U ARCHITECTURE A PARIS. GABRIEL
Fio. fio8. — MouDON. — Buste
DE I,ouisE Brongniard.
(Musée du Louvre.)
l'.liché Ilachelle.)
l'honneur du roi ce qui avait été fait au XVll siècle pour Louis XiV,
après la paixdeNimègue. Bouchardon fut chargé de fondre une statue
équestre ; suivant la coutume, on encadrait d'architectures l'effigie royale.
Bordeaux, Nancy, Reims, Rennes, d'autres villes firent de même ; une statue du roi ne se concevait pas sans un décor de façades dessinées d'ensemble, comme celles qui, sur la place du Capitole, entourent le Marc-Aurele. Pour le Louis XV de Bouchardon, Gabriel disposa le vaste terrain entre le Jardin des Tuileries et les Champs-Elysées (place de la Concorde) (fig. 618). Il dessina d'elegantes balustrades ; aux angles, sur des guérites, devaient siéger des allégories mythologiques et monarchiques selon le rite de Versailles. On n eut pas le temps de les poser, et la statue de Bouchardon fut détruite.
C'est seulement Louis-Philippe qui
aclièvera la décoration de la place. Le roi citoyen a remplacé ces
symboles d'ancien régime par les ' villes de France " ; elles font cercle,
maintenant, autour de monuments a
symboles inoffensifs, deux fontaines et
un obélisque. Mais le décor essentiel,
ce sont, entre les arbres des Champs- Elysées et ceux des Tuileries, les deux
palais symétriques de Gabriel, deux
colonnades sur des soubassements ;
elles marquent un progrès sur celle
du Louvre. Gabriel (mort en I 782)
traite avec plus d'aisance que Claude
Perrault les grandes masses d'architecture ; ceslongues façades, aux lignes
plates, admirables pour délimiter et
décorer un immense espace, sont en
harmonie pourtant avec les aimables
hôtels que le XVlll' siècle construisait
Fig. 609. — Defernex — AhiE de
FONDVILLE.
Musée du Mans.) {Cliché Iljchette.)
dans les deux quartiers voisins de Saint- Honoré et de Samt-Germain et dont quelquesuns, comme l'ancien hôtel de Salm (Palais de la Légion d'honneur), sont des petits chefsd œuvre par 1 ingéniosité de leurs dispositions et leur beauté originale. Gabriel est, avec Mansart, celui de nos architectes qui a su le mieux adapter la décoration classique des ordres à la mesure des palais et des hôtels modernes. Au Petit Trianon, comme a l'Ecole Militaire (fig. 622, 623), il a trouve les dimensions convenables, la pureté de la silhouette, et ce juste rapport des éléments qui donne chaque fois l'impression d'un corps bien pris dans ses proportions. Auprès des jolis pavillons de l'Ecole Militaire, ce sont des façades un peu lourdes et maussades que celles des Invalides de Bruant.
Le XVlll- siècle a vu se propager, en province et dans l'architecture privée, le style dont Cl. Perrault et Mansart avaient, pour ainsi dire, fixé la syntaxe. Jusqu'à la Révolution, le monde de la noblesse et de la finance ne cessa de renouveler ses habitations. Les hôtels furent aménages de plus en plus pour la commodité. Derrière les lourdes portes cochères qu'ils présentent aux rues des faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré, une cour est encadrée de façades
riantes aux larges fenêtres ; sur le jardin, l'architecte résiste rarement au plaisir de développer une petite colonnade ; dans les salons, au contraire, les ébénistes continuent à exclure la décoration d'architecture. C'est dans les plus importants et les mieux réussis de ces hôtels que
la France nouvelle a logé Fig. 6ii. — Médaillier dessi.né par les frères ■ • .■ i
c ses ministères, ses ambas-
Slodtz.
(Bibliothèque Xationale.) (Cliché Hachette.) Sadcs, ses députés et la
l'iG. ÔIO. — (^AFFIF.RI. -
Pendule e.n cvivre
CISELÉ
(Musée de Versailles.) iClichè llachelle I