‹ FranceChapitre 83 sur 244 · II I · texte numérisé non relu

II I

FiG. 224. — Claus Si.uter. —

Portail, Abbaye

DE Cha.mp.moi., près Dijon.

(Cliché Seiirdein.)

FRASCE

plus sauvages a s'envelopper d'harmonie. Au temps de Claus Sluter, nul scrupule ne retient l'emportement du statuaire, nul souci de correction ou de beauté ; des têtes énormes sur des corps trapus. Parmi les plis profonds, les sinuosités et cassures de draperies tourmentées, les corps ne se devinent pas ; mais les visages taillés hardiment, creusés, ravinés, ridés, montrent des individualités d'une puissance inoubliable. La couleur, revêtant ces formes brutales, donnait l'apparence même de la réalité à ces vieilles tètes grondantes. Il n'est pas fréquent que les exigences du sujet, les tendances de l'art ambiant et le génie de l'artiste soient ainsi d'accord pour créer des œuvres qui restent harmonieuses dans leur violence. Jamais plus ne se rencontrera chez nous une énergie aussi sauvage, à moins qu'elle ne soit de génies en révolte.

La puissance bourguignonne fut brisée avant que n'aient été terminés tous les grands travaux projetés par les ducs ; le plus brillant d'entre eux, Philippe le Bon, n'a pas eu son tombeau ; mais, pour ses prédécesseurs, Philippe le Hardi et Jean sans Peur, ont été exécutées deux merveilles d architecture et de sculpture ; elles sont l'œuvre d'un certain nombre d artistes; le second de ces monuments na ele achevé qu'en 1470 par l'Avignonnais Antoine le Moiturier. Sur un large soubassement de marbre noir, une galerie d'albâtre précieusement fouillée abrite tout un monde de " pleurants ", qui s'agitent sous le fourré des

l'irt. 225. — Claus Slutek. —

Puits des prophètes

DE LA Chartreuse

DE Cha.mp.moi..

IsAÏE kt .Moïsi;.

(CHcM Hiiclicllc)

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