SÉRIE III
France et Canada, 1775-1782, Par BENJAMIN SULTE, M.S.R.C.
\Lu à la réunion de mai 1917).
Nulle part on ne rencontre une réponse explicite ou quelque peu satisfaisante à cette question qui survient parfois dans les conversations sur l'histoire de notre XVIIIe siècle: quelle a été l'attitude de la France à l'égard du Canada durant la guerre de l'indépendance des États-Unis ?
De place en place, les écrivains donnent à entendre que le cabinet de Louis XVI se montra désintéressé au sujet de l'ancienne colonie, La note est juste, mais il nous faut savoir pourquoi et ajuster la chaîne des raisonnements qui concerne les provinces américaines, la politique anglaise, aussi bien que les ministres de Versailles—en un mot, on demande une étude claire et sûre de ce fait historique. Ce qui va suivre en dit assez; toutefois, des chercheurs plus heureux pourront compléter cette page restée en blanc jusqu'aujourd'hui.
Il ne faut pas s'imaginer que la révolution américaine s'est faite d'un accord unanime entre les treize provinces, ni en un seul jour. La période de temps qu'elle embrasse va de 1765 à 1782 et, à proprement parler, ces colonies étaient étrangères les unes aux autres dans les commencements. C'était une infime minorité qui s'agitait dans le nord en 1765 ou même depuis 1760 alors que le Massachusetts, le New-Hampshire, le Connecticut, le Rhode-Island (la Nouvelle-Angleterre) comprirent qu'ils n'avaient plus à craindre le Canada, car la conquête de cette colonie, conçue et exécutée par Pitt, n'avait d'autre objet que de procurer aux établissements anglais le repos et la confiance troublés jusque là par le voisinage et les hostilités de l'élément français. De la libération de 1760 sortit le germe d'une autre liberté qui se manifesta à Boston en 1765 contre la taxe impériale imposée sous prétexte de payer les frais de la guerre précédente. La Nouvelle-Angleterre voulait bien que la Grande-Bretagne la débar-
Sec. 1 & 11, Sig. 9
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rassät des Français, mais elle r'admettait pour sa part aucune dépense à encourir. Ajoutons que George TI était déterminé À maintenir ces “plantations” sous un joug tyrannique et, dans ce but, afin de gouverner à sa guise, il avait littéralement acheté les principaux membres des deux Chambres de son parlement.
rences ‘jui marquaient les colonies anglaises les unes à côté des autres, on peut les considérer comme
Sans trop s'arrêter aux dif
formant trois groupes bien distincts:
1° la Nouvelle-Angleterre, qualifiée le nord et plus souvent l'Est, 750,000 âmes, agriculture, pêcheries et commerce maritime, aussi des des essais de manufacture. Le commerce y manifestait un esprit d'indépendance qui concentra dans Boston les idées éparses d'où jaillit la politique républicaine, aussi le grand coup de la révolte cût-il lieu dans cette ville,
2° les provinces du centre échelennées le long de la mer allant an sud: New-York, New-Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, près d'un million d'âmes, agriculture variée, des souches de colons bien diflérents de ceux du nord, tous royalistes, prospères, tranquilles et traitant de leurs produits par commerce direct avec les îles britanniques.
3 la Virginie, les deux Carolines, la Géorgie, plus d'un million d'âmes, erande culture de tabac, agriculture générale, esclavage des noirs, un commencement d'exploitation du coton, ardent royalisme, sans rapport avec les colonies du centre et du nord, souche de population plutôt aristocratique qu'autrement, exportant les bois d'acajou et autres essences fameuses, enfin, un pays où personne ne se préoccupait du reste du monde,
C'est pourtant de ce dernier milieu qu'il faut dater les premières résistances qui se sont manifestées contre les abus du pouvoir royal et c'est là que se produisit la première effusion du sang dans un conflit entre des réformistes et la force armée du gouvernement, car l’escarmouche de Lexington et la bataille de Bunker's Hill, aux portes de Boston, ne vinrent qu'assez longtemps après.
