‹ France dictionnaire encyclopédique T. 8Chapitre 25 sur 198 · VIII. Postes. l.C ConuPfl d''afh)}i)ns · texte numérisé non relu

VIII. Postes. l.C ConuPfl d''afh)}i)ns

tration est formé d'un directeur et de quatre sous-directeurs.

Le bttreau du persetmei est placé sous la direction immédiate du directeur de l'administration ; les quatre sous-directeurs sont placés à la téte d'un nar^ nombre de unu-^ttreetUms, dont les attributions soit ainsi réparties :

Première wns-direct ion : Paquehotî?, relais, malles, inspection des courriers, services par entreprise, matériel.

Deuxième sous - direction • Corr espondance de poste dans l'intérieur, orpuisation et police du service, service rural , eorrespondanoa aree les offiess

salpêtres , doivent verser le produit de leurs veilles. Dans un grand nombre de chefs-lieux d'errondimitiiMiK, le» rcoevem» priucij[)aux MBl «Q méine temps entrtpoteun.

étrangers, franchises et contre-seings ,

etc.

Troisième sous»directkm. Articles

d'argent.

Qimfrirme sous - direction, Servico du départ et de l'arrivée.

Les employés de l'administration dans les départements sont les inspecteurs , les directeurs des àureoux et les maîtres de poste.

Nous aurions encore, pour compléter le tableau des administrations qui dé« pendent du ministère des finances , à foire connaître l'organisation de la Banque DE Fratvce, de la Caisse D'AMoa- TissEMENT , et (le celle des Dépôts et COlismiiATiONS ; mais nous avons consacré à ces établissements des articles spéciaux ; nous y* renvoyons le lecteur.

A Teiceptlon de ces deux dernières

administrations, et de celles des postes, des monnaies et du timbre , toutes les autres siègent, avec l'administration centrale des finances , rue de Rivoli.

ZJste des ministres des JSinmeês,

i7$St Fujpoull.

i4 téftwt 1796, Rain«l.

Il juillet 1799. Robert Lindet.

10 novetub. 1799, Gaudin (depaitdoc à* Gaile.)

1" avril i8i4f baron Louis.

20 mar.s 181 à, (î;iudin.

9 juillet t8ià, Louis.

a6 srpieinb.iSiS, CurVtttOt

7 «léceinb. sSiS, Boy.

19 décnnb. 18 18, Lonîs.

iQ tiovcmb. i8in« Roy.

14 dt'cemb. 1 81 1 , de Vill^lr.

4 janvier i8a8, Roy.

9 a •lût 18x9» de MonlbeU 3i juillet tt30( Lofûs (eommÎMaire provis.) Ç). t** ao&t » M (cosmiitMire {irovit.) (**).

11 M » » mfnistiie.

a novcinb. » Laffitte.

i3 mars i83t, Louis.

Il octobre i83», Hiiinann.

10 noTemb.iii34, liipp. Passy.

18 M N Humannt8 janvier iSJe. d'Ari^oat.

6 septemb. » Dia-liàteL

15 avril 1837, Id> avt- LaplafIM.

3 mai i^-^9> Hipp. Passj.

t'^nars i84n, Pelct 4e k LmAiW.

â septemb. » Uamanii.

avril iS4** Lacave'ljiplagiiek

FiNANCiBB. C'est le nom que Von

donne à toute personne qui se distingue dans la science ou dans le maniement

(*) Nommé par la committion de l'hélel

de ville.

(**) Nommé par le ISeutenant général du foj'airaBC*

PIHAVCItt VRANCE. VIMAHCIIE

àes finances. Ainsi , on dit un profond fioancieri un habile financier, pour ca> nctériser un homme très- verse ou trèsinstruit dans cette branche de Téconomie sociale. Mais ce n*est pas sous ce point de vue , purement théorique et

r tique, que nous voulons envisager ici financier ; c'est seulement comme marchand d'argent à un taux usuraire, spéculant sur la fortune publique et sur les besoins du trésor; c'est comme l'auxiliaire, l'associé ou le complice du lombard, du nialtolier, du juif, du fermier, du traitant , qu'il a drûit à une place dans ce Dictionnaire.

