VERSAILLES : LES GALERIES
FiG 479 — Château de Versailles. Façades sur lks jAi.Lii.'.:>. (Cliché Hachette.)
épique ; Le Brun a fixé l'image des années triomphantes : il montre
le Roi en des attitudes faites pour la postérité ; le poète du règne a été un peintre et non un ecnvam.
Dans cette galerie s'entassèrent les produits des Gobelins, de Beauvais ou de Saint-Gobain.des meubles des tapisseries, de l'orfèvrerie et des glaces. De ce décor, il ne reste aujourd'hui que l'opulence du plafond ; elle contraste avec le désert du plancher.
FiG. 480. — Le Brun. — Louis XIV ordonne d'attaquer la Hollande. Détail du plafond
DE LA galerie DES GlACES.
iCliché Hachette.)
Pour se représenter ce luxe disparu, il faut évoquer ces peintures de Rigaud où le velours grenat, les étoffes brochées viennent rouler jusqu'au bord du cadre et briser leurs plis étincelants aux pieds des pilastres de marbre et des orfèvreries (fig. 485).
Versailles. Cha.mbre de Louis XIV.
(Cliché Hachette.»
FiG. 482
Versailles. Frise du salon de l'Œil-de-Bœuf.
(Cliché Hachette.)
De la manufacture des Gobelins amplifiée et dirigée par Le Brun, sortit le mobilier de Versailles ; les mille produits de cette ruche composaient un décor naturellement harmonieux ; l'imagination du premier peintre avait fixé les formes du marbre, du métal et du bois. Parmi ces artistes des Gobelins, l'ebéniste Boulle eut personnalité. Avec de lébene et du cuivre, des applications d'etain et d'ecaille rouge, il confectionna quantité de " cabinets " qu'aimaient fort les gens du siècle ; on y retrouvait les qualités chères à ce temps ; ces meubles de matières précieuses et solidement ajustées condensent en de petites dimensions la richesse décorative prodiguée dans les galeries (fig. 487).
Des hautes fenêtres de la galerie des glaces, le Roi pouvait contempler la majestueuse ordonnance du parc de Le Nôtre. De ce côté, le château présente sa façade de cérémonie, sans autres fantaisies que celles de la lumière sur ses pilastres et ses fenêtres innombrables (fig. 479). Mansart n'a pas oublie la colonnade du Louvre ; comme Perrault, il a, au-dessus d un soubassement robuste, décoré un étage avec des colonnes et pilastres, caché les combles derrière un attique et disposé quelques
Fig. 483. — Robert de Cotte. —
i.a chapelle de versailles.
(Clichi Hachette.)