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la vicomté de Lautrec ; enfin , il alla secourir Alphonse XI , roi de Gastille ,
qtii assiégeait les Maures dans Algesiras. La mort le frappa à Séville, au milieu de ses glorieux exploits, en 1343.
Il laissait une veuve, Êléonore de Gommin^e, femme d'un mérite éOif* nent , et un (ils âiîé de douze ans , re Gaston III qui devint depuis si célèbre sous le nom de Gasion^Phcebus. Ce jeune seigneur fit ses premières armes contre les Anglais pendant l'invasion de 13i.>, et le roi sembla dès lors attacher un ^rand prix à son amitié; car, après avoir congédié ses gens d*armet« il nomma lui et Bertrand de l'Ile- Jourdain , ses lieutenants spéciaux et généraux en Gascogne, Agenais, Bordelais, et autres parties de la Langue d'Oc.
(Lettres du 31 décembre 1347.) Alors Gaston se mit à visiter les châteaux et vilb's commis à sa garde , et Ton put admirer déjà la courtoisie et la magniâcence du très-haut, très-noble et trèspuissant seigneur qui passa bientôt pour le plus fastueux chevalier de son .sièele. (Voyez Annales, tome P"", page 73 et Buiv.)
II é[)ousa , en 1349, Agnès, fille de Je.ume de France et de Philippe III, roi de >'avarre. Mais bientôt ses liaisons avec Charles le Mauvais, son beaufrère , le firent passer des plaisirs de sa brillante eom- d'Orthez (*) dans la prison du Châtelet de Paris (13â6). Il ne recouvra sa liberté que pour aller courir des aventures avec le captai de Bneh à la croisade de Tordre Teulonimie, contre les Prussiens. De retour à Ghfllons en 1358 , il délivra les prin* cesses de la famille royale, assiégées dans îSIeaux par les Jacques^et a peine eut-il remis Pépée dans le fourreau, qu'il fui forcé de repartir en toute hâte pour combattre de nouveau contre le comte d'Armagnac , avec lequel les éternelles dissensions des deux familles étaient raviveesgjm sujet du comté de Bigorre. La journée de Lsunac( 6 décembre 1362) décida entre les deux compétiteurs qui se disputaient l'empire du midi de la France. Gaston, aussi expérimenté que brave, remporta
(*) Ce fut sinili mon» ru 1460 qu'il transféra sa résidence d'Orthez à Pau.
L'imiVERS.
POIX FRi
la victoire ; et an lustre quf en rijaflKt lur ses armes, ae joignit le produit
considérable des rançons qui vinrent aiiîzmenter ses trésors , fruit d'une babile administration (*).
Ên 1374, le petit souverain de Foix et de Béarn, après s'rirp nssez lon:;temps ménagé une prudente netitraiilé entre les Anglais et les Français qui guerroyaient eti Gascogne et en Languedoc, se décida enfin h d«<nner un gage de dévouement au sénérlial, duc d'Anjou ; et ce gage fut un acte de pertide cruauté exerce sur le gouverneur du château de Lourdes pour les Anglais (voyez Lourdes et Annales, tome r»^, p. 74). Charles V craignit cependant que l'autique haine des maisons de l oix et d* Armagnac ne finît par j( ter ouvertement la première dans le parti de I'Ati- ^leterre; il mit donc tous sfs soins a les réconcilier; et il réussit cnlin à les engager, en 1376, à prendre le duc d'Anjou pour arbitre. Le 12 nov< mbre, une tr^ve fut signée entre les deux comtes ; le 25 janvier, Gaston s'engasea k servir le roi contre les Anglais {**) \ et, le 3 février suivant, la paix entre lui et Jean d'Armagnac fiit publiée; le fils du comte de Foix épousa la fille de • Jean , Béatrix , dite la gaie Jrmagna' naise.