Les événements qui s'étaient passés en Virginie restèrent sans effet sur le nord qui n'en prit qu'une connaissance vague, comme serait un incident de caractère local, meurtre ou inondation d'une rivière, trop éloigné des “centres” pour captiver leur attention ou perdu, en un mot, dans le lointain géographique.
C'est Lexington, c'est principalement Bunker's Hill qui est resté comme la prise de la Bastille de cette grande révolution. Ces deux combats marquent l'année 1775 et le début de la guerre réelle qui devait durer jusqu'en 1782.
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En 1776, après douze années de troubles, après la tentative de conquête du Canada, le Congrès de Philadelphie, âgé d'un an, signait la déclaration d'ind'pendance, mais on en était encore à douter si le tiers ou la moiti colons se prononceraient dans ce sens. Les régiments anglais arrivaient, Les volontaires appelés sous Washington étaient en petit nombre, à peine. més, sans équipement et les finances étaient presque nulles.
Le Congrès prenait la tête du mouvement sans avoir été autorisé à ce faire, car il n'était qu'une assemblée des notables et non pas une chambre des communes. Les hommes qui le composaient avaient été choisis pour tâcher d'amener une entente avec les autorités de Londres, Ce Congrès, constitué de lui-même, fut un pouvoir faible et sans base, mais le rôle dort il s'empara lui est resté. John Adamsle définit: ‘une assemblée dipl natique.”
Dans les rovinces, on abattait l'administration royale, tout en persistant à se dire sujets du roi Gesrge et soumis au parlement de Londres—-bien attendu, à un parlement mieux éclairé que vi-devant. Le Congrès est dans le même cas. Des tribunaux s'improvisent par endroits et fonctionnent tant bien que mal. Le reste à l'avenant. Quelques voix noyées dans la masse prononcent le mot indépendance. À mesure qu'une province renversait le gouvernement royal, on ait surgir une organisation où comité de citoyens qui prenait la
direction des affaires locaies sans avoir éte nommé par "sonne, puis chaque colonie se regardait comme indépendante des à . aussi bien que du Congrès.
Le premier Congrès siégea en 1774, le second l'année suivante, tous deux composés de gens délégués par certains groupes de quelques colonies pour aviser au moyen de régler la dispute avec la Grande-
. Bretagne. Il ne possédait que cette faculté, aussi, en 1775, s'il ne proclama point l'indépendance, c'est parce qu'il ne se sentait ps
usti-
fiable de parler au nom de tous. Avant que d'ériger, ainsi qu'on
pourrait dire, une statue à la liberté, il fallait un piédestal et le Congrès ne se regardait pas encore comme une fondation assez solide pour une pareille œuvre. C'est Bunker's Hill (1775) qui lui fortifia la main en
Les quatre principaux membres du Congrès de 1775 étaient Benjamin Franklin, John Adams. George Washington et Thomas Jefferson. Aucun d'eux n'était uw. parleur. Quelques beaux talents oratoires s'étaisnt manifestés en 1774, mais en 1775,ilscomprirent ue l'on savait fort bien se passer de leur secours. Franklin avait dit: “un torrent de paroles, une goutte de raison.”
