‹ France & ItalieChapitre 2 sur 6 · M. BERTHELOT · texte numérisé non relu

M. BERTHELOT

d'autres tombassent dans les champs de la Bourgogne, victimes de leur noble dévouement, pour que le peuple français oubliât l'injure et comprit qu'il ne devait pas identifier les sentiments d'une nation avec ceux de ses hommes d'Etat et de ses diplomates.

Voici maintenant la contre-partie.

Après la guerre, lorsque l'Assemblée nationale, en majorité réactionnaire et cléricale, manifesta l'intention d'envoyer des troupes à Rome pour rétablir le pouvoir temporel des papes, l'Italie, qui avait déjà vu Napoléon III intervenir militairement en faveur de Pie IX, conçut d'assez légitimes alarmes. Elle craignait que les fusils Lebel, comme jadis les « merveilleux » chassepots du général De Failly, ne fussent, encore une fois, mis au service du Saint-Siège. Bismark entretenait habilement les inquiétudes dans l'esprit de certains hommes d'Etat italiens. Et ce fut ainsi qu'il arriva h leur faire conclure avec l'Allemagne et TAutrichc cette tripUce qui irrita si fort la France contre Crispi et contre le roi Humbert.

Notre occupation de la Tunisie, si longtemps convoitée par les Italiens, n'était pas faite non plus pour leur inspirer des sentiments bienveillants à notre égard.

La situation se tendait de plus en plus : il ei\t suffi d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres.

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et avec la République Argentine des traités d'arbitrage de ce genre.

Nous avons donc lieu d'espérer que prochainement les deux Chambres italienne et française voudront consacrer leur réconciliation par une convention de cette sorte. Nous ne croyons pas que les deux puissances signataires de la Triplice, 1* Allemagne et T Autriche, puissent y mettre obstacle, si, comme elles Taffirmenten toute occasion, leur alliance avec Tltalie n'a d'autre but — ce qui est vraisemblable — que le maintien de la paix en Europe.

La conclusion d'un tel traité, quand même il contiendrait les réserves à notre avis trop timides du récent traité d'arbitrage entre la France et l'Angleterre, n'en serait pas moins considérée par tous les u pacifistes » comme un bienfait, comme un grand pas en avant vers le but idéal que nous poursuivons : ce serait le second anneau de la chaîne qui, un jour, reliera, nous l'espérons, toutes les races latines, en attendant

les Etats-Unis d'Europe.

Ch. Beauquier,

député, Président de la Ligue franco-italienne.

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