L'ART COMMUNAL OU GOTHIQUE
LA C1\IMSATI0ND1LE-Di:-1"RANCE;LESC0MMUXES ET LEURS CATHÉDRALES AI TI-MI'S DE PIllLU'I'E ALGISTE ET DE SAIN'T LOUIS.— LÉDIEICE GO- Tllioui:: SALNT-DENIS, PARIS, LAON, CHARTRES, BOURGES, LE MANS, REIMS, AMH;NS, BEAUVAIS; LES CATHÉDRALES DE NORMANDIE ; LE STYLE GOTHIQUE DANS L'OUEST, DANS LE MIDL — LES VITRAUX. - LA RENAIS- SAM i: DE LA ST.ATUAIRE. LES FIGURES DE CHARTRES. — LA TRANSFOR- MA IION DE L'ICONOGRAPHIE PAR CETPE ST.VFUAIRE ; LES PROPHÈTES, l.i; CHRIST, LA VIE ET LA MORT DE LA VIERGE, LES APOTRES. LES SAINTS LOCAUX; LE JUGEMENT DERNIER. — LA ST.ATUAIRE IDÉALISTE; LE STYLE D'AMIENS, DE REIMS. — LA SCULITURE ORNEMENTALE.
VERS le milieu du Xii siècle, au plus beau temps de la manière romane, se préparait dans le domaine du Roi un style nouveau, destine a rayonner un jour sur la Chrétienté entière. L'époque romane fut une période d'art disperse ; chaque province avait son architecture propre et sa décoration originale ; aucune ne dominait les autres. Dans ces vastes régions de langue d'oc, au Sud de la Loire, d'.-Xrles à Poitiers, d'Anjou à la Bourgogne, les grands fiefs encadraient des existences particulières, unies surtout par la diffusion d'une religion commune. La culture antique venue par la grande voie romaine qui va de Fréjus à Bordeaux s'était propagée vers le Nord, à travers la Bourgogne, l'Auvergne, le Poitou. Les grandes voies de communication entre la langue d'oc et la langue d'oïl venaient se réunir dans le bassin de la .^^___^ . ^1
FiG. 84. — Crypte de l'église nE Saiîjt-Denis.
(Cliché Hachette.)
Seine. L unité, impossible dans le Midi, s'imposa dans le Nord ; la vie se faisait, la, plus dense, et ces vastes plaines n'offraient pas de frontières géographiques ou aurait pu s'enfermer l'esprit particulanste. Une personnalité se forma au-dessus de la fédération féodale ; une France s'organisa à laquelle les autres provinces viendront se rattacher ; l'art gothique, ne de cette société, en suivra naturellement la destinée.
Depuis le siècle qui vit les Grecs inventer le temple dorique et ionique, jamais une société n'avait trouvé un style d'architecture qui l'exprimât plus fortement ; les immenses cathédrales d'Ile-de-France et des provinces voisines s'elevérent presque en même temps ; ce que l'on vit alors tient du prodige ; à un élan aussi général, aussi soudain, il faut trouver une même cause. A côté du monde féodal et de la société ecclésiastique, la population des communes venait de conquérir sa place au soleil. L'art roman avait ete surtout l'œuvre de moines ; le monde féodal donnera naissance a l'architecture des châteaux ; ce sont les populations des communes qui ont élevé les cathédrales gothiques. Des villes nombreuses, amies du roi, administrées par l'évéque, s'étaient constituées, populeuses et vivaces. Une civilisation urbaine de bourgeois et d'ouvrie»'s commence à fleurir a l'abri de leurs remparts ; les corporations se groupent, des ateliers s'ouvrent, les maîtres forment des apprentis aux industries difficiles ; l'activité artistique s'organise et conservera son organisation jusqu'à la fin du Moyen Age.
Ce sont des ouvriers p^^ gj f,,,^^,.,, „^ sainï-Gili-ls. laïques qui travaillent, (ciichû ihu-hctic.)
FiG. 86,
— Nef de Notre-Dajie
DE Paris.
(Cliché Hachette.}