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LES CLOUET

l'"lO. 35o. — GEHMArN l'il.

Buste de Henri 111.

(Musé du Louvre.) (Cliclié ll.uhcttc.)

dres nuances sont utiles, et tous les coups de ()inccau portent.

Parmi ces jjraticiens (lamands, polices par les manières de France, les |)lus connus sont les Clouet (ftg. 365, 366) : le père, Jean Clouet, venu sans doute de Bruxelles, qui travaillait en Tourame, a la cour ; son fils, François, c|ue les contemporains appelaient Jannet ; enfin Corneille, dit de Lyon, que l'on appelait parfois Comelis de La Haye, et qui travaillait à Lyon vers 1 540.

Comme il convient à de purs portraitistes, ces peintres ne présentent pas a l'historien une personnalité aussi caractérisée que celles de leurs modèles ; leurs rares œuvres certifiées et les tableaux nombreux qui viennent se grouper tout autour par analogie évoquent avec une grande intensité de vie l'aristocratie du X\ r siècle. Il n'est pas beaucoup de période historique dont nous connaissions mieux les acteurs que les règnes de François I ", Henri II et Henri 111. S'ils revenaient, nous reconnaîtrions les hommes qui ont vécu autour de François F', le roi au grand nez, aux yeux brides, large d'épaules et décolleté comme une femme, et tous les gentilshommes des guerres religieuses, précieux, musqués comme leurs rois, les trois fils de Catherine de Médicis, dont ils copient la sénilité frileuse et l'infantilisme coquet. Avec une couleur légère comme une aquarelle, Jannet et Corneille de Lyon ont rendu à merveille la pâleur élégante des dames de la cour et leur teint de lait ; cette peinture, toute en glacis, est diaphane comme un

FiG. 35i. — Jean Goljon. - -

Fontaine i>es Innocents, a Paris.

l-'iG. 352. — Jean Goujon. — Diane

PROVKNANT D'AnKT.

(Miisec du Lnuvrc.l (Cliclu- lUulutU- I

reçoivent. Il faut peu de couleurs à ces portraits ; on s'en passa tout a fait ; de simples dessins, quelques traits à la sanguine, suffisent alors a fixer la vivacité du regard et le pli nerveux de la bouche dans un visage sans rides et soigneusement attifé.

A cette mode des crayons, on doit de connaître les figures de l'histoire de France jusqu'au temps de Louis Xlll. Ainsi dépouille, réduit a quelques lignes, cet art apporte dans la

épidcrmc hlond ; dans le portrait d'I.lisahelh d'Auli u he, les |ireciosites hrillanlcs du costume, la soie et les pierreries des parures de gala font paraître plus tendre et plus frêle cette chair en jiate de porcelaine. Corneille de Lyon se plaisait a jilacer ces blanches effigies sur un fond vert, pour le rayonnement rose qu'elles en

I"i<;. 354. — (ÎKR.MAiN Pilon.

RkNK I>E BlRAr.I'E.

IMiisàe du Louvre. t (Cliché Ih^cluilc 1

— luMIll M l>l Full IIM'I'. I>K (',IIABl)T.

iMmèc du l.iuvre I iClichc lUnhctU' )

dehnition des types une subtilité tranchante, une finesse aiguë, même quand la main de l'artiste manque de décision.

C'est une destinée surprenante que celle de notre civilisation qui. après avoir crée l'art gothique, en a tout abandonne pour préférer les formes classiques.

IKIUMI'in. 1)1. I.I.SPRir CLASSIQUE —

.355. — Germain Pilon.

- Les Trois Vertis. (MhsOc du l.iiHvrc ) ((.7(1 /if ll.tclutlc )

Vu,. 356. — Buffet Henri 11.

(Musée du Louvre.) (ClUlic llachelle.)

Les autres pays é d'Europe ont

^^^^ aussi subi cettc

^^^B métamorphose.

^^^^L Mais les régions

^P vV classiques, comme

l'Italie, n'avaient jamai; accepte tout a fait l'art ogival, et les pays d'art gothique, Flandre, Allemagne, n'ont jamais atteint a la pureté classique. La France, au contre ire, parlera le langage moderne du XVI r^ et du XVIir siècle avec la même sincérité qu'au Xlir et au XIV siècle la langue médiévale. A elle seule, il fut vraiment donne de changer d'idéal et de créer des œuvres qui '~~^ 7""

exprimèrent son génie et le propagèrent au delà de ses frontières aux époques de foi comme aux époques déraison.

L'art du Xiir siècle s é- Icndail, comme le christianisme, par delà les frontières politiques, d'ailleurs flot-

l'"io. 357. — Buffet attribué A IkoiES Sa.mbin.

(Mufcc Ac lli>t,r,i;c!i ) iClicItc lUichelIc.)

I'ki. 358. — Bernard Paussï.

k.xïence k.maillée.

i Musée du Louvre.)

{Cliché llaehelte.)

- FKA.XCi:

FlG. 3hg. — COFl-RE EN NOYER

(Mufée dit Louvre.) fCluiic Ilachcfei

tantes ; la religion, qui en clail l'âme, en ht un langage universel. Au déclin du Moyen Age, l'esprit religieux affaibli laissa place au naturalisme ; les arts plastiques implantes, enracines plus profondement dans le sol, prirent la saveur des terroirs, et l'unite de l'art chrétien fut morcelée. Le classicisme

va unifier de nouveau l'art européen, imposant un même idéal,

pour une grande part emprunté

à l'antique. C'est depuis lors

qu'il y a, au fond de la langue

artistique, comme une syntaxe

nécessaire et que lart moderne

conserve une sorte d'universalité

abstraite, fort apparente, des que

les tempéraments originaux viennent à manquer.

Dans cet art classique, les

soucis de beauté pure absorbent

de plus en plus la pensée des

artistes ; construire, peindre et

sculpter sont autant d'exercices savants, difficiles, pour éveiller des

sentiments où il ne reste I plus guère d'esprit religieux. L'orthodoxie est obligée à tant de concessions que les théologiens conçoivent quelque scrupule à maintenir la vie commune entre l'art et la foi ; les hommes de la réforme, puis de la contreréforme, surveillent cl con- 1 ,o. 30.. - .I^■.^^ I- Pênicau... damnent les fantaisies des

, \;.<st'c' de (;;...«.»■,) tciiciiC iiadudc ) peintres et des sculpteurs.

Fio. 3(5o. — Bernard Palissy. Plat.

lMus(fcdii f.ouvrcl (Clichô llachcltc )

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