FOREZ
empereurs romnins. Cette dénomination subsista jusqu'à Charles le Chauve, où les forestiers de Flandre devinrent des eomies héréditaires.
Ajoutons que Tori^ine que nous ve« nons d'attribuer au titre des forestiers de Flandre n'est pas admise par tous les historiens modernes; quelques-uns ont, en effet, avancé, avec assez de raison , que le terme forestier n'était autre chose que le mot flamand rorst, président ou conate, traduit au iiasard en français, par un mot qui sonnait à peu près de même.
FoBEï, iiussard qui, pendant le siège de Thionville par les Prussiens, en 1792, fut chargé, avec deux de ses camarades, d*alier, en traversant les lignes ennemies, donner avis au général en chef de la situation dans laquelle se trouvait la place. Ses deux camarades lurent tués, et seul il se fit jour à travers [)lusieurs postes ennemis, et tout couvert de blessures et de sang, il arriva à Metz, où il remit les dépêches dont il était chargé. On vint au secours de la garnison , et l'ennemi fut forcé de lever le siège de Thionville.
Forets (département des). — Réuni à la France par le traité de Lunéville, avec les huit autres départements formés dans les Pays-Bas autrichiens, ce département était borné au nord par ceux de rOurthe etdeSambre^t-Meuse; à Test, par celui de la Sarre; au sud, par ceux de la Moselle et de la Meuse , et à l'ouest, par celui des Ardennes. Il tirait son nom de la forêt des Ardennes, qui en couvrait la plus grande partie. Son cheflieu était lAixembourg. Il était divisé en quatre arrondissements : Luxeniiiourg, Âeufchâteau , Bitbourg et Diekn ck. Knlevé à la France en 1814, il forme maintenant le duché de Luxembourg , qui est soumis au roi do Hollande , et lait partie de la confédération germanique.
FoABz, Foresium, Pagus w Comitaius ForensU , ancienne province, bornée au nord par le Bourbonnais et la Bourgogne; a l'ouest, par l'Auvergne; au midi, par le Velay et le Vivarais, et à l'est, par le Beaujolais et le Lyonnais. A l'époque de la révolution, ce territoire, long de viiii^tct une lieues el large de onze, était divisé en haut et bas Forez. La ville principale de la première
division était Montbrison, capitale de tout le pays. Roanne était l'unique cité du bas Forez. Cette province était comprise dans le gouvernement de Lyon.
Elle tirait son nom de celui de Feurs {Forum Seyusianorum)^ cette antique capitale gauloise qaë fit déchoir sa voisine, Lyon, la Rome des Gaules. A Tépoque de l'invasion des barbares , la Ségîisie fut occupée par les Bouriiuignons. Plus tard, les Sarrasins ravagèrent le pays durant plusieurs années.
Quand la féodalité se fut constituée, les nouvelles divisions du territoire empruntèrent à leurs localités principales leurs noms de Lyonnais , Forez et Beaujolais. Ces pays furent encore longtemps réunis sous l'autorité de comtes amovibles. Mais Guillaume de Forez, que Chartes le Chauve avait nommé à la place du célèbre Gérard de Rousçillon, sut profiter des troubles du royaume pour faire de sa charge un tief héréditaire, sous prétexte d'y conserver les droits des rois de France, qui disputaient à rËmpire cette provmoe limîtroplie.
\ ers 890, Artaud r^'y le second des fils de Guillaume, eut en partage le Forez, tandis que Guillaume, l'aîné, prenait possession du Lyonnais, et Béraud du Beaujolais. Depuis lors, les trois fractions de la Ségusie obéirent souvent à un même maître, mais elles tendirent constamment à s'isoler. Les descendants de Guillaume se virent presque toujours réduits au Forez , malgré leurs persévérants efforts pour arracher des mains des archevêques de Lyon le plus beau fleuron de leur couronne comtale.
La première race des comtes de Forez se compose de douze seigneurs, presque tous nommés Guillaume, Giraud ou Artaud. Leur caractère général , tel qu'il ressort des chartes St ces temps , parait avoir été une ferveur religieuse éclatant sous toutes les formes : ce ne sont partout que fondations et dotations d'abbayes, ou restitutions de biens ecclésiastiques.
