LA FIN DU RÈGNE DE LOUIS XIV ET PARIS SOUS LA RÉGENCE
LAKT A l'ARIS . LKS ARTISTl-S A LA VILI.K. — TRANSFORMATION ME L'ARCHI- TIXTIRI-: HOl'RCHOISE ET niC SA DitCORATlON, LA ROCAILLH. — L'ARCHI- TIXTURI-: Ri;Lir,Ii;iSH. — la SCCI.ITL-RE. — la peinture, TRANSFORMA- TION m- STYLE DÉCORATIF DE LE HRLN A LE MOVNF. — L'INFLUENCE DE RUmCNS : DESPORTES, RIGAUD, LARGILLIÈRE. — WATrEAU; TECHNIQUE FLAMANDE ET POÉSIE i'ARISIENNE. — SES IMITATEURS.
LA longue vieillesse de Louis XIV, les deuils de la cour, ni même les revers du royaume n'ont assombri l'humeur de nos artistes. Architecture, sculpture et peinture ont échappé à la tristesse du règne à son déclm. La disparition du Roi n'a pas brise la continuité de notre histoire intellectuelle ; elle a peut-être provoque une détente de libertinage ; mais la fantaisie spirituelle de nos peintres lui est antérieure. L'.œuvre de Watteau qui exprime le mieux ' l'esprit régence était à peu près terminée quand mourut Louis XIV. Depuis longtemps, depuis la disparition de Colbert, l'art français avait cessé d'appartenir au Roi. C'est parce que l'on s'attarde à contempler le soleil de Versailles, si lent a s'éteindre, que l'on ne voit pas plus tôt 1 éveil de Pans. Dans ces mêmes années qui pèsent lourdement sur la Cour, la vivacité nerveuse du xviir siècle s'est emparée déjà de l'âme de la ville.
Au milieu du XVir siècle, Paris comptait un grand nombre
d'amateurs de tableaux ou d'objets rares. Ces ' curieux " formaient une petite société a part, dont les gens du monde se moquaient un peu. Les curieux "de peinture, très vite, se sont multipliés et, s'ils ne furent pas tous assez riches pour être collectionneurs, ils forment un milieu très cultive, prompt à l'admiration ou à la critique. Quand le mécénat royal relâche les artistes, une clientèle bourgeoise est là pour les recueillir et un public nombreux pour s'intéresser à leurs travaux. Au monde de la cour a succédé la ' bonne compagnie" de la ville. Les expositions de peinture les mettent en présence. L'art ne peut plus vivre de doctrines abstraites et purement académiques ; il faut plaire, et, si les théories de Le Brun se répètent encore, elles s'appliquent de moins en moins. Les meilleurs élevés de 1 école ont tôt fait de dépouiller le pédantisme scolaire. On leur reconnaît maintenant cette haute situation morale que reclamaient autrefois
FiG. 495. — Robert Le Lorrain. — Haut-relief de l'hôtel de Roha.n.
'Imprimerie SiTtionale.) (Cl- Xeiirdeiii )
l'io. 4yO liT 497. — Guillaume Cousiou. — Les chevaux de Mahly,
PLACE DE LA Concorde, Paris.
fClichi Hachelle.)
l-lii. 498. — ClOl'STOU I.E Fil. S. —
'r<i.MBF.Ai' ni' Daipiiin.
(Cathedra le de Seiia).
(Cliché .Xeiirdeiii )