LES ARTISANS DE LA CATHÉDRALE
mais c'est encore la foi qui les rdirige. Au Xll et au Xlir siècle, ' < les cites emploient leurs ressources et leurs bras a élever la maison de Dieu ; la ville entière se voue a I œuvre commune ; la cathédrale, il la faut vaste, immense, parce qu'un peuple entier doit pouvoir circuler sous ses voûtes ; il la faut élevée, vertigineuse, parce que cet hommage de pierre semble ainsi plus fervent et bientôt parce qu'une sorte d'émulation de ville a ville emporte toujours plus haut les voûtes et les flèches. Chacune des cathédrales est née d un large mouvement de chanté ; l'evéque dirige, organise le travail, promené les reliques, ramasse les offrandes ; le roi encourage les quêteurs, contribue de sa bourse ; les fidèles en masse s astreignent a des corvées volontaires. " Toutes les fois qu'on tirait du fond de la carrière de grands blocs de pierre attachés a des câbles, les gens du pays et ceux mêmes des contrées voisines, nobles ou roturiers, se faisaient attacher aux cordes par le bras, par la poitrine et les épaules, et conduisaient les fardeaux à la manière des bétes de somme " (Suger). C'est comme une croisade où tous prennent part, avec leurs bourses ou avec leurs bras ; les fidèles accourent des environs, trainant les chariots chargés de pierres et de poutres ; on campait au pied de la cathédrale a construire ; le travail se mêlait aux cérémonies religieuses ; le monument s'élevait très vite, car lenthousiasme donne sans compter ; après la sublime cérémonie, quand ces
FiG. 87. — Chœur de l'église DE Saint-Denis.
(Cliché Uachelte.)
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FiG.