Ce fut vers 1062, sous Artaud IP"^, que les comtes de Forez achevèrent de perdre tous leurs droits sur la ville de L} on ; et c*est à partir de cette époque
vvjmms.
FORBX
qu'ils cessèrent d'y résider, pour se Gxer ntièrement dans leur comté.
Cmllaumr t .Incicn partit en 1096 pour la croisade, et fut tué au siège de riicée.
Ide-Raymitmde, sa sœor, restée, vers 1107, sa seule héritière, porta le comté
à son Gis Gui, qu'elle nv iit en de Gvy- Raymond, fils d'un comte de Viennois.
Ainsi commença la seconde race des comtes de Forez, Le dauphin fiL'ura désormais dans les armoiries de lu province ai) lieu du lion, que les comtes de la première famille avaient adopté, par allusion au nom de la ville de Lyon, et
3 lie les sires de Beaujeu, issus de ces erniers (voyez RealjeU;, retinrent, brisé d'un lambel de gueules. Gui 1"^ mourut en 1137, après avoir fondé plusieurs grands établissements religieux.
Son fils, Gui If y lui snrrédn en bas âge, sous la garde-noble de Louis le Jeune, à la cour, duauel il fut élevé. Devenu majeur. Il comoattit avec succès contre Guillaume, comte de Nevers.
Mais la plus importante des guerres soutenues ou provoquées par lui , est celle qu'il fit pendant plus de trente ans à larclievéque de Lyon, dont il persistait à méeontinître les droits. Plusie irs fois cependant il se vit contraint de traiter avec le prélat, et il dut même recourir à l'intervenlion de Louis le Jeune pour repousser les parti.<:iMs de Tarcbevéque. Enfin, en les deux partis conclurent une transaction définflive, qui fut approuvée par le pape, ratifiée par le roi , et confirtnép par l'empereur. Le comte céda pour toujours, à réglise de Lyon, Tautorité tem|)orelle dans le Lyonnais, moyennant onze cents marcs d'argent, et fa remise de qu. lqiies domaines. Kn 1100, i\ se retira à l'abbaye de la liénisaons-DieUy fondée, dans les premières années de son administration , par saint Bernard, et il y vécut encore de longues années.
Gui lUf son fils, mourut en 1203, pendant la croisade.
L*atoé de ses enfants, Gui ir, lui succéda , sous la tutelle de l'archevêque de Lyon , son oncle. C'est à ce i omte que la province doit sa véritable constitution et la fixation assurée de ses limites.
}1 fut k premier qui accorda des let-
tres de franchise à ses vassaux immédiats; exemple que suivirent les petits
seigneurs du pays; et ce qui semblerait prouver que le comte obéissait « n cette circonstance moins à un motit d'intérêt qu'à une haute pensée de justice, c*est qu'il organisa en même temps le bailliage du Forez, auquel il confia le jugement de tous les grands crimes. Ce tri- Imnal prononçait selon le droit écrit, n'abandonnant aux juges seigneuriaux que la connaissance des simples délits.
Gui l \ fils du précédent, ne parvint pas sans difficulté nu comté. Guillaume de Baffie prétendait qu'il devait lui être préféré par le droit de sa mère , fille unique de la première femme de Gui III, la seule légitime, puisqu'elle était vivante lorsque ce prince se remaria.
H finit cependant par renoncer à ses prétentions , movTunant la cession de quelques fiefs. Gui partit avec saint Louis pour la terre sainte, et mourut en 1259.
Il eut pour successeur pnn frère Renaud, marié avec Isabelle, fille d'IJumbert V de Beaujeu, et liéritière du Beaujolais , qui fit ainsi retour au Fores. Les deux enfants du comte se partagèrent la succession. Gui Fl , l'aîné, eut le jb uri'Z \ le puîné , Louis , la part de sa mère , c'est-à-dire le Siemurois et le Beaujolais.
Jean V\ fils et successeur de Gui VI, recula considérablement les bornes de son petit État, prit part à toutes les guerres de son temps , fixa sa résidence a Paris , et jouit à la cour d'un crédit mérite.