John Adams demandait en 1775, quatre choses: 1° organisation des gouvernements provinciaux, 2° organisation du Congrès, 3° décia-
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ration de l'indépenc'ance de l'Europe,
*+’entreren rapport avec quelques piisances
De novembre 1775 à mai 1776, le chaque colonie de se former un Presque partout. Dans le nord, nouvelles institutions, Au sud avril 1777, la province &ouvernement,
Congrès travailla pour persuader ROUVernement régulier et il y réussit le nom du roi fut conservé en tête des * tout prit la forme républicaine, En de New-York fut Ja dernière À se donner un Depuis dix ans, le roi était à lui tout seul le &ouvernement britannique, aussi était-il détesté encore plus que ses ministres qu'il installait et démettait à sa guise en restant toujours la volonté et l'âme de l'administration. Toutefois, à l'égard des colonies, l'opinion publique des Trois-Royaumes se modelait sur l'attitude hostile du ministère et du Parlement qui se la coupable. George III tablait sur cette situation, juillet 1775, où l'on apprit l'affaire de Bunker's Hill plus grand désir de soumettre les rebelles Par la force et le roi fut autorisé À envoyer des troupes. Le commerce et l'industrie déploraient cette politique, sans parvenir à se faire entendre Pitt, Fox et Burke au Parlement, n'étaient Point écoutés, Nous sommes dans ! (1765-1783) la plus déplorable de la politique anglaise,
du souverain, issait faire avec une indifférence Après le mois de ‘il se répandit un
a période
Le sieur de Bonvouloir, envoyé secret du Souvernement de Versailles, exprimait devant le Congrès, en 1775, les sympathies de Louis XVI pour la cause américaine, On y vit d ‘abord comme une ouverture qui serait suivie d'une aïde efficace, mais bientôt on crut deviner dans cette démanche une arrière-pensée au sujet du Canada, sur quoi Bonvouloir Protesta avec vigueur que rien de semblable n'était prémédité, C'est la Première trace aujourd'hui connue de la question qui nous occupe. Avant et après 1775, il y eut des agents secrets qui tinrent la cour de France parfaitement renseignée sur ce qui se passait et se disait dans les treize colonies. Bonvouloir en était un, et des plus adroits à glaner des nouvelles comme à observer la marche des événements. Il appuyait sur Ja note: “Nous ne pensons point au Canada.” Voyons Pourquoi il parlait ainsi. La masse du peuple français était trop misérable et trop ignorante pour penser, elle est hors de Compte, mais ce que l'on nomme “opinion publique” existait dans les classes plus él:vées, à Partir du petit bourgeois en allant jusqu'au duc et Pair, car le souvenir des colonies françaises d'avant 1763 y était resté amer, désagréable comme une chose qu'il ne fallait Pas recommencer. Ce n'est ni Voltaire ni son groupe qui ont inventé les “arpents de neige”, c'est toute la France pensante. Vers 1770,
ie bin is
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on avait vu Choiseul, premier ministre, fronder ce préjugé, mais seulement comme on entend une voix à part, et tout-à-fait discordante, puisqu'elle soutenait que les colonies auraient du bon si on les faisait en bonne partie indépendantes—donc: reprenez le Canada si vous k pouvez et laissez-le se gouverner lui-même, Il n'avait réussi qu'à exaspérer les philosophes et bien d'autres.
Lorsque Vergennes arriva au pouvoir, en 177 l'engouement pour toute chose anglaise s'était répandu dans les hautes classes et la résistance de Boston, en 1774, n'inspira nullement l'idée de s'en réjouir par l'espoir que la puissance britannique pouvait y rencoi rer une humiliation, mais la sentimentalité de ceux qui préchaient lat use du peuple sur tant de points gagna vite du terrain et sans s'en apercevoir, on adopta la seconde proposition de Choiseul, savoir: l'indépendance des colonies Ce fut comme une trainée de poudre endammée. La cour donna dans ce nouvel enthousiasme, ce qui a fait ire qu'elle espérait pêcher en cau trouble et attirer vers la France le commerce que l'Angleterre perdrait, mais tout ce que l'on peut dire sur ce point, c'est que les espérances de ce genre etaient peu nombreuses,
Vergennes n'avait pas de “sentiment” américain et il était anclophobe, de plus, très froid sur l'à-propos de renouvele le régime des colonies, disant d'ailleurs que les Américains devai redouter de revoir le Canada aux mains des Français.
De son côté, Louis XVI était indifférent à tous et chacun des articles de ce chapitre. On était loin de se figurer, en 1776, l'etferve=-
cence qui allait se manifester «à faveur des colons anglais.
