‹ France et RhinChapitre 5 sur 30 · SPECIMER DE NOTRE MANIÈRE DE PHILOSOPHER · texte numérisé non relu

SPECIMER DE NOTRE MANIÈRE DE PHILOSOPHER

Le Rhin est le fleuve chrétien par excellence : le commandement des croisades lui appartient.

La France est unitaire : c'est pour cela qu'elle est exclue de l'Empire. Car l'Empire est l'unité fédérale de la chrétienté, dont le titulaire, roi du Rhin, de Saxe ou de Souabe» duc d'Autriche ou de Franconie, n'absorbe pas ses feudataires et électeurs, tandis que le roi de France doit absorber ses grands vassaux»

Voilà ce qui fonde le titre des États de Hollande et de Belgique à l'indépendance : c'est une barrière élevée entre l'Allemagne et la France, comme disait le traité d'Utrecht.

Les alarmes mal fondées. — Un acte de violence peut être de nouveau commis : il ne tiendra pas«

Que les trois empereurs se coalisent : à l'instant la conjuration des peuples les démolit.

Le Rhin est protestant, fait la réforme ; la France reste catholique romaine en religion, mais va à la révolution par Rabelais, etc., — mouvements tout dififérenta.

Le Rhin est chrétien et protestant ; la France^ païenne, sceptique, doctrinaire et centralisatrice. — Que le Rhin prenne les mœurs de la France, il deviendra français. — La révolution belge de 1850 et l'établissement du système constitutionnel ont plus fait pour l'incorporation de la Belgique que toute chose au monde.

La Belgique devait reprendre son principe

municipal, mais le branle avait été donné en 1814 : le stathouder de Hollande était devenu roi; la Belgique ne pouvait faire moins que de s'ériger en royaume.

Que penser aujourd'hui d'une invasion du Rhin, après tout cela?

On comprend les guerres des ducs de Bourgogne, de François 1", de Louis XIV et Louis XY, les guerres des Romains et des Francs : Tétat des lumières, le mouvement de rhistoire, ne permettaient pas de penser mieux, de voir plus loin, d'agir autrement.

Aujourd'hui, ce serait d'un orgueil insupportable, et d'un vrai brigandage.

Occuper un pays qu'on ne peut garder, qui ne veut pas de vous, etc.

A ceux qui diront qu'en abandonnant les

prétentions de la France sur le Rhin, je sacrifie les intérêts de mon pays, je réponds que c'est précisément en cela que je le sers, en le délivrant d un affreux cauchemar qui lui a coûté des millions et des milliards ; des efforts stériles.

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