‹ FranceChapitre 189 sur 244 · II.TTIIOGRAPIIIE · texte numérisé non relu

II.TTIIOGRAPIIIE

liil'l. .\al., i:iitainpes.) (Clichc llachcllf 1

peintres participèrent à cette entreprise, et il s'en faut que ces tableaux soient tous des chefsci œuvre. Ce sont de grands décors où des accessoires et des costumes emplissent la scène ; mais trop souvent lartisle n'était pas assez intéressé par son sujet pour y mettre de la passion, ou pas assez peintre pour y mettre du pittoresque.

C'est pourtant a cette entreprise que nous devons deux grands tableaux de Delacroix, la bataille de Taillebourg et les Croises à Constantinople, l'un tout grouillant de fureur et l'autre tout plein d'une sorte de mélancolie fastueuse (lig. 696-698).

Le plus doué pour ces pages d'histoire de France fut Horace Vernet (1789-1863), peintre facile, illustrateur habile, dont les compositions se lisent clairement. Ses innombrables tableaux militaires sont comme le récit rapide d'un troupier, disant avec la même simplicité et la même bonne humeur les actions héroïques et les aventures du cantonnement (flg. 725-726). Mais Paul Delaroche ( I 797-

1856) est le plus représentatif de ces artistes qui se sont voues à l'illustration de l'histoire. Il satisfait la curiosité des lecteurs et auditeurs d'Augustin Thierry, Guizot ou de Barante, donnant un corps, une physionomie et un costume vraisemblable a d'illustres personnages : Elisabeth d'An- . 732. — Raffet. — La revue nocturne i . ^ y^y i„ pi

' , , gleterre, Charles 1 ,

(lithographie). p. Il j, • ni

iKihl. XiU, l-slampes.) (ClUhé Hachette I Cromwell, Henri 111,

Fio

LA LITIIOGRAPIIIE

l""iG. 733. — Chari.et. — L'armée

d'Afrique (litiiograpiiik).

(Uibliotliùque S'ationale, Estampes.)

(Cliché Hachette.)

Richelieu... Il avait le don de la présentation théâtrale et une réelle habileté a éveiller la curiosité ou l'inquiétude en montrant non pas la catastrophe, mais ses préparatifs ou son épilogue. Cet habile metteur en scène a fort interesse la bourgeoisie de Louis- Philippe, et il ne la choquait pas de truculences romantiques ; son art correct plaisait a ces hommes du juste milieu " ; on admirait en lui un Delacroix plus châtie, comme on applaudit Lait en Delavigr.e un Victor Hugo plus sage. Robert Fleury racontait aussi le Moyen Age ou la Renaissance, exprimant non sans puissance dramatique les sentiments de ses acteurs et peignant d une couleur plus forte que Delaroche. Isabey, moins ambitieux, se contentait de faire papilloter la lumière sur le satin et le velours de ses jolies poupées et concentrait en de petites images les somptueuses colorations des grands décorateurs flamands et vénitiens.

C'est la bourgeoisie instruite qui lisait les pages d'histoire éloquente écrites par Delaroche ; il y eut un public beaucoup plus large pour les deusins de Rafîet et de Daumier. Au-dessous des œuvres magistrales, l'imagerie populaire pullulait, directe, violente, rapide comme l'actualité.

Elle conserve, fixée par la lithographie, les émotions et les passions d'un temps de fièvre. Sans Charlet et sans Rafîet, nous ne saurions pas combien la France orléaniste était hantée par les souvenirs de la Révolution ^ '<^- 734- — Daumier. — Rue Transnonai.n, et de l'Empire, combien i-e i5 avr.l £83^ (lithographie).

, . (Bibliothèque Xatioiiale. Estampes.)

étaient restes populaires (Ciuhe iiacheite.)

FlO. 735. — GavARM. — LlTIIOORAPIIIE.

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