Au mois de juin 1776, le général Howe arriva en vue de New-York aver une armée. De nouvelles troupes débarquèrent à l'automne, Washington fut repoussé de Long Island, du port, de la ville de New- York et il concentra ses faibles bataillons plus haut sur le fleuve Hudson, à White Plains, d'où il lui fallut partir en novembre pour faire retraite par le nord du New -Jersey, ensuite, inclinant au sud-est, il gagna le fleuve Delaware et, au milieu de décembre s'arrêta en Pennsylvanie, voyant que Howe n'avait pu ou n'avait pas osé franchir le Delaware. Si un autre Washington eut été à la tête de l'armée royale, la révolution durant cette retraite pouvait finir dans le New-Jersey.
Les habitants des provinces ou colonies britanniques n'étaient pas dressés au métier d2 la guerre comme cela s'était vu dans la Nouvelle- France, où chaque homme comptait pour un bon soldat dans la forme qu'exigeaient de semblables opérations en Amérique, néanmoins on y trouvait des chasseurs assez experts dans l'art de la guerre de partisan, et d'autres qui avaient combattu les Sauvages, connaissaient les
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embuscades, les Coups de surprises, mais rien d manière canadienne qui donne de la soli Opération militaire un peu étendue.
qui servaient durant cinq ou dix semaines, ne Conraissaient ni les Camps ni les marches ni les combats suivis et ne songeaient qu'à rentrer dan, leurs foyers. Mal armés, presque Pas équipés, ne recevant qu'une solde en papier douteux, ces hommes allaient, venaient, n'étant
jamais les mêmes et ne Comprenaient qu'à demi ce qui se passait autour d'eux.
e la discipline à la dité à la conduite générale d'une La plupart de ces volontaires,
Tout-à-coup, en janvier 1777, Washington traverse le Delaware, culbute les troupes royales à Trenton, Princeton et ailleurs, puis va se placer au nord du New-Jersey près de l'Hudson encore une fois. En
Mars, il n'avait sous ses ordres que trois mille soldats assidus au service avec sept ou huit mille volontaires qui allaient et venaient à leur fantaisie. L'armée anglaise était six fois Plus forte et parfaitement équipée, mais son chef ne valait rien et se tenait renfermé dans la ville de New-York qui comptait une Population de 22,000 âmes. Ainsi, des forces suffisantes Pour terminer la guerre en quelques se étaient comme bloquées das un Port de mer par des bandes de fantassins rassemblés à la hâte ct qui ne Possédaient point de les appuyer. Dans cette situation, W prendre le matériel qui lui Manquait Dour se maintenir quelque part, Ceci complète le tableau de sa détresse t'iomph
Mais des navires arrivent de France ct 1,000 barils de Poudre et des équipements, envoyés par des Particuliers Sympathiques à Ja cause américaine, Tout change de face que la nouvelle du secours se rép ment si l'on Compare cette épo actuels,
En juillet 1777 Washington av
maines
marine pour ashington se demandait où
ante en ce moment, hargés de 23,000 fusils,
à mesure and de proche en proche, bien lenteque avec nos moyens de communication
ait 14,000 hommes sous ses orares, assez bien formés Pour entreprendre une expédition. Howe, voyant cela, amène la moitié de son monde par mer et, le 1er août, il entre dans la baie de Chesapeake, transportant la guerre au sud dans l'espérance de dégager New-York qui n'était pourtant Pas en risque de se voir prendre Par un adversaire si mal outillé en vue d’un siège. La- Fayette arrive en ce moment avec l'annonce de renforts prochains en armes et équipements, don généreux de quelques individus.