Gui y 11 son fils , marié à Jeanne de Bourbon, lui succéda en 133S, fut un des chefs de l'armée donnée par Philippe de Valois à Jean de Bohême, et se signala d'une manière plus utile et plus honorable dans les guerres de la France contre TAngleterre.
I mih /•"■, l'aîné de SCS fiJs, périt à la bataille de Briguais.
Jetm II , le pu!né , eut de vife démêlés avec sa mère, qui se prétendait liéritière du comté. Plus fard il tomba en démence ; et son oncle et tuteur voyant le comte sans héritier engagea le Forez au duc d'Anjou. Louis II , duc de Boor> bon , héritier du comté par son mariage avec Anne, dauphine d'Auvergne»
Mol rejeton de la famille des seigneurs de Forez , gouverna sans contestatioo à inrtii de Tan 1382 , où Jeanne de Bourbon , veuve de CtuI VII, se désista de toutes ses prétentions.
Sous les cmnies de Forez de la troisième race cette provinee forma souvent l'apanage des femmes des ducs de Bourbon (comme , plus tard , le douaire de plusieurs veuves de rois) ou leur servit de retiraite. Mais réloignemeat des nouveaux maîtres et les ravages que les Anglais exercèrent très-longtemps dans le Forez , déjà dévasté au quatorzième siècle par les compagnies d'aventuriers , donnèrent occasion aux petits seiiineiirs d'étendre leurs privilèges au
{)reiudice des libertés publiques. Après a défection du connétable de Bourbon^ qui avait signé un traité avec Charles- Quint, à Montbrison, capitale du comté depuis 1441 , Louise de Savoie , inere du roi , s'empara du Forez et en lit cession à François P*^, qui accomplit sa réunion à la couronne en 1531.
Dans le cours du seizième siècle , la
Srovince fut cruellement éprouvée par es calamité de toute espâse. En juillet 1562 , le terrible baron des Adrets se rendit maître de Montbrison et fit périr en un jour 900 habitants ; pendant les deux mois que les protestants eurent le dessus , on ne vit partout que massacres et inreiulifs. Les catholiques prirent ensuite iiiic revanche plus cruelle encore sous le commandement du féroce Cbristophe de Saint-Chamond. Ce lut surtout à [lartir de la Saint-Barthé* lemyqne les troubles civils prirent dans le Forez un caractère d'affreuse barbarie ; ce fut une guerre de château à château, de maison à maison. Au milieu de ces désordres naquit la ligue. Les catholiques du Forez ne se divisèrent pas seulement alors en royalistes et ligueurs, il y eut encore parmi eux des partisans du jeune duc de Nemours , irère de ÎMavenne, qui essayait de se faire des nrovinces avoisinant Lyon uu État indépendant. Montbrison ne se rendît au roi qu'en 1596, deux ans après Lyon.
Après cette dernière crise de la féodahté, le Forez n'offrit plus d'événements politiques importants jusqu'à la révolution. Les idées du pays s*etaient
tournées presç|ue exclusivement vers rindu&trie , qui donna le jour à là ville
de Si-int-Étienne.
Ln 1789, le Forez, réuni an T vonnais et au Beaujolais, forma le département de Ehône-et-Loire ; mais la révolte de Lyon, à laquelle cette province prit une part trop active, fît sentir à la Convention la nécessité d'un nouveau partage. Cette agglomération homogène fut divisée en deux départements ; et le Forez, avec une petite partie des deux autres territoires, devint le département de la Loire.
FOBrAITUXl. On appelait quelguefois ainsi, en matière féodale, la félonie du vassal envers son sfii^neur ; mais, en général, ce ternie s'applique à la transgression d'une loi pénale et , en particulier, à tout crime ou abus d'autorité commis jiar un officier public dons l'exercice de ses fonctions. Suivant Tordonnance de Louis XI, du 21 octobre 1467 , la forfaiture était un des cas qui donnaient lieu à la confiscation d'un office au profit du roi. D'après notre code pénal actuel , elle se punit communément par la dégradation tàvU que , qui est indépendante des peines plus graves que le crime aurait pu encourir. Les exemples de forfaiture sont très-rares en France.
