DE .MOLTO.NS
d'un David qui animât de sentiments forts ce style uniformément noble.
Les Chaudet, les Bosio et aussi l'Italien Canova. qui travailla pour Napoléon, n'ont pas laissé d effigie ou revive l'héroïsme de l'époque, comme la Dislribution des Aigles ou le Champ de bataille d'Eylau. Une fois de plus, les sculpteurs se heurtèrent à cette difficulté de représenter le costume moderne. Ils étaient si férus d'antiquité, si assurés dans leurs principes, qu'ils en acceptaient les pires conséquences et n'étaient point choqués par le Napoléon en toge de Chaudet, le Napoléon de Canova, nu comme le Mars Borghese, quelques généraux de la République ou de 1 Empire aussi peu vêtus que des Apollons. Les époques réalistes préfèrent la laideur des vêtements modernes à cette absurde nudité. Il y a dans la statuaire une sorte d'antinomie qui n'est pas près d'être résolue ; à cet art qui a pour fin d'imiter les formes de la vie, on propose un costume inerte. Les statuaires ont donc taille dans le marbre des pectoraux et non des redingotes, des jarrets et non des bottes. Il faut seulement regretter qu'ils n'aient pas mieux fixe la palpitation profonde de la vie dont ils modelaient avec tant d application la forme extérieure. La sculpture, langage de formes définies, se prête mal a traduire
la rêverie lyrique. La génération des sculpteurs élevés dans les ateliers de l'Empire dut assister à la tourmente romantique sans que leur manière classique en fût beaucoup transformée. Ils ne purent, comme les peintres, changer de personnel, abandonner l'Olympe pour les divinités brumeuses d'Ossian ; les nuditcs antiques offraient
FiG. 764. — Troyon. — Bœufs se rendant