A tontes les époques de Paneienne monarchie , les financiers ont joué un rand rôle. Dans les premiers temps , ipstabiiite des ressources, Tinsuffisauce éu revenus , et firrégularité des nm* Uéet, durent contraindre la royauté à puiser dans leur bourse; plustard, Pauiîraentation des dépenses , les besoins de la guerre et les prodigalités de la cour, les rendirent encore plus nécessaires.

C'était toujours à eux qu'on s'adressait d;ins les crises financières pour suppléer a la pénurie du trésor, et leur part d'action et d*influeiice croissait en raison des difficultés et des ^calamités publiques. On pourrait dire, sans trop d'exagération , que , pendant dix siècles , les gens de finance ont profité beaucoup plos que le gouvernement lui-même du produit des impots ; car ils avaient mille moyens d'iittirer à eux , par des voies directes ou détournées , la plus grande pntie des ressources du pays. Loir industrie prenait tantôt la forme d'un prêt ou d'une avance, tantôt le caractère d'un marché à forfait ou a bail. Ils prêtaient sur les biens du domaine, sur Ms, sur des obligations du trésor, sur aes inscriptions de rente, sur rrxploi- Ution des différents droits du lise.

Étrangers à la France par leur origine ou par leurs sentiments , Ils se firent toiijonrsunjeu desonhonnoiir , dcsesinteréts et de sa gloire. Jamais la cupidité, pour arriver à ses fins , ne poussa plus nia Pespiît de bassesse et d'intrigue ; jamais elle n'afficha (^ouvertement le de tous les principes de l'bumaûilé et de la morale. Auprès du pou- *s^, la complaisance, la servilité; auprès de radminifitratiOD, ht séduction,

la corruption ; auprès âes employés subalternes, les gratiiica lions, les pots-devin; tels étaient leurs moyens ordinaires nour assurer le succès de leurs comninaisons usuraires. Mais la présomption et l'insolence s'allient généralement à la bassesse et i Tintrigue , et la cruauté et Tinjustice au mépris des règles de l'humanité et de la morale.

Les financiers se montrèrent toujours pleins de vanité, d'orgueil, d'arrogance; toujours avides, durs, impitoyables dans les relations ordinaires de la vie et dans la pratique de leurs spéculations fiscales. Les menaces , les poursuites , les saisies, les exactions, la oraude, le yiîécu* lat , la concussion , tout leur était bon pour augmenter le rendement des impôts , pour accroître leurs richesses , pour tromper le trésor, et pour alimenter leur faste.

Le crédit des gens de finance égalait leur fortune prodigieuse , et présageait une révolution dans l'État. Ils étaient redoutés par les peuples , ménagés par les parlements , reclierchés par la noblesse, et courtisés par la royauté ellemême. On vit l'orgueil monarchique de Louis XIV s^incliner devant cette puis* sance qui s'élevait à côté du trône , et qui était à la veille de supplanter l'ancienne aristocratie. Évidemment , les pouvoirs et les honneurs sociaux allaient échapper à leurs propriétaires actuels , et passer en d'autres mains. Les financiers , si haïssables et si méprisables qu'ils fussent , n'en représentaient pas moins le croissant ascendîmtde Tind^ trie sur le privilège. C'étaient des hommescorrompus , pervertis même, mais enfin c'étaient des hommes du tiers état qui s'imposaient si hardiment aux classes supérieures de la société. Les financiers, en s'alliant par le mariage avec la noblesse, en briguant ses titres, en recherchant ses distinctions, contribuèrent encore i bâter la révolution qui se préparait ; car ils apportèrent dans les familles nobles leur esprit étroit, avide, égoïste, insolent, et par la les enveloppèrent dans la défaveur publique et la déconsidération morale dont ils étaient' généralement frappés.

