Bulletin de l'Afrique françaiie, juillet
diplomatique, le plan de l'Angleterre se dévoilait si clairement, qu'il justifiait toutes nos alarmes*.
La réponse du cabinet britannique fut évasive et la discussion s'en tint là. Il n'y avait pas, en effet, péril en la demeure. Les Italiens étaient fort loin du Harrar et du Choa, et dans l'état pratique des choses, les protocoles de 1891 et 1894 ne constituaient pas pour nous un danger immédiat. D'ailleurs les Italiens eux-mêmes ne paraissaient pas disposés à brusquer les choses, car M. Crispi, jugeant probablement que l'Abyssinie ne pouvait plus désormais
1. Dans un vigoureux discours prononcé le 7 juin 1894 à la chambre des députés, M. Etienne résumait ainsi la question : « Nous nous établissons sur la côte Somali qui est presque en contact avec la riche province abyssine du Harrar. L'Angleterre ne tarde pas à s'apercevoir de nos progrès... Elle croit le moment venu d'intervenir, d'aviser au danger : elle s'adresse au gouvernement français et lui dit : La France fait des pas trop rapides à Obock : elle va vers le Harrar, vers le Choa. Nous aussi, nous sommes sur la côte Somali, à Berberah : vous allez gêner nos opérations commerciales, car vous avez certainement l'intention de vous emparer du Harrar. La France répond qu'elle n'y a point songé et qu'on lui prête des desseins qu'elle n'a à aucun titre. L'Angleterre la prend au mot aussitôt, et propose de conclure un traité d'après lequel les deux pays s'engageraient respectivement à ne jamais prendre le Harrar sous leur protectorat... Le traité est signé et la France Va scrupuletuement observé; que fait cependant l'Angleterre pour tourner la difficulté?... Elle se tourne vers l'Italie et lui tient ce langage : Il y a quelques années, je vous ai attiré à Massaouah : vous y avez éprouvé des difficultés que vous avez supportées avec beaucoup d'énergie ; il ne faut pas que ces sacrifices soient perdus. Il faut vous étendre encore : je vais vous reconnaître tous les territoires que vous enviez et où vous pourrez vous développer à votre aise. Et l'Angleterre attribue d'un trait de plume à l'Italie une immense bande de terrain depuis la mer Rouge jusqu'à la côte orientale de l'Afrique. Voilà donc le Nil coulant entre cette région donnée à l'Italie d'un côté, et celle cédée au souverain du Congo, de l'autre. La politique de l'Angleterre se dessine : on en constate l'existence et la portée ; on voit clairement quelles sont ses tendances et ses conséquences. L'Angleterre veut non seulement assurer sa marche ininterrompue depuis le Cap jusqu'à la Méditerranée, elle veut également s'assurer la possession définitive de l'Egypte : voilà son but indéniable. Et alors l'Angleterre s'attribue le cours même du Nil qu'elle protège contre toute ingérence étrangère en l'entourant à l'est par la zone d'influence italienne, à l'ouest par celle du Congo belge... »
lui échapper, ne rêvait qu'aventures nouvelles. Grisé par Talliance anglaise, il ne s'apercevait pas des précautions que le cabinet britannique avait accumulées pour rester seul maître sur le Nil, et il s'imaginait que son pays était appelé à partager avec l'Angleterre la conquête de l'Egypte et du Soudan. Aussi, dès le mois de juillet 4894, s'était-il hâté de faire occuper Kassala, et ce premier succès fut à Rome le signal d'une véritable campagne pour accréditer l'idée que la marche du Nil était commencée, et que toutes les questions intéressant l'Afrique de l'Est et du Nord-Est seraient désormais réglées de compte à demi entre l'Angleterre et l'Italie. Tous les journaux de la Péninsule en parlèrent ouvertement, et l'un d'eux, même, annonça le départ pour Londres d'un officier général chargé d'arrêter les bases d'une action militaire commune. On alla jusqu'à dire qu'un accord complémentaire avait été conclu entre les deux pays. Questionné à ce sujet au parlement italien, le baron Blanc, ministre des affaires étrangères, observa une extrême réserve. Il ne nia pas l'existence d'un pacte secret et, tout en déclarant que l'Italie ne commettrait pas l'imprudence de s'enfoncer dans le Soudan, il proclama bien haut la solidarité militaire et la solidarité politique des deux puissances, tant en ce qui regardait la lutte contre le mahdisme, qu'au point de vue du règlement ultérieur des affaires d'Egypte *.
