PARIS ET LA PROVINCE SOUS LOUIS XIV
.seulement de bien distribuer un édifice qui n'était tout a fait ni une caserne, ni un couvent, ni un hôpital. L'eglise juxtaposée par Mansart a celle de Bruant est, au contraire, un édifice d apparat pour la gloire du Roi ; sa fa(;ade et sa coupole sont peut-être les chefs-d'œuvre du " style jésuite " (fig. 447).
Cependant Pans, abandonné par la monarchie, continuait a dépouiller son aspect médiéval. Mais ses plus grandes entreprises se rapportent encore au Roi ; pour le saluer au passage, quand il rentrait de ses campagnes, Blondel, Perrault, construisent des arcs aux entrées de la vieille enceinte ; les victoires royales y étaient racontées en bas-reliefs. Ces portes triomphales en l'honneur du Roi (fig. 446) se multipliaient autour de cette ville où il ne venait plus. Il vint assister, pourtant, a l'inauguration de ses statues. Au cœur de la ville, deux places avaient ete tracées et bâties sur un plan d'ensemble, pour bien isoler les effigies royales : la place des Victoires et la place des Conquêtes (fig. 45 I ).
Les provinces participèrent de loin à cet art monarchique. Des artistes, à l'exemple de Le Brun, dénommèrent leur corporation Académie ; mais les meilleurs ne résistèrent jamais à l'attraction de la capitale. Dès lors, il faut être a Pans pour atteindre a la gloire. Les transformations de l'architecture urbaine se propagent dans les capitales provinciales ; à Aix, à Toulouse, les nouveaux hôtels sont a l'image de ceux du Marais. On imite aussi la place des Victoires et celle des Conquêtes. Ce fut, après 1680, un événement important dans les grandes villes de province que la dédicace de statues de Louis XIV payées par les Etats, exécutées par les sculpteurs de Versailles et agréées pas le Roi. Elles ont croulé avec la monarchie, et les musées maintenant abritent leurs débris.
Ainsi, dans cet effort unique en notre histoire, les énergies artistiques de notre pays s'étaient concentrées autour du Roi. Cette crise ne pouvait durer ; les conséquences, pourtant, en furent infinies. Sans doute, l'art de Louis XI V n'a pas produit de ces chef s-d œuvre
Fig. 493. — F"0NTAINEB1,EAU.
Tapisseries des maisons