Citons quelques remarquables exem-

i>les de Timportanoe , da crédit et de 'audace que la possession de la plui

96 rifTANCIEll LUNIYËKS. riNANCIEft

p-ande partie des richesses de l'État donnait aux linanciers. En 1588, sous le règne de Henri ] II « eut lieu la seconde GonYocation des états généraux dans la ville de Blois. Uassembléc , sous Pin- Huence et l'inspiration de l'esprit de la ligue , se montra peu disposée à céder aux désirs de la cour. Elle demanda la suppression de tous les offices inutiles de (inance et de justice, l'abolition de la vénalité, la diminution des impôts, et la ' réduction des tailles au taux où elles étaient du temps deLouisXII. Plusieurs députés réclamèrent même la réducHon des pensions et l'érection d'une chambre de justice pour rechercher et punir la dilapidation des finances. Henn III, soit Ju.stire, soit faiblesse , consentit au retranclienient tiu quart des tailles, et autorisa les poursuites contre les financiers. Mais telle était la présomptueuse insolence de ces hommes , qu'ils osèrent

{)rotester, pour eaus * de nullité, contre es états , c'est-a-dire , contre l'autorité des trois ordres aai représentaient la nation, pe leur coté , les officiers dont la suppression avait été réclamée publièrent plusieurs écrits tendant à prouver que la réforme projetée conduirait inévitablement à l'oppression du peuple, h la diminution des ressources de la couronne, et à la décadence des villes les plus importantes du royaume. Cet excès d'auaace et d'arrogance réussit mer^ veilleusement aux financiers , et l'emporta sur le bon droit ; les choses, au détriment de l'intérêt général, en restèrent au point où elles étaient avant la réunion «es états (*).

Jamais les gens de finance ne portèrent plus loin leurs prétentions que dans les deux derniers isiècles de Tan- Tienne monarchie. On peut en juger par quelques détails intéressants qui nous sont parvenus sur la vie et le caractère du traitant Samuel Bernard , dont la fortune s'élevait à 33 millions décapitai. « I.ouis XIV, dit M. Bresson , eut besoin d'.ivances , et Samuel Bernard les accorda , après s'en être fait toutefois prier par le roi lui-même. On eut recours à lui, pour un service du même genre , sous le règne de Louis XV. Sa-

(*) Qfinvm de P»squier, t. II , n. 363 el

mucl Bernard répondit au tiers chargé de cette négociation : « Ouand on a besoin des gens, c'est bien le moins qu'on en fasse fa demande soi-même, n u fut donc aussi présenté à Louis XV, qui lui dit des choses flatteuses et chargea un des seigneurs de la cour de lui faire les honneurs de la demeure royale. Samuel Bernard fut appelé le sauveur de TÉtat ; tous les courtisans s'empressèrent de le coint)! intenter ; il dîna cnez le maréchal de Noaîlles , soupa chez la duchesse de Tallard , joua et perdit tout ce qu'on voulut. Ou se moqua de ses manières un peu bourgeoises, et il prêta les millions qu'on lui demandait (*).» Or, ce financier qui traitait presque de puissance à puissance avec la royauté r'tnit né dans les rangs de la bourgeoisie. C'était un sentiment d'orgueil, et peut-être un pressentiment de Tavenir, qui le pouftsnit à prendre la place qui lui appartenait dans la nouvelle hiérarchie sociale.

