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INGRES

DÉCORATEUR Italie

Fio. 725. — Horace Vernet. —

Lk MAHÈCHAL M(i>,N(-KV a l.A BARRIÈRE DE ClICiIY.

{Miisi^e dn l.iiuvre ) iCliche Seurdein t

es artistes du XV' siècle, atténue le réalisme naturel de la peinture a l'huile pour imiter la sobriété un peu abstraite des fresques florentines. Sa composition est sans profondeur, sans atmosphère et même sans lumière. Les figures placées avec symétrie prennent des poses adaptées aux lignes tranquilles de l'architecture comme les figures d'un bas-relief très plat. 11 n'y a pas de mouvement pour déranger les attitudes, ni de souffle pour remuer les draperies ; les couleurs sont généralisées ; les formes sans matière ; le modèle est sans accidents, les figures sans mouvements, les tissus sans reflets, les chairs sans vie ; l'œuvre dans son ensemble est d'une élégance sereine et d une pureté glacée. S'il a su déployer les ressources de son merveilleux dessin, s'il a senti qu'il fallait éviter le réalisme de la couleur et les effets de relief, Ingres n'a pas su aller jusqu'au bout et donner au ton gênerai la fine pâleur de la fresque ; ses élevés ont, comme lui, continué a colorier sans charme des silhouettes élégantes ou simplement correctes, jusqu'au jour où Puvis de Chavannes vint compléter cette beauté de ligne par la poésie d'un éclairage naturel et poser, comme autrefois Poussin, des figures rythmiques dans un paysage vrai.

Ingres put voir son style décoratif continue par ses élevés, Amaury .

Duval, Mottez, et surtout Hippolyte Flandrm( 1809- 1864). Les

. . h II,. 720. — Horace \er.ski. —

nombreuses peintures ^^^ ^^i^^. ^^ ^^ j^,,,, ^, (kragmenti.

religieuses exécutées 1 Musée de Versailles.) (Cliché Hachette I

FiG. 727. — l.i opm.i) KoBKKi. L'ahrivék

DES MOISSONNEURS DANS LES MaRAIS PoNTINv

iMuscc du Louvre.) (Cliché Ilachetle )

FR.AXCF,

SOUS la Monarchie de Juillet et le Second Empire reprennent \\/3poihéose d Homère. Et tout d'abord les défauts de cette manière apparaissent chez les disciples ; la froideur n'est pas le moindre ; chez ces dessinateurs sages et habiles, on voit poindre l'affectation de simplicité qui conduira peu à peu a 1 imitation des primitifs. Le meilleur de ces continuateurs directs, Hippolyte Flandrin, a pourtant mis une foi ardente dans cette éloquence un peu morne. Ses compositions de Saint-Germain-des-Prés voisinent avec les barbares sculptures des chapiteaux romans, dont le coloriage fut ravive a cette occasion. Les deux dates extrêmes de l'art chrétien se trouvent ainsi en contact. Quand on contemple en même temps la correction élégante du moderne et la lourde et gauche application du primitif, on voit alors que la puissance expressive de l'art est loin de progresser avec l'habileté. Il ne manquait rien a Flandrin pour être un peintre religieux, pas même la foi d'un Fra Angelico ; mais son art paraît une calligraphie bien frêle sur cette vieille maçonnerie romane (fig. 721-722).

Les élevés de David et plus tard ceux d'Ingres n'avaient d abord cherché en Italie que les fantômes qui rôdent sur les ruines. Il fallait être un fantaisiste sans prétention comme Hubert Robert pour s'amuser au pittoresque des hommes et des choses, comme Claude Lorrain un poète de la lumière pour oublier les souvenirs antiques. Pourtant voici que plus d'un pensionnaire de

FiG. 728. — Delaroche. —

Les enfants d'Édoi'ard.

(Musée du Louvre.) (Cliché Hachetle.)

FiG. 729. — Delaroche. -

BONAPARTK AU SaINT-BERNARU.

(Chdiei'ii de W indsor.) (Cliché Hachette )

HEn\rfihs niiisTOiRE —

l'Académie de France a Rome, et parfois le directeur lui-même, se laissèrent prendre au charme des modèles italiens jusqu'à oublier de les transformer en madones ou en héros. Schnetz, Leopold Robert (fig. 727), Hébert (hg. 850) ont donne des images du pâtre romain, ou du pécheur de l'Adriatique. En Italie, les idéalistes les plus absolus ont pu, moins difficilement qu'ailleurs, transiger avec la realite. Dans cette nature mélee partout d'histoire, au milieu de ce peuple dont les plus beaux types ont depuis des siècles pose devant les maîtres, une peinture, même naturaliste, parait toujours pénétrée de poésie classique ; sur la campagne romaine plane une âme mythologique, et le Napolitain qui danse paraît bien vite un faune.

La peinture réfléchit la curiosité qui au temps de Louis-Philippe portait les esprits vers le Moyen Age. Le sujet médiéval n'a pas été réserve a l'école romantique ; les derniers davidiens. Ingres et ses élèves, ont raconté le Moyen Age aussi souvent que l'Antiquité. La Monarchie de Juillet venait de faire du palais de Versailles un musée de l'histoire de France. Tous les peintres durent, en hâte, développer de vastes compositions pour montrer les événements glorieux de nos fastes depuis le baptême de Clovis jusqu a la conquête de I Algérie. Dans ces séries entraient naturellement nombre de peintures napoléoniennes, ou de 1 école de Le Brun, car Louis XIV et Napoléon n'avaient point loissé a leur

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successeur le soin de les ,, „

. . , j. .Meurtre du duc de Guise.

glonner. Presque tous nos rA/ji.^à- Condé, à ChantUly.l iCUché llachetto

Fio. 781 . — Raffet. — Le Réveil

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