gérard, de Girodet , et la réputation que s'acquit la manufacture par la reproduction de ces belles pa^es, s'augmenta encore par les copies qui furent Tàites des tableaux de Robens sous la restauration. En 1826 , on entreprit la fabrication de tapis façon de Perse, et dans la même année, la fabrique de la Savonnerie fut réunie à oelle des Gobelins.
Les ateliers de la manufacture sont au nombre de quatre. Tout ce qui concourt a la fabrication de la tapisserie est fait par les artistes eux-mêmes ; ils ourdissent leurs chaînes, calquent et décalquent leurs tablennx, sous la surveillance du chef d'atelier et d'un peintre. Dans rétablissement, se trouvent un magasin général et un magasin de détail (les laines et des soies. Chaque métier a en outre son armoire particulière. Pour opérer, l'ouvrier se place datant le eanevaa, tandis que son mo* dèle est derrière lui , et il se retourne de temps en temps pour comparer la teinte des fils qu il emploie avec celle du tableau. Un atelier de teinture est aussi compris dans la manufacture. A l'aide de ces immenses ressources et des procédés les plus ingénieux , on est parveou à donner aux tapisseries des
Gobelins tout le prestiî^c de nos plus beaux tableaux, et avec tant de succès, qu'un œil peu exercé pourrait s'y tromper au premier abord.
Dans beaucoup de pays étrangers od a élevé des établissements auxquels la manufacture des Gobelins a servi de modèle, mais ouï sont loin de pouvoir rivaliser avec elle.
GoBERT(r^apoléon\ «Le 2 mai 1833, à Vitré , un jeune homine de 26 ans faisait son testament , et y inserait ces paroles nobles et touchantes, où se révèlent tout à la fois un triste découragement, l'idée d'une lin prochaine, et un cœur généreux qui se ranime à la pensée d*un projet inspire par Pamour le plus vif de la gloire de la France : « J*au- « rais voulu rendre ma vie utile à mon « pays ; j'ai fait des projets , et le cou- « rage ne m'aurait pas mançiué ; mais la « santé n'allume pas le flamoeaudemon « intelligence, et toutes mes facultés, « grandes peut-être , languissent étein- « tes. L'étude est une lutte qui m'é- . « puise et où Je succombe. Que ma mort R du moins soit utile à ma patrie , et « puisse je faire avec mes biens ce que je « n'ai pu faire avec mon esprit !
« Je veux que la masse de mes biens « soit vendue , hors ceux dont j*ai indi- « gué l'emploi , et que legs , travaux et « trais soldés , le capital soit placé sur « la dette publique. J'en lègue une moi- « tié à l'Académie des inscriptions et « belles-lettres, et je désire que les neuf « dixièmes de l'intérêt soient proposés « en prix annuel pour le travail le plus « savant ou le plus profond sur Tbistoire « de France et les études qui s'y ratta- « client, et l'autre dixième pour celui « dont le mérite en approchera le « plus, etc. »
L'autre moitié était léguée à l'Académie fran(jaise, à l'auteur du morceau le
f)lus éloquent d'histoire de France, sous a restriction , comme nour le legs précédent , que Tauteur jouirait du prix jusqu'à ce qu'un autre fit un ouvrage supérieur.
Celui qui s'exprimait ainsi , celui qui disposait si largement de sa fortune en faveur de la patrie , était le fils unique du général Gobert (*).
(*) Extrait d'un rapport fait à rAcadémie de5 insaiptions, le a 5 septembre 1840.
GOBIlf
FRANCE