I^e crédit et le pouvoir des cens de linance n*ont pas toujours sufu çour protéger contre la puissancederindignation publique et contre les coups de la justice.ll y avait des moments ou le peuple, les nobleset le gouvernement secouaient ce honteux vasselage de Targent, et cherchaient à se veni;er par de terribles représnill( s. Plus d'un financier a expié par une ujort violente dans les révoltes populaires , ou par une lente agoniedans les prisons féo<lales, les dilapidations qui pesaient sur sa conscience. La peine de confiscation de corps et de biens fut prononcée contre tes usuriers par les ordonnances de 1311 , de ]349« de 1545 et de 1579. La concussion et le péculat, sous les règnes de Philippe le Bel et de Louis X , furent punis du dernier supplice. François r*", par son ordonnance de 1545, frappa les mctiu s crimes de la confiscation de corps el de biens. L'ordonnance du 3 juin 1601 ordonna « que les receveurs , les trésoriers « et autres préposés pour le maniement «des deniers publics, » qui auraient employé à leur usage particulier ou détourne les fonds de leurs caisses, seraient pimis de mort, sans que la peine put éue mitigée par les juges. Colberi

(*) Bresson , Hisl. fioaiMière de la France^ t. It bitrod., p. 6o et6(,

lin I •

riMAnaEE

FINAMCIEB.

fit revivre toutes les- dispositfons des

anciennes lois qui assuraient au souverain un privilège illimité sur les biens meubles et immeubles des comptables; ceux qui s*étaient attiré deux ou trois fois des marques de mécontentement de la part de la direction centrale, devaient être regardés comme inhabiles et contraints de se défaire de leurs emplois. Enfin, il leur fut défendu d'émettre aucun billet ou antre effet, sous peine d'être considérés comme des faussaires, et d*étre condamnés cbinme tels au dernier supplice.

A toutes les époques de notre histoire , le gouvernement chercha à arrêter les dilapidations des fînancieris par l'application de ces peines. Des cornmissions extraordmaires furent chargées d'exercer des poursuites, et on poussa la prévision jusau'à ordonner qu'il en serait établi dé dix ans en dix ans, «afin que les malversations des « officiers comptables et des ^ens d'af- «faires, dans la perception , 1e manie- • ment et la distribution des deniers «publics, ne demeurassent pas i m pu- «nies(*). » Longtemps avant l'établissement des chambres ardentes, dirigées contre les financiers , ceux-ci furent plus d'une fois frappés par la Justice sommaire de la royauté. Vers la fin du treizième siècle, sous le règne de Philippe le Bel , nous voyons proscrire presque tous les usuriers dans la personne des juifs : ceux ci sont chassés du "toyaunie, et leurs biens sont confisqués au prolit du trésor. Beaucoup , à la vérité, obtiennent de rester au prix d*énonnes sacrifices, et la rançon prélevée sur les bannis et sur les tolérés reçoit le non» de bénéfice de restitution. Le gouvernement se trouve bien de cette justice rétroactive, qui lui permet de reprc'.dre d'un seul coup, dans les mains des exacteurs , ce qu'ils ont amassé par toute une vie de rapines; et, à Tavenir, la poursuite des gens de finance sera fréquemment emplovée couine uo moyen comoiode et infaïUi-

(*) Voyez réJil du mois de juin i6a5, rendu au .sujet de l'iostilution d'une diambre

de justice. Voyeï aussi lu préambule de l'étlit du 7 décembre 171$, porlaat la création '4*uie autre cour spéciale.

T. Vlll. 7* livrainon. ^DiCT. encycl.^ ktc.)

Bayérteche | Staatabibliothek | MûnolMn J

ble pour remplir les coffres de TÉtat.

En 1579, lïenri ITI ordonna rétablissement d'une chambre royale pour la recherche des abus commis dans l'adjudicalion des a'des et des gabelles, dans l'aliénation des domaines et dans la con.stitution des rentes. Le roi ajoutait même dans l'ordonnance relative à la création de cette cour spéciale , quMI recevrait « en audience o.iverte et pu- « blique les plaitites et doléances de ses «sujets, afin d'y pourvoir et de leur « faire administrer justice. » Mais ni la chambre royate, ni le monarque ne remplirent leur mission et leurs devoirs, connue la France avait le droit de Fattendre. Les maitôtiers, pour la plupart Italiens, achetèrent pour 200,000 éeus, un traité d'abolition , auqtu'l on doona le nom de paix des Jinanciers.