FOBFUYANCB. Lcs fcudistes appellent ainsi un droit que le serf payait à son maître pour en obtenir la permission de déguerpir, de passer au pouvoir d*un autre seigneur.
FOBJUREH LE l'AYS. En Normandie, au moyen âge , lorsqu'un criminel réclamait le droit d'asile en se réfugiant dans une église ou tout autre lieu saint, ie prêtre lui demandait 8*il voulait être livré à la justice du pays , où s'il préférait quitter le territoire de Normandie.
On lui donnait, pour délibérer, neuf jours , pendant lesquels on lui fournissait des aliments. Durant ce temps , on faisait le guet autour de l'égli-^e, et, les neuf jours écoulés, il était obligé de se livrer aux juges séculiers ou de^br- Jurer le paye, <rest-à-dire de le quitter. En Angleterre, où cet usage existait aussi , cela s'appelait abjurer. Si le réfugié optait pour ce dernier parti , on lui accordait ce qu'on appelait , comme en Angleime, A chemin royal ou A»
914 FORJ1JBBR IJt PATS L*U1«IVK11S. FOKMAftUGB'
voie de droit. Alors se présentaient devant lui les magistrats et quatre chevaliers , et le prisonnier en leur présence, un pied sur le lieu saint , l'autre dehors, jurait sur les Evangiles qu'il quitterait immédiatement la ÎNormandie pour n'y rentrer jamais. On lui payait des frais de route jusqu'au point de la frontière (^u'il avait lui-même désigné , et où il était conduit , sous bonne escorte , de doyenné en doyenné , par des officiers de la justice laïque et de la justice ecclésiastique ; c'était ce que l'on nommait coiivo7jer l'érnigrant. Le texte même de l'ancienne coutume donne à cet égard de curieux détails :
« Se aulcun damné ou fuytif s'enfuyt n réglise ou en cymetière, ou en lieu sainct , ou s'il se âërd (s'attache) à une croix qui soit fichée en terre, la justice laye le doit laisser en paix par le privilège de l'église; si, qu'elle ne mette la main à luy. Mais la justice doibt mettre gardes quMl8*enfu^e dMUee. Et s'il nese veult dedans neuf jours rendre à la justire Invp , 0(1 fnrlurcr In Normandie , la justice ne sontïrira d'illec en avant que on lui apporte que menger à soustenir la vie , jusqu'à ce qu'il soit rendu à justiff , pour en ordonner selon sa drss( rte (son mérite) , ou jusqu'à ce qu'il olire a J'oriurer le |)ays. Et U/oriurera en ceste forme : il tiendra ses mains sur les sainctes Évangiles, et iurera qu'il partira de Normendie, et que jamais n y reviendra ; iju'il ne fera mal au paySj ne aux gens que y sont , pour chose qui soit passée , ne les fera grever ne grevera , et mal ne leur fera ne pourchassera , ne fera faire ne pourchasser , par soy ne par aultre en aulcune manière , et que en une ville ne gerra (couchera)
Î|ue une nuit, si ce n'est par grand desault de santé, et ne se famdra (cessera) d'aller tant qu'il soit hors de ^ormendie , et ne retournera aux lieux qu'il aura passez ne à aultres pour revenir, aîns yra tonsîonrs en avant. Et si commencera maintenant à s'en aller. Si lui taxera l*on ses Journées, selon sa force et selon la grand quantité et longueur de la voye. Et s'il remaint (reste) en Normendie, depuis que le terme que on lui donnera sera passé, ou se il retourne une lieue en arrière , U portera son iugement avec woy .* car dès qu*il
sera allé contre son serment, saincte église ne lui pourra plus aider. »
FoB - l'Évéque , Forum episcopi.
L'évêque de l^aris avait sa cour de justice dans un bâtiment situé sur le territoire et dans la rue de Saint-Germain l'Auxerrois. Ce bâtiment , connu sous le nom de For-rrA-rque, fut reconstruit en 1052 , et devint une prison destinée aux détenus pour dettes et aux comédiens réfractaires ou incivils. Il a été démoli en 1780.
