DU PORTAIL NORD DE LA CATHÉDRALE
DE Chartres.
(Cliché Hachette.)
n'est pas, comme le temple grec, un édifice simple, a configuration a peu près fixe ; son organisme fort complexe admet des compléments en nombre infini ; les architectes pouvaient toujours ajouter des tours, des flèches et même des chapelles ; aux siècles suivants, ils jetteront sur les façades un peu nues du style primitif des parures d une grande richesse. Mais l'architecte ne travaille pas seul a la cathédrale ; presque tous les corps de métier viennent y contribuer ; il faut des verrières pour ses fenêtres, des peintures sur ses murailles, des boiseries sculptées pour les stalles du chœur, des pentures forgées pour ses portes, et surtout des sculptures. Les statues se multiplient partout ; les contreforts se creusent pour leur offrir des niches ; les porches se font plus profonds pour en abriter davantage. Des nécessités décoratives sont donc a l'origine de la sculpture gothique. La cathédrale n'exprime pas seulement l'unite communale, son organisation serrée et son élan de foi ; dans ses vastes flancs, elle enferme des images innombrables, les figures familières à 1 ame de ce temps. Entre le culte originel et la religion plus philosophique de Calvin et de Bossuet, le christianisme a traversé aux tem.ps gothiques une phase d idolâtrie ingénue ; alors les arts plastiques furent le langage de la foi, sans être suspects et, par leur piété, les sculpteurs furent amenés aux formes de la beauté et de la vie. L'iconographie était intarissable en personnages et motifs de toute nature, et la cathédrale offrait un champ illimité à la décoration ; pour la statuaire des portails, les bas-reliefs des tympans et
FKj. 128. — PORCIIK SUD LA CATHÉDRALE DE {^HAPTRES.
(Cliché Hachette.)
Tiii. 121). — Prophètes, rois;
RtSURRECTION DE LA ViERGE ET SON COURONNEMENT, FAÇADE OCCIDENTALE
DE Notre-Dame i>k Paris.
(Cliché llaclwllc.)
FRAXCE
voussures, la peinture des vitraux, le thème peut s'amplifier ou se rétrécir, les personnages devenir plus rares ou plus nombreux selon les nécessites ornementales. Il faut maintenant, pour comprendre dans le détail les intentions, reprendre la littérature diffuse du Moyen Age, les textes religieux, un peu l'Ancien Testament, les Evangiles, les Apocryphes, les Actes des Apôtres, l'Apocalypse, les paraboles, les sermons fameux des grands docteurs.
La peinture sur verre et la
sculpture sont les compléments indispensables de la cathédrale gothique ; l'architecture avait besoin de ces deux arts, et même les hommes de France les ont tant aimes que l'architecture s'est modifiée pour leur donner une place plus large. Les fenêtres se sont faites plus grandes pour encadrer des verrières plus vastes ; les porches se sont faits plus profonds pour abriter des statues plus nombreuses. Aussi, au commencement du .Xlir siècle, l'art du vitrail et de la sculpture sont-ils avant tout, comme l'architecture, des arts de France. Le moine Théophile, dans son traité des arts, attribue aux verriers français une habileté particulière.
Les plus anciennes basiliques avaient sans doute ete illuminées avec des verres de couleur. Mais c est a l'cpoquc romane seulement que cette peinture commcnc^a de représenter des figures animées. Le vitrail est alors une mosaïque transparente où les plaques de verre, colorées et découpées, sont enchâssées en des résilles de plomb ; les mailles du mctal sont assez souples pour suivre le dessin dans ses
l'IO. ll'Io. — FlGURI
nu PORCHE septentrional
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