FER
oriental, et la tristesse étriquée de l'habit noir fait un contraste étrange avec le décor plus que royal.
Li Sorbonne de Nénot est a citer pour l'habileté avec laquelle de difficiles problèmes y ont ete résolus : dans un espace restreint, sur un terrain difficile, édifier une cite de la Science, compliquée et vaste comme le travail de la pensée moderne, et respecter certains aspects du vieux monument de Richelieu. Pour les bibliothèques, les musées, les universités et les innombrables édifices publics, les exigences utilitaires se font plus impérieuses chaque jour sans que nos architectes consentent à sacrifier les nobles façades classiques.
Pourtant l'application de plus en plus hardie du fer a créé un genre nouveau d'édifice. A côté de 1 architecture traditionnelle de la pierre s'est constituée une architecture métallique. Les expositions périodiques y ont beaucoup aide. Les Halles Centrales, élevées par Baltard, montrèrent que le fer est la matière indispensable pour déployer un immense abri sans encombrer le terrain avec des murs et des piliers de support. L'architecture ogivale est dépassée dans ses résultats ; les constructeurs de la pierre n auraient pas pu lancer
des nervures d'une telle portée sur des appuis aussi grêles ; I ingénieur peut aisément bàtir une cage de métal où entrerait une nef gothique. Le fer, matière élastique, résistante, extensible a volonté, a remplacé la pierre partout où la pierre avait autrefois dépossédé le bois, pour les charpentes et les voûtes.
Baltard, a l'eglise Saint- Augustin, Labrouste pour
FiG. 8o5. — GiRAULT. — Le Petit Palais
DES Cha.mps-Elysées.
(Cliché Hachetts.)
FiG. 806. — Salle des Illustres.
DANS LE CaPITOLE DE ToLLOUSE. (Cliché liachetW.)
~\ la Bibliothèque Sainte- I Geneviève et la Bibliothèque Nationale, Duc pour une salle du Palais de Justice, ont donc utilisé les travées de fer, qui jouent e même rôle que les nervures de la croisée d ogive.
Les nefs métalliques sont indispensables pour les gares, qu il faut toujours agrandir et pour les palais d'exposition, qui sont toujours provisoires.
Mais le fer n a pas remplacé la pierre dans son rôle décoratif. La plupart de ces charpentes métalliques portent sur des murs de façade, où se retrouve l'ornementation traditionnelle. Les dernières gares construites, les plus récents palais, ceux de l'Exposition de 1900, sur les Champs-Elysées, sont des halles dissimulées derrière des façades classiques. L'intervention du fer n'a donc pas interrompu dans sa continuité le stj'le de Mansart et Gabriel. On l'utilise pour sa commodité ; mais on ne veut pas sacrifier les agréments de la pierre, il y a eu pourtant plus d'une tentative pour les rejeter. A l'Exposition de 1 889, 1 immense Galerie des Machines, construite par Dutert, parut être le chef-d'œuvre de l'architecture métallique. On vient de la détruire pour laisser réapparaître des pavillons de Gabriel. Le fer, malgré l'extraordinaire souplesse de ses moyens, ne parvient pas à déposséder les matériaux traditionnels du maçon. Sans doute l'ingénieur élève des voûtes et jette des arches qui paraissent prodigieuses quand on les mesure à l'échelle de la pierre. Mais la puissance ne nous étonne que par rapport aux forces humaines. Lorsque le bras est remplace par la machine, nous n avons plus d'échelle |)our mesurer 1 immensité qu'on nous propose. Calculée savamment sur le papier, réalisée ensuite mécaniquement, 1 architecture en fer est sans hasards, sans accidents ni réussites. Entre la conception et l'œuvre achevée, il n'y a jias place pour 1 initiative, l'effort ou l'application. Sans doute ces halles métalliques portent la marque de lintelligence humaine, qui calcule les pesées et résistances, mais elles ne gardent pas les traces du travail humain.
on \hML^ TA I l()\ MODERNE
FlO. 807. — ESPÉRANDIEU.
— Le Palais de Longchamp, a Marseille.
iClu-he Hachette )
Quand on s'est étonne devant la longueur de ces barres fondues, coulées, hissées mécaniquement à leur place, le regard trouve davantage a s intéresser dans un simple battant de porte joliment martelé. Seule la main de l'homme peut tirer une œuvre d'art de la matière inerte. La machine communique son indifférence a tout ce qu'elle produit.
On impute volontiers a la stagnation de l'architecture la difficulté que l'on éprouve aujourd'hui a renouveler le style ornemental, dans les meubles, les bijoux, tous les accessoires de l'existence et du luxe modernes. Depuis le pseudo-gothique, façonné de toutes pièces par l'imagination romantique, jusqu'au mobilier empire ', continue et embourgeoisé par la monarchie de Juillet,
il n'est pas de style qui n'ait été repris et qui ne soit en usage aujourd'hui encore.
Le même héritage d'art qui enrichit nos musées pèse d'un poids bien lourd sur les tentatives ' d'art nouveau ", depuis que la passion des choses anciennes a déborde du monde des collectionneurs sur
toute la société aisée.
Vaudoyer. — La Cathédrale t-', 1 1 •.
de Marseille. L)ans les dernières an-
iCiwhé seurdeiii.) nées du .Xl.X' siécle, on