Le réveil fut dur. Au discours du baron Blanc, le Foreign Office répondit par une note très sèche, où il était déclaré que les « journaux n'avaient pas été autorisés à parler d'un plan d'action concerté entre la Grande-Bretagne et l'Italie » (janvier 1895). En même temps la presse anglaise se fit subitement amère. On insinua à l'Italie qu'elle devenait encombrante, que l'Angleterre n'avait jamais entendu partager avec qui que ce fût la tâche qu'elle avait assumée en Egypte, et qu'au surplus elle n'avait, à l'heure présente, aucune intention d'entamer une marche militaire sur Khartoum.
i. Séance du 7 décembre 189i.
Les Italiens firent bonne figure à mauvais jeu. Ils se tinrent immobiles à Kassala, qu'ils remirent loyalement aux autorités anglo-égyptiennes, dès que celles-ci en lirent la demande (1897), et, abandonnant leurs vues sur le Nit et la Haute-Egypte, ils se rejetèrent sur TAbyssinie. Entre eux et Ménélik, les sujets de discorde ne manquaient pas, et la rupture éclata dès qu'il plut à M. Crispi de la provoquer (décembre 1895) : on sait quel fut le résultat de cette courte guerre. L'armée du général Baratieri fut anéantie à Adoua (l"^mars 1896), et les Italiens, refoulés en dee^h de leurs anciennes frontières, purent méditer à loisir sur les douloureuses conséquences de l'amitié anglaise. Jusqu'au dernier jour, les Anglais les exploitèrent sans pitié, et lorsqu'en janvier 1896, le gouvernement italien, fort inquiet de la tournure que prenaient les événements, demanda au cabinet de Londres d'autoriser une armée italienne à débarquer à Zeilah pour tenter une diversion sur le Harrar, il se heurta à une fin de non-recevoir.
L'Angleterre, en effet, avait atteint son but : elle avait attiré l'Italie dans le guêpier éthiopien, pour protéger son aile gauche, occuper Ménélik et nous barrer la route^ mais elle ne se souciait nullement de la voir sortir victorieuse de l'inextricable situation où elle l'avait mise *. Aussi, à la demande des « staunch allies », le Foreign Office se bornat-il à répondre que le traité de 1888 avec la France lui interdisait d'y donner satisfaction, singulier scrupule de la part des hommes qui, en 1891 et 1894, avaient tourné ce même traité avec la plus complète désinvolture^.
La défaite des Italiens modifiait soudainement toute la
1. C'est à propos de cet incident que le Standard déclara que « l'extension indéfinie de l'influence italienne en Âbyssinie ne pouvait être en harmonie avec les intérêts anglais ».
2. Malgré l'insistance de leurs malheureux alliés, les Anglais s'obstinèrent dans leur refus en en rejetant toute la responsabilitti sur la France, où, disaient-ils, l'opinion était résolument hostile à toute diversion italienne sur le Harrar. C'est ainsi que l'Angleterre exploita la guerre éthiopienne pour irriter un peu plus les Italiens contre leurs voisins d'outre-monts, et ce fut encore un avantage qu'cUe tira des événements.
situation politique du nord-est africain. Désormais l'indépendance de l'Ethiopie était pleinement reconnue et sa liberté d'action assurée K Pendant douze ans, l'Angleterre avait réussi à l'immobiliser : elle l'avait forcée à concentrer sur la frontière italienne toutes ses forces et toutes ses préoccupations ; elle l'avait empêchée de profiter du voisinage de la France ; elle avait manœuvré pour cerner notre colonie d'Obock par une ceinture de possessions italiennes. La bataille d'Adoua avait fait crouler tout cet échafaudage laborieusement édifié^ mais désormais peu lui importait, car de 1885 à 1896, la puissance mahdiste avait eu tout le temps de se décomposer. Aucun obstacle sérieux n'arrêtait plus la marche des colonnes anglaises le long du Nil.