Washington Pique tout droit au plus pressé vers le sud-ouest de la Pennsylvanie, livre la bataille de Brandywine, mais n'empêche pas Howe d'entrer à Philade phie, d'où le Congrès se retire au plus vite,
Cette ville, Ja plus grande des treize colonies, renferme 30,000
ranie est également Ja plus peuplée. C'était ‘égard du tout, car son influence balançait à elle
âmes. La Pennsyly Londres ou Paris à ]
RER rs à
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seule les trois grandes divisions géographiques dont il a été fait mention ci-dessus. Howe le comprenait, mais il ne sut point utiliser la situation.
À l'automne, Washington fit choix de Valley Forge pour y attendre les événements, y passer l'hiver et se tenir tout le temps au nord-ouest de Howe, l'empêchant par ses pointes et ses incursions de sortir de chez lui. Terrible hiver cependant, car les volontaires manquaient d'habillements et de provisions de bouche.
Le 15 novembre 1777, le Congrès proclame le régime fédéral pour les treize colonies. Restait à le faire adopter, ce qui ne fut pas facile. Jusque là, chaque groupe avait agi pour lui-même, l'esprit provincial dominant partout. En décembre, le gouvernement français reconnut l'existence des États-Unis.
Pendant que Washington contenait en Pennsylvanie ilowe et son lieutenant Cornwallis, le général Bourgoyne partait du Canada avec une armée, passait par le lac Champlain, sur la fin de l'été de 1777, atteignait le fleuve Hudson, mais Arnold et Schuyler l'arrêtèrent à Saratoga, où, le 17 octobre, il fut entouré et mit bas les armes avec la masse de ses troupes. La guerre du nord perdit toute importance à partir de ce jour, mais elle se prolongea encore trois années. Un quart des forces royales avait disparu. La reddition de Bourgoyne hâta l'alliance française qui eut lieu trois mois plus tard.
L'opinion publique se portant de plus en plus du côté des Américains, le cabinet de Versailles fut entraîné et le roi, comme de coutume, se laissa faire. Les cabales des classes remuantes, le bavargade des philosophes, le grand mot de liberté, “cette chose si rare parce qu'elle est précieuse”, disait Franklin, puis cette anglomanie dont nous avons parlé, faisaient que l’on en vint unanimement à cette formule surprenante: “Nous ne faisons pas la guerre aux Anglais. Nous combattons pour l'indépendance des Américains.”
Sans le concours de toutes ces circonstances, il est probable que le ministère et la cour de Versailles n'auraient jamais poussé leur action aussi loin en faveur des colonies rebelles et qu'ils se seraient contentés de fermer les yeux sur les envois de secours que Beaumarchais et les autres enthousiastes expédiaient vers l'Amérique.
Si, toutefois, quelqu'un s'est bercé de l'espoir de faire dériver le commerce des Américains du côté de la France, à la suite des services à eux rendus pendant cette guerre, il s’est grandement trompé, Aussitôt libérées, les colonies ont renoué leurs relations commerciales avec les Trois-Royaumes et, dans cette nouvelle phase, le peuple britannique en a retiré plus de profit que jamais auparavant, Ilen a coûté cent cinquante millions de piastres au trésor français, ce qui a largement creusé la fosse des Bourbons. Les Américains n’en ont pas plus aimé les Français, parce que, en tout temps, la langue, les idées religieuses,
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les usages et coutumes de
la vie ordinaire encore séparés,
les ont tenus ct les tiennent
Franklin et Deane travaillaient de sailles, pour obtenir le Support du gouve Pacte “d'amitié et de commerce” signé le 6 février 1778. Aussitôt, | Vergennes écrivant Londres, pour lui ne s'ét
leur mieux, à Paris et à Verrnement français, entre le roi et Jes a Grande-Bretagne au marquis de Noailles, annoncer Ja conclusion du traité, ait réservé aucun avantage dont les être jalouses où que les Américains seraie plus tard, Abnégation qui fait rêver.
milieux, que l'intérêt bien €ntendu du roy:
de profiter des embarras de Georges III Mais, par Ja suite et répondant Moré, qui avait été aide-de politique se serait français.