La Langue d'Oc put alors respirer; pour achever d'y pacifier les esprits, le roi nomma, en 1380, Gaston son lieutenant général dans cette province, malgré les témoignages manifestes du mécontentement des princes du sang, accoutumés à exploiter a leur prolit ce riche gouvernement. Ainsi le comte se trouvait vengé de ta longue faveur dont a>aienl joui les d'Armagnac, Mais Charles V étant mort un mois après isette nomination, un des premiers actes de la régence du duc d* Anjou fut de remplacer Gaston par .îean , duc de 3erri. En apprenant cet afiVout, l'impétueux seii^neur prit, sur ce qu'il avait a faire, l'avis des notables convoqués à Toulouse; et la minorité résolut que
(*) Il paraît qne ce produit .s'éleva i It ffomme énorme d*liii nilliou de livres.
Cet e^pigenent lui ayaQl lait perdre ■ne rente de 5,ooo livres , il lui fut aoomrdé
Kur le d('Joiniii'if;(<r, uuesonunede zoo^eoo kncs uue fui^» pajfée.
Tépée devait décider des droits des deux comp^itenrs , et mit è la dispositfon
du comte tous ies moyens nécessaires
f)our protéger la province désolée par es brigands et ies routiers que le auc d'Anjou y avait laissés.
Gaston - Pliœbus vovnit sans crainte approcher l'orage ;entoure de ses bonnes troupes de Foix et de Béarn , il vola à la rencontre de l'armée du duc Jean , lui (présenta la bataille dans la plaine de Revel , et remporta une victoire complète. La guerre continua cependant jusqu'à ce que Clément VII envoyât auprès des deux adversaires le cardinal d'Amiens, afin d'ouvrir des voies de conciliation. Gaston « ayant alors pitié « du dégât du pavs pour sa querelle « particulière, voulut joindre a Thon* « neur d'avoir vaincu le duc celui d'avoir " donné la paix à sa patrie (*) , » et il se retira de nouveau dans ses montagnes.
Ce fut pendant les loisirs qui suivirent celte paix (1382) qu'un événement aussi tragique cpie célèbre, le meurtre du jeune Gaston , iils du comte de Foix , vint empoisonner la vie du noble sd« gneur et imprimer à sa mémoire une taelse ineffaçable. (Voyoa ANNALES, tome % p. 75 et 76.) *
Privé par son propre crime de son successeur légitime, le vieux cMtelain d'Orthez sembla renoncer au métier des aimes, et se tracer désormais un plan de conduite paciiique. 11 ne songea plus qu'à se reposer dans sa cour, dont les splendeurs ont été si bien décrites par le naïf chroniqueur Froissard. Pendant ce temps-là, ses sujets servaient, avec ceux du roi de France, dans les guerres du Nord; tandis qu'un corps de Béarnais se battait, sous les ordres du roi de Castilie, contre Jean 1" de Portugal. Moins heureux que les premiers, ceux-ci partagèrent le désastre de la bataille d'AIjuhnrota (14 aoiU 1385).
Fn 1390. Gaston reçut dans son cbâtetiu de Mazeres, a 66 kilom. de Toulouse, Charles VI avec sa conr. Tons les moments de cette entreme ne furent pas donnés aux fêtes et aux plaisirs.
Après plusieurs conférences secrètes, le comte et le roi signèrent un acte (5 janvier 1390) dont les articles ne do*
Annales de i^aint-Deois.
L'UNIVERS
Fonc
valent être mis au jour qu'après la mort de Gaston. Le roi s'engagea à lui donner la jouissance viagère du comté de Bigorre, et à lui payer la somme de cent mille francs d'or ; à ces conditions, le comte fit donation à Charles, après sa mort, du comté de Foix, des ▼loomtés de Béaro, Marsan, Gavardan et I«autrec, et de tous ses autres domaines. Un an ne s'était pas écoulé depuis ce traité, que Gaston mourut d'apoplexie (mai 1391) dans Hiopital de Riom, a 8 kilom. d'Orthez, au retour d'une chasse (*).