Pendant que l'Angleterre couvrait soigneusement son flanc gauche, elle surveillait avec non moins d'attention son aile droite qu'elle sentait menacée par la France. Gomment elle s'y prit pour entraver notre expansion dans le centre africain et arrêter notre marche du Congo au Nil, c'est ce qui nous reste à raconter.
Lorsqu'en 188S, l'Angleterre, après la chute de Khartoum, se détermina à se replier sur la Basse-Egypte pour y attendre les événements, la rive gauche du haut fleuve lui paraissait à l'abri de toute intervention française. La France, en effet, était à cette date fort loin dans l'ouest, et d'immenses régions inconnues séparaient nos derniers postes congolais du bassin du Nil. Très peu d'années suffirent cependant pour combler cet intervalle et mettre les deux adversaires en présence.
Le traité de 1885 entre la France et l'État indépendant avait fixé à l'Oubangui la frontière commune des deux zones d'influence. On sait les difficultés auxquelles donna
1. Par le traité d'Addis Abeba, l'Italie renonça à toute idée de protectorat sur TËthiopie, et accepta les anciennes frontières de sa colonie d'Erythrée.
lieu rinterprétation de ce texte *. La convention de 1887 parut terminer le litige à notre satisfaction, mais la politique envahissante des Belges ne tarda pas à provoquer de nouveaux démêlés qui prirent un jour un caractère assez grave. Non seulement les agents de Tcitat indépendant traversèrent TOuellé et le M'Bomou, les deux branches supérieures de TOubangui, au sujet desquelles on pouvait admettre qu'il y eût contestation^ mais ils franchirent le 4* degré de latitude nord, qui avait été adopté comme limite en 1887. Les expéditions de MM. Van Kerckoven et Van Gèle, ramifiées en une foule de missions secondaires, se répandirent dans tous les pays situés entre le Tchad et le Nil, et tandis que le lieutenant de Donceel occupait le Bahr-el-Gazal, M. de la KéthuUe entrait dans le Darfour et le Ouadaï, et le capitaine Hanolet apparaissait dans le bassin du Ghari. Nous étions coupés de tous les côtés et l'expansion de notre Congo était gravement compromise.
Notre inaction diplomatique, et Tinsuffisance des ressources mises à la disposition de nos officiers et de nos administrateurs favorisaient singulièrement les progrès des Belges 2. Il est vrai que le vigoureux efi'ort que nous faisions au même moment dans la boucle du Niger et autour du Tchad excusait en partie notre négligence sur rOubangui.
Il vint un jour cependant où l'inaction ne fut plus permise : la situation se faisait intolérable dans les régions contestées, où les auxiliaires indigènes des deux parties échangeaient journellement des coups de fusil. Des rt;{^lamations pressantes furent portées à Bruxelles, et Ton parla à Paris d'une forte expédition qui serait chargée d aller
1. Voir à ce sujot notre livre la Conquête de l'Afrique, p. 52 et suiv.
2. En 1890, M. Ponel, administrateur du poste de Bangui, avait diizô Sénégalais ; M. Gaillard, chargé de disputer aux Belges la ligne de TOu* bangui, en avait quatorze ; M. de Poumayrac, sur l'Ouellé, en avait huit. Par contre les Belges disposaient de huit cents à mille soldats cantonnés dans les postes du M'Bomou et de l'Ouellé, sans compter TeiTectif des missions qui parcouraient les régions plus éloignées.
imposer le respect des traités aux agents de l'Etat indépendant. Trois cents Sénégalais furent dirigés sur TOubangui. En même temps, nos affaires s'éclaircissaient du côté du Niger: le traité franco-allemand du 15 mars 1894 nous délivrait d'un gros souci, assurait nos communications entre le Congo et le Tchad, et nous permettait de reporter notre attention dans Test. Devant notre attitude plus résolue, le souverain du Congo consentit à entrer dans la voie de concession, et M. Le Grelle Rogier fut envoyé à Paris pour préparer les bases d'un arrangement. C'est alors que l'Angleterre entra en scène.