Tandis que
Le fameux États-Unis fut déclara Ja guerre.
embassadeur à ait que la France autres nations Pourraient nt susceptibles de regretter On disait, dans certains aume était de rester neutre et Pour se faire rendre Je Canada, à cette même question, le comte de ‘amp de Lafayette, déclara qu'une telle trouvée contraire au sentiment général du peuple
di
ces choses se pass,
aient à Vers:
Washington, tant
äilles, une grande cabale s’agitait contre au Congrès que dans l'armée, dans un état de destitution lamentable,
Au mois de Mars 1778, le général Howe fut remplacé par sir Henry Clinton. C'était un autre maladroit qui allait continuer les gaucheries de Gage en 1775 et de Howe en 1776-1777. Le 8 juin 1778, Clinton évacua Philadelphie Pour se porter sur New-York en trave New-Jersey, Mais, talonné Vivement par Washington e bandes, il fit plutôt une déroute qu'une retraite, l'armée américa ine sur les Plaines de l'Hudson Menaçant New-York. La flotte française commandée par d'Es taing, apparut le 8 juillet, Stationna quelques temps au Rhode-Island et fila vers les Anti faire la chasse aux Anglais. Le reste de l'année se P. de cette étrange déception, qui par bonheu Vers Noël, Lafayette se décida à pass.
situation. Comme il tenait au plan d’une attaque sur le Canada, plan qu'Arnold et Plusieurs officiers Militaires n'avaient Pas cessé de considérer à la fois Comme praticable et désirable, il en soumit le projet à l'assemblée siégeant de nouveau à Philadelphie. C'était à peu près dans ce <-ns: 12 aPProuvez-vous une Campagne qui annexerait Je Canada aux États-Unis: 2° ou une annexion à la France; 3 ou l'indé- Pendance des Canadiens Pure et simple ? On lui répondit qu'il serait impossible de garantir les Can une conquête étrangère dans le cas où l'on Parviendrait autre part, que les Américai iS tenaient is pas pour le
celle-ci
rsant le t ses maîgres et voilà de nouveau
Îles pour aSsa sous le coup r servit la paresse de Clinton.
er en France pour éclaircir Ja
adiens contre
à les rendre libres, et, d’ Canada ma
assez À avoir Je
nent
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moment. La proposition en trois points de Lafayette ayant été référé à Washington, celui-ci rédigea un rapport contre toute démarche actuelle vu le peu de ressources du Congrès et de l'armée. Quant à l'indépendance des Canadiens, il se demandait si ces colons désiraient vraiment renvoyer les Anglais. Et sur l'article du retour à la France il objectait carrément parce que ce serait, disait-il, faire revivre les temps de malheur que la rivalité des deux races avait entretenus pendant trois quarts de siècle avant 1760. Non seulement, disait-il, les Canadiens seront corps et âme avec la France, mais les Sauvages de partout, Maine, lac Supérieur et jusqu'aux Ilinois se joindront à eux contre nous. L'élément français nous dominerait et nous serions obligés de nous rapprocher de l'Angleterre pour recourir encore une fois à sa protection et ce serait reprendre le joug dont nous cherchons à nous libérer en ce moment. Nous avons réussi en 1760 à faire cesser les agressions des Français du Canada, pourquoi faciliter leur rentrée dans cette colonie? D'autre part, si la France nous aide à faire la conquête en question, qui nous assure qu'elle ne la gardera point pour son compte? La haine contre l'Angleterre qui, à l'heure actuelle, inspire une partie de nos gens, les jette dans une confiance aveugle du côté des Français alors que ceux-ci s'engageront peut-être dans l'entreprise avec les plus pures intentions, mais qui sait comment tourneront les choses Les Anglais, restant au Canada, seront pour nous de bons voisins et notre commerce reprendra avec cette colonie, avec les Trois- Royaumes pareillement. Nous sollicitons le secours de l'Espagne et de la France, eh bien! ne croyez-vous pas que c'est placer des hypothèques sur notre avenir? Tout se paye. Les nations et les individus agissent par intérêt personnel.
