LES STATUES DE GRANDS HOMMES
FiG. 765. — Troyon. — La Barrière.
(Musée du Louvre.} (Cliclu- Hachette. }
trop de ressources plastiques pour être sacntiees aux chevaliers ou châtelaines gothiques. C'est donc la musculature des héros grecs que les sculpteurs chargèrent bien souvent d'exprimer les passions romantiques.
Le gouvernement de Louis XVI II avait seulement demandé à Bosio, à Lemot, de remplacer les effigies de Henri IV, Louis XI II, Louis XIV, brisées par la Révolution ; mais ce n'était là qu'un travail de restauration. La Monarchie de Juillet eut bien d'autres ambitions. Le règne de Louis- Philippe a vu naître plus de statues que celui de Louis XIV, mais le Roi-citoyen glorifiait la nation et non la monarchie ; de ce temps datent les Villes de France assises sur la place de la Concorde, autour de l'obélisque, quelquesuns des Héros alignés dans les avant-cours de Versailles, les Femmes de France au Luxembourg, médiocres statues que le décor charmant du jardin rend plus aimables que bien des chefs-d'œuvre.
Quand elle n'était pas purement décorative, la sculpture, jusqu'à ce jour, avait ete religieuse, mythologique, monarchique ; et voici que son rôle s'élargit indéfiniment. Réservé aux dieux, puis aux rois, cet art va maintenant consacrer l'immortédité des " grands hommes ". Un culte ne vit pas sans images ; le culte des héros a donné a la statuaire une vitalité nouvelle. Des souscriptions nationales permirent d'élever des statues dans toutes les villes qui avaient vu naître un général victorieux, un savant, un inventeur ou un artiste : l'histoire de France fut exploitée par les sculpteurs comme elle
Fio. 76Ô. — .Troyos. — La provende des poules. (Musée du Louvre. I (Clichi Hachette.)
Tétait par les peintres dans les galeries de Versailles. La Révolution. l'Empire, le siècle de Louis XIV, la Renaissance, le Moyen Age même fournirent l'occasion de nombreuses images.
L'artiste qui a le plus contribué à cette œuvre nationale est David d'Angers ( I 788- 1856). Jacobin et classique, comme son homonyme, le peintre des Sabines et de Marat, il fut passionnément épris de 1 antique et remué violemment par les fureurs politiques de son temps ; un frisson de vie moderne agite cet idéaliste ; son œuvre déborde d'une énergie jusqu'alors inconnue dans les œuvres imitées du Laocoon et de l'Apollon du Belvédère. Sur le fronton du Panthéon, la Patrie, assistée de la Liberté et de l'Histoire, distribue les couronnes de l'immortalité, et de chaque côté, des savants, des artistes, des juristes, des généraux, Bonaparte et ses grenadiers, tendent la main. David (fig. 772) a résumé
FiG. 767. — JOUFFROY.
Jeune fii.i.e disant
son premier secret a n'énus
(Mtifée du Louvre.)
(Clichc llaclwllc)