On a vu dans un chapitre précédent que l'entreprise originale du roi Léopold, fondateur en Afrique d'un État neutre et indépendant, avait été fort peu goûtée à Londres, où Ton avait vivement regretté de laisser échapper au profit d'un ouvrier de la onzième heure le plus beau réseau navigable du continent. Si, par la suite, cette opposition tomba pour faire place à une sympathie apparente, ce fut tout bonnement calcul intéressé de la part des Anglais, qui, plutôt que de voir la France au Congo, préféraient laisser carte blanche aux Belges. Mais leur déception demeura très vive, et elle s'accentua encore bien davantage, lorsqu'on apprit que les officiers de l'État indépendant avaient découvert entre le Congo et le Nil une route nouvelle qui, par l'Oubangui et TOuellé, mettait le Soudan égyptien en relations relativement faciles avec le Congo. Dès 1891, le commandant Van Kerckoven avait utilisé cette voie et était parti à la conquête du nord-est : en 1893, il était arrivé sur le Nil et avait organisé en pleine Equatoria, entre Doufilé et Lado, un district congolais.
Bien significative fut en cette occasion l'attitude de l'Angleterre. Pour protester contre l'intrusion des Belges, les arguments ne lui manquaient pas. Elle pouvait tirer parti de son traité de 1890 avec l'Allemagne qui lui réservait tout le bassin du Nil; elle pouvait également rappeler au souverain du Congo que les actes constitutifs de 1884, auxquels était attachée l'existence légale de l'Etat indé-
pendant, lui avaient fixé des limites précises dont rien ne Tautorisait à sortir. A vrai dire, ces arguments ne lurent pas négligés par la presse britannique, qui ne perdit pas cette occasion de partir en guerre. Entre Londif*s et Bruxelles on échangea quelques gros mots : le commandant Van Kerckoven fut traité de flibustier par le Tuacs^ qui ajouta que faute d'explications satisfaisantes, un vasus belli pouvait résulter de l'étrange conduite des Belges. Mais en même temps qu'il lançait ses foudres, le Time.H suggérait l'explication qui, selon lui, arrangerait tout. Pourquoi le roi-souverain ne demanderait-il pas à TAngleterre l'autorisation d'occuper provisoirement le territoire qu'il avait envahi, aux mêmes conditions et au môme titre que les Italiens occupaient Kassala ?
Il serait très étrange que la presse anglaise, si disciplint^e dans la discussion des intérêts extérieurs du pays, oût inventé de toutes pièces cette ingénieuse combinaison, et pour obscure que soit encore aujourd'hui l'histoire des rapports de la Grande-Bretagne et du Congo, tout porte l\ croire que les deux cabinets de Londres et de Bruxelles n'eurent jamais aucune envie de se chercher noise. Peutêtre le gouvernement britannique fut-il surpris par la rapidité des événements, tandis que le Congo, enivré par son succès, montratoutd'abord des exigences exorbitantes, mais on s'aperçut vite en Angleterre que le voisinage de l'Etat indépendant n'était guère dangereux et qu'il serait toujours facile de s'en débarrasser. Pourquoi, en attendant les événements, ne ménagerait-on pas les nouveaux venus, qui pouvaient à l'occasion rendre des services précieux ?
Pendant dix-huit mois, l'Angleterre resta donc dans l'expectative, tolérant la présence des Belges sur le Nil, s'abstenant à la fois de reconnaître officiellement leur présence, comme aussi de les forcer à la retraite par une attitude intransigeante, puis le jour venu elle démasqua brusquement ses batteries.