Charles VI pouvait disposer de la succession du comte , en vertu de la donation de 1890; maïs, soit à cause des diflicullés que l'on prévoyait , soit générosité de Id part du prince, il se rendit aux représentations du vicomte deCastelbon , qui fit valoir ses droits^ comme cousin de Gaston Phœbus, et Charles VI renonça à l'héritafre par lettres datées de Tours , le 20 décembre
Les domaines dont prit possession Maf/iieu de Foix, viromte de Castelbon, lurejit : le couilé de Foix, les vicomtés de Béarn, Marsan , Gavardan et Nébousan ; la moitié de la vicomte de Lautrec; une partie de la terre d'AIbi-
(*) Cet exercire était la passion favorite deGasion; ses équipages de ch.tsse surpassaient en inagnîûcence ceux des princes les plus I iciu s ; ses écuries ne nourrissaient pas moins de deux rents clievaux , la iilnpart destinés à cet usage, et il avait du douze à sdie cents chiens. Froissard hii amena d'Angleterre quatre lévriers dont il nous a conservé les noms. Les oiseaux de fauronnerie étaient aussi élevés avec grand soin au château d'Orthez. Enfin Gaston nous a laissé un morinmenl intéressant de sou profond savoir en vénerie ; c'est uu traité cooiptet et méthodique, dans lequel le comte expose les préceptes de cet art. Cet ouvrage est connu sous le titre de ; li/iroir Je PhJhus , des dédtiicts de la citasse des Lestes sauvaises et des uyseaujc de proie ^ parGasIon Ph<Rbns*de Foix, seigneur de Béarn. La l)ilj!iolliè(pie loyale en conserve un manuscrit précieux, orné de miniatures, et une dizaine d'autres qui n'ofiiLMit rien de remarquable, sauf un d'un foi nuit pins pefîl que celui du premier, et des dessins d'une grande IVaicheur de coloris. Cet ouvrage a été plusieurs fois impnme.
c^eoîs, possédée autrefois parla maison de Comminiie, entre autres le château de Girousscns, et eniin te château de Saint-Sulpice, situé à l'embouchure de TAi^'out dans le Tarn.
JViathieu étant mort sans postérité en 1398, sa sœur Isabelle , femme d'^rdtamba/uH dê Grailli, captai de Buch et sénédiai de Guienne pour Richard 11, se porta comme liéritiere des biens de sa maison. iMais le maréchal de Sancerre eut ordre de s opposer à ce que cette belle succession passât dans une maison fini s'était toujours montrée hostile à la France. Il saisit donc la plus grande partie des domaines de Foix. Touterois, le 10 mars 1401, Arcbambault ayant fait ses soumissions, le parletnent de Paris lui accorda mainlevée ainsi qu'à sa femme, et l'admit à faire hommage au roi , comme comte de Foix , après qu'il eut déclaré s'attacher à It fortune de la France. Ce seigneur mon* rut eu 1412.
Son (ils aîné, Jeatif à peine en possession du comté, fut tait capitaine général du roi en Languedoc et ea Guienne, et reçut ordre de faire la guerre au comte d'Armagnac, mission qu'il remplit avec plus d'empressement (tue df sucrés. Kn 1415, le riva! du duc de Boiirjzofine , se hâtant de retourner à Paris pour y rendre à son parti sa première vigueur, flt la paix avee le comte Jean. Quatre ans après, Charles VI et le dauphin nommèrent encore celui-ci , chacun de son côté , gouverneur général aux pays de Languâoc, d'Anyer^^ne et de Guienne. Mais la conduite équivoque qu'il tint entre le parti du duc de Bourgogne et celui du dauphin engagea bientôt ce dernier à lui enlever ces fonctions. Le comte s'y maintint néanmoins par un traité signé, le 3 njars 1422, avec les rois de France et d'Angleterre. Le dauphin étant entin monte sur le trdne, Jean se réconcilia avec lui , et m rerut lo ronmiandenient de l'arnict' \\\'2')\. ( j-pcmlaiil ses fréquentes usurpations d autorité troublèrent plus d'une fois, cette bonne intelligence.
Gaston IF , son fils et son successeur (143ii), fut le premier des princes de Foix qui renonça , sur la demande du roi , à la qualification de camU par la
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