Foiai (prises de). I.a prise de Forli en Roniagne fut un des exploits les plus remarquables de l'expédition dltalîe, en lôoo. Une petite armée, donnée par Louis XII a Borgia, composée de 300 lances frnnraises et de 4,000 Suisses , se présenta devant cette piace , ou s'était renfermée la courageuse Catherine Sforza. La première enceinte , la citadelle, puis la tour maîtresse, furent successivement emportées d'assaut, et Catherine se rendit au commandant français, Y\es d'Allègre (déc. 1500).
— *Forli tomba encore, en 1797, aù pouvoir des Français.
FoKMABiAGE ,/om maritaglum. Si un pauvre serf trouvait une personne libre, qui voulût bien unir son sort à sa triste destinée, il ne pouvait se marier sans payer la permission de son seigneur.
]3ans le cas où ledit seigneur était consentant, il héritait des deux parties contractantes, si de leur union il n'était pas résulté d'enfants mâles, et même il s'adjugeait les en&nts féaiaU tant de ce mariai^e '*).
L'amende i cctiniaire due par le mainmortable ou serl , à son seigneur , soit pour avoir épousé une personne franche ou foraine, soit pour en obtenir seulement la permission, s'appelait formariage. nom désignait aussi d'ailleurs runion contractée même entre gens de condition différente.
D'après un ancien mémoire tiré de la chambre des comptes, et cité par Bacquet ( Traité du droit d'aubaine^ch. 111), « nuls bâtards, épaves, aubains ni ma- « nnmis , ne pouvoicnt non plus se ma- « rier qu'à gens de leur condition , sans
(*)MicheIet, Origines du droit fran^, p. 267.
FORMIGMT
FRANCË.
FOBMtJLE
«lecongéduroiou de ses officiers.» La peine était une amende de GO sous parisis; et, ooaobslant ce congé, ils devaient encore formariage < pour avoir
4 pris parti qui n*étoit de coiidition pft> m reille à eux. »
Leformariage s'estimait , suivant les usages locaux , à la moitié ou au tiers , ou a une autre portion des biens. Dans beaucoup de coutumes le consentement du seigneur au mariage exemptait purement de l'amende de (>0 sous , mais non du prélèvement de ce droit exorbitant. La confiscation des héritages avait lieu, dans ce cas, i\u profit du seigneur, parce qu'on regardait le tormariage comme un désaveu tacite de la mainmorte.
Ce droit a été exercé dans certaines provinces, notamment dans le pays de Verdu4i , jusqu'en 1789.
FoBMiGRY (bataille de). Au moîsd*avril 1450, Thomas Kiriel, à la tète de
5 ou 6,000 Anginis , se rendait de Valognes vers Caen ou Baveux. Le 15, le comte de Clermont Tatlaqua en queue avee une troupe peu nombreuse et quelques coulevrines, lorsqu'il arrivait au villofie de FormiJ^ny ou Fourmigny.
Les Anglais s'élancèrent des retranchements qu'ils avalent construits' à la hâte, repoussèrent les Français et s'emparèrent des coulevrines.
Au moment où tout allait ainsi au plus mal , on vit paraître sur les hautfurs la petite armée du connétable de Richemond , qui venait faire sa jonction avec celle du jeune comte. Ce ne fui qu^au bout de trois heures que les ennemis abandonnèrent le passage du ruisseau et du petit pont par lequel les deux armées pouvaient se réunir. En reculant ils prirent une nouvelle position, et se défendirent encore avec beaucoup de vaillance derrière leur retranchement, qui s'appuyait aux maisons et aux jardins du village. Fuliu, après avoir perdu plus de la moitié des soldats qui étaient en ligne au commencement de la journée, ils prirent la fuite. Thomas Kiriel , avec quarante-trois gentilshommes, demeura au 'nombre des prisonniers. B*après les hérauts d'armes, qui comptèrent sur le champ de bataille 3,774 Anglais morts ou blessée, la perte des Français avait été peu considérable.
Cette bataille décida du sort de la Normandie ; les Français la regardèrent comme un de leurs plus nobles e]U}loits et comme effaçant le souvenir de Grécv, Poitiers et Azincourt. L'allégresse fut universelle dans le royaume , et l'on célébra la victoire par des processions solennelles ; celle qui se fit à Paris était formée , dit-on, par 14,000 enfiints au* dessous de 14 ans.