Nous avons vu que les débuts de l'année 1894 avaient marqué pour la France l'époque d'un réveil d'activité sur rOubangui. Elle prit alors des mesures pour résister aux
empiétements de TEtat indépendant, et pour réserver dans l'est la zone d'expansion de notre Congo. Là, pour l'Angleterre était le véritable danger. Autant le voisinage des Belges rinquiétait peu, autant une intervention française sur le haut Nil pouvait contrarier la constitution future de son empire. Il fallait donc nous arrêter à mi-chemin et nous empêcher de déborder dans le Bahr-el-Gazal. Or, ces régions étaient entièrement hors de la portée des Anglais, et il leur était impossible de venir nous y disputer le passage. Le seul moyen pour eux de retarder notre marche était donc de chercher un tiers de bonne volonté qui consentit à faire leur jeu. Les Belges se trouvèrent à point nommé pour tenir ce rôle ingrat.
Vers le milieu de mai 1894, la nouvelle se répandit subitement qu'un accord venait d'être conclu entre la Grande-Bretagne et le Congo au sujet de la vallée du Nil. Par cette convention presque aussitôt publiée, le gouvernement anglais donnait à bail au roi-souverain, pour être occupée et administrée par lui pendant tout son règne, la rive gauche du Nil, depuis Mahagi sur le lac Albert, jusqu'à Fachoda, ainsi que la partie du Bahr-el-Gazal limitée à l'ouest par le 25* méridien, et au nord par le 10' parallèle. A la mort de Léopold II, la partie des territoires ainsi désignés, comprise entre le Nil et le 25* méridien, ferait retour à l'Angleterre, tandis que l'Etat du Congo, ou ses ayants droit, resterait propriétaire, ousil'onveutlocataire emphytéotique, de toute la portion du Bahr-el-Gazal comprise entre le 25* et le 30' méridien. De plus, était cédée au Congo une route de 25 kilomètres de largeur, entre la frontière la plus proche de l'État et Mahagi sur le lac Albert. En retour de ces concessions, l'utat du Congo donnait à bail à l'Angleterre, pour une durée indéfinie, une bande de terrain de 25 kilomètres de largeur, longeant sa frontière orientale, et allant de l'extrémité sud du lac Albert à l'extrémité nord du Tanganyka : « Par cette dernière clause, l'Angleterre pensait faire tomber le seul obstacle subsistant depuis la séparation du Congo
T^rwr
portugais et du Mozambique à rétablissement de la voie ferrée britannique du Cap à Alexandrie ^. »
Cet arrangement extraordinaire, qui faisait du Congo c( le mandataire de la politique britannique, et l'introduisait comme tenancier de TAngleterre dans la valitui du Nil», souleva de véhémentes protestations en France comme en Allemagne. A Berlin, on ne voulut pas admettre que l'Angleterre se substituât à l'État indépendant le long de la frontière de l'Afrique orientale allemande, entre les lacs Albert et Tanganyka, et devant les réclamations très vives du gouvernement impérial, le cabinet de Londres dut bon gré mal gré s'incliner '^.
Quant à la France^ bien plus gravement touchée que T Allemagne par le coup d'audace de l'Angleterre, elle déclara immédiatement à Londres et à Bruxelles qu'elle refusait de reconnaître les arrangements des deux parties. D'un côté, l'Angleterre, en abandonnant à ses alliés le Bahrcl- Gazai et une bonne portion du bassin de l'Oubangui, disposait à sa fantaisie de territoires qui ne lui appartenaient pas et où elle n'avait aucun droit ; de l'autre, le Coii^o, en acceptant les largesses de la Grande-Bretagne, violait de la plus complète façon la convention qu'il avait signée avec nous en 1887. M. Hanotaux, ministre des aflaires étrangères, exposa avec une grande force cette double théorie à la tribune de la chambre : « Ce traité, dit-il, met rÉtat indépendant en état de rupture, pacifique je le veux bien, mais en état de rupture avec les puissances qui ont signé à son berceau : il est en contradiction formelle avec le droit international africain ^.w A la fin de son discours le ministre annonça qu'une demande de crédit de 1 800 000 francs serait incessamment déposée en vue de