Cette paix ne pouvait être qu'une suspension d'hostilités entre deux puis* sauces qui avaient mutuellement besoin l'une de l'autre, et qui pourtant avaient des intérêts opjiosés et étaient naturellement ennemies. Le gouvernement, sous Henri IV, sévit avec une rigueur nouvelle contre les financiers ; et r e fut le ministre Sully , homme le plus honnête du royaume, qui dirigea les poursuites. Ce grand administrateurexamtna avec une extrême sévérité lesronipîpsdes principaux traitants de l'odunni^tratiou des fermes. Il découvrit bientôt qu'ils avaient porté au chapitre des dépenses

Î>lusie«irs millions détournés à leur proit. « Il força le receveur général du clergé de lui présenter ses comptes, et trouva quMi s*était approprié des sommes considérables. Il vit qu'il y avait une aliénation très-forte d.nis les domaines de la couronne. Plusieurs de ceux qui en possédaient jouissaient sans titre et par usurpation; d'autres les avaient obtenus à si bas jjrix , que la première année du revenu avnit suffi à elle .«ieule pour les rembourser. Il proposa au roi de le faire rentrer en possession de tous ces biens , ou de forcer les aeqnéreurs d'en donner la juste valeur ; il lit la même opération a l'égard de différentes charges et de différents offices, et résolut de forcer ceux qui les possédaient à augmenter leur première finance, ou à recevoir pour le remboursement les mêmes sommes qu'ils avaient

Dic

H mASdttt LUI^IVEHS. nNiKcnut

données fO. » IDouft tes finan^îen

èn pxemjiter les trésoriers de France , s'alnrinèreiit de celte enquête , qui menaçait de les atteindre dans leurs plus chers fntéïéts. Décidés à se tirer d'affaire et à obtenir une espèce d*acte d'amnistie à tout prix , ils offrirent diuize cent mille écus au ministre; Sully .iccepta sans scrupule cette restitution, qui lui fut présentée sous la forme d'un prêt (**).

Un autre incident du même genre marqua la première période du r gne de Louis Xin. Mais cette fois, les auteurs de tant de malversations n'en furent pas quittes pour nbaiidonner au

{(ouvernetneot une partie du produit de eurs rapines. La chambre de justice, instituée à la demande du surintendant Marillac, pour connaître des délits en matière d'administration Onancière , prit au sérieux ses fonctions de commission prévdtale ; ses poursuites devaient comprendre toiitc^s les malversations commises par les linanciers, de-

Suis 1U07 jusqu'en 1624. Parmi les élinqoants , plusieurs prireht la ftiite et furent condamnés par contumace et pendu? en effi:;!?; les nutrcs, juives contradicloirement , furent condamnés à des peines plus ou moins sévères. Un seul périt sur Técliafaud, conformément à l'ordonnance de François 1"% qui condamnait à mort l'agent prévaricateur. Les accusés qui avaient contracté des allianees avec des familles puissantes, les prièrent d'intervenir

Ï)our arrêter les poursuites. Le roi se aissa toucher par les sollicitations de la noblesse de robe ét d'épce , et tout finit, comme d'usage , par un compromis. Pour obtenir la révocation de la chambre de justiee, les fermiers iienéraux consentirent à payer une taxe de 10,800,000 livres.

(Jolbert n'était pas homme à se montrer plus indulgent que les Sully et les Marillac pour le pillage et le détourne* ttient des deniers publics. Il fit établir une nonvelto <ibambre de justice , dont les membres furent choisis parmi les magistrats attachés aux cours souveraines. Ce tribunal eut pour mis^on

(*) Bresson, 1. 1, p. :ï2q.

C^) BaiUy, t, I, p. agS.

« èe rcdicrcher et punir par des anleti*

« des , tous les t^enres de malversntions, «de péculat, et les autres crimes ou a délits commis dans la perception , le « recouvrement, la distribution et remet pioi des impôts ordinaires ou extmor- " diiiaires, soit par les officiers cotnpa tables ou les fermiers , soit par leurs « clercs , leurs commis ou leurs com- « plices, depuis l'année 163&

Q Le passage suivant, extrait d'une HehtioH adrettée à un crnidinaiparuti seignew romaitt de Ut suite du ligat (t665) , pourm donner une idée de la pdl-isance et du nombre des tinaiiciers dont ce tribunal devait r«lier«lnr le» nuiivemrions; « Je compte, dit l'auteur de ce document , je compte la

tïensée et l'exécutioti de celte i-echerche entre es chefs-d'œuvre du roy. Il est vray que dans Paris et dans la conr j'ai ven un grand nombre de voix s'eslever contre la chambre de Justice; luais la malice ou Tarlilice des intèresaez est la souroe de tels bruits.

« Car \v. nombre de ceui qui se sont mcsiez dans les ft-rnies o\ finances du roy n'est pas

i>etil, principalement commençant depuis 'an x635, qui sert de bornes am recner* cbcs; il peut nieime passer pour très-grand, si l'on joint aux traittans connus leurs associez, cautions et participes, et plus encore si l'on ajoute les sous-traittans , arrière-traittans, les soiis-ft'rnùers et arrière-fermiers, les receveurs généraux et |parUculier$ , ceux ea titre, oeux par coaunission , lents oenimolaiy les commis tant ambulans qu'autivs, lessoui- . commis, exempts, gardes, archefS, Mtgcns et préposez aux recouvrejnens. # « Les libdies publiés durant les demie» troubles de la France soustieunent que ce oombre surpassoit celiiy des soldats que te roy entreienoit dans les garulsons.

«J'ai leu dans on savant politique franrnis, v\ si je ne me trompe, cVst Bodin en sa Kipublioue, que c'est une chose ordinaire

{i&riicnlièrement en France de crier conUft es abus commis dans le maniement des finances, mais que toutes lois et qiiantes Ton est venu à cee discussions et qu on a voulu les estendM aussi bien aux gnuids qn*anx petits larrons , ces pieux desseins ont lousjours esté romec par des mouvements civils qu'oii a escitex sous divers prétextes; et cela par les intrigues des ânanciers , et par la liaison secrcttc qu'ont avec eux les plus !:;rand!i de la cour. Lt certainement si les recherches commencées par le roy Très-Clhrétien s'achèvent» S. M. aura la gloire d'accomplir ce que plusieurs de ses i^édécesseurs ont tenté mutile»

FRANCE

FINANCIER

Une des principales opérations de la chambre de justice fut de démontrer la falidité d*vne multitude de créances et d'engagements contractés par les traitants à l'égard du trésor , et qu'ils s'étaient efforcés de diminuer ou de supprimer par des voies frauduleuses. Tous m porteurs ou débiteurs reconnus coupables de ces manœuvres criminelles furent conHnninés à des taxes qui, à raison de 2,000 livres d'amende ponr 1,000 livres de capital , procurèrent , en huit années , une rentrée de 10 millions. La chambre de justice reconnut encore quMI y avait, sur une lotion de six années , à la charge des igents comptables du gouvernement, pour 384 millions de fausses ordonnances et de bons du comptant simulés.

On frappa tous les accusés de celle catégorie de taxes nombreuses , dont le montant ne s'éleva pas à moins de 35

millions.

Les énormes dépenses occasionnées par les guerres de Louis XIV ne pou*

valent manquer de favoriser les malversations des financiers. Plus les charges publiques aui^me.ntaient , plus ils voyaient s accroître leurs chances de bénéfices. Dès l'époque de rétablissement du dixième, les rorpptables , cachant sous une apparence de désintéressement leur avidité ordinaire , avaient lait an trésor une avance de 18 millions sur les produits de cet impôt, sans sli-

Îiuler d'autre avantage que l'intérêt de eurs capitaux. Mais le ministre Desmarets ne fut pas dupe de cette prétendue générosité. Dès que le retour de la Mix lui permit d'examiner sévèrement les comptes des traitants, il reconnut

Îu'ils !^ étaient enrichis aux dépens de \ couronne et des contribuables , par le détournement d'une partie du produit des impôts. Plusieurs furent nus à la Bastille , tous furent taxés impitoyablement ; on porte à 30 millions de livres, pour nous servir de l'expression consacrée, le bénéfice de resUtuUon Que fit alors le fisc.

L'établissement d'une chambre de Justice, par l'édit du mois de mars 1716, cpt encore je même objet. Malgré la

ment, etc. » {Àrchïv. ciuiciises de l'/iùt. de franee, a* wèiie , t. X , p. 3 et suiv.)

fréquence des enquêtes judiciaires , la sévérité des châtimeots et Ténormité des amendes , les malversations des ft-

nanriers allaient toujours en augmentant. L'appât et la grandeur d'un gain illicite l'emportaient sur la crainte de la répression et de l'infamie ; et, après quelques années d'oubli ou de tolérance, on était contraint de recommencer à sévir contre les cou|):ibles. Selon ].e préambule de Tordonnauce de 1716, c'étaient répuisement oi^ se trouvait le royaume à l'avéornient du jeune roi Louis XV, et « la déprédation des de- « niers publics » petidant les deux dernières guerres , qui avaient motivé la option du tribunal. On y lisait encore que les hommes qui s'étaient adoimés à ces vues criminelles , avaient fait « des fortunes immenses et précipi- « tées ; » et que , dissipant avec proiusion ce qu'ils avaient acquis avec injustice , ils avaient insulté à la misère du peuple par l'excès de }eur luxe et de leur faste. Les redierclies sévères de la chambre amenèrent la condamnation de plusieurs milliers de traitants, gens d'alfaires, officiers comptables, commis, préposés, et courtiers de rentes ; on en taxa 4,410 qui étaient entrés sans fortune dans les finnnrps , et dont les biens montaient à 800 millions. On les força a restituer au trésor 307 millions , et on leur en Ifiissa 493 » toutes leurs dettes payées.

Les nnnnciers ne né^îligeaient aucun des moyens qui pouvaient augmenter et consolider leur crédit industriel. Lorsq[ue l'abbé Terray fut appélé à la direc* tion de la fortune publiaue, il trouva beaucoup de dettes exigibles contractées envers la maison Delaborde et quelques autres banquiers de la cour. Le nouveau ministre refusa d'acquitter ces dettes et les convertit arbitrairement en rentes perpétuelles dud remboursables. Les banquiers « dépouillés de leurs droits et trompée dans leurs espérances , ne purent remplir les engai;einents à terme fixe qu'ils avaient pris envers les créanciers, qu'en les obligeant à prendre eux-mêmes des contrats de rente en payement. IMais Delaborde, dont les ressources étaient [)lus grandes, garda les inscriptions de l'abbé Terray , et i)aya ses créanciers en écus*

100 PINANGIBR L*UI«rV£RS. PIHÉB

Cett.b...»fd.<H. ploteteettehabil. et fi,rm« dm» l<ÉUt »n o.^r« non.

politique , lui fit une grande réputation vrnu qui domine dans les deux clinm-

d'exactitude et lui acquit un crédit per- bres, dans le gouvernenient, dans l'ad-

sonnei immense. Kn définitive , il eut ininistration , dans les conseils gêné-

donc lieu de s'applaudir d*avoir su per^ raux, et jusque dans les assemblées

dre 30 ou 40 pour 100 sur les contrats municipales. Depuis vingt -cinq ms ,

de rente du gouvernement. il donne des lois à la France et dirige

La noblesse, vers le milieu du dix- ses affaires dans un esprit étroit de comseptième siècle, avait commencé à se pression , de résistance, dVxclusion , et rapprocher de la finance. Parmi les parfois même de monopole. Cette dogrands seigneurs de la cour de I.ouis niination de la richesse est contraire à XIV, il y en avait qui s'enjiaiieaient Tesprit d'égalité qui a fait nos deux dan3 les entreurises des traitants par révolutions, et qui, s'il admet la hiéesprit de spéculation. La noblesse et la rarchie du mérite, n*admet point de roture oubliaient ainsi leurs anciens classe privilégiée; elle Test aussi aux griefs pour former ensemble une coa- principes éternels de la justice et de lition impure et pour s'enrichir aux dé- l'humanité qui ne veulent pas que le pens du pays. « Desmarets , rapporte travail soit compté pour rien dans la « Saint-Simon , se lâdia avec moi sur répartition des droits politiques, alors « les prostitutions en ce genre de gens surtout qu'il est soumis à l'impôt du « du plus haut p irage, sur les trésors sang bien plus que le riche qui peut « que MM. de Mars.m et de Matigon, tuujuuis s'en affranchir. L'aristocratie « unis ensemble, avoient amassés, sans financière elle-même , nous Tespérons, « nombre et sans mesure, et sur tout comprendra un jour qu'il y a la une « ce que la maréchale de Noailles et sa distinction foncièrement odieuse et con- « fille, la duchesse de Guiche , ne ces- traire au principe d'ordre auquel elle at- « soient de tirer (*)• » Sous la régence , tache, avec raison» un si grand prix. Elle les nobles se montrèrent encore plus se résignera à voir effacer de nos lois cet disposés à tremper dans ces honteuses élément de perturbation et de rivalité spéculations. On les vit se ieter avide> jeté entre toutes les classes; et elle remenl dans tous les excès , dans toutes* connaîtra enfin que le moven le plus certes roueries de Tagiotage créé par le tain d'asstirer le repos de la société et système de Law : on les vit efi grand de mettre un terme a des justes recrinombre se presser autour de cvi etran- minations, c'est d'admettre progressiger lorsqu'il se rendit dans ia rue de vement tous les citoyens à un partage Qutncampoix pour y relever le crédit plus équitable des droits politiques et de son papier, auquel l'opinion oom* des avantages sociaux, niençait a retirer sa confiance. Finee (Oronce) naquit à Briancon,

La révolution a plutôt augmenté que en 1494 , et professa les mathématiques

détruit rinfiuence d<*s financiers. Il n*y au collège royal depuis 1580 jusqu'à sa

a plus de traitants, de fermiers, de mal- mort, en i6&&. Il contribua puissem-

tôtiers , mais il v a encore des cnpita- ment, par ses [tréceptes et son exemple,

listes , des banquiers, des fournisseurs : à répandre le godt des mathématiques ,

# c'est la haute finance et la grande pro- qui , jusqu*alors , avaient été fort peu

priété qui , à quelques exception.s près , cultivées en France. On a de lui trente

occupent aujourd'hui, dans la hiérarchie et un ouvrages ou opusculfs dont on

sociale, la place de l'ancierme ansto- trouve la liste dans IS'iccron , tome 38').

cratie. La fortune, dans le nouvel ordre II inventa diverses machines qui, de

de choses consacré par la Charte, étant son temps, furent un grand objet de

devenue la mesure et la base de tous curiosité , entre autres une pendule

les droits et de tous les pouvoirs poli- construite pour le cardinal de Lorraine

tiques , la classe la plus riche a dû na- en lââS, et que l'on voyait encore avant

turellement prendre un grand ascendant la révolution dans le ealuDet de Sainte- Geneviève.

(*) Saint-Simon, t. Yi, p. T04-IO5. Finée mourut pauvre; sa pension

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FRANCE

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