Formulaire. C'est le nom sous lequel eit désigne, dans l'histoire des querelles religieuses du dix-septième siècle, l'acte dont l'assemblée du cleriié de France et la faculté de théologie de Paris ordonnèrent la signature , en 1661 , pour combattre les doctrines de Jansenius, et pour étouffer la secte nouvelle. T. es signataires se soumettaient aux constitutions papales et condamnaient de bouche et de cœur les cinq propositions hétérodoxes conte»
nues dans WlHfjusfînus.
La signature de cet acte, dressé dès l'aunée 1656, donna lieu à de graves querelles, et une déclaration royale du 29 avril 1664 dut en faire une loi de l'État. L'année suivante (15 février) parut une bulle, accompagnée d'un nouveau Formulaire, qui rencontra encore un grand nombre d'opposants. Enfin , pour rendre la paix à l'Église , Clément IX déclara, en 1669, que le saint* stége ne prétendait pas que la signature du Formulaire obligeât a croire que les cinq propositions fussent implicitement ni explicitement dans le livre de Jansenius , mais seulement à les condamner comme hérétiques en quelque livre et en queUpie endroit qu'elles se pussent trouver. >[éanmoins, les troubles dont le Formulaire fut une des priiicipaics causes, agitèrent la France pendant plus d'un siècle (voy. Jansénisme}.
FoBMULE. On entend par ce mot , dans le langage de la jurisurudence, un modèle contenant la suostance d*on acte, et les principaux termes dans lesquels il doit être conçu pour être conforme aux lois d'un pays.
Les formules varièrent à l*inflni , au moyen âge, selon Tesprit du siècle, le goilt de l'écrivain charité de l'a rédacles préoccupations reli-
tion de l'acte
gieuses ou nolitiques de l'époque , et aussi selon les imenrs et le génie des
T. vin. 14* U»rakm. (Dict. bkgyci.., btg.) 16
226 romMULK LUNl
divers peuples. Leur étude est une des braiu;hes \os plus utiles de la diplomatique. Les formules sont , en elfet , un des meilleurs moyens de vérifier l'authenticité des actes qui eux-iAémeseont, comme on sait , Tune des sources les plus importantes de Thistoire.
JNous croyons donc taire une chose utile à nos (ectetirs, en leur présentant ici une courte notice sur les principaux rrnieils de formules anciennes, qui sont parvenus jusqu'à nous. JNous analyserons ensuite les formules elles-mêmes, et ferons connaître les différentes perties dont tout acte se composait au moyen âge*, enfin, nous terniinerpus par -une sorte de vocabulaire des for^ mules employées par les rois de France dans leurs diplômes.
Le plus ancien recueil de formules que nous connaissions est celui que Mabillon a publié , eo 1685, dans les jéno" lecta refera, sous le titre de Formulas andego censés (formules angevines); ces formules , ainsi nommées parce au*e11es ont été tirées des actes publies au pays d'Anjon , sont au nombre de cinquante - neuf , la plupart relatives aux formalités judiciaires suivies par les Romains, et h celles que prescrivaient les premicres lois des Francs, et principalement des Saliens. Leur rédacteur était moine , suivant toute apparence; mais ou ignore son nom. La quatrième année m règne de Childebert y revenant assez souvent, ÎSlabillon en a eonclu, avec raison, qu'elles appartenaient au règne du premier des princes de ce nom , lequel moursft en 558.
Apres ce recueil vient celui de Marculfe, moine de la Un du septième siècle, qui acheva, à rflge de 70 ans, les deux livres dont se composa sa collection, ^ les dédia, suivant l'abb» Lebœuf , à deux evêques nommés Landeric et Glidttlfe. Il avait eu pour but , comme U le dit lui -même f de recueillir les formules d'actes qui existaient de son temps, et de laisser, en outre, quelqnes nouveaux modèles , ut evi m^ueril , is exinde aliqua exempiando fitcîat. Ainsi, quelques-unes des tbrmules qu'il nous a laissées sont de sa façou. Son style est à demi barbare, comme eelui des actes de son siècle; on