Ces raisons expliquent pourquoi Washington a toujours été opposé au rétablissement de la France sur le Saint-Laurent.
Le Congrès avait déjà communiqué à Franklin, qui était à Versailles, le plan de Lafayette. Après avoir vu le rapport de Washington, il renonça à poursuivre l'entreprise. On peut supposer que Louis XVI eut connaissance des arguments employés par Washington.
En mars 1778, les instructions données à d'Estaing lui disaient qu'il pourrait réchauffer le zèle à l'égard du Canada, mais borner son aide à des croisières, si les Américains faisaient de ce côté une guerre de conquête. On était alors, à Versailles, sous l'impression que le Congrès voulait s'emparer de la Nouvelle-Écosse et du Saint-Laurent, En même temps, Gérard, délégué du cabinet français auprès du Congrès, était averti que “la conquête du Canada ne devra pas être une condition essentielle de la paix’ qui terminera cette guerre, Ce qui veut dire: le Canada restera comme il est.
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Gérard eut une idée à son tour. Comme l'Espagne se prononçait pour la prise du Canada, et, reconnaissant que les Américains Convoitaient ce Pays, il proposa de s’en €Mmparer et d'en faire une Quatorzième colonie OU province, ce qui ramena Lafayette à Parler de rendre Jes Canadiens tout-à-fait indépendants d'aucune Puissance, Mäis cr Jui répliqua: 10 Pouvez-vous &arantir Je maintien de cette indépendance, 2° les Canadiens Vous ont-ils dit qu'ils Voulaient être libres? End autres termes: de quoi vous mêlez-vous ?
Représentant de Louis XVI auprès du Congrès, La Luze s'adressant à cette chambre, disait : Pourquoi des doutes ? de Washington sont dénuées de fondements. Le de vos désirs en faisant le traité de févrie aucun article de Compensation, n'est nullement un Contrat d'un côté,
rne Les craintes roi est allé au devant r dernier, et il n'y à inséré Pas non plus un mot du Canada. Ce “donnant donnant” Puisqu'il est tout tout en votre faveur. Le roi vous reconnaît comme Puis-
sance, il vous Promet et vous aPporte de l'aide, Sans rien réclamer Pour Sa part.
Quelques réflexions Peuvent d’Américains se disaient que, de l'influence française, ils n' leur serait facile de se Préparer à l'indépendan avec le temps, les Provinces anglaises des devenues maîtresses d'elles-mêmes.
En 1778, le Peuple de France se souven Pour lui comme une épine au pied. Nie ne comprenait ce que pourraient être conduites,
Les Américains croyaient les Canadiens désireux d'é cause, Ils se trompaient. Lafayette s'in seraient heureux de se revoir sous le En 1775-1778, les Can britannique va
Prendre place ici. En 1760, beauc si l'Angleterre Pouvait les déb, auraient plus à craindre le C
oup arrasser anada et qu'il ce. Il est certain que, bords de Ja mer seraient
ait que le C.
n Angleterre des colonies bie
anada avait été nien France on n traitées et bien
Pouser Jeur taginait que les Canadiens drapeau blanc. Ilse trompait,
adiens Voyaient fort bien que le régime lait mieux que celui de 1
a France ct ils voulaient rester Comme ils étaient.
Lafayette, Parti pour Ja France en janvier 1779,s aperçut dès son arrivée que Je Cabinet ava i
l'Angleterre. Il tourna s rique et sur ceux que l'on Pourrait y en Son activité Produisit de Corps de troupes de flotte française France, de
Voyer par la suite.
S changements favorables Par l'e Stiné à combattre sous combattait Jes Anglais On disait que, en même tem S troupes ennemies ct les
En cela, nvoi d'un Washington. Jusque 1à, Ja aux Antilles dans l'intérê ps, elle retenait dans ces empêchait de se Porter vers Ne
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