POIX
FRANCE
Foix ,m
grâce de Dieu. Le reste de sa conduite répondit à ce premier témoignage de détérence envers l'autorité royale. li rendit d'éininents services à Charles VII dans les guerres de Guienne. Son beau-
Î)ère, Jean , roi d'Arnuon et âe Navarre, e déclara, en ]4â5, son successeur au tréné de ce dernier royaume. Bientôt après, Charles YII lui conféra la dignité de pair (1458), et lui donna pour son lils aîné la main de Madeleine de France (1461). Enfin, Louis XI ajouta encore à ces prospérités. Gaston était cepen* dant un des ministres de Ciiarlcs VII dont le jeune roi avait le plus éprouvé Tinimitie; mais il professait le plus grand respect pour son habileté. Or, ce prince appelait habileté ce que le commun des hommes qualifie ordinairement du nom de crinies horribles. Cetait, en effet, par une suite de fbrfaits que le comte espérait assurer à sa femme la couronne de Navarre. Pour les accomplir, il avait besoin de Tappui de Louis- Le voyage de ce prince dans les provinces du Midi servit à resserrer leur alliance. Gaston fut Tintermédiaire du traité d'alliance conclu, en 1402, entre son beau-père et le roi de France, et fut chargé de délivrer la reine d*Aragon , assiégée dans Girnnf\ A peine était-il revenu de cette expédition, que Louis,
fret à tous les sacrilices pour conserver aflfection du comte, lui donna, le 24 mai 1463, la ville et seigneurie de Carcassonne, en annonçant qu'il (es échan-
Serait peut-être ensuite contre la Ceragne , le Roussillon et le pays de Soûle , récemment détachés de TAragon.
Malgré tant de ménaL'ements et de faveurs, Gaston abandonna, en 1471, le piirti de Louis XI, auquel il était jusqu^alors demeuré fidèle. Le duc de Bretagne, qui venait d'épouser une des filles du comte, l'avait fait entrer ainsi dans la ligue lorince par lui et le duc de Guienne contre le trône de France.
Quand la mort du frère du roi eut dissipé ce parti , Gaston passa en Navarre pour s'y mettre à la tête des ennemis de son beau-père, et il y mourut au mois de juillet 1472.
Son fils aîné, le prince de Viane, avatt péri deux ans avant lui, d'une blessure reçue dans un tournoi ; et le fiJs de ce pmce, François Phcebus^ fils
de Madeleine, sœur de Louis XI, était
mineur. Madeleine fit hommage au roi, le 26 février 1473, comme régente des eomtés de Foix et de Bigorre, au nom de son fils. D*un autre côté , le roi avait
écrasé le pouvoir des d'Armagnac, que le mariage de Jean V avec une fille de Gaston avait rapprochés de la maison de Foix. Ainsi se trouvèrent ou détruites ou soumises les puissantes fnniiiles (jni jusqu'alors avaient maintenu leur indépendance au pied des Pyrénées.
itléonorc, venve de Gaston, mourut en 1479, l'année même de son avénenier>t à ce trône de iNavarre qu'elle et son mari avaient acheté par tant de crimes (voyez Navarbb). Elle avait choisi [lour son successeur son petit- fils, François Phcebus, alors âgé de dix ans, qui fut couronné a Pampelune en 1481 , et mourut à Pau le 30 janvier 1488.
Cathenne, sa sœur, fut reconnue après lui comme reine et comtesse, toujours sous la tutelle de Madeleine. Mais ses possessions lui furent disputées par son oncle, Jean de Foix, vieomte de IV'arbonne (*). Il y eut a ce sujet une guerre civile d'abord , puis plusieurs transactions violées successivement. Enfin, la querelle parut suspendue pour uelque temps par la mort de Gaston e JNemours, lils du vicomte, tue a la bataille de Ra venue, en 1513.
Gaston de Foix , duc de Nemmirs, était l'iMiique héritier de Jean de Foix, fils puîné de Gaston IV, cotnte d'Ktnmpcs, vicomte deNarbonne, et de Marie d'Orléans, sœur de Louis XIÎ. Né en 1489, il fut mis, en 1512, à la téte de l'armée d'Italie , se signala par ses hauts faits, et fut surnommé le l'oudre d'JtaUê. Il gagna la bataille de Ravenne le II avril 1512, à Tâge de vingt-trois ans, et fut tué en poursuivant les vaincus.
On peut lire dans Brantôme la vie de ce jeune héros.
Louis XII remit alors les États contestes à Germaine d'Aragon, sœur de Gaston. Mais il s'éleva bientôt un nouveau prétendant : Odet de la maison de Foix. Enfin, le parlement de Paris ju*
(*) Gaston IV avait aclieté cette viçomté en 1447, et fut maintenu dans son acquisition par arrêt du parlenieiil de Toulouse ea
m FOIX L'UNI
ea en dernier ressort , qu'après la mort e Catherine et de son mari Jean d'Albret, leur liis Uenri deviendrait sans réserve possesseur de la Navarre et des comtés de Foix et de Bigorre.
Dès lors, l'histoire du comté de Foix se fond entièren^ent dans celle des royaumes de Navarre et de France. Le pays de Foix rentra dans le domaine royal le jour de l'avénemerit de Henri IV, et pourtant ce fut seuiement en 1607
3ue cette réunion reçut une sanction éfinitive. Lors de la révolution de 1789, le comté devint le département de l'Arié^e. A cette dernière époque, il formait, avec la vallée d'Andorre au midi, et le Donnezan à l'est , un des gouvernpriipnts du royaume. Il dépendait au spirituel de revéchéde Pamiers, et relevait pour l'administration de la justice du parlement de Toulouse. Il était administré par ses propres états , qui s'assemblaient annuellement et pour huit jours dans la ville de Foix^ et se composaient des représentants des trois Ordres, sous la présidence de Téveque, remplacé en cas d'ahsenre par l'abbé de Saint-Volusien. Le subside paye au roi était de vingt mille livres environ; la
{ province donnait en outre quinze mille ivres par abonnement perpétuel.
Les branches cadettes de la famille des comtes de toix. ont aussi donné naissance à plusieurs personnages re^ marquables, que nous allODS rapidement passer en revue.
Archambault de GraïUy avait eu un second fils nommé Gaston, qui succéda à son titre de captai de Bucli, et dont les descendants furent comtes de Caivj>ALE, et formèrent la branche connue SOUS te nom de Foix-Randan. Cette branche fut en effet honorée de la pai* rie, sous le titre de RaïuJan , par considération pour jMarie-dlaire de Beaufremont « marquise de Seuecey , dame d'honneur d'Anne d'Autriche, qui avait épousé Jean Baptiste Gaston de FoiX, comte de Fleix , lequel fut tué au siège de Mardick, en 1010. Lile ntuurul ellemême en 1680. Ses trois fils ne laissèrent point d^ postérité. Le dernier, Henri-Chcuivs , qui portait le nom de duc de Foix, mourut en 1714.
te titre de comte de Candak était entré, «u quinzième siècle, dans cette