HOUDON
FiG. 604. — (^LODION. — BaCCHANIE.
(Musée du Louvre.) (Cliché Hachette.)
dans le marbre et le bronze, mais y enfermer les palpitations de la vie ; dans une œuvre de sa main, il n'est, pour ainsi dire, pas un point qui soit inerte. Sa Dianecourtsur l'extrémité des pieds avec une légèreté négligente qui ne dérange pas la fie. e élégance de son corps, et la lumière, en glissant sur ses membres, fait frissonner sa chair de bronze (Hg.600).
Dans un buste de Houdon, il n'est pas une ride ou un méplat qui ne serve a refléter la pensée. Les esquisses de La Tour égalent seules cette vivacité et cette clarté psychologique. C'est la vie fiévreuse de ce temps qui anime ces figures de terre : voici la France à la veille de la Révolution, Diderot aux écoutes,
prêt à s'emballer, Rousseau renfrogné, une face de curé bon vivant, le masque insolent et pustuleux de Mirabeau, et surtout le visage décharné de Voltaire.
Houdon l'a modelé plus d une fois. 11 a même taille dans le marbre la figure entière du philosophe ; mais il n'osa pas, comme Pigalle, dénuder cet écorché, m habiller ce squelette. Il a enveloppé le vieillard assis d'une large robe ; les plis tombants font deviner le corps impatient, prêt à bondir, et ne laissent passer que deux mains, nerveuses, accrochées aux bras du fauteuil ; la face s'avance, lèvres minces, bouche edentee, regard perçant, et l'on voit, sous la peau molle, ridée par l'ironie, saillir
Satyre
Fio. 6